‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 26 sur 30 · VI · texte numérisé non relu

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les Condii, les Turenne, il ne voulait poinfc compromettre sa rëputalton contre des généraux commençants.

D. Pendant que les Français obtenaient tant d^avantages en Allemagne et dans les Pays-Bas, quels étaient en même temps leurs succès sur mer?

jft. Sur mer , le pavill'on français n'était pas moins favorisé delà victoire. L'amiral hollandais Rujier^ qui , tandis que la Hollande était sous les eaux ou entre les mains des Français, avoit soutenu la gloire de sa nation , fut battu par Duquesne^ le 8 janvier 1676 ^ et, le 21a avril de la même année, Ruyter, blessé dans cette dernière campagne, y termina sa glorieuse vie. Louis xiv lui-mcmc ne put s'empêcher de le regretter. De mousse et de valet de vaisseau, il était devenu Tuu des plus grands hommes de mer de TEurope. Puquesne^ le Ruyter de la France, attaqua une troisième fois les flottçs ennemies, après la mort de Tarairal hollandais. Il leur coula à fond ,. brilla et prit plusieurs vaisseaux. L'Europe était étonnée que la France fût devenue, en si peu de temps, aussi redoutable sur mer que sur terre.

D. Quel fut le fruit de toutes les victoires remportées par Louis xiv sur terre et sur mer

(475) R.Ia paix fut conclue à Nimèg1]^ en 1698 {^ Louis eu dicta les conditions. L'hôtel de ville die Paris lui défera , quelque temps après, le surnom de Grand. L'Europe, jalouse, n'osa réclamer contre ce titre. La paix ne Tempécha point d'étendre ses domaines.

Strasbourg, ville grande et riche , maîtresse du Rhin , par le port qu'elle a sur ce fleuve, formait seule une puisjsante republique. Lou- Tois avait con^u dès long-temps le dessein dç la donner à Louis xi v. Il traite avec les magî»trats, gagne les uns, intimide les autres, et fait avancer en même temps sur la ville une armée de vingt mille hommes. Le traité de reddition est conclu , malgré les pleurs et le déjsespoir des citoyens amoureux de la liberté. Bientôt cette grande place , fortifiée par Vauban ^ devint la barrière la plus forte de la France. D. Après avoir réuni Strasbourg à son royaume , quel nouvel éclat Louis-le-Grand donna-t-il encore à sa puissance ?

jR. Sa marine fut prodigieusement augmentée. Les ports de Dunkerque , de Toulon, de Brest, de Rochefort , étaient admirables, soit par leur construction, $oit pçfr les forces qu'ils re^nfermaient. Des escadres s'exerçaient contre les pirates d'Afrique, Les galiotes à bombe ;| qu'un Français venait d'inventer.

toiiétêyiifetïl Alger, Tunî» ^ l'ripoU; et lëorâ âouyefàios envoyèrent demander grâce.

Géned fut écrasée et humiliée comme les cor- 8aires« On lui fit un crime dé leur âToir Vendu de la poudre , et d'avoir construit quelques galères pour FEspagné. Elle essuya le bombardement-, elle vit réduire en cendre^ une partit? de ses palais. Il fallut que le doge et quatre des principaux sénateurs vinssent implorer la clémence du roi. Un ministre demanda im doge ce qu'il trouvait de plus surprenant à Tersailles î Cest de w!j "voir, ré-* pondit-il.

D. Quelles mesures de rigueur employa Louis XIV contre les protestfims ?

Ri. Il invoqua Véditde Nantes j donné par Henri iv, et confirmé par Louis xni. La liberté de Conscience fut ôtée aux protestants.^ leurs temples furent démolis -, les enfants arrachés des bras de leurs pères et mères , pour être élevés dan& la religion catholique. Près de cinquante mille familles sortirent du royaume dans l'espace de trois ans, et portèrent chez r^tranger les arts ^ les manufactures etks tré* sDTS de ta France.

' D. L'Europe laissa-t-elle Louis xrv joui»

de la tranquillité que devait loi assurer la paîi deNimègile?

i2. "Soù* Il se forma contre lui une ligtie universelle ^ qui fui appelée la ligue d'jiugs^ bourg, he principal auteur de cette nouvelle confédération futGuillaume, prince d'Orange.

A force d'exagérer rambition du roi de France, et de le présenter comme aspirant à b monarchie universelle y il parvint à réunir contre lui les coalisés de la dernière guerre , Temperelir et la plus grande partie de TEmpire, le roid'Es* pagne, la Hollande, el le duc de SavoiCé Le pape Innocent XI lni->méme entra dans cette alliance.

D. Quelles mesures prit Louis xiv pour ré^»

sistér à la ligue d'Augsbourg?

R. Quand il sut qu'on voulait Tattaq^e^^ il porta les premiers coups. Le Dauphin fut chargé d'aller prendre Pbilisbourg , qui était la clef de rAUemagne. La ville se rendit après dix-neuf jours de tranchée ouverte. Mayenne; Manheim, Spire , Worms , tombent an pou»

voir des Français. Le Palatinat est livré aux flammes. Plus de quarante villes et une infinité de villages sont brûlés. Le cruel LousH^is avait surpris au roi Tordre de cette affreuse destruction.

. Louiâ fut également heureux coi^tre les An« glais. Le prince d'Orange, gendre de Jac qués II, roi d'Angleterre, venait de détrôner

( »7» ) son beau-père. Le roi deTrance reçat le malhenreax Jacques de la manière la plas généreuse , et fit les plus grands efTorts pour le rétablir. Tourvilie battit les flottes réunies de l'Angleterre et de la Hollande , à la hauteur dé Dieppe* Mais ces succès ne changèrent point la destinée du roi détrôné. La bataille de la Boine^ que. ce prince perdit en Irlande, assura la couronne. d'Angleterre it Guillaume in.

D. Continuez de nous raconter les principaux événements de la guerre du roi de France contre les confédérés d'Augsbourg.

R-. Le maréchal de Luxembourg, qui marchait sur les traces du grand Condé, gagna la bataille de Fleuras ^ en 1690. Surpris à Steinken/UBj en 1692, par une ruse du roi Guillaume, il vint à bout, quoique malade, de le repousser et de le vaincre. L'année suivante, il surprit lui-même Guillaume à Nerwinde , et gagna une nouvelle bataille. Dans le même temps, le roi, en personne, prit Mons etNamur. Le maréchal de Catinat défit le duc de Savoie à Staffàrde et à la Marsaille; le maréchal de Noailles fut vainqueur en. Catalogne ^ le maréchal de Lorges l'avaitété en Allemagne. Mais Tourvilie fut battu à la Hogue en iGga, et perdit quatorze grands vaisseaux. Les flottes

anglaises bombardèff^nt Dieppe, le Havre ^ Saint-Malo , Calais , Duukerque. Duguay-* Trouin^ le plus célèbre des armateurs fraar çais, ruinait de son côté le commerce des Au-» glais. Le fléau de la guerre se faisait sentir à tout le monde j et Louis xiv désira la paix.

Elle fut conclue kRiswicky en 1697. ^^î^' laume fut reconnu pour roi légitime d'Angleterre, et la Lorraine fut rendue ^u duc Léopold.

D. La paix de Pdswick fut-elle de longue durée ?

/{, Non. La mort de Charles 11, roid'Ës*pagn^, ralluma le feu de la guerre en Eu^ rope. Ce prince^ par son testament, avait nommé pour son successeur au trône Phi* lippe de France , duc d'Anjou, second fils du dauphin. Le duc d'Anjou prit possession du royaume d'Espagne, sous le nom de Philippe V. Le roi lui dit à son départ ; // n^ a plus de Pyrénées. Belle parole pour exprimer Tunion future des deux peuples. L'empereur voulait faire tomber cette couronne sur la tête de Tarchiduc Charles , son fils. II commença bientôt la guerrç en Italie. Son arméei était commandée par le prince JE'ugènej né eu France du comte de Soissons et d'une nièce de Mazarin. Louis xiv ne sut

point )ui rendre jqstice, et parut le mëpriser/ quand il quitta le royaume pour s'attacher au service de Tempereur. Eugène > déjà célèbre par plusieurs victoires remportées sur les Turcs, fit toujours reculer devant lui le maréchal de Catinat , et battit le maréchal de Villeroi à Chiari. L'année suivante, il surprit Crémone, au milieu de ITiiver : Villeroi fut fait prisonnier. , On envoya le duc de Vendôme pour le remplacer. Ce petit-fils de Henri iv avait passé -par touts les grades militaîrea. Les soldats Tadoraient^ et, dans les jours d'action , son génie , excité par le pé- . ril, faisait des miracles. Le prince Eugène était le seul qui pût lui tenir tête. Ils livrèrent la bataille de Lazara ^ où se trouva le jeune roi d'Espagne. Les Français eurent l'avantage. Les Impériaux se l'attribuèrent également.

D. Comment la guerre de la France contre l'Allemagne , à l'occasion de la succession au trône d'Espagne , s'étendil-elle à toute l'Europe?

R. Jacques ii étant mort, Louis xiv céda

àùx instances de la veuve de ce prince et à

celles de madame de Maintenon. Il donna au

prince de Galles , fils, de Jacques , le titre de

^roi d^ Angleterre. Les Anglais et leà Hollandais

ne tardèrent point à s'unir avec rempereur; Tteàot-Amëdce y duc de Savoie, el beâu^père du i^i d'Espagne, oubliant les lois dé la na*tttre et de rkonnedr, entfa anssi dahslacoa'* lilioD< Le Portugal se dëdarx pareillement cantre la France , et reconnut rarchidocGiar* les pour roi d'Espagne.

D. FaitesrfAOus connaître la suite des ëvé"* nements militaires de cette guerre de ta succession d'Espagne.^

JR. LeJQune duc de Bourgogne, dirigé par le tnarédial de BouflDers, ne réussit point en Flandre* Malliiorongh, qui coniinlsâdait Taiv mée d'Angleterre^ et qui avait appris sous IV retine l'art de la guerre , avança loueurs sani hasarder de bataille. Il prit Venloo, Rorem onde , et Liège. Les armes françaiises furent plus heureuses en Allemagne dans les corn* mencements. Le marquis de Yillars vainquit les Impériaux à Fridlingen et à HochsteU Le maréchal de Tallard remporta aussi uue viotoiré à Spire sur le prince de Hesse. Mai$ ces succès furent suivis des plus affreux re<vers. Eugène et IVIalborough attaquèrent Tar* mée française dans ces mêmes plaines de Hochstet^ où elle avait vaincu l'année précé*^ dente< Les Français furent éntièrementdéfaiu. A peine de soixante mille hommes en rassem*^

bla-'t-on vingt mille. Oh perdit environ cent lieues de pays. Lès Anglais enlevèrent Gibraltar à rEspagne, en 1704- L'année suivante^ ils soumirent la Valence, et la Catalogne. Philippe v chancelait sur son trône. La journée de Ramillies mit le comble aux malhenrs de la France. On perdit vingt mille hommos et presque toute la Flandre espagnole.

D. La France n'eut-?elle point quelques succès qui la consolèrent de ses défaite» en Flandre , eu Allemagne , et en Espagne?

R. Oui. Elle eutdes succès en Italie. Vendôme repoussalëprinceEugèneàÛIor^^ano^etgagna, en son absence, la bataille de Cassinata. Victor- Amédée, pour prix de sa défection, était presque entièrement dépouillé. On allait prendre sa capitale , lorsque , après la défaite, de Ramillies, on rappela le duc de Vendôme dllalie , pour l'opposer k Malborougfa. lie duc d'Orléans, qui le remplaça, ne put arrêter le prince Eugène qui venait au secours de Turin. Il proposa au duc àe la Feuillade et au maréchal de Marsin de marchera l'ennemi. Mais un ordre de la cour s'y opposait. Il fallut rester dans des lignes immenses qu-on ne pouvait défendre. Le prince Eugène et le duc de Savoie les forcèrent. La déroute des Français fut complète.

Bagages, mnnilions, caisse militaire, tout tomba au pouvoir ide rennemi. Marsin mourut d'une blessure, et tout fut bientôt perdu en Italie.

D. Après ]a levée du sî(^ge^de Turin, \es afiaires des Français en Espagne se trou-*' vaient-ellesdàns une situation plus heureuse? . M. Non. Le siège de Barcelone, où se trouva Philippe v; fut marqué de circonstances désastreuses, comme celui de Turîn^ On se croyait au moment de prendre la place,' quand le comte de Toulouse , grand^^ainirâl ,qui bloquait le port, se retira devant une 'escadre anglaise. Le fiiaréchal de Tessë leva proraptement le siège. On laissa aux Anglais des: provisions immenses , et la terreur se. répandit dans les provinces. Ils pénétrèrent jusqu'à Madrid -, ils y firent proclamer l'archiduc. Mais la fidélité des Castillans fut inébranlable. Berwick, vainqueur à Alm'anza, et le duc d'Orléans à Lérida, relavèrent les espérances de Philippe v. La capitale fut bientôt délivrée. Philippe y renlra^, et y fut reçu avec des transports de joie.

D. Les ennemi? dç Louis xiv ne profitèrent-ils pas de leurs victoires pbur pénétrer en France?

. /{. Cétait une sorte de prodige que les en^

nemis n'y eussent pas encore pénétré. Ut y ^ entrèrent enfin par le col de Tende. Le due de Savoie et le pi^ince Eugène vinrent assiéger Toulon , qu'une flotte anglaise bombarda en même temps. Le défaut de cohcert de la part des assiégeants , des secours venus à propos , hi disette, les maladies , firent tever le siège , et sauvèrent la Protencé et le Datiphiné.

Loui|t XIV parut se ranimer au milieu des revers.^ II arma huit vaisseaux de guerre , fit embarquer sept mille hommes sur soixante et dix bâtiitaents de transport, et envoya le fils de Jacques lE Êiire une descente en Ecosse.

Elle n'eut aucun soccès: mais le chevalier de Forbiit sauva la flotte.

D. A quel état d'humiliation fiit réduit le superbe Louis xiv ?

R. Il éprouva de nouveaux revers sur le oOQtinent. Le doc de Bourgogne commandait en. Flandre une armée de cent mille hommes; Vendôme servais sons ce prince : ils ne s*acoordaient point. Eugène et Malborongh profitèrent de celte mésintelligence, mirent Farraée françaiseen déroute à Oc^/zanfe^ prirent l4ille, Gand, et Bruges. Le cruel hiver de 1709 combla les calamités du royaume ; li fit périr presque louts les fruits de la terre, produisit une famine et une désolation universelle.

Louis XIV demanda la paix, et n'obtint que des réponses fort jdares. Déjà Maiborough avait pris Tournay *, et, joint au prince Eo-* gène, il allait iiltestir Mons. Yillars ras* semble son ansi^i et }eur livre bataille près du village de Malplaquet^ entre Mons et Bavay. Les Anglais portent les premiers coups , et sont vigotireusement repoussés par les Français, qui jeUent gaiement, pour se battre, le pain qu'ils viennent de recevoir, et dont ils avaient manque un jour tout entier.

Nulle bataille ne fut, dans cette guerre, plus longue et plus meurtrière. Viflars y reçut au genou une blessure qui le mit hors de combat* Il perdit la bataille^, mais cette défaite lui acquit autant de gloire qu'une irict<>ire. Il en coûta huit mille hommes aux Français, et à Tennemi douze mille. Le maréchal de Boni&ers fit la retraite en si bon ordre, qu'il ne laissa ni canons ni prisonniers.

D. Quel paTli prit Louis xrv, après la perle de la bataille de Malplaquet?

R. Il fit de nouvelles tentatives pour obtenir la paix. Il s'abaissa jusqu'à promettre de l'argent ^ur détrôner Hiilippe t , son petitfils. *On osa proposer qu'il s'obligeât à lui ôter seul Ift eourotine , nianrs l'-espace de deux.mois;

( a86 ) Cette demande fut rejelée avec horreur. Ce* pendant les confédérés prirent Dooay , Béthane^ Saint- Venant, et Aire* Leurs armes triomphaient également en Espagne. Philippe perdit laliataille de SanugQsse^ et fut obligé d'abandonner une seconde fois sa capitale.

Larchiduc y rentra , et s*y fît proclamer de nouveau^ mais la tristesse peinte sur le visage des Castillans annonçait ;leur attachement au souverain légitime.

D.P.ar quelle révplutionheureuse Philippe v rétablit-il ses affaires ?

R. Il demanda à Louis xiv pour unique secours le duc de Vendôme, qui n'était plus eamployé*.. Le nom seul de ce gi:and général attira une foule de volontaires.; Les comni^jiinautés des villes, des villages, s'empressèrent d^ fournir de l'argent. Vendôme, sans laisser Valentir un ^loment cette ardeur, ramena Je roi à Madrid , obligea l'ennemi de se retirer Ters le Portugal , le poursuivit , et remporta sur lui la célèbre vÂctçire de' f^ilLawciosa^ qui affermit pour jamais la couronue d'Espagne sur la t^te de Phitlippe v. On assure qu*après la bataiik, ce pânce n'ayant poiut de lit, le duc de Vendôme lui dit : « Je vais vous faire « donner le plus beau lit sur lequel jamais « roi ait couché, » Et il fit faire un mattlas

( 218? ) des étendards et des drapeaux pris sur les ennemis*

D. Qnels événements suivirent la bataille de F'illasfiçiosa?

R, L*empe£eur Joseph mouru t , et Tarchidue son frère fut élu en sa plaee. On abandonna le projet de le faire monter sur le trône d^£spagne. En Angleterre, la ducbesse de Malborough encourut la disgrâce de ]a reine Anne. Malborough, après avoir pris Bouicbain,, fut rappelé., et privé de ses charges. Une sus* pension d'armes fut cenclue e^^tre la France et TAngleterre , et Dunkerque remis aux Anglais pour sûreté des engagements. Des conférences pour la paix s'ouvrirent à Utjrecht en 171».

D. Les conférences d'Utrecht arrétèrenir elles les hostilités de rAllemagne et de la Hollande contre la France?

R. Non. Le prince Eugène assiégea Laur drecies, et envoya dans la Champagne des détachements qui^avagèrent cet le province, et pénétrèrent jusqu'aux portes de Rheims.

L'alarme ^tait à Versailles : on délibéra si le roi quitterait son palais. Il déclara qu'en cas d'un 9ouyeau malheur il convoquerait toute la noblesse de son royaume; qu'il la conduirait à Fenoemi , malgré son âge de soixanle-qua«<'

lotse aii6>9 et qu'U pënraU à la léle. La^^o* ^ toire de Denain y remportée par le marécba) de Villairs , délivra le roi de tâitt d^q&iétudes , et avança la paix -, èHe fat enfin signée à {/tnsc^.L'AogleterrêgairdaGiiNrailaretrîle dk Mittorque; on lai eëda de plus Terres Neàve , TÂcadie , et la baie de HtKkpn. Le duc de Savoie «ut la Sicile avec le titre 4e roi. La Flandre espagnole devait rester à l'^aipereur, 'iïiais;pn en liyra plusieurs rîlie&^iix Hollandais, pour leur servir de barrière.

Louis XIV s'obligea à combler et à démoUif le port d« Dunkerque, où il avait dépense des sommes immenses. L'Espagiie et les Indes furent conservées k Ptiilippe t.

D. L'empereur acquiesça - 1 - il à la "^iï d'Utrecht?

R. Non. Il voulut eontinuer la guerre , et il eut lieu de s'en repentir. Villars passa le Rbiu , reprit Landau , dont les ennemis s'étaient emparés , força leurs lignes datisléBrisgaw, et se rendit maître de Fribourg. Ces succès eurent le même avai^ge que la victoire de Denain. La cour de Yienue se bâta de faire la paix. Le marécbal de ViUars en régla les conditions <avec le prince Eugène à Rastadt^en 1714* ^^ tout ce que la France »vait ofietlt, Strasbourg^ TAteace, etc., l'em^

pereut n^^tfl mn pour avoir vôulti trop avoir.* Il obtint de ia monarchie espagnole le royaoïM de Nhples ^ le Milanez , et les Pays-^Bas.

D^ Les dernières années de Lonit xtv ne fttrent^elles ^s aotant^mpoisonnëes- par ses nalbeors domestiques que par ses pertes dans la guerre ?

it. Oui. Louis xvf vit périr tonte sa fa-^tniUe par4és morts prématurées^ sa femtne ù quarante-einq ans, son fils, unique à cinquante; et, un an après qu'il eut perdu son fila, il eut la douleur de voir son petit-fils , le daupbin , duc de Bourgogne ^ dîj^e élève de Fénélon, la dauphine sa femme, et te duc de Bretagne j leur fils, portés à Saint-Denis au même tombeau , tandis que le dernier de leurs enfants, mon té depuis sur le trône, était dans son berceau auic portes de la mort. Le doc de Berry^ frère du duc de Bourgogne, le suivit deux ans après; et sa fille, dans le même temps, passa du berceau au cetcueiL

D* Louis XIV vécut- il long-temps après avoir pacifié la France ?

R. Non : il mouruten 17 15 , âgé de soixantedix-huilans. Peu de temps«vant que ^e rendre le dernier soupir , il se fit apporter le dauphin, sou arrière-petit-fils*, et, le tenant entre ses bras^ il l^i adressa œs paroles mémorables :

( =»9o ) Mon enfant^ vous allez être bientôt roi éCun grand royaume; ce que je vous recommande le plus fortement ^ c^est de ri oublier jamais les obligations que vous apez à Dieu. Sauvene^i-vous que vous lui devez tout ceque vous êtes. Tâchez ^e consers^er la paix OA^ec' vos voisins . Tai trop aimé la guerre y ne m'imitez pas en cela, non plus quedans les trop gHindes dépenses. que j^ ai faites. Prenez conseil en toutes c/ioses , et cherchez à connaître le meilleur pour le ,sui{fre toujours. Soulagez vos peuples le plus tôt que vous pourrez,' et faites ce que f ai eu le malheur de fiepouvoir faim moi-même.

D. Quel jugement doU^ on porter de Louis XIV?

. R. Louis XIV était grand, magnifique, libéral. Son règue est comparé, avec raison, à celui d'Auguste. Il sut récompenser les ta- . lents , et il créa de grands hommes dans touts les genres, et des chefs-^d'oeuvre de toute espèce. Il fonda Saint - Cfr, pour l'éducation de deux cent cinquante filles nobles^ et les InifalideSj pour servir de retraite aux soldats blessés. Voltaire décrit ainsi le règne de Louis XIV, dans sa Henriade, chant vu :

CHel! qnd pompeux amas d'esclaves h genous *E^t anx pied< de ce roî qui les fait trembler tauti i

Quels honnenrt I Qaeh respects ! Jamais roi dans la France

N*aceoatama son people à tant d'obéissance.

Je le Tois cryame vous , parla gloire snàmé.

Mieux obifi , pins craint, peat-étre moins aim^.

Je le Tois e'proarantdes fortunes diverses,

Trop fier dans ses sncoès , mais ferme en ses traterse 9;

De Tîngt peuples lignes bravant seul tout Teffo^ti

Admirable en sa vie , et plus grand dans sa mort/

Siècle beurenx de Louis, siècle que ki nature

De. ses pins beaux présents doit combler sans mesure^

C'est toi ^i dans la France amènes les beaux-acts,

Sur toi tout ravenir va porter ses regards.

Le» «anses k jamais y fixent leur empire ;

Lia toile est animée, et le marbre respire.

Quels sages rassemblés dans ces angnstes lieox

Uesnren t Tunivers , e i lisent dans les cienx ;

Et , dans la nuit obscure apportant la limoière ,

Sondent les profondeurs de la nature entière ?«

L'erreur présomptueuse , à leur aspect, s'enfait.

Et vers la vérité le doute les conduit.

Et toi , fille du ciel , toi poissante barmonie,

Art charmant , qui pelî s la Grèce et i'Iialie «

«Tentends de:tout cdté ton langage enchanteur.

Et tessons sonverains de Toreille et du cœur.

Franfeaîs , vous saves vaincre et chanter vos pooqndtes ;

Un'estpoint de lauriers qni ne couvrent vos têtes.

Unpenple debéros va naître en ces climats :

J« vois tonts les Bourbon voler dans les combats ;

A travers mille feux , je vois Gondé paraître;

Toar à toqr la terreur et l'appui de son maître^

Torenne, de Coudé le généreux rival ,

Moins brillant, mais plus sage ;, et du moins son égal.

Câlinât réunit, par un rare assemblage.

Les talents du guerrier et les vertus du sage.

Vanban, sur un rempart, un compas h la main,

Rît da biuit impuissant de cent foudres d'airain.

Ifalbenreax à b c^or f îayÎQciUc à lu gncrre^ Laxembourg fait trembler TEmpirt et TAngleieric. Bcgardezy dans Denaîu, l'audacieiix VilUirs Disputant le tonnerre ^ Taigle des Gésacs, Arbitre de la paix que la victoire «mène, ■ Digne appui de «on roi, digne rival d^Ewgéne.

D. Qu^s sont les plas célèbres écrivains du siècle de Louis ikiv ?

R. Corneiile , l\atme et Molière ëdipsèrent la gloire du théâtre grec; L^ Fontaine surpassa touts les modèles d'une élégante naïveté \ Despréaux donna les règles «t Texemple du bon goût ; la sublime éloquence brilla dans Bossuet ; Bourdaloue réunit la force du rai-» sonnemènt k la profondeur des vérités évsttt^ géliques ^ Fénélon , par les charmes de son style , rendit aimables les leçons austères de la morale. La langue française, jusqu'alors informe et grossière, acquit bientôt £a perfection. Une foule de bons écrivains Temptoyè* rent sur les objets mémies dont les savants^ semblaient se réserver la connaissance. Fon<^ tenelle fut un des premiers etdes plus illustres. Son exemple lui a suscité des émules qui Tant surpassé.

D. Dites-nous un mot dé madame de Main-^ tenon.

R. Madame de Maintenez , femme plMie d'esprit et de mérite, dégoûta Louis xrv de

(•93) la galanterie , et stit leDcmenl sé rendre mtk%^ « treasedesonecettr, qn'UTëpouâft secrètement en t68& La dévolion qu'elle hii ayait ins« pirée «eryit à sa fortane*, maid son désintéres-» teiaent^ soit pour eUe*méi)ie, sfoit pour sa ' fiftmiile, ne se dëtnenlit point dans une place où elle pouvait disposer de tout. Le roi lui doana Irès-peu , parce qu'elle ne voulut point davantage. L*ennui qui la dévorait doit ap*»

prendre à eonnattre les dit mères de Tambi tion. îfew>jreZ'^ous pas , écrîvail-elleà'une amie, que je meurs de tristesse dans une fortune qu^on aurait eu peine à imaginer ? Elle eut foeancoup de part à ta fondation de Saint-Cyr, et se mêla tcop des affaires de Tétat.

liOOIS XV, SOiXiNTE-SIXlEME ROI DS FEAKCEf

r^na 69 ans, ( An I7ff£r. )

D. A quel âge Lonis xv parvint-il à là coiv ronne?

/t. It n'avait que cinq ans et demi. Le duc d'Orlëans , premier prince du sang , fut déclare régent du royaume. Ce prince avait de grandes qualités; mais il aimait trop les plaisirs, et goûtait trop les nouveautés pour ne pas con^ mettre de grandes fautes. Un conseil des finances avait commencé à rétablir les af-

faires ^ Hne partie des dettes était liquidée ; lé à peuple était soulagé. Une sage écanonde pou* ^ vait remédier à tout avec le temps ; mais .le régent préféra un système pernicieux, que lui présenta Jean Las ou Law j Ecossais fifgitif «

D* En quoi consistait ce fameux système de Law ?

A. 11 consistait à établir une compagnie pour payer les dettes de Tétat en. billets. La compagnie devait tout rembourser sur les profits quk)n supposait qu'elle ferait dans Je Mississipi « le Sénégal , et les Indes» Le succès répondit d'abord aux espérances. Oachangeait k Tenvi l'argent en papier. Mais les billets furent augmentés sans fin, et décriés \ une banqueroute termina ces grands projets 9 et Law fut obligé de s^enfuir en 1720, emportant la malédiction de tout le royaume.

D. Les commencements de la régence du duc d'Orléans ne furent^ls pas aussi troublés par une guerre étrangère ?

M. Oui. Le cardinal Albéroni^ qui gouvernait l'Espagne sous Philippe v , avait formé ledesseinde reprendre la Sardaigneetla Sicile, détachées de ce royaume depuis la paix d'Utrecht. II voulait renverser le gouvernement d'Angleterre, où régnait Georges i*"^, succesr^ur de la reine Anne ; il voulait enlever au

( '-95 ) duc.d^OriésjDS la régence , poiir la faire passer au roid'Espagile. Ces projets, aussi léinéraires qu'ambitieux , forcèrent la France à s'armer contre TEspagne. Le rëgfeJil s'unit avec Georges , avec l'empereur Charles vi , et avecla Hollande; et celte union prit le nom de quadruple alliance. Les Espagnols s'étaient emparés de laSàrdaigne et d'une, grande partie de la Sicile. Lafibtte anglaise détruisit la flotte espagnole près de Messine; les Français prirent Fontarabie et Sainl-Sébâ^tien. Philippe fut contraint de renvoyer Albéroni pour avoir la paix. La Sicile , où régnait le duc de Savoie , fut donnée à l'empereur, et laSardaigne cédée en échange au duc de Savoie.

D. A quel ministre le prince régent accorda-t-il sa confiance i^

R. Au cardinal 'Z72^6oi^ 9 fils d'iiu apothicaire de Brives-la-Gaillarde. Cet étrange cardinal, après lequel on eût.dvi supprimer cette dignité, avait commencé par être instituteur du régent; et ensuite, en servant' son élève dans ses plaisirs, il en acquit la confiance. Un peu d'esprit, ,beaucoup4e débauche et de souplesse, firent sa fortune. Uraouruten 1723. Le duc d'Orléans consentit à prendre le titre de premier minisire ,, et à $e charger du gouvernement, après la mort de son cardinal

Inouïs XY avait ëtë déclare majeur quelques mois aaparavanL Mais le due mourut la Qiâme année. Oq Ta vait soupçonné, dans le temps, tfétre l'auteur du désastre de la &mille royale et de la mort de tant de princes frappés dans le palais de Louis xiv. Mais, si ces brutts eussent été fondés, le duc d'Orléans^ devenu régent, ne se serait point arrêté dans ses vastes desseins* Mdfhchânt de crime en crime, il aurait aussi commis celui sans lequel les autres deveiMûent inutiles, le seul qui pût lui en assnrer l'impunité , et le faire jouir du sceptre , qui légiUime touts 1^ forfaits aux yeux de l'ambition.

D. Quel portrait Voltaire nous a^trillaiisaé du régent ?

JR. Il le peint ainsi dans le ebaiiA vu de b Henriade :

Pféi «la jeune Itoah t^rtmce avec splendeur

1>B haros que de Ioîb poanaii la catbmnîè ,

Facile et non pas. faihla , ard^ot , plein de fspmi^ ,

Trop ami des plaisirs cl Iropdes nottYeauCe's ,

Remnant Punirers du seîn des Tolopii^s,

Far des ressort» nooTemn , sa poKtrrrue habile

Tieat l'Enrope eaaaapens, dirige et tranqsîUe.

Les arts sont éclairés par ses yeux vig liants.

Né pour toats les emplois , il a touts les talents ;

Ceox d*aa chef ^ d'un soldat , dHiB citojen , d^un tnaitre :

Qt triB9frQ'««tpaf m., sniiit csaeisBf àlVu^»

'( ^97 ) ]>. Qoei ministre succédai an duc ^^Oir^ iëans ?

JR. Ce fut le duc de Bourbon-Condé, qui ne fit, pour ainsi dire, que passer. Son mt* nislère n'est connu que par l'insulte qu'il fit an roi d'Espagne , en \m renvoyant rinfantè qu'on avait fait venir pour être la femme de Louis XV. Au lieu de ce mariage utile , le duc fit épouser au jeune monarque la princesse Marie Leczinski j fille de Slanislas , roi détrôné, chassé de Pologne, et dont l'alliance ne pouvait qu'être à charge à Télat. Le duc de Bourbon fut disgracié , et remplacé par U cardinal de Fleury.

D. Faites connaître \ê cardinal de Fleurjf^ nouveau ministre du royaume.

jR. Le cardinal de Fleury^ né à Lodève» en i653(, et'fait évéquede Fréjus, en 1698, fut nommé précepteur de Louis xv par le testament de Louis xiv. Il s'ouvrit ^ par ses qualités aimables , le chemin du ministère. Il y parvint en 1726, à l'âge de soixante-treize ans; et jusqu'à sa mort, en 174^ 9 il conserva toute son autorité, toute sa tête, et réussit presque en . tout. La France , épuisée , avait besoin d'un ministre sage et paisible. Elle répara bientôt ses pertes ; eUe s'e.nrichit à la faveur dTune ion gae paix. Voltaire décrit ainsi

radmînistratîoa de Fleury, él le règne de ^ Louis XY :

tja faible rejeton sort entre les mines

De cet arbre fécond coupé dans ses racines.

Ij^ enfants de Louis, descendus au tombean,

Ont laissé dans la France an monarque an berceau ,

Dç IVtat ébranlé douce et frêle espérance.

toi , prudent Flenry , veille sur son enfance ,

Conduis 'ses premiers pas, cultive, sons tes yeux.

Du plus pur de mon sang ce dép6t précieux.

Tout souverain qu^il est, instruis-le k se connaitriC^

Qn*ilisâchc qn^il est homme , en voyant qu'il est maître f

Qu^aimé de ses sujets , ils soient chers à ses yeux :

Apprends-lui qu^'l n'est r^ , qn'il n'est né que pour ens.

France, reprends sous lui ta majesté première ,

Perce la triste unit qui couvrait ta lumière;

Qucles arts, qui déjà voulaient t'abandonner,

De. leurs vtiles mains viennent te couronner.

L'Océan se demande , en ses grottes profondes ,

Où sont tes pavillons qui flottaient sur ses oodes.

Du Nil et de l'Euxin , de PInde et de ses ports,

he conunerce t'appelle , et t'ouvre ses trésors.

Maintiens l'ordre et la paix , sans chercher la victoire.

Sois l'arbitre des rois , c'est assez pour ta gloire :

Il t'ents trop coûté d'en être la terrenr.

p. La paix, que le cardinal de Fleary avail lant à cœur d'entretenir, ne fut-elle pas troublée?

. R. Elle le fut du côté qu'on s'y attendait le. mollis. Auguste ii, roi de Pologne , mourut en 1735. Stanislas Leczinski, que Charles xn avait déjà fait élire en 1704» et que le

(^99) czar.Pierre avait dëirôné, fut élude nouveau Msûs. r^mpereur Charles yi> decoucert avec la Russie, fit faire une seconde élection en faveur de Télecteur de Saxe. Celle-ci prévalut, et le roi de France se. crut obligé de venger sur Tempereur l'afiront fait àson.beaupère. Il lui déclara la guerre, et s^unit aux rois d'Espagne et de Sardaigne.

D, Quels furent les événements de. la guerre entreprise par la France pour la défense des droits de Stanislas Leczinski au trône de Pologne ?

,R. En deux années on réduisit Tempereur à rextrémité. Les campagnes dltalie furent brillantes et décisives. Le maréchal de Villars y finit, à quatre-vingt-deux ans, sa carrière par la prise de Milan, de Torlone, de Kovare, etc. Le maréchal de Coigni gagna les batailles de Parme et de Guastalla. Le duc de Montemar, Espagnol, vainqueur à BitontOj conquit le royaume . de. Naples et de Sicile. Le maréchal de Noailles chas$a entièrement, dltalie les Âutrrchiens. Pressé de toute part, Fempereur fit la paix. Elle fut signée à Vienne en 1738. L'dPliglle eut, pour don, Carlos, le royaume de Naple.s et de Sicile , en échange des duchés de Parme, de Plaisance, et de la Toscane» Le roi de

(3oo )

Arrdaigne en! une petite portion dn MilaneK.

Stanislas renonça > pour la seconde fois , jp la Pologne, en conservant le titre et les prérogatives de roi. On loi abandonna le Barrof s et la Lorraine, ponr être réunis , après sa mort, à la couronne de France^

B. La paix signée à F'iénney en 1738, futelle de longue durée?

il. L'empereur €bârle$ vi étant mort deux ans après 1 sans enianls miles, la maison d*Au* triclie, qui occupait le trône impérial depuis plus de trois cents ans, fut éteinte^ Charles, ponr assurer sa succession inviolable à sa fille Hùtrie- Thérèse, épouse du grand-duc, avait fait une pragmatique j cimentée par la ga* rantie de la plupart des puissances, Mais Charles-Albert, électeur de Bavière; Auguste III, roi de Pologne et électenr de Saxe^ le roi d'Espagne Philippe v, se croyaient fondés à réclamer ta succ|[ssion en tout ou en partie. Si le roi de France eAt été arabilieBX, fl ne manquait pas de titres à alléguer ponr lui-môme. Marie-Thérèse se mil d'abord en possessioj^e touts les états de son père, sans quaucum^iissance remuât. Mais bientôt }« roi de Prusse donna le signal , et FEurope se mit en mouvement. La France se- joignit au roi dé Prusse, et enlrefM'it de faire élire

( 3oi )

emperéar Fëlecteiir de Bayière. Ce prince , comne Iteutenant^gënëral du rpî deFraBee^ eot d^abord des succès très-rapides. Il prit Passav^et pénétra en Autriche jusqu'à LintK.

Mais y au lieu d assiéger Vienne, dont la prise eût été un coup décisif, il marcha vers Prague, où il se fit eonronuer roi de Bohême, et alla ensuite recevoir à Francfort la coih renne impériale, sous le nom de Charles vu.

Le roi de Prusse avait conquis la Moravie.

On ne peut guères imaginer de situation plos déplorable que celle de Marie*Thérèse.

I>. Quelles furent les ressources de Marie- Thérèse dans rétat affreux où etle était ré* duîte ?

R. Cette grande princesse en trouva daas son courage , qui se roidit cofitre )es danger» , et triompha de tout. Ses sujets hongrois^ touchés de son sort, jurèrent de mourir pour la défendre. L'Angleterre et la Hollande loi fournirent des secours d'aigent. La mésintelligence et les fautes de ses ennemis la secvirent encore mieux. Lesarméesfrançaises en Bavière et en Bohême s^afiaibHrent de jour en jour. Prague fut assiégée et reprise, eHe maréchal de Belh'^Isie sauva k peine treize mille hfommes par une retraite glorieuse, en 174%^ Ou combattit Tannée suivante, à

( 3oa )

Eueiugein sur le Mein; et les Anglais y dé-> ^ firent les Français . . Marie^Thérèse fit la paix avec le. roi de Prusse, eu lui abandonnant i laSilésie. Délivrée^ d'un ennemi si formidable, elle poursuivit ses avantages avec ardeur. Charles vu , fugitif à Francfort, n avait plus qu'un vain titre d'empereur , qu'on lui disputait. . Les frontières de la France sur le Rhin étaient menacées.

D. Quel parti prit Louis xv,. après que i Marie -Thérèse- jeut fait la paix avec le roi de Prusse ?

jR. Il gouvernait. par lui-même depuis la i mort du cardinal de Fleury. Il s'appliquait aux afiaires , il méritait lamour de ses peuples ; il voulut les défendre eu personne, et se mit à la tête des armées*. Après avoir pris Menin , Courtray , Ipres , etc. ^ il marcha contre le prince Charles de Lorraine, qui avait passé le Rhin, et pénétré dans le royaume. Le roi est arrêté à Metz par une maladie dangereuse. La France tremble et gémit comme une famille qui va perdre le meilleur des pères. Il est rappelé à la santé, et reçoit de son peuple, ivre de joie ,1e surnom de Bien- Aimé* Il assiège Fribourg et s'en rend maître. Il gagna , Tannée suivante , la/ameuse bataille de Fontenoi, où le ma-

( 3o3 ) réchal de S^xe , frère naturel du roi de Po-^ logae, commandait Farmëe , étant malade.

Tournay, Gand, Ostendç, subirent la loi du vainqueur,

D. Les armées de Louis xv obtenaientelles en Italie les mêmes avantages qu'en Flandre ?

R. Le prince de Conti s'était signalé en Italie» en 17449. ^^i^ ^^ campagne avait été moins utile que glorieuse. Celle de 1745 parut d'abord décisive. On battit le roi de Sardaigne ; on s'empara de plusieurs places^ ou s'avs^nça jusqu'à Mantoue. Mais on ne réfléchissait pas qu'en s'étendant ainsi , on s'afiaiblissjait beaucoup, et qu'on se préparait de tristes revers. Lab^^taille de P laisance jperdne en 1746 par le maréchal de MailléboiSjVvàn^ totalement les affaires ^ on se retira. Bientôt les ennemis ravagèrent la Provence. Chassés de cette province , et ensuite de Gênes, dont ils. s'étaient emparés, ils n'en conservèrent pas moins la supériorité de leurs armes, et le funeste combat de VAssiète^ où le comte de Belle-Isie se fit tuer , ferma l'Italie aux Français. ,

D. Continuez le récit des succès des armes de Louis xv dans les Pays-^as.

R. Bruxelles, Anvers » Mons, Namur,

tmabèreiil a« ponvok des Prucais» Le^gatrnigCHis dé eeé villes furenl fâiles prisonnières^. La iFictoire de Roeoux^ revnportée psrr le maréchal de Saxe , termina gtoriettsemeirf k^ campagne de 1746. GeHe àe Fanii^ suiiraale àewml £ime»se par la jouniëe dé Law/eld. Les ennemis y essuyèrent une déroute complète, et sereiirèrent surMaëstrhâi. La prise dé Berg^^fp^Zoom , qae ron regardait comme imprenable, suivit- la bataHle de Lawfeld. Le marëcbal de Saxe assiégea Maëstncb, et s*empara de ceRe ville. Ces succès amenèrent le tranlé d'Abc- la-CbapeKe. François i«, ëpomt de Marie-T%â-èsre, ftit reconnu emperevr. Charles vu était mort eu 174&. Letris xv sacHfia toutes ses conquêtes.

B. Quels sont les principaux événements des atHiées qui suivirent la paix d^4ix*hi- Chapelle ?

R. Louis XV jeta fes fondements de VEcote militaire j^fïv^ l'éducation de cinq cents pau^ vres gentilbommes. Le régent avait ordonné Texposilion annuelle des chefs - d'œuvre de peinture et de sculpture au saloi^ du Louvre. Il avait encore doté Funiversîté de Paris :

touis XV ^ïi augmenta les revenus. Un monstre, uo^inmé Damiens ^ conçut Tàffreux

nrojat d'assassiner lé roi. Il loi porta lia cotip de couteau, qoi ne fui pas mortel. Le matbeureox përil dans des supplices affreux.

D. La France jouît - elle long -temps de la tranquillité que devait lui assurer le traité d'Aix-îa-Chapelle ?

it* Non. Les Anglais, dans k guerre pré- • cëdeiite , avaient montré combien leur marine était supérieure à la marine française, que le ordinal de Fléury avait trop négligée. Leur ambilion les porta à profiter de cet avantage pour élendrc leurs inrasifoas en Amérique^ Ils commirent des ho«liB tés daus le Canada r sans aucune déclaration de guerre ; ils enlevèrent à la France pi ùsien rs vaisseaux marchands.

Il J&tlot avoir récours h la force. Les corn* Biencements de celle nouvelle guerre feront glorieux pour là France. PorUMahon fut emporté d'assaut par le maréchal de Richelieu.

La bataille de Hastimheck, gagnée par le nwréchal d'Estrées sur le duc de Cumberland, la capitulalion de Cte^fe^5ewt /par laquelle le même duc de Cumberlàiid s'engagea à se retirer au-delà deVElbe avec toute sdn armée; la conquête de l'électorat de Hanovre ; les fréquentes défaites du roi de Prusse , allié de rAnglclerre-, tout n'annonçait aux violateurs du droit des gens que des revers mérités^, En

ûQ inoinenl, la.nialheQreûse bataille de sRosbacàj gagnée par le roi de Pruâse sur les Français , changea la face des affaires. Depuis cet instant fatal, les disgrâces se multiplièrent. En vain on remporta quelques triomphes, il fallut abandonner, les conquêtes.

D« La France , . après les malheurs qui suivirent la dé£ûte de ftosbach;, ne fut - elle pas entamée ?

B. Non ; mais elle perdit , dans les Indes , Clftndernagor , Pondichéri , et d'autres domaines^ en Afrique, Tjle de jGorée; ea Amérique , tout le Canada , la Guadeloupe , la Martinique, etc. Pour arrêter le prodi'gieux accroissement de la puissance des Au-^ glais , toutes les branches souveraines de Ta maison de France s'unirent avec Louis xv^ et le pacte de famille fut le monument sacré de cette sage unioo.

D. Quel traité de paix suivit le pacte de famille ?

/^.Toutes les puissances avaient, besoin, de la paix. Elle fut. signée à Paris en 1^63. On fut contramt . de céder à TAngleterre le Canada et toutes les. terres sur la gauche du JVIississipi , excepté la jiouvelle - Orléans ; l'Espagne y ajouta. encore la Floride. L'Angleterre gagna des pays .immenses en Amérique ; elle zo

corda, à p^ ine aux Français le . dr.oit de péché vers nie de Terre-Neuve. On lui abandonna le Sénégal, et elle restitua la Corée. On échangea Minorque contre Belle -Isle. On fut oËUgé de démolir les fortifications de Dunkerque du : côté de la mer. Le traité d'Hu* bel sbourg, entre, les puissances d'ÂUemagne» remit les choses, dans Tétat où elles se trou* vaient ayapt la guerre. Tel fut le fruit de sept années d'expéditions sanglantes et ruineuses. . . .

D. Que se passa-t-il dans IfSd dernières an^ nées di^ règne de Louis xv ?

jR. La société des Jésuites fut supprimée dans toute rétendue du royaume, en 1764* La ir^ine jnourut en 1768, et emporta les regrets .de toute la nation. L'Ile de Corse fut céd^ à la France par le Génois, la même année. Le parlement de Paris fut cassé en 177 1 , et ii-en fut créé un nouveau.

Loais XV mourutdela petite- vérole en 1774»

à r^ge de soixante-cinq ans. Ce prince était généraux, sensible. Aucun de ses prédéces»

seurs ne Ta surpassé pour retendue et la va»

riété des connaissances \ mais il aima trop les fçmmes , et il déshonora sa vieillesse pat des désordres dont le bas peuple même fuit la honte. Il n'avait* eu qu'un fils» Louis ^

éauphift ée Franco , enlevé avaltyf lai , et qui ^ hissa trois fils el denx filles. L*atné des fils lui^sHceëda sous le nom de Louis xvu

D. Quel fat réfâtdes lettres et des sdeaceB »ou8 Louis XV ?

B. Il fot moins brillant que dd temps de Louis xiT. Cependant la f^rance eat eticore pi tf sieurs ëcnyains et savants célèbres qui rillustrèrent sons ce règne. Massillan fit éclater ses rares talents ponr Tart oratoirrsson Petit C^T^m^, recueil de discours qu'il prêcha devant Louis xv âgé de neuf ans, est regardé comme son chet'd^œvtvre.Jean-Baptisieltous* seau s'éleva , par ^sodeSj au niveau des plas grands poëtesde Tantiquitë. Ilcréalaconto^^ espèce de poëme dans lequel il n'a point ea d'égal. Crééilhn emricbit la scène françmse de tragédies dans le genre terrible , et mé^ rita une place auprès do Corneille et de Racine. Piron et Gresset ^ dislinguèreut par leurs poésies légères el de bonnes pièces de théâtre. /^ofta//« embrassa touts les genres de Uttéfature, et remplit l'Eorope du bruit de son nom. /. J. Bmisseaude plaça à côté de Démosthène par la mâle énergie de son style, et an-dessus de Cicéron par les grâces de sa plume , la force et la précision de ses raisonnements. Atontes^uieusiccimt une gloire

iinniorldle ip&v soti Esprit des Loi^^ outrage admirable d'un cii^^yen éclairé » d'ua v4rita* ble ami de$ homm^.

^ X.OtJIS XVI, SOIXÀTSTE-SiBPTtÈMS ROI OT

FRANCE

réjgna 19 ans.

( An 1774. )

D. A quel âge Louis xvi mouta-t-ii tm* te trâne ?

/{. li était âgé de vingt ans. Il avait

ëpoosë , depuis deux ans , Marie-^Jffitoinetp^

JCAuiriehe. Il te montra bienfaisant, sage,

et juste. Il appela auprès de lui des hommes

estimes que le vœu public semblait designer^

il rétablit Faucienne magistrature, et tout

rentra dans Tordre. Mais la paix fut troublët

dès les commeocemenM de ce règne. Les

eoloiiies anglaises de TAmérique septeatrio*

nale^ après avoir gëmi loi^^iempsseiiis un

|mig insupportable, brisèr^t leurs fers^ et

se proclamèrent indépendantes , sous le titre

^ÈMls^Unis. Louis xvi conclut un traité

d'alliance et de commeree avec ces colo*

nies, *6t permit à un grand nombre d'oC-

ficiers français de voler k leur secours. Le

comte de Boohambeau^ le marquis de La

Fayette^ se distinguèrent dans cette guerre.

Le$ Anglais en priVent prétexte de troabler no tre commerce de mer, et insultèrent le pavillon français. Bientôt la guerre fut déclarée entre les deux puissances. La bataille navale d'Ouessant futgagnéeparlecointed'Orvilliere sur la flotte anglaise, commandée par Tamiral Reppel. Lllede la Dominique fut prise par le marquis de Bouille. Le comte d'Estaing prit Sainte-Lucie. Mais Tamiral de Grasse fut défait parTamiral anglais JSocfn^;^ i en 178s. Les deux flottes combinées de France et d'Espagne assiégèi^nt Gibraltar, ety échouèrent» La paix fut4;onclué en 1768. LHndépehdance dé TAmérique fut reconnue, et la France obtint de justes dédommagements. « *

D. Que fit Louis XVI après le rétablissement de la paix entre la France et fAngleterre ?

R. L'état se trouvait chai^^é d'une dette énorme. I^es ministres Necker, Fleury^ étOi^ rnéssorij CiûtfonTie, avaienteu successivemeiA recours à des emprunts , qui , loin de diminuer le mal, l'avaient accru. Pour se tirer de cet embarras, on. suggéra au roi, en 1787, de convoquer une assembléede notables ^Elletol composée des princes , et de députés choîgis dans la baule noblesse, le haut clergé, les parlements , et les grandes mttaicipalilé8'^t!)n y proposa l'établissement d'ut) impôt territo-

(3it)

rial , qui serait payé en proportion des biens des contribuables , sans aucune exemption en faveur de la noblesse et du clergé.* Les notables ne virent dans cette proposition que la spolia» tion des deux premiers ordres du royaume , et refusèrent d'y consentir. Galonné, auteur du projet, fut renvoyé. Le cardinal de Briennet archevêque de Toulouse, le remplaça. Obdit, à cette occasion , que , puisque le crédit pubK« était mort, il fallait un homme d'égliâe pour l'eriterrer.

D. Quelles furent les ressources du.cardinal de Briepne , nouveau ministre ? > R. Il présenta au parlement deux édits; l'un pour l'impôt territorial > et Tantre pour une augmentation de droit du timbre. Le parlement refusa d'enregistrer ces édita, et déclara qu'il n'àppartenait<iu'aux états-généraux d'é* tablir des itapositions nouvelles. Le roi tint un lit de justice , et fit eni^egistrer les édits en sa présence. Le parlement réclama, et fut exilé. Le monarque promit de côi^Voquer les étatsr généraux-,ilrappelale parlement, sonélacondi^ tion d'enregistrer un emprunt successif de quatre cents millions. Le duc d^Orléahs protesta contre Védit, et reçut ordre de se retirer dans se» terres. Le -cardinal ministre , voyant qu'il n'avait pu disposer du parlement vci^t qu'à

f 3ia )

loi serait plaA facile de iVnëantin 11 pro{M>sa rétablissement d*une cour plënîère et perma* neate, et de six grands bailliages» Cette grande opération fut esëcutëe dans an lit de justice. Je 8 mai 1788. Mailla nation s*iroaginaqaeUcaase des parlements était la sienne. La malédiciioa publique fondit sur Brienne comme un déloge.

Il demanda lui-même le rappel de JNedLer, et se retira., La cour plénière disparut avec lui. Necker reprit le maniement des finances , et persuada au roi de convoquer les états^génë*^ raux. Les notables furent de nouveau rassemblés pour délibérer sur le modede convocation.

1). QueUe difficulté présentait la convaca- Uon des étets^énéraux que l^uis ivi avait promis d'appeler ?

i{» On n'appelait les états-généraux que pour obtenir du clergé et de la noblesse que rimpôt fut égçilement réparti entre les trois ordres du royaume \ et 1 comme oa craignait que les ecclésiastiques et les nobles ne voulussent point renopcer à leurs privilèges^ et coasentir^ pour ainsi dire , k se dépouiller euxmêmes , on proposait , pour les y contraindre , de donner au tiers^état une représeotatiou égale à celle des deux autres ordres réunis*. Mais la nouvelle assemblée des notables , presque entièrement composée de privilégiés, re*

( Îr3 ) j«ta la double reprëseojtation demandée en faveur des communes. Le parlement de Paris déclara en même temps, par 2|rrét , que les états généraux devaient être composés de la même manière qu'en i6i4î une assemblée des; pafrs du royaume ex|>rima aussi le m^me vœu. Mais Louis XVI, qui se fît toujours un devoir de céder ^àropinion publique, ne tint aucun compte de la ligue des parlements , du clergé et de la noblesse, et se décida pour la double représentation. Les états«*géaéraux tinrent leur première séance ii Versailles, le 5 ips^i 1789.

D« Quelles furent les premières ophératioiis des'états-générâdx en 1789?'

IL Les députés du tiers^état commencèrent par demander à ceux du clergé et de la uoblessede se réunir à. eux pour vérifier en commun les pouvoirs de toutsles membres. Cette demande fut refusée par les députés des deux autres ordres. La clergé et la noblesse voulaieçt que Ton suivit l'ancienne coutume de délibérer %épsirémetii par ordres j et non en commun par têtes. Le tiers-état sentait qu'il perdait par là l'avantage de sa double représentation^ car de quelque nombre de personnes que fût composé l'ordre du tiers , il ne pouvait ni balancer ni lier les votes des deux autres ordres réunis. Le tiers'jétat persista donc dans sa d#mandc«

Une partie du c!ergé«efc de la noblesse vînt se joindre à lui : le reste dés deux ordres fttt obligé de s'y réunir pareillement Alorslesétâts-géoéraux prirent le nom d*assemblée nationale.

D. L'abolition des ordres el la dënomina^ tion prise parles états-généraux n'inspirèrent^ elles aucune alarme à la cour ?

jR. Oui. On sentait qu'une assemblée natio^ nale pouvait être douée à volonté de toute la puissance nécessaire pouropérertouts les chan*gements qu'il lui flairait de faire, et que le roi n'aurait aneun moyen de résistance à lui of>* poser pour rétablir Tancien usage. Dne séance royale fut résolue t. une proclamatioa publiée dans Vzni et dans Versailfes Tannotica. Le !^i juin, les députés irotrv&i^nt le lieu de leurs séances fermé et gardé , sous prétexte des préparatifs nécessaires à la salie où devait se tenir 1 a séance royale. Les députés se rendirent Mjést de paume avec Baillf, leur président. Comme ils pressentaient qu'on voulait, ou dissoudre le$ états , ou gêner l'assemblée dans ses délibéra^ tiens, chacun d'eux prêta le serment de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France. Cependant la séance royale eut lieu le 28 juin. Le roi y déclara h disttnc* lion des trois ordres comme loi de l'état, et en conséquence frappa de Nullité les arrêtés

( 3tS )

des comnotimes par lesquels dUe» s'étaient attribué à elles seules le titre et le pouvoir d'assemblée nationale ; il leur eajoignit, en finissant, de se séparer, et de se rendre le lendemain respectrirement dans les ctiambres affectées à chaque ordre ^ potn- y ddtibérer en particulier. Cette volonté du roi fut méconnue. L*asseinblée déclara la personne des députés- sacrée et inviolable, et arrêta qu^elIé poursuivrait comme traîtres à la patrie touts Kreux qui oseraient porter atteinte à la liberté des représentants du peuple.

D. Quelles mesurejsprit Louis xvï ponr rjimener les députés des états-généî*amt à Tabéissance?

jRr Le roi rassembla dés troupes autour de Paris. Le bruit courut qu'il devait se rendre à Metz, y transférer l'assemblée, et qu'une cour de justice y ferait le procès aux membrcls des trois ordres qui avaient changé TancieiWie organisation des états-généraux. Necker, ré^ gardé par la cour comme la cause de l^enibarras dans lequel elle se trouvait, reçût ordre de sortir de France lé ra de }oillet. Totrt le ministère fut changé. Ces iK)uvelles répandirent l'alarme daàs Paris. On courut âtfjif armes, et bientôt soixante mille hommei fuh rent organisés en bataîUéns et en compagnies,

(Îi6)

aous le nomide garde ncUionale.'h^ Bastille fut attaquée et prise,. on égorgea le gouverneur et deux autres commandants de cette prison rjedoutable, et leurs; têtes furent promenées dans les rues. BaiHy fut nommé maire de la capitale 5 et La Fayette, commandant de k force, armée qui venait d'être créée. Le roi, vint à Paris pour calmer les esprits-, NecHeA' fut. rappçlé, Vancien ministère rétabli: tout parut rentrer dans Tordre, et Louis, XVI reçut le titre de Restaurateur de la ^ liberté française.

D. Quelle vengeance les députés du tîersélât à l'assemblée nationale prétendiren t-iis tirer des deux autres ordres du royaume?

/{. Les communes, humiliées de Vorgueil et des prétentions hautaines des deux castes privilégiées, arrêtèrent de secouer le joug honieux sous lequel elles gémissaient depuis si long-temps 5 c'est ce qui amena la journée mémorable du 4 août, dans laquelle furent renversées les premières. barrières qui s'opposaient au nivellement des rangs et des fortunej^. L'assemblée nationale, dans laquelle Les communes avaient une prépondérance iparquée, supprima touts les privilèges , toutes les. escomptions I immunités, dixmes et droits j^eigneqriaux. Trois heures de motions

C3.7) renversèrent Touvrage de dix siècles. Le rm refusa de sanctionner ces décrets , et ce refus amena les fameuses joupnëéis des 5 et 6 octobre.

D. Faites connaître les journées des 5 et 6 octobre, en 1789? '

jR. Le peuple de Paris et de Versailles était inquiet pour ses subsistances. L'asscrobléeiut^ tait depuis quelques jours contre lé monarques piourla sanction de plusieurs décrets^. Un repas, donné le premier octobrepar lés gardes du corps aux oi&ciers dès régiments qui se trouvaient à Versailles', accrut la fermentation des esprits. On y avait représenté Louis XVI comme sacrifié aux injustices die l'assemblée ^ la cocarde nationale avait été foulée aux pieds. Ce fut pour la multitude )e signal d'inné nouvelle insurrection* Une troupe de femmes armées de piques se présenta , le 5 octobre, à riiôtel-der ville de Paris, demandant du pain avec des cris menaçants; des hommes déguisés en femmes les précédaient. Toute la place de Crève fut bientôt remplie par une populace immense et furieuse, qui voulait qu'on la conduisît à Versailles , pour en ramener le roi, et venger sur les régiments de Flandre et les gardes do corps Tinsulte faite à la Cocarde nationale. La Fayette reçut

ordve des officiers mnmcîipaux de se mettre à ta tÂte de la force armée , et d^accompagner ies kiMirgés à Versailles. On partit à cinq heures du soir. Cette troupe arriva à YersaiJies le ieodetnain 6 octobre , à la pointe do jour. Bientôt les gardes du corps furent attaques et massaorés. Les appartements de la reine fu- 4nettt.(<Mrcés, et die n'eut que le temps de se réfugier, denii-^nne, auprès de. son époux. Le roi se montra à son balcon , et promit au peuple de partir le même jour pour Paris, et d'y fixer sa demeure. Eavait donné, dans la nuit précëdenie, son adhésion aux décrets qn'il avait refusé jusqu'alors d'aceèpter. La mol* titude parût se calmer* Le monarque vînt k Paris, où il fut très-^bîen accueilli, et alla s'établir au palais des Toileries.

Le poète Delille peint ainsi l'horrible •attentat commis par les insurgés eoatre la reijfte : >

O jonr, jour exeerable, on dc& monstre» perfides SoDÎll^ent son pûlaisde leurs mains homicides! JVttends ettcOr ces youd, ces Umeu tables voix » Ces Toix : SifiiTes U rc^e, et le saog de uo& rois! La reine, à ce signal, inquiète, (ronblee.

Son cnfatiC dans les bras, s^enfait ëchcveice; Tandis que^ de Ai t>ortè ensaiiglanftan^ le seuH, Sa gardé génureuse ej^ire avee orgueil , ^t. que, la pique en main, la cohorte infernale Plonge le fer trompe dans la couche royale.

D. Que fit i'assemblëe nationale après le départ du roi pour Paris ?

M. Elle déclara qu'elle ne pouyait rester sépatHée de la personne du monarque, et vint aussi se fixer ellerméme dans la capitale.

Elle continua ;de travailler i la cbnrection d'une constitution. Cet ouvrage, qui lui fit donner le nom de consUiuant^ ^ avait été eu»irepris surla supposikion qu*un état qui du<rait depuis Ofuze cents ans n'avait pas de constitution. L'assemblée était divisée en plasieurs: ÊM^tions. ;Les députés qui soutenai&it là préro^tive royale s'appelèrent eùisio^ cnates, amis d» gouvernement des grands^ ceux qui voulaient la borner, démocrates^ amis du gouvernement du peuple.

D^ Continuez de nous faire connaître les travaux de l'assemblée constituante.

R. Elle déclara que les biens du clergé étaient à la disposition de la nation : ils fu* rent assignés comme hypothèque d'un pa^ pier^monnaie qu^on émit avec profusion, et qu'on nomma assi^natsi Elle abolit les par* lements , la noblesse et touts les titres. Elle rendit la liberté aux religieux et aux religieuses, et leur acconda de^ pensions. Elle 6îup" prima les aides, lies gabelles, les entrées, 6?t recula les barrières auxfroatiènssrdu royaume»

( 3ao )

Elle dëcrëla une constitution civile du clergé ^ ^ et exigea de touts les prêtres le s^rhieot de s'y soumettre. Ceux qui prêtèrent ce serment furent appelés prêtres assermentés où consti" UUionnels; ceux qui lé refusèrent perdirent leurs places, et furent nommés prêtres réfractaires. Le nombre des évêchés et des cures fut diminué, eties ministres du culte furent salariés. La division du territoire de la France en "prqs^inces l\iX remplacée par la division en départements. Le gouvernement municipal fut établi dans toutes les communes ; et la gaide nationale j créée d'abord pour Paris, fut ensuite organisée dans toute l'étendue dn royaume.

D. Pendant que l'assemblée nationale se livrait à ces divers travaux, la Franbe étaitelle tranquille?

' R. Non. Lés premières secousses révolutionnaires avaient jeté Talarmé dans les esprits: XJn grand nombre de gens et surtout de nobles, attachés à Tancién ordre des choses,. quittèrent leur patrie, et passèrent dans tes pays élrangërsv Ces émigrés ( c'est ainsi qu'on les appela ) représentèrent aux souverains de» autres états de l'Europe que Louis XVI n'était point libre, et avait droit à des secours de leur part pour sortir du triste

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esclavage dans lequel il gëmissait. Ils leur peignirent les dangers dont les autres trônes étaient menaces , si le peuple français reconquérait impunément sa liberté. Une, coalition formidable se forma contre la France. Le roi fut soupçonné de Tavoir provoquée. Un de ses frères était sorti du royaume. Louis xvi, pour dissiper les alarmes, se rendit à Tas*semblée nationale , çt prit Rengagement solennel de maintenir la constitution. Cette démarche du monarque caln^a les esprits.

L'assemblée lui vota des remerciments , et décréta la prestation du serment cwique. Le jour de cette cérémonie fut fixé au i4 juillet , dans le Champ-de-Mars.

1>. Présentez-nous le tableau de la fédération du 1 4 juillet 1790.

/?. On n'avait guère vu en France de spectacle' plus imposant qu^ c'ette cérémonie, à laquelle assistèrent des députés des troupes de ligne et de toutes les gardas nationales du royaume. L'amphithéâtre circulaire du Champ - de - Mars était rempli de trois cent mille personnes , et l'arène de treute mille soldats. Vers l'école militaire , un second amphithéâtre était occupé par les corps civils, la cour, l'assemblée nationale, et le roi sur son trône exhaussé de quelques pouces

( 3aa ) irtî-'deteus du fauteuîldti président. Va reine et la famille royale étaient dans une • sirade sur le derrière. Au tûilieu de Varène , s'élevait Tàutél de là patrie, construit à quatre faces, et onié d'inscriptions. Touts les étendards furent portés à Tautél pour y être bénis. Au lever de la salnle hoâlie, M. de La Fayette/ donn^ le signal du serment^ touts les sabres étincelèrent, toutes les ftiains forent levées-, le roi prononça la formule, le président la prononça ensuite , et toutes les voix la répétèrent. La reine éleva le dauphin à plusieurs reprisfes , en le^ montrant au peitpleetà Tarnfïée, qui firetit édatér les plus grandes démonstrations d'amour pour le monarque et sa fatùUle. • D, Depuis que Louis xvi habitait le château des Tuileries, poùvait-il être regardé comme entièrement libre ?

^ jR. Non. Auôsi le ai juin 1791 , il s*évada avec sa familîedu château desTuilerieà» et prit la route de Montmédy. Il laissa,' en partant, un mémoire dans lequel il exposait les motift de la conduite qu'il avait tenue jusqu'au moment de son départ. Il y relevait les vices de la constitution dont on l'avait forcé de signer successivement les articles par des menacés continuelles d*ins'urrêcti6n; et il s'y plaignait, avec modération, des outrages

^uquels lui et sa famille étaiétii jo^rnelle^ ment et imipunéinent en bnlte.- Un profond silence de stupeur- régna quelques^ instants dfin« la salle de rassemblée , à la noirvelle de là fuite du roi. Prusieûrs décrets contenant diverses inesuresde sûreté furent rendus en* •suite. Le roi fut arrêté 1« même jour k Varen*nés , et ramené prisonnier dans la capitale.

D. Qnelsévénementstiuivirentie retour du roi Louis xvx à Paris?

R. L'assemblée nationale décréta qu'il «serait suspendu de ses fonctions jusqu-à Tachè*- V48men t de Tacle çonstttalionneL Maisnu grand nombre de fectteux voulaient qu'on fit le procès au monarqile, et(l]U'On déchiràt qu^il avait encouru la déchéance du trône; Dès -sociétés s'étaient formées à TouVerture des états^géuéraux , spus le mom de clubs. Elle •étaient composées de députés qui se. réunis*- ^ent pour diacntèr d'avance les proposir* tions qui devaient être ftiités à rassemblée* Les députés «n ouvrireut easuite la porte à une infinité d'intri^gants et d'hommes per-^ vers, qui bouleversèrent bientôt l'état. Là société des Jueobins ^hèOthA toutes les autres. La plupart de ses lAembres demandaient tin diangementde souveiiain , ôvbien étaient par*tisans déc)arés du gouverioement républicain.

Us voulaient louts que Louis xYi fût idis objeh gement. Us ameutèrent le peuple, et ua rasjemblement eut lieu au Qiamp-de-Mara. L*a$semblëe nationale le déclara séditieux: il fut dissipe par la force. L'acte constitutionnel fut achevé le 3 septembre , et accepté par le roi. L'assemblée termina ses séances le 3o du même mois»

D. Quelle assemblée succéda à la Constituante? V

jR. Ce fut la législatiife. Elle commença ses fonctions le premicF octobre. £Ue décréta une nojffvelle émission d'assignats. Le numéraire devint de jour en jour plus rare; les émigrations redoublèrent. La guerre civile s'alluma dans les départements de FOuesl et du Midi. L'assemblée décréta que les émigrés qui ne seraient pas rentrés^en France au premier janvier seraient regardés comme traîtres à la patrie , et que leurs biens seraient vendus au profit de la nation. Elle ordonna la déportation des prêtres qui n'avaient {)âs prêté serment à la nouvelle constitution du clergé. Le roi refusa de sanctionner ces .décret?. Les jacobins liés k la municipalité de Paris, qui les secondait, résolurent d'arracher par force la sanction du monarque. Le ao juin 179a, i rente mille individus , armés de piques , de

faux , de haches, se rendirent aux TuilerieSi en poussant des cris et des hurlements.

Louis XYi dut son salut à sa fermeté. La mullitude se retira.

D. Quelles furent les suites de la journée du aojuin?

jR. Les jacobins, furieux d'avoir échoué, raéditèrënt une autre expédition. Us firent présenterde toute part des pétitions à rassemble^ législative, ,pour obtenir la déchéance de Louis xvi. Ils > appelèrent à Paris des hommes accoutumés au meurtre et au brigandage, mais soldats- intrépides, coimus sous le nom de Marseillais. Une attaque fut préparée contre le château des Tuileries. Ce château fut investi dans la nuit du 9 au 10 août. Louis se rendit ji l'assemblée avec sa famille et ses ministres. On décréta la sué-

pension du monarque, et la convocation à'nneconpention nationale. La famille royale fut. conduite au Temple le x3 août.

D. Quand latroisièmj^ assemblée, dite conifentionnelle j ouvrit- elle ses séances ?

R. Ce fut le 22 septembre 279i»* Elle dé«créta ce jour-là mémeTabolition de la royauté , et proclama la république. Cepetidanè le roi de Prusse avaU pénétré en F) ance. Il s*é«» tait emparé de LoBgwy et de Verdun. Il était

^otena par trente mille Âutrichiehls et qoinse mille émigrés. Les jacobins avaient pi'ofitë de Ces événements pour répandre Talàrme dans Paris. On publia, le 2 septembre , nne proclamation poup inTÎter touts les eitojens à prendre les armes, et à marcTiér contre les Prtrssiens.'t)^ se rassembla at^ Champ-de-Mars^ Des furieux s'écrièrent qu'on devait, avant que de partir pour aller^ombatlre les ennemis du dehors, se défaire des ennemis du dedans, qui étaient beaucoup ^^his dangereux^ que les prisons regorgeaient de brigands qu'il fallait immoler. Ces brigands étaient des prêtres insermentés-, des nobles suspects aux ]»•=eobins, dont on avait rempli les prisons depuis plusieurs mois. La fureur s'empare des esprits 5 &n vole aux prisons, on poignarde, on égorge, on assomme les malhéureux'détenus. Le massacre dura quatre jours.- Le^ 'mêmes horreurs se répétèrent à Lyon, à 'RHérmsj' à Meaux, à Versailles^ et?e. €'est àiltf sàife de ces scènes épouvantables cpe Iz- ûû^ioàntion nationale avait été installée. » ' • D. Quels événements miHtaîrës eofren-tlieu à l- époque de* nristallktion de la convention natiic^nale? **' ♦. «^^^ ^^v*^ '•' » î

'jR. Le général Kenermaiï ' reti^orta une Wtoîre sur les P^ussien^ à^Vàlmy , fe ao siep-

( 3^7 ) tetnbre. Lilie , bombardée ^ fésislaà toutes les forces de TAutriche. L*Espagnol , déjà vain* qaeur, fut arrêté au pied des Pyrénées^ Le TOide Sardaigne perdit la Savoie , qui fat rétïnie à la France sous le nom de département du Mont-Blanc* Le roi de Prusse évacua le territoire de la république , vers le milieu du mois d'octobre; et bientôtnos guerriers 6e préeipitèi|entcommeun torrent dans TAllemagne* • D. A quelles opérations se livra d'abord )a con^entiou nationale ?

iî. Elle décréta, le 3 décembre^ qu'elle jugerait Louis xvi. Le lâi, ce monarque parut à la barre, où il entendit les accu-* sations portées contre lui. Lea6^ il y comparut pour la seconde fois, avec Maiesherbes^ Tronchet y et de Sèze^ qu'il avait demandés pour ses défenseurs. Le 17 janvier 1793 , la peine de mort fut prononcée contre Louis , à la pluralité de trois cent soixante-six voix contre trois Cfen,^ cinquantetcinq. Le roi interjeta l'appel à la -nation ; la Convention s'y opposa par un décret. Le at janvier ce monarque eut la tête tranchée sur un échafaud. Au moment de l'exéoution, son ' confesseur lui adressa ces mots à jamais mémorables : Fils de saint Louis , montez a^i cieL Louis xvi montra beaucoup de résigna^

tlOn etde courage dans ses derniers moments.

Il était âgé de trenterhuitans. Il £ut bon mari, bon père, roi fafble. No.uâ devons attribuer la mort de cet infortuné prince, et le renversement de la monarchie, à des novateurs impies, qui, sous le nom de pliilosppheSj préparèrent lentement, et consommèrent enfin audacieusement la ruine du trône et de Tautel. Lepoëte Deli^Ie peint de lajnanière suivante les tendres adieux du monarque ii sa faniîlle, la marche du^chac fatal, et le supplice de Tau»guste victim^e :

Oh ! qui peut concevoir ce* scènes de douleur ,

Ce mélange de cris , de sanglots et de pleurs?

"Ces funestes «dieux , pleins d^orreur «t de charmes r

Chaque mo(comnienc« vient mourir dans les larmes;

Et , par de longs soupirs, cherchant à s^ezhaler ,

Leurs cœurs veulent tout dire, et ne peuvent parler.

Ah ! moi-même , je sens défaillir mon courage, n ^

Da'utrcs dà.jour fatal retraceront Vimage \

Dans ce vaste Paris le calme du cercueil :

Les ciioyens caches dans leurs maisons en deuil ,

Croyant sur eux du ciel voir tpmbcr la vengeance ; -

fje char affreux roulant dam an profond sHence ;

Ce char qui , plus terrible entendu de moins près»

Du crime en sVloignant, avance les apprêts^

LVcriafaad rcgicidc , et la hache fumante ;

Celte tôt» ancrée , et de sang d^goottante ,

Dao^ Jcf mains du bourreau de «on crime effraya;

Ces tableaux font horreur, et je peins la pitié.

La pittf! pour Louis \ Il nV>st pins fait pour elle.

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