‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 24 sur 30 · SULLY · texte numérisé non relu

SULLY

.... Des citoyeofl les Cransporu doaloareuz Égalent la rigueur de ce conp. désastreux.

Quel spectacle ! .. .. D'abord , la Toitare fermée A cache son trépas à leur vue alarmëe ; £c ces restes sanglants Ters ces angusies lieux S'ayançaient , ramenés d'un pas silencieux.

De ce sombre mystère encor plus inquiète , La foule les suivait , triste, pÂle , muette , Et semblait , en silence attendant son malhear^

La

Dans son atne tremblante amasser la douleur.

Mais k peine on arrive , à peine se d^onvre

Ce corps inanime' qne Ton transporte an Lourre;

Ce ne sont que des cris , des larmes , des sanglot» r

L'air au loin iret^ntît de ces Ingmbres mots :

« Malbenrenx , qne du Ctel accable la colère ,

« Noos perdons en ce jour notre appni , notre père ! «^

c Quel exécrable monstre a pu percer jamais

«- Cecêeûr qni diaqpuè jèur mMla «^ b{«nfaitsf »

En ruppdmt ainsi sa bontë , sa TaîUance ,

Le peuple sur son corps avec ardeur s*ëlanee;

Il le couvre de pleurs , cherche à le ranimer ,

En rapprochant tâesooburs dont 11 se fit aimer.

Mais fcrop «ài% que <n soin im peut xien ponr sa vie ,

Lenr chagrin , s'aigrissant, va jusqu'À la fuiic.

Les uns poussent au Ciel les plus horribles Tceux}

D*aàlrete frappent leur seîn , attachent leurs ehéireux ;

Ceux-ci courent au loioy comme des frënéticpes;

Gsux-U du Louvre même embrassent les portiques.

Plus d'un y tombe mort (♦) j plus d'un autre, en hurlant,

Se Iroule, et se meurtrit Sur le pavé sanglant.

Enfin V chaeon inaudit on veut fuir la lumièt« ,

Et Faftreia désespoir remplit la ville entière.

Ah ! qui mërita mieux de si touchants regrets f

Sa mOifl ne mettra pas en deuil lel seuls Français ;

Elle ira, de sa gloire en tonts lieux escortée y

Jeter l'affliction dans l'Europe attristée;

De nos ennemis même elle obtiendra les pleurs ;

Elie sera l'objet des plus longues douknn :

Et, parlant comme notts de«e roi qu'on adoré.

Nos derniers descendants le pleureront encore.

. D. Quelles furent les qualités de Henri tv? jR. Nous devons le regarder comme le mo-

(*) Ce fait et tout le récit sont hi&toriquet.

( 5^45 ) dële des bons rois. Tout enlm 4uni Fexpres^ siopi de $a bonté d'aine. Sa grande ao^biiion était de rendre heureux ses sujets. « Si Dieu « me donne vie , disait^il , je femi qu'il n y c( aura point de laboureur aans mon royaume « qui n'ait moyen d'avoir une poule dans son a pot* » Quelques maisonsde paysans avaient été pillées par dea soldats. Il le sut, manda aussitôt les capitaines, qui étaient à Paris, et leur dit d'un ton sévère ; « Parle» en dili- « genc^ , mettez-y ordre ; vous m'en réponse dre2i. Quoi! si l'on ruine mon peuple, qui « me nonrrirsL ? Qui soutiendra les charges puu bliquesPQui paiera vos pensions? S'enpren- « dre à mon peuple, c'est s'en prendreà moi. » Voltaire a très bien caractérisé Henri rv par ce seul vers de la Henriade :

11 foc de $99 sujets Je Yainqaeur et le pire.

D. Quelles faiblesses reproche-t^^on à

Henri iv ?

R. On lui reproche avec justice d'avoir eu trop d'inclination pour les femmes. La belle Gabrielle d^Estrées l'avait tellement captivé qu'il voulait la faire reine. Une mort soudaine l'enjeva , et le roi devint éperdument amoureux de Henriette d'Entragues, qui l'obligea à lui signer une promesse de Tépouser. Henri montra la promesse à Sully..

Ge courageux ministre prend le papier et le

déchire. Comment \morbleUj s^'écvie le rai en

coiere^jecrois quevous êtes Jou! Il est'vmi y

répond froidement Sully, quejesuisJoû;mais

je voudrais être le seul en France. Il ne don ta

point de sa disgrâce. Mais, quelques jours

après , il fut fait grand-maître de Fartillerie.

T aimerais mieux , disait Henri , as^oir perdu

dix maîtresses qu*unserviteurcom,me Sulljr.

Parmi les femmes que ce prince aima, on

doit remarquer Catherine de Rohan , qui

répondit à ses déclarations d'amour x Je suis

trop pauifre pour être votre femme ^ et de trop

bonne maison pour être votre maitresse.

D. Quels enfants laissa Henri iv ?

R. Il eut de Ri^arie de Médicis, sa seconde femme, six enfants; savoir : Louis xiif ,. qui lui succéda *, un second fils qui mourut à t^âge de quatre ans \ le troisième , qui fut Gaston , duc d'Orléans ; trois IFilles, dont la première, nommée Elisabeth , fut mariée à Philippe iv, roi d'Espagne; la seconde, nommée Christine, fut mariée à Victor- Amédée , duc de Savoie ; et la troisième , nommée Henriette- Marie, fut unie à Charles i*% roi d'Angleterre.

IdÛIS XIII, SOIXANTE-QUATRIÈME ROÎ DE

FRANdE,

régna trente-trois ans.

(An x6io.)

D. A quel âge Louis xin monta- t-il sur le trdue ?

a. Il n'avait que neuf ans. Le parlement défera la régence et la tutelle à Marie de Médicis sa mère. Cette princesse abandonna touts les sages projets de son époux : Tamitié de r Espagne fut recherchée avec empressemen l \ on' fit épouser an jeune monarque Anne d'Autiiche, infante d'Espagne; les anciennes alliances furent dédaignées | le fidelle Sully , dépouillé de ses charges, se retira de la cour; le Florentin Concini , maréchal de France , connu sous le nom de Maréchal tC Ancre , et sur-tout Galigaï, son épouse, s'emparèrent de la confiance de la régente , et en abusèrent pour s'enrichir des dépouilles de la France.

Lesgrands se soulevèrent , et attirèrent le parlement dans leur parti ; le prince de Condé se mit à la.tâte des huguenots ; la guerre civile allait éclater. Marie , trop faible pour résister aux mécontents , leur accorda tout ce qu'ils demandaient. Les états-généraux furent convoqués à Paris, et ne produisirent aucun

bien. Le parleoiâQl fit des remontrances inntiles sar les dépenses de la cour et une infinité d*abus funestes. Le roi, déjà déclaré majeur, répondit qu'il n'était point content de ces remontrances, et défendit au parlement de prendre connaissance des affaires d'état.

D., Les rigueurs tyranniques du jeime Louis xin et de sa mère ne ranimé rent-eljes pas les troubles dans le royaume?

R. Oui. Le prince de Condé se révi^ta de nouveau. Il publia un violent manifeste où le maréohal d'Ancre était peint des plus noires couleurs. La cour trembla, et apaisa les rebelles par une paix trompeuse. Condé parut à la cour avec confiance. Il fut arrêté et conduit à la Bastille. Pluâeurs ministres qui désapprouvaient ces mesures fm*ent sacrifiés à la marécbale d'Ancre ; et Riehelien, évéque de Luçon, sa créature, fut nom^lé secrétaire d'état. Ce prélat devint bientôt ministre tout-puissant. Cependant la trahiso^n exercée contre le prince de Condé donna une nouvelle audace à soa patri. La guerre civile s'alluma pour la quatrième fois. Tottls les ordres, également outragés par le maréchal, cherchaient à le renverser. Soutenu par la reine-mère , il se roidit contre les dangers, et brava ses ennanis. Mais enfin' ce colosse tut

(M9) aballa, et disparut de la scène du monde^ où il ne laissa qu'un nom flétri et détesté.

D- Par quelle révolution le maréchal d'Ancre et sa femme dîsparurcnt-ils de la scène du inonde?

jR. Le jeune de Luynes, qui avait été page de Henri iv, et avait gagné les bonnes grâces de Louis xiii en lui dressant des oiseaux de proie, vint à bout de perdre le maréchal d'Ancre dans l'esprit de son maître. Il fit entendre au roi qu'il était temps de se tirer de la tutelle de sa mère, et lui persuada de commencer par se défaire du maréchal , qui exerçait toute l'autorité de la reine. Leé ordres furent donnés de l'arrêter , et de le tuer s^il résistait. Vitry, capitaine des gardés, fut chargé de cette commissian. Le maréchal^ ayant porté la main à la garde de son épée, reçut trois coups de pistolet!, dont il tomba mort. Son épouse périt sur l'échafaudf r.el son corps fut jeté au feu. Lé roi donna iés dépouilles du maréchal et de sa feniiiie à âor^ favori Luyhes; et la reine-mère fut reléguée à Blois. Son fils montra autant de dureté pour elle, qu'il avait eu jusqu'alors de soumission.

D. Quels événements suivirent l'exil de la reine-mère Marie de Médicis ?

jR. Luynes succéda à la haine qu'on por-

tait aa maréchal d'Ancre. La reine-mère se revoit^ contre son fils. Richelieu ménagea un accommodenient , et avança par là sa fortune. Il fut fait cardinal, et enfin ministre. Dès qu'il entra au conseil , le gouvernement parut changer de politique. On conçut les plus grands desseins , et Ton prit de meil* leures mesures. On conclut le mariage de Henriette de France, sœur du roi, avec le prince de Galles ( Charles i«' ). On fit un nouveau traité avec la Hollande , qui avait repris les armes contre TEspagne. On résolut de réprimer les huguenots, toujours séditieux. La Rochelle était le centre de toutes leurs forces. Ce fut là que Richelieu forma le dessein de les attaquer. Après onze mois de résistance, les habitàhs furent forcés de se rendre. Richelieu commandait lui-même les troupes, avec la valeur et Thabileté d'un grand général. Le monarque s'y exposa plus d'une fois en héros. Les Anglais s'étaient, présentés avec des secours qu'ils apportaient aux protestants ; mais ils furent repoussés par l'armée française, et contraints de se retirer honteusement.

D. Quelle guerre la France eut -elle à soutenir après la prise de la Rochelle ?

B. Elle eut à soutenir une guerre en Ita-

( aSi )

lie , pour assurer la succession de Mantoue à Charles de Gonzagues , duc de Nevers , lié* ritier du dernier duc. L'empereur , le roi d'Es^ pagne et le duc de Savoie voulaient le dé* pouiUer de cette succession. Louis marche à la tête d'une armée, force le Pas-de-Suze , fait l^ver le siège de Çasal. Ces succès amènent le traité de Quiérasque^ conclu en i63i , et ménagé parMazarin, depuis cardinal. .

D. Racontez la journée des dupes.

. R. Les deux reines, Gaston frère du roi, et uu grand nombre d'ennemis puisss^nts, avaient Juré la perte de Richelieu .Louis xui estant dangereusement malade à Lyon, on lui arracha la promesse de renvoyer le cardinal. Chacun s'attendait à un changement de scène , qui pouvaitbouleverserle royaume. A peine guéri ^ le roi tâcha d'apaiser la reine-mère \ elle fut inflexible. Le cardinal était au moment de partir. On vient J'avertir que le roi demande à le revoir. Richelieu vole à Versailles , pen-

. dant que Marie de Médicis triomphe imprudemment dans son palais du Luxembourg. Le cardinal est reçu comme un ami regretté. Continuez à me servir comme vous avez fait ^ lui dit Louis, et je vous maintiendrai contre

/ toutes les intrigues de vos ennemis. Cette journée fut appelée la journée des dupes.

' D. Quelle vengeance le 4»rdinal de Bicbe^ lieu tira-t-i) de ses etinemiç f

R. Le garde dea sceaux Marillac mourot dans une prison. Le maréchal son frère perdit la tête sur un ëchafaud. La reine-tnàre elle-même fut sacrifiée : prisonnière à Coin* piègne, elle s*enfuit à Bruxelles , où. elle manqua du nécessaire. Gaston, frère du roi^ se relira en Lorraine. Il prit les armes , et entraîna le maréchal de Montmorenei dans sa révolte. Ils furent battus à Gastelnaudary ^ le malheureux Montmorenci y fut piris les armes à la main , et eut la tête tranchée à Toulouse, la même année (i632).

D. Que fit Gaston, après la défaite des rebelles à Gastelnaudary ?

R, Il se retira en Lorraine , où il épousa secrètement la fille du duc. Le roi marcha contre les rebelles , prit Nanci et plusieurs autres villes. Le mariage de Gaston fut cass^ par un arrêt du parlement , parce que , suivant les lois de Tétat, un prince du sang, et sqr-tont un héritier présomptif de la couronne, n'avait pu se marier valablement, sans le consentement du souverain.

D. Qu'entreprit le cardinal de Richelieu , vainqueur de touts ses ennemis ?

R' It conçut le projet d'humilier la maison

(aS3)

d'Autriche. U fit un traité avec la Hollandér La guerre fut déclarée à l'Espagne ; les pos-* sessions de TAutriehe , au Rhin , en Italie , en Piémont , dans la Valteline , furent atta* quées à la fois. Les Français remportèrent de grandes victoires, et essuyèrent de tristes défaites. La paix se fit enfin à Tavanlage de la France. Mais il se forma une nouvelle conspi-^ ration contre le ^cardioal ministre. Le comte de Soissons , les ducs de Bouillon et de Guise« en furent les auteurs. Cinq-Mars, favori de Louis xfti , se mit à la tête de la cabale. II gagna sans peine à son parti Gaston, due d'Orléans, On fit un traité avec T Espagne, et Ton convint d'introduire les Espagnols dans le royaume , pour changer la face du gouvernement. Richelieu sut se procurer une copie du traitée L'imprudent Cinq^Mars fut mis en prison ; le duc de Bouillon fut arrêté en Italie, où il commandait l'armée de France. Le fils du fameux président de Thou , leur ami et leur confident, subit le même sort^i On avait besoin de nouvelles preuves pour les condamner. Gaston n'eut point de honte de les fournir pour acheter sa propre grâce.. Cinq -Mars perdit la tâte sur un échafaud , et Bouillon ne sauva sa vie qu'en sacrifiant sa principauté de Sedati. De Thou fut aussi dé-

capitë pour n'avoir pas découvert une conspi-» ration qu'il s'était efforcé d'empêcher (i64a).

D. Quelles circonstances remarquables accompagnèrent l'exécution de Cinq^Mars et de de Thou ?

R. Ces deux amis s'embrassèrent, et se disputèrent à qui mourrait le premier. Tout le monde pleurait le malheur de l'infortuné de Tk«« I que la seule amitié avait rendu coupable. Le roi avait coutume d'appeler Cinq* Mars son cher ami. A Theure de l'exécution , il lira sa monire de sa poche, et dit : a Je « crois que le cher ami fait à présent une vice laine mine. )> Louis xiii n'avait pas moins de penchant que son ministre à une extrême sévérité.

B. Richelieu vécqt-il encore long- temps après le triomphe remporté sur Ciiïq-lVIars et ses complices ?

R. Richelieu et Louis étaient touts les deux attaqués d'une maladie mortelle. Mais l'épuisement du corps n'ôtait rien à la vigueur d*esprit du cardinal c il pensait encore à s'assurer la régence après la mort de Louis xui , lorsqu'il mourut lui-même, âgé de cinquantesept ans. Richelieu fut un des plus profonds politiques et des plus vastes génies que la France eût produits ; il affermit le trône

ébranlé par les factions , trant(uiliisa le royaume » et rendit la monarchie absolue , en réprimant la tyrannie des grands. Il enleva le Roussillon et la Catalogne à l'Espagne, et diminua la puissance de la maison d'Autriche. Cependant on lui reproche avec justice une ambition excessive , des vengeances cruelles, et un despotisme universel. C'est Richelieu qui bâtit le Palais-Royal : il en fit depuis un don'à Louis xrii.

D. Quelle grande princesse termina sa carrière peu de mois avant la mqrt du cardinal de Richelieu ?

R. Ce fut la reine-mère, Marie dé M édicis.

Elle mourut de misère , dans un grenier , à Cologne. Cette princesse fut soupçonnée d'avoir contribué avec le duc d'Épernon à faire périr Henri iv son époux. L'affectation qu'elle mit à contrarier en tout le gouvernement de ce grand roi , à destituer ses ministres , à prodiguer les honneurs et les richesses à ceux qui en avaient été les ennemis déclarés, sembla confirmer ces soupçons. Sans cela, on n'eût peut-être jamais osé ni pu soulever son fils contre elle. Paris lui doit le magnifique palais du Luxembourg.

D.La mort de Louis xiii arrivait- elle longtemps après celle de son ministre et de sa mère ?

R, Louis XIII ne vécut que cinq mois après la mort de Richelieu. Il mourut à SainJ:-*Germain^en-Laie , en i643$ danâ la quarante* deuxième année de son ige , après un règne de trente- trois ans. Anne d'Autriche, au bout de vingt-trois ans de stérilité, lui avait donné deuxfilsj Louis xiv , qui lui succéda , et Philippe de France, duc d'Orléans. Louis xiii fut le fils du meilleur de nos rois , et le père de celui qui a le plus occupé Funivers de* son nom et de ses grands exploits. Voltaire , au chant septième de sa Henriàde, suppose que saint Louis transporte Henri iv en esprit au ciel, et lui fait voir , dans le palais des destins , sa postérité , et les grands homm^ que la France doit produire. Saint Louis parle ainsi au grand Henri :

Approchons-aoQs : le ctel te permet de coanattre he$ rois et les héros qtû i\e toi doivent nattre. Le premier qui paraît , c'est ton auguste fils : Il soutiendra long-temps la gloire de nos lis , Triomphateur heureux du Belge el de Tibère ; Mais il n'^alera ni son fiU ni son père.

D. Faites-nous connaître la fin de SoUy, ce grand ministre de Henri iv, dont vous nous avez annancé Isf disgrâce, an commencement du règne de Louis xui,

R. Sully mourut à Villebon (département d'Eure-et*Loir), en i64i. Le roi Louis xin

( *57 ) le fit revenir à la oour , quelques années aprës sa retraite, pour lui demander ses avis. Il y vint, quoique aveo répugnance. Les jeunes courtisans qui gouvernaient Louis xiu voulurent , selon Tusage , donner des ridicules à ce vieux ministre , qui reparaissait dans une jeune cour avec des habits etdesairs de mode pas&ës depuis long^temps. Le duc de Sully , qui s'en aperçut ^ dit au roi : a Sire, quand « le roi votre père, de glorieuse mémoire, ce me faisait llionneur de me consulter, nous Cl ne comi;nencions à parler d'affaires qu'au tt préalable on n'eut fait passer dans ji'anti- « chambre les baladins et les bouflbns de <c la cour. T»

D. Quel fut l'état des lettres et des sciences sous le règne de Louis xiii ?

jR. Les ténèbres de la barbarie et de l'erreur commencèrent à se dissiper. Malherbe . et Corneille créèrent , en quelque sorte , notre poésie. La prose française acquit de Vélégance sous la pluipe de Balzac et de Yoiture« Descartes ouvrit, par un doute sage, le ohemin de la vérité. Le chancelier Bacon , en Angleterre, cultiva le germe d'une in^ finité de connaissances utiles. Galilée , en Italie , démontra le mouvement de la terre autour du soleil. Mais les préjugés aveuglaient

toujonrs la multitude. L'inquisition empri-sonna Galilée comme un impie ^ Déscartes fut accusé d'athéisme. L'astrologie conservarit son crédit; les pr.ocès de sorcellerie étaient communs et affreux. Urbain Grandier , curé de Loudun , qui malheureusement avait offensé Richelieu , fut brûlé vif, comme ayant ensorcelé des religieuses. L'Académie française^ établie en i635 , par les soins du cardinal ministre , contribua beaucoup à la révolution * qui se-fit bientôt dans l'art d'écrire et de pexiser. De ces deux arts devaient naître les plaisirs de l'esprit, la délicatesse du. sentiment, l'amour du beau, du vrai et de l'utile.

LOUIS XIV, dit LE GRAND ^ SOIXANTE-CCNQUIÈMB

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