ROI DE FRANGE
régna 72 an».
(An 1643.)
D. Quel âge avait Louis xiv, lorsqu'il ceignit le diadème ?
jR. Il n'était âgé que de quatre ans et demi. La régence fut donnée par le parlement à Anne d'Autriche sa mère. Louis xrv fat très mal élevé ^ à peine savait-il lire à quinze ans : mais il excellait alors dans le raaniemeat des armes et Féquitation. Malgré ce défautde cuU
( »S9 ) ture, Louis xiv devint un grand roi : h nature fit tout en lui. .
D. Quels furent les commencements de la régence d^Ânoe d'Autriche ?
R. Le premier usage qite celte princesse ait fait de son pouvoir, ce fut de déclarer ministre le cardinal Mazarin. Celui-ci suivit le plan de son prédécesseur; et persuadé, comme Richelieu , qu'il était important d'ahaisser la maison d'Autriche , il continua la guerre commencée contre eUe. Des victoires éclatantes rendirent le nom français respectable : le duc d'Enghien , fils du prince de Condé , héros de vingt et un ans, livra bataille aux Espagnols devant Rocroi, en i643. U dé- Nrtruisit ces. vieilles bandes, réputées la meilleure infanterie de l'Europe. A leur tête mourut le comte de Fuentès, leur général ; et le prince dit quHl voudrait être mort comme luif s'il n'aidait pas vaincu. Il défît, Tannée suivante, les Impériaux à Fribourg. Pour animer les troupes , il jeta son bâton de com^ mandement dans les retranchements des ennemis, et courut le reprendre, Tépée à la main. Le maréchal de Turenne s'étant laissé surprendre par le général Merci à Mariendal , le vainqueur de Rocroi vint à son secours , et gagna la bataille de Nordlingue, où Merci
fut tué. La prise de Dunkerqae augmenta ïa gloire du prince.
Dans le même temps , Tamiral Brézé mettait en déroute les forces navales d'Espagne , auprès de Carthagène; Gaston, duc d'Orléans , enlevait Gravelines , Courtray et Matdick.
B. Cx)ntiaues de nous &ire cannattre le^ exploits du doc d'Ëiighien.
R. Ce grand général , que nous appellerons désormais le prince de Condé y édioua au siège de Lérida en Catalogne. Ses ennemis sourirent à cet échec ^ mais bientôt il fibpâlir Tenvie par de nouveaux triomphes.
Il gagna la fameuse bataille de hens aur Tarchiduc Léopold. Sa harangue militaire fut aussi courte que pleine d'émergi^ : AvfÀs ^ s'écria-t-il avant l'action , souvene:4-^Qus de Rocroiy dePribourg^ et de NQ^dUngue^ Turenne, qui devint eiiiswtefton.rtvald^ gloire, contribua beaucoup au succès,^
D. Quel fut le résultat de tant de victoires meurtrières obtenues par les Français au commencement du règne de Louis xiv ?
R. Toutes les puissances belligérantes soupiraient après la paix. Un traité avait été conclu entre TEspàgne et la Hollande > quoique cette république se fût engagée à ne point
56 séparer delà France, à laquelle elle avait les plus grandes obligations ; mais l'intérêt remporta sur la bonne foi et la droiture^ Cependant des négociations étaient ouvertes en Westphali« poar une paix générale* Elle fut enfin signée k Munster par les catholiques , et à Osnabruckpar les protestants. la France obtint la souveraineté de Metz, Toul et Verdun. Les Suédois eurent des avantages pljus coiisidérable^; les droits des différents princes d'Allemagne furent réglés « et les protestants con.. servèrent^a possession des biens ecclésias* tiques dont ils s'étââent emparés. Le traité de fFestpàalie a été regardé depuis comme le code politique d'une partie de l'Europe > et a servi de fondement aux autres traités faits dans la suite entre les mêmes puissafnoes. L'Espagne refusa d'yaecéder. Les troubles qu'elle voyait naître en France lui offraient une belle occasion de vengea^cew
D» D'où venaient les troubles qui agitaient la France, et qui empêchèrent l'Espagne d'accéder au traité de Westphalie ?
R. Us vinrent de la haine qu'inspirait le gouvernement de Mazarin. Quoique ce mi* nistre eût affecté ^ dans les commencements » autant de modestie et de douceur que Richelieu avait eu de hauteur et de dureté , il était
cependant généralement méprisé et détesté.
On ne pardonnait point à un étranger cette fortune immense qui le rendait maître de Tétât. De nouveaux impôts, créés pour soutenir les charges publiques, rallumèrent tout à coup le feu mal éteint des anciennes discordes. Les cours souveraines de Paris se réunirent. Mazarin en conçut de Tinquiétude. Il fit arrêter deux magistrats qui avaient opiné avec plus de force que les autres contre des édits bursaux envoyés au parlement. Le peuple de Paris , animé par le coadjuteur , depuis cardinal de Retz , se souleva , et redemanda les prisonniers à grands cris ; on ferma les boutiques , on barricada les rues du centre de la ville à leurs extrémités. Cest ainsi que commença la guerre de la f rondes
D. Quels furent les événements de la guerre de la fronde ?
jR. Les frondeurs avaient à leur tête le coadjuteur de Paris, le prince de Gonti, le duc de Beaufort, petit-fils de Henri iv, et surnommé le roi des halles, à cause de son exce<»ive popularité \ le duc de Bouillon , Turenne son frère et le parlement. Coudé était pour la cour. La régente fut forcée de quitter Paris avec le roi et Mazarin. Coudé fit le siège de Paris} le coadjuteur et le parlement levé-
( 263 ) rent des troupes pour défeadre cette ville. Ce qui caractérise particulièrement cette guerre , c*6st le ridicule dont elle fut accompagnée.
On plaisantait en se massacrant. Le régiment du coadjuteur , nommé régiment de Corinthe , parce que son chef portait le titre d'archer véque de Corinthe , fut battu dans une sortie. Cette défaite devint un sujet de bons mots :
c'était la première aux Corinthiens. Vingt conseillers de nouvelle création avaient fourni ehacun quinze mille livres, au commencement de la guerre. Ils ne furent bientôt dé^ signés que par le nom de Quinze- P^ingts.
Cependant la crainte de voir les Espagnols en France produisit un accommodement. La cour revint à Paris , et jSifJazariu conserva sa place.
D. La paix entre la cour et la fronde subsista- t-elle long-temps ?
R. Non. Le prince de Condé, se croyant mal récompensé de ses services , traita la reine avec hauteur, insulta le ministre, et s'unit avec le prince de Conti son frère, et le duc de Longueville son beau^frère. La reine Ht arrétek* ces trois princes ^ le peuple célébra leur détention par des feux de joie. Bientôt il se forma des partis pour les tirer de prison. Le parlement bannit le ordinal à perpétuité.
Ce ministre , voulant se faire honneur de la délivrance des princes , alla hii^néme les remettre en liberté^ et ne reçut à^ leur part qu« des mépris. Cédant enfin à Torage , il quitta le royaume y sans rien perdre de sou crédit auprès de la reine.
D. La retraite de Mazarin ramena-^t-elie la tranquillité dans Le royaume ?
R. Non. Condé s'était flattai dei dominer.
Mais, voyant que Mazarin, quoiqtie absent, gouvernait toujours Tétat, il quitta brosque* ment ht cour , et se ligua avec ks Espagnola. Au premier signal de la guêfrre civile , le cardinal rentra en France & la iéte de sept mille hommes. Le parlement le déclara ^nemi de Tétat , et mit sa tête à prix. Il déclara en même temps Condé criminel de lèse-majesté.
Turentte , qui avait abandonné les Espagnols, sauva le roi et la famille royale à Gien , et pourstrivit Condé jusqu^à Paris. Un combat sanglant s'engagea dans le faubourg Sainf- Antoitlé. Torenne eiiit remporté une victoire complète^ mitis MademeiséUey iîll^ dûdoe dOrléans , fit tirer le canoh de la Sa^le sur les troupes du r<îi, et les bblrgêà de se tetîrer. Cecafiùn-là vientdt tuer sùn mari ^ ditMâtaritt en^ parlant de cette princesiie, qui desirak un établissement digne de sa naissance ^ ei qui
( tt«^)
dèflhlors fut perdue dans Tesprit de Louis xit.
D« Le o^rdinai Mazarin ne fuMl paB oblige de sortie une «econde fais du rojaume ?^
R. Oui. Le roi , qui avait atteint I*ftge de majorité , sacrifia son mifiislre au bien de la paix. Mazariu s'éloigna de nouveau , et Paris rentra dans Tobéissance. Le duc d'Orléans fut exilé, le coadjuteur fut envoyé en prison.
Bientét le cardinal revint comme en triomphe; le peuple et le parlement le reçurent avec les plus grands honneurs; ïe prince de Coiîti épousa une de «es nièces , et le ministre devint aussi absolu <|ue Tavait été Riehelieii.
D. Après que Mazarin eut été rétabli en &veur , comment se termina Ik guerre av.ee l'Espagne?
jR. Les Espagnols, sou'S la conduite du prince de Condé , et à la faveur de nos trou* blés , avaient obtenu de grands succès. Mais Turenne les arrêta. Les deux nations , épui^ sées , recherchèrent avec un égal empresse-»
ment l'alliance de Cromwet , qui régnait en Angleterre sous le titre de protecteur , après avoir souillé 1c royaume du dang de soai roi. Mazarin ie décida ft^onire les Espiagnols, à condition qu'on ferait sortir de Fraifce les detiT fils de Charles v^ , et qu'^n livrerait Dunkérqjue aux Angla». La France et l^s-«
( a6ÉJ )
pigne sentirent enfin la nëces^sité dé la pais. Des conférences furent ouvertes dans rfferfej Faisans y sur les frontières des deux états : le cardinal Mazarin d'un côté, et don Louis de Haro de l'autre, y déployèrent toute leur adresse. L'infante Marie -Thérèse, fille de Philippe IV , fut acCQrdée à Louis xiv , avec \itte dot de cinq cent mille écus. La France garda le. Roussillon et une partie de l'Artois- Le prince de, Condé fut rétabli, et reçu en faveur. Mazarin n'y consentit qu après beaucoup de résistance. Le traité des Pyrénées j signé en lôSg, consomma le grand ouvrage de la paix de Westphalié. Mazarin s'acquit une véritable gloire par ces deux traités.
D. Le roi ne marqua- t-il aucune répu^ gnance pour son mariage aveic Tinfante d'Espagne Marie-Thérèse?
R. Le jeune monarque était devenu amoureux de la belle Mancini y une des nièces du cardinal. Le ministre avait osé compter sur cette alliance^ mais il trouva la plus ferle opposition dans la reine- hière. Mazarin éloigna sa nièce, et le roi fit céder sou amour à l'intérêt de son royaume. Il épousa l'infante à Saint-Jeanrde-Luz. Le cardinal Mazarin xiiourut à Vincennes l'année suivante, dans kl cinquante-neuvième ^nnée. de sou flge. II
( 2«7 ) avait accumulé des richesses immensesi. Agité de remords-, à la fin de sa carrière, il fit au roi une donation de touts ses biens ; le roi la lai remit, comme il Tavait sans doute prévu.
D. Faites- nous le portrait deMazarin.
R, Le ministre, comparé' avec Richelieu, son prédécesseur et son protecteur , avait sans doute moins d'étendue d'esprit, moins d'élévation dans Tame , moins d'énergie dans le caractère. L'un gouvernait par la force, l'antre par l'adresse. L'un accablait ses ennemis , l'au* tre les trompait. Ecoutons le parallèle de ces deux ministres , fait par Voltaire dans le septième Crhant de sa Heliriade :
Henri ^ dans ce moment, voit sar des fleurs de lis
Deux mortels orgnellteax auprès du trône assis :
Ils tiennent sons leurs pieds tout un peuple li la châne;
Touts deux sont revêtus de la pourpre romaine ;
Touts deux sont entoures de gardes , de soldats :
11 les prend pour des rois. . . Vous ne tous trompes pas,
Ils le sont , dît Louis , sans en aToir le titre ;
Du prince et de IVtat Tun et rantreestParbitre.
Richelieu , Mazarin , ministres immortels ,
Jusqu'^au trône élevés de Pombre des autels ,
Enfants de la fortune et de la politique.
Marcheront à grands pas au pouvoir despotiqu«.
KicheUcQ , grand, sublime, implacable ennemi}
Mazarin, sourde , adroit , et dangereux ami ;
L'uu fuyant avec art et codant k Forage j
L'autre aux Itoto irrités opposant son courage ;
Ma
Ihê prince* 4tf mon mi^ cnaettîs 4^14^4* i .
Touts deux hais du peapic , et touis deux admire'si ËnÊn , par l<$nrs eflbrU , ou par leur inâastrie , Dtiles k leort roU^ eroels 2i ht patrie.
D. Que fît Louis xiv après la mort du cardinal Mazarin ?
jR. Il prit en maJn les rênes de Tétat , et hienlôt la Frauce changea de face. Une des plus dangereuses plaies du royaume était Të* puiserueat des finances. Le surintendant Fouquet , accusé de prodigalités et de déprédations . fut arrêté, Colhert lui succéda sous le titre modeste de çontrôleut'^énéraL Colbert répara tout. Il créa^lexomnaerce et les arts. Voltaire a dit de lui<: »
O toi , moins paissant 4{a^enx, moins raste en tes desseins,* Toi , dans le second raqg« le premier des humains , G>lbert, c^est sur les pas qae Pheureuse abondance , Fille de tes travaux. , vient enrichir la France. Bienfaiteur de ce penple ardent à tVitrager , En le rendant heareox ta sauras t'en venger \ Semblable à ce héros , confident, de Qieu même, Qui nourrit les Hel)reux pour prix de leur blasphème.
D. Quelles sont les premières occasions qu'eut Louis xiv de déployer son caractère ?
R. Une dispute sûr ie pas , entre son ambassadeur à Londres et celui d'Espagne, four< nit la première. Le Français ayant été iusnlté en pleine rue par rEspagnoI, il faitaît une
réparation dé eet outrage. Loois menaça son beau-père, Philippe ly, de recommencer la gaerne, siTon rerusait de Ini faire satisfaction. Philippe rappela et punit son ambassadeur , et envoya k Fontainebleau le comte de Fuen*tés déclarer, en prësènee de touts les Mims^^ très étrangers, que les minis^rçad^Espagne na coRc^ourraient pins avec ceux de France. Là seconde affaire intéressait la cour de Rorae« Le ducdeCr^qni, ambassadeur de Louis xiv; s^y comportait avec nne fierté qui le rendait odieux. iSes domestiques s^ croyaient tout permis, et <|ue]qnes-un<% d^eiître euxattaquè* reul les saldatsde la garde corse. Cette garde s'ameuta, tira sourie carrosse de rambassadrice, et tua un de ses pages. A cette nouvelle , le roi demanda une réparation proportionnée à Vinjure^ La oout de^Rome :voulait gagner du temps pour se tirer d'embarras* Mais on se saisit d'Avignon , et 1*011 fit passer des troupes en Italie pour assiéger Rome. Il fallut que le pape pliât \ il fut forcé d'exiler de B^ome son propre frère , qui avait animé secrètement les soldats corses, et d'ëhVôyér un lëgat faire la satisfaction exigée.' La garde corse fut cassée ; et une pyramide fut élevée dans Rome, avec une inscription qui contenait et rmj«re et la réparation. *
D. Que fit Louis xiT 9 après la réparalion obtenue du roi d'Espagne et du pape ?
R. Il racheta Dunkerque de Charles it , roi d'Angleterre. Trente mille hommes furent employés pour en faire un port redoutable aux Anglaic. Elu même temps il envoyait des secours à Ferapereur contre les Turcs , au Portugal contre TEspagne. Il faisait commencer le canal du Midi, qui joint les deux mers, malgré les montagnes qui les séparent; il fondait la compagnie des Indes; il établiissait des. manuÊictures de glaces , de toiles, de draps, de tapisseries ^ il créait une nouvelle marine^ il embellissait la capitale , qu'il fit paver et éclairer magnifiquement. Il pourvut à la sûreté des habitants par une police admirable. Les grands chemins, les ouvrages utiles, chaiigèrent la face des provinces. L^Acadépiie des Sciences , TAcadémie des Inscriptions et d^s Belles-Lettres, furent ffMidéeç; TObservatoire fut construit.
D. Louis XIV n'ambitionna-t-il pas aus^ la gloire des conquétefs ?
R. Oui; et l'occasion de l'acquérir se pré* seata bientôt. Quoique le traité des Pyrénées portât une renonciation absolue de la reine de France à touts leç états de son père, Louis voulut cependant avoir une partie de la suc*"
( «7^ ) cession de Philippe iv. 1\ fit valoir, par la force des armes, les prétentions que son épouse avait sur le Brabant , la Flandre , et la Franche* Comté, selon la jurisprudence de ces pro^^ vinces. Le roi, ayant sous lui le maréchal de Turenne avec des, troupes parfaitement disciplinées, se rendit maître de la, Flandre en ane seule campagne. Â. peine s'esl-iU délassé de ses fatigues , qu'il va fondre sur la Franche* Comté au cœur de Thiver. Condé le suit dans cette expédition. La province est con4> quise en trois semaines. Des traîtres, gagnés par Fargent de la France , facilitèrent cette conquête.
D. Les succès obtenus par le roi de France dans la Flandre et dans la Franches-Comté , n'alarmèrent-ils point les autres puissances de l'Europe?
R. L'Angleterre , la Hollande et la Suède ne purent voir sans inquiétude les rapides conquêtes de Louis xiv. Ces. trois puissances se liguèrent contre lui. Le roi prévint les e& fets de cette triple alliance, en offrant la paix à TEspagné. Elle fut signée à Aix-la-Chapelle. On rendit la Franche-Comté, et Ton garda la Flandre. Louis résolut de se venger de la Hollande, qui avait provoqué la triple àl^ liance. Il commença par détacher rAngleterrè
( »7* ) •t la SttMt de là c^ialUion; eftsiiite il fondit •sr kr Hollaitde a vée une armée considérable. Coodé, Tttremie^ Lulemboiirg , Vauban et LoaYOÎs accompagnaient le moaafgue.
II passa le Rhin pendanrt que. k canon foa* droyait W ritage. La rapidité des succès de eeftt« eaiapagne tient da prodige. Troia pro^ Tiacieé ( Utrechl ^ Ovér-Yssel et Gtieldres ) et fànt de ^aaramle places fortifiées forent conqoisea en peu de mois. L^ états assem-»
blés à la Haye se sauvèrent k Amsterdam.
Cette ville lâcfaa les écluses et inonda tout son territoire. Le prince d'Orange , nommé stathouder , ranima le courage des HoUandais, et appela à leur secours l'Espagne , Vemperefor^la plupart des princes de relrBpire,^t le Danemàrck^ qui formèrent une aoayeUe coalition contre Louis xiv.
I>. Quel fut l'eflel de la seconde ligue de l'Europe ednl^e LOuis xiv?
R. Elle fournit h ce grand monarque une nouvelle niatière de triomphes. Il sut se dé* jEendre, et faire encore des conquêtes. La Franche-Comté, sdumise pour la seconde fois en six semaines, fut enlevée sans retour à TEspagne. Du côté de rÂlieibagne, Turenne , avec une armée fort inférieure à celle des oinemis , déconcerta toutes leurs mesures ,
( .73 > les força de repasser le ftfcfn, ,ef v&npyvh des avantages considérables. Coudé tenait!
tête, dans les Pays -Pas, an prince dX>range • beaucoup plus fort par le nombre de ses troupes. La sanglante bataille de Senef ût périr des hommes sans produire de bien.
L*erapereur avait opposé au ma'l'ëchal dé Turenne le célèbre général MonlécucuUi.
Ces deux rivaux , après avoir excité l'admiration de l'Europe par dô.s marches et des catrtpenotents plus glorieux que des victoires jetaient sur le point d^en venir à une action décisive , lorsque Turenne fut tiré d'un, coup de ca* non , en examinant' la place d'une batterie.
ÇiC même boulet avait emporté le bras du marquis de Saint-Hîlaire y le fils de celui''ei fondait en larmes : « Ce n'est pas moi , lui « dit le ' marquis , qu'il faut pleurer , c'est <K ce grand homme. » Malgré la consterna* tion que là mort de Turenne répandît dans toute Parmée, lé comte de Lorges fit une retraite honorable. Cependant MontécuculH passa le Rhin ël pénétra en Alsace. Le grand Condé marcha cçntre lui et l'arrêta. Ce prince renonça etisoite au commandement, que sa santé ne lui permettait plus de soutenir. Montécuculli quitta U service de l'empereur, la même année, 'parce tjù'après avoir combattu