‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 28 sur 30 · GOUVERNEMENT DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE NAPOLÉON

D. Faites-nous connaître Bonaparte.

J2. Bonaparte naquit à Ajaccio , dans Tlle de Corse. II fut éleyë à Tëcole militaire de Brienne et à Tëcole militaire de Paris. Ses victoires amenèrent la paix avec les puissances étrangères^ ses lois > et le rétablissement de la religion catholique , firent renaître le calme dans Tintérieur. Il fut sacré empereur dans Téglise de Notre-Dame de Paris, le 2 décembre i8o4, V^^ l® P2^P® PÂfi '^"' L'impératrice Joséphine y son épouse, fut couronnée je même jour. II fut ensuite couronné roi

dltalie le 26 mai i8o5. Bonaparte,, dans le ■cours de ses succès en Italie, avait fondé un nouvel état, sous le nom de République cisal^ fine. Il le fit reconnaître au traité de Campo- ^ Formio. Les exploits de Suwarow avaient renversé cette république; mais la victoire de Marengo la rétablit, et en consacra l'existence. Elle prit le nom de République italienne; et une co/2^2^/^a extraordinaire , assemblée à Lyon en 180 1 , nomma Bonaparte pour en être le président. En i8o5 , elle fut érigée en royaume, et Napoléon en fut proclamé le premier roi.

D. Quelles mesures Bonaparte , devenu empereW, prit-îl contre TAngleterre?

R. Il s'empara de Télectorat d'Hanovre; il rassembla et établit un camp nombreux à Bonlôgûë; il fit construire et armer un grand nbthbre de vaisseaux et de bâtiraerits de transp'orl : nos armées étaient prêtes k faire voile pour TAngleterre , où elles allaient conquérir l2[ liberté des mers. L'Anglais, alarmé, chercîià à former une nouvelle coalition cotitre la r*rance, et y réussit. L'empeteur d'Allemagne e\ l'empereur de Russie entrèrent dans celte ligtie.

D. Quels soht les principaut détails de lâ

puissances réunies de l'Angleterre, defa* Hussie, et de l'Autriche?

Jî. Les armées autricbiennes avaient envahi la Bavière. Napoléon , parti de Paris le 24 septembre iSiJS, passa le Rhin, et, après quelques victoires préliminaires, arriva devant TJlm , dont il se rendît maître. Trente-trois lûîlle soldats autrichiens, soixante pièces de cindn, quarante drapeaux, le général ennelàï Mack, totnbèrent en son pouvoir. Napoléon marcha ensuite sûr Vienne, et, a^rèff lilusîeurs avantages considérables remportée fiur les Autrichiens et sur les Rus^e^, il ehtra-

dans^ ïacapîtote dePA'utFi<îhe, )è i3^riovejtibv€« Cette g^lorieuse campagne dé trois mois futter^' minée par la bafaitlél d^ jéu^terfitz jàsius là Moravie. Elle fut appelée' fe béttaiHe des tro^-

empereurs y parce qwerèmpefetir de France, - Témpereùr d*Attemag»ô et Temperetir àel Russie s'y trouvèrent. Les Prançaîs rempoi?tèreat une victoire coipplète. L'empereur d'Allemagne demanda lapaix. Celui de Russie^ reprit le chemin des ses états, avec les tristes débris de ses armées.

D. Que se passait-il en Italie dans le même temps que Napoléon s'emparait de* Vienne et.

gagnait la bataille d'Austerlilz ?

jR. L'armée d'Italie , commandée par Masséna , remporta aussi plusieurs victoires sur les Autrichiens. Le roi de Naples trahit Ja, France, çt ouvrit le port de la, ville de Naples aux Anglais et aux Russes. Napoléon, ayant appris cette perfidie, jura qu'il la punirait en précipitant du trône le rai àfi Naples. ïi%. paix fut conclue entre la France et l'Autriche à Presbourg. L'empereur d^'Allemagne perdit Venise, qui fut réttaie au VQymX^e dllalie. Les éleeteurç^de Bavière e4 det Yfwty^ teittber^, alKés des Français, f ureM i^QlIti^f j rçis; le Ty roi fut eéd<é ^ k Bzivière pi^irTAUr'' tiîebe.

D» Qa'offre de remarqaable e commenceméat de Taa i8q6?

. R. Cesl répoque à laquelle le calendrier républicain cessa d'être en usage^ le calendrier grégorien fat repris, pour être seul employé. Le calendrier républicain était distii-' bué de la manière suivante :

Automne.

Vendémiaire.

Brumaire.

Frimaire.

Hiver.

Nivôse.

Pluviôse.

Ventôse.

Printemps.

Germinal.

Floréal.

Prairial.

Été.

Messidor.

Thermidor.

Fructidor.

L'année commençait le i**^ vendémiaire, correspondant au 2% septembre. Elle était divisée en douze mois , chacun de trente jours. Elle finissait par les jours complémentaires, qui étaient au nombre de cinq dans les années

ordinaires , et Siu nombre de six dans les années bissextiles.

D. Quels événements suivirent la paix de Presbourg?

iî. Le prince Eugène de Beauhamois , fils de Joséphine, et vice-roi du royaume d'Italie, épousa la princesse Auguste, fille du roi de Bavière. Le prince Joseph-Napoléon, frère de Bonaparte, fut proclamé roi de Naples et de Sicile ^ et fît la conquête de^ ce royaume. Louis , aussi frère de Bonaparte , fut appelé au trône de Hollande. Le prince Murât, beaufrère de Napoléon, fut investi des duchés de Berg et de Clèves. Une confédération fut formée entre les otaU du Rhin^ la Bavière, Wurtemberg, Bade, Hesse-Darmstadt, etc., qui déclarèrentse séparer de l'empire germanique, e t repopnaître Napoléon pour chef de leur ligue. L'empereur François ii abdiqua le titre et les fonctions d'empereur d'Allemagne , et prit le titre d'empereur héréditaire d'Autriche.^

D. La Russie et l'Angleterre firent-elles la., paix avec la France, en i8o5 , en même temps que l'Autriche ?

R. Non. Ces deux puissances envoyèrent à.

Paris des plénipotentiaires pour négocier la. ]paix. L'envoyé russe conclut et signa un traité que l'empereur Alexandre refusa de ratifierv

le nifgodateut anglais qùKta F^rîs sans avoir rien conclu» Pendant les négocîatit>ns mêmes ^ ^Angleterre ourdissait de nouvelles Irames^ contre la France. Bientôt la Russie reprit les annes. La Prusse entra dans la nouVeBe coa- Htîori. La guerre continentale recômttietica au inois d'octobre i8o6.I^apoléôn quittia sa capitale , pottr se réndï^e en Allen»agne , di5s cpïl apprit que les arm(!esf prussienne^ ëlaient en mouvement} les villes ^narëatiqûes menacée^^ et la Saxe envahie. Après avoir obteira pfai^ieurs avantages, il gagtiasû'r les Prussien^ ^ le i4 octobre, Ta célèbre bataille de JéaZy dont le résultat fut trente à quarante ttiîïle^^nsonmerj, vingt-cinq â trente drapeaux, trois cents pièces de canon , des magasins îmmea- ^es^ de subsistances. Cette victoire reridit le^ Français maîtres dé toute laPhisse. ï^ostdtim. BerKu, Posen, Varsovie, etc. , tombèrent en leur puissance.

D. ftacontez'nôus* rnif BeaSr trafît die cM-^ îi^ncè de Napaîé'otif, a||)rès smk' ehtrée à IferHn.

R. Le prince de Hatzfeld , ^ avait dtê «^urgé'dtt goùVernernent eîVilde èe^fitr, instruisait stécrë tenfrènf Pemremi dés* mtiuvement^ fié i- afi'âiée ffpafneala^. CedcTGt, suivant îes )^al «te lir guerre , èstf toiifours puni dé ilièlrt. Stet

lettres^ msies aux- avant- poste», ne laî^ 'saient auc«n dottte ^up k fiiale du prinee àê^ Hahifekl. Il allait é4ro traduit devait use- Cf^iiimi99M>n mititaipe. Sa £»inme vînt se jetei^ awe ]^ds de reœpereup. ElleattribqafUàWtapMtur^Q de» ennefais de sou ip^ari cette acei»sakiea, q«*e))# appelait une calomnie. Napo*

léim fitapportep à Finstant uno lettre du prinoé) qui avait éké intereoptëe ^ « Vous eoimaiâd^ <v rëcritttp^ de veire tnalc i , l»i dit^l j je v^M

* fais |i»ge. » t^a prîaeeese, gvosso' dc^ plus cle buifc mois, s'4v^noais9ait à chaque mot qui loi décotttvràit combien son mari $^6Mi oom^ pK)misv « Eh bien ! vous tènea )a lettre, 1^ reprit-il, jetez^la au fbu:eette pièce anëanet tîe, je n*iiupai pîu» de preuves pour faire

• condamner V^ire mari, m Elle ëtait près delà cheminée ; elle |eta vivement la teltpe dans le feu. Immëdiaèement après, le prince de Hàt^feM ftit mis en liberté. Trois heure» pHi» tard, ii ëtalt fiisiltë. Cet acte de clilri^enc^ esl particulièrement célébré dàne le bel opéra du triomphe dé Trajan.

' B. Continuez de raconter les viofoiites à^ Tarm^e fVancaise sur les Russes et les Pvus^ siens coalisés.

R. Elle gagna , le 9 février 1807 , la sanglante bataille d'Eylau. La perte des Russm

■ (348) fut immense. Ils laissèrent sur le champ de bataille sept mille morts , plusieurs milliers de blesses, etc. Elbing, Dantzick, ouvrirent leurs portes à nos armées victorieuses. Enfin, >

le x4ju^Q9 ^^'^^P^i'^^ remporta à Friedland uoe victoire complète et décisive. Lorsque les premier^ coups de canon se firent entendre ^ à trois heures du matin , Oest un jour de bon- . 7i0ur^ s'éccia -t-il , c'est Vannwersaire de Ma^. rengo ! Cette victoire ipit-en son pouvoir Ja ville importante de Koenisberg et les magasins considérables qu'elle contenait. Les ennemis» > furent réduits à demander la paix , qui se fit à Tilsit , après plusieurs entrevues entra Napoléon, l'empereur de Russie/ et le roi de Prusse. Par les traités conclus entre les trois, puissances, le prince Jérôme Napoléon fut in, vesti du royaume de Westphalie; Joseph Napoléon fut reconnu comme roi de Na pies, et Louis. Napoléon comme roi de Hollande. UElecteur de Saxe, qui avait pris le titre de roi, en vertu dVn traité co nclu avec la France au mois de décembre 1806, obtint la Prusse polonaise sous le titre de duché de J^arsos^ie* La ville de Dantzick fut rétablie dans son ihdépeu* dancc.

' D. Quels furent les derniers événements de Tan 1807 ?

R. Bonaparte rentra dans sa capitale. Le Tribunal fut supprimé. Le prince Jërôme, roi <le Westphalie, qui s'était couvert de gloire dans les champs de la Silésie , épousa la princesse Catherine de Wurtemberg, et les deux augustes époux allèrent prendre possessioa de leurs états , et fixèrent leur cour à CasseL

Napoléon visila le royaume d'Italie. La Russie déclara la guerre à l'Angleterre. Le général Junot entra à Lisbonne , le 3o novembre, à la tête d'une armée française. L'Angleterre resta sans aUiés, et séparée du reste du monde par la nature, et par l'inimitié de toutes les nations libres et civilisées.

D. Racontez succinctement ce qui s'est passé depuis le commencement de 1808 jusqu'à la paix de Schœnbrunn.

jR. Le fils aîné du roi d'Espagne , le prince des Asturies , fut accusé d'une conspiratioa <;ontre son père, dans le dessein de s'emparer, de la couronne. Charles iv en écrivit à Napoléon , et bientôt après se rendit en France , où le jeune -prince ne tarda pas avenir aussi.

Charles iv abdiqua en favé ur de son fils, le prince des Asturies;maîs bien tôt,pressé par l'ascendant deNapoléon, qui se tr ouvaitalorsdans ]^ position la plus favorable pour s'immiscer ftvec succès aux affaires d'Espagne, il protesta

(Mo )

contre cette abdîçallon. Le prince des Asturifes^ ays^nt êlé déclaré îadîgne du tFÔne , à cause de sa i:ëvolte contre son père , Charles ly ^bdi-^ aaa une seconde fois , maïs en fkveur de Napoléon, qui pfaçs^ la couronne d'Espagne sur la t^te de Joseph Napoléon^ son frère, »up^T2ivant roi de Naples et de Sicile ; et ie prince Murât, grand-duc de Berg et^de Clèves, fut appelé au trône des Jteux-Skîles, sous le nom de Joaehîm Napoléon.

D. Les Espagnols reconnurent-ils unanime* ment le roi Joseph pour leur souverain ?*

R. Une junte ou assembléede&grandsd^Es-pagne 9 tenue à Bayonne , et représentant lôuts les ordres du royaume, reconnut le nouveau roi Joseph, et lui prêta serment de fidéUlé»

Mais quelques Espagnols, poussés par les intrigues 'de PAngle terre, excitèrent une insnrrectioa; les troaWes forent augmentés par Hgnorance et le fanatisme des moines. Le gouvernement britannique envoya des troupe»

pour soutenir les révoltés, et la FVancese trouva forcée de prendre les ^rmes pour éêr^ fendre Je trône du frère de son souverain.

Cette guerre fournit à nos braves armées Toocasion dç cueillir de nouveaux lauriers ; maïs elles furent bientôt gbligéçç d^abandonner ce pays poar se défendre contre tes Autrichiens

qa! s'ëtaiepi mis en marehe pour ailaqnet* lau Fraûcé. Ces armées nombreuses furettk battues, dispersées, et Vienne tomba de^ nouveau au pouvoir de Napoléon. L*«irperctir François ii recourut encore à la clémence àe Éon vainqueur. Un armistice ftitcon^lu à 2naÏK^' et , le i4 octobre 1809, la paiic entre la France» etTAutriche fut signée au château de Schœri'^ hrunti^ près de Tienne. L^Autriche fut c<m** train te de céder plusieurs pays et villes consi-* dérables de son empire. L*année s«rivante ( 1810), Napoléon épousa la princesse Marie- Louise, archiduchesse d*Au triche, fîllô de l'empereur François 11, dont il eût un fils qui naquit à Paris, le ao mars 181 1.

D. A quelle occasion la pait d« TEorope fut-elle de nouveau troublée, après le ma-* riage de Napoléon avec TarchiduchesseMari^ liOuise ?

R. Le but de Napoléon était d'empêcher 'toute espèce de commerce d es Anglais sur le continent. Ayant appris que la Russie avait fs^it une infraction à Tarticle du traité pa^r le-^ quel elle s'était interdit toute com munieatioii de ce genre avec TAngleterre, il crut pouvoir saisir cette occasion de lui déclare t la guerre. Il quitta donc Paris aVec Timpératrice, qui devait raccompagner jusqu 'à Dresde pour voir

son augaste famille , et il fut déclare chef de la ligue, dans laquelle entrèrent Tempereur d'Autriche, le roi de Prusse, et plusieurs princes d'Allemagne. Les succès de Napoléon furent décisifs et rapides. Il défit complètement l'armée russe en plusieurs rencontres , et parvint jusqu'à Moscow , où le gouverneur fit mettre le feu. Les Français y entrèrent le i4 septembre i8r2, au milieu des ruines qu'éclairait encore l'incendie . . ' . v \

D. Quelles furent les suites de la campagne de Moscow ?

R, L'armée vit bientôt intercepter ses communications; le manque de vivres et àefaac tages jeta le découragemeat dans les troupes. Le froid, qui arriva subitement et qui s'accrut jusqu'à aS degrés au-dessous de la glace, fit périr un nombre considérable de soldats et de chevaux. Une partie de Tarmée abandonna ses armes et se rendit aux Russes, qui, plus accoutumés au climat et secondés par les habitants des campagnes , poursuivirent Farmée française en remportant chaque jour sur elle 4e grands avantages. Napoléon revint en toute hâte à Paris pour chercher de nouveaux secours d'hommes et de chevaux. Il fut bientôt obligé de repartir. La Prusse et ensuite TAutrich e 5e détachèrent de la coalition, et se

rangèrent du parti des Russes. Seul contre tant d'ennemis , Napoléon voulut cependant faire face à Forage et remporta encore sur les forces réunies de l'Europe plusieurs victoires signalées. Dans la journée du 27 août 181 3.,' le général Moreau , qui était revenu d'Amérique pour prendre du service dans Varmée de l'empereur Alexandre , tomba sur le champ de bataille , atteint d'un coup de canon qui força de lui amputer les deux jambes , et il mourut quelques jours après.

D. Quel fut le résultat des efforts des puissances de l'Europe réunies contre la France , en i8i3?

JR. Les ennemis ne tara^rentpâSÂ pcutsirêf en France , où ils se séparèrent en plusieurs corps. Napoléon se porta sur touts les points,' ^tfut par-tout victorieux. Mais des marches forcées affaiblirent les débris de son armée , et toute sa valeur ne put empêcher l'ennemi do pénétrerjusqu'aux portes de Paris. La garde nationale prit les armes 5 quelques troupes de ligne et des Polonais qui s'étaient réunis aux élèves de l'école polytechnique , défendirent long-temps les hauteurs dont Tennemi ne put se rendre maître qu'après huit heures de la plus vigoureuse résistance. Dans cette journée, la perte de l'armée des alliés fut évaluée à plus

decfuiDEe raille horameâr; etlan-âtre seulement à trois milje* Le lenderoain, Tempereur de Bttssie et le roi-de Prusse firent leur entrée k Pïrris , et puWièrentla déchéance de Bonaparte et de sa famille. Ils lui cédèrent la pHncîp»iitë de rile d'Elbe et un revenu de deux millions de francs, dont la moitië applicable à Marie-Lonise, devenue duchesse de Parme et de Plaisance.

lOTJIS XVIII, SOIXANTE-HUITIÈME ROI DE

FRANGE

( An 1814. )

J>. Que se passa-t-îl fen France après l'entrée des étrangers dans la capitale?

H. L*empereur Alexandre avait déclara:

qu'il ne traiterait plus avec Bonaparte uî avec qui que ce fût de sa famille. Des personnes attachées à Tancienne dynçistîe se promenèrent dans les rues, et firent entendre les cris de: P^i^e le roît vhe Louis XJ^lIIhlues^ princes alliés se rendirent aux vœux des Français , en rappelant la faucille des Bourhon. Monsieur, comte d'Artois, fît son entrée à Paris le 12 çivril 1814, et gçuverna le royaume , en qualité de lieutenant-général , jusqu'^à ràrrivéedu roî son frère, qui eut lieii le 3 mai , au milieu des acclainations du peuple. Le 4 juin, à Tîssue de la séance, la

claibbre des députés proclano»^ le mcmarque' ZàOUÎs-'Iê^Désiré.

D. Napoléon ne revint-il pasderUe d'Elbe* eh France ?

■ jR. Oui. En mai*ô i8ï5,dix moisr après le rëtablissement des Bourbon sur le trône de - France, Napolëon crut pouvoir profiter de sottgtand nom et de Tascendant qu'il avait toujours eu sur Farm ée, pour effectuer son retour. Il débarqua à Cannes, petit port de Provencej^ et, en moins de vingt jours, arriva jusqu^à Paris, suivi des différents corps qui s'étaient' réunis à son parti et' d'une quantité de peuple xjue ses proclamations avaient entraînée.

jéjugiereh pays étranger. Mais les puissancesT- .qdr.AVaîent rétabli lé monarque se liguèrent, dei nouveau contre Napoléon et se mirent en iii'ar^he pour le renverser. Il gagna sur les Prussiens la bataille de Lign y-, mais vaincu à Mont- Saint-Jean par les Anglais, secourus par le»

Prussiens, il n'eut que le temps de revenir àPat; ris, où il espérait d'obtenir de nouveaux se* COUTS. Trompé dans son attente, il partit pour hit Rochelle dans le dessein da s^embarquer pour TAmérique, Mais , obligé de se rendre aux Anglais , il fut, d'après la décision des puissancear alliées, relégué à Tfle de Sainte^Hëlène , poiW

( 5^^ le reste de ses ours. Ce coaquerant , qui s*étaic flatte de donner des lois à l'Europe et qui ea avait vu presque touts les souverains soumis à sa puissance , finit ses jours sur un rocher le 5 mai 1821, dans une dure captivité , et éloigné des principaux objets de son affection. Paris fut donc de nouveau occupé par les étrangers en i8i5, et Louis xviii rentra le 8 juillet dans sa capitale, qu'il sauva pour la seconde fois de la fureur des ennemis et des horreurs d'une guerre .civile qui paraissait inévitable.

D. De quels bienfaits la France est-elle re* -devable à Louis xviii ?

Jl. Le premier soin du roi fut de s'opcupet

de révacuation du territoire français par les ^puissances alliées. Il ouvrit des négociations dont rheureux résultat fut tout à l'avantage des Français, en diminuant les charges dont ils avaient été accablés. Nous lui devions déjà la charte constitutionnelle qui garantitJi jamais nos libertés, enne reconnaissant d'autres titres d'admission aux emplois et aux récompenses que le mérite et les vertus , dans quelque rang de la société qu'ils prennent naissance.

Cette charte fut solennellement proclamée par le monarque lui-même , au milieu des députés de la nation, qui, conjointement avec

les autres autoritës civiles et militaires, ont juré de la maintenir. Ce pacte mémorable a placé le nom de Louis xviii à côté des noms chéris de Louis yi , de Louis xii , de Henri sr et de Louis xvi.

D. Quels sont les événements les plus re* marqnables du règne de Louis xviii ?

R. Le mariage de monseigneur le duc de Berry,>}ui so fit le 17 juin i8i6, a^vec la princesse Caroline - Ferdinande^Louise des Deux-Siciles,dontil eut le ai septembre x8i^ tine fille, nommée Louise - Marie - Thérèse *d*Àrtois, Mademoiselle. Le i3 février i8ao, au moment où le duc de Berry reconduisait jusqu'à sa voiture la princesse son épouse, il la sortie de TC^éra, un scélérat nommé Lcuvel plongea un poignard dans le sein de ce prince infortuné., qui mourut en fai« sant entendre ces paroles mémorables :

grâce ^ grâce pour l'homme gui m' a frappé !

Le but de cet assassin était sans doute de mettre fin à la postérité dé Louis xiv en frappant la famille dans la personne de celui qui devait la perpétuer : mais ses vœux n'auront point été remplis 5 et son altesse royale Madame la duchesse de Berry a donné à la France le ^g septembre 1820 un prince que S. M. ' nomma Henri - Charles ^'Fenli*

- ndnd^Dieîidonnéd' Artois ^ duc de Bordeauoc. fie Téeit de ces éyéneiaieMs%B tef mine par la l^nerre d'Espagne 9 dan t le but étaâ^tde délivrer Ferdmand vu de sa captivité , et de le rétar blir sur le trône. Monseigneur le duc d^Aiw- -gouléme^ nommé général des armées, finit en six mois cette glorieuse. cam pagne, daiis laquelle il fit retentir le bruit de nos armes jusqu'aux colonnes d'Hercule. Le i®"^ octobre 3 823 , Ferdinand vu fut rétaîbli sur le trône, et le vainqueur français revint avec une partie de son armée à Paris, où il fit son entrée .triomphante. Louis xviii décréta l'achève*tnent de l'arc de triomphe de l'Étoile poi^r perpétuer le souvenir des h^uts faits de Tarmée d'Espagne.

D. Racontez-nous les derniers instants de Louis xvni.

R. La santé du roi s'était depuis quelque

temps altérée d'une ^manière sensible. Le i3

septembre iSa/J , un bulletin du premier geu-

tilhomme^de la chambre informa que l'étî^t

lOÙ se trouvait S^ Majesté faisait concevoir Les

plus/ vives alarme^. iPliuieurs bulletins furent

tensUite répandus ; m^ais aijiciin ne laissait TeG--

^^léfianoe d'une ^rP^ÎQmtian. Le«monarque ^fit

f^!^riQQl»erd€H9pniUl le$ princes et les prinççssgs

4Md^fam11<^.i^|Uiir:£t6es;ia4i^ax.Xes.eaf^^

de France furâixL aussi introduits dans son ap^ partement/ Le iS.s&ptembre, il avait reçu la con^munion et rextrême*onotion. Enfin, le 169 à quatre heures du matin , il mourut 4 rage ;de soixante - huit ans et dix mois-, il fîit •enterré k Saint-Deuis. Dii*e que ce monarque parut au milieu denous dans des circonstances •difficiles , que par son zèle il rétablit le calme dans Tinlérieur en nous conservant le rang que nous avions pris parmi les nations nos rivales , et que ses dernières paroles furent encore pour sa famille et pour son peuple , c^e^t un éloge qui doit ajouter à sa gloire.

D. Quels ont été les écrivains «célèbres depuis le commencement du règne de Louis xvx jusqu^à nos jours P

M» Si les lettres n'eurent pas autant d*éc)at «aus Louis xv que sous Louis xiy, elles brillèrent encore moins sous Xouis xvr»

Voltaire et Rousseau, en mourant , laissèrent beaucoup dbéritiers de leur philosophie »

mais aucun de leurs talents. Un homme, qui leur survécut de quelques années, maiacptl jouissait déjà de sa gloire pendant leur vie» ^e plaça .à côté du petit nombre des < bous modèles que. nous avons dans notre langae/j ce fat :Bu^nj qui écrivitsur IPhistoirexuato^ rellevarvecwiiae (éloquenx:e.isiCQjlnûe.aYaatliil

âaûàs cette science : on Ta surnommé le Pline /innçais. Thomas se distingua dans Tart ora* toire, sans atteindre à la première place.

Marmontel obtint des succès dans un genre agréable; «es Contes moraux eurent une grande vogue, et son Bélisaire lui fit un véritable honneur. /)e//7/e soutînt la g\oire de notre poésie \ et Saint-Lambert fit sur les jSo/^on^'unpoëme estimé. LaharpCy excellent littéràlèxir, porta le flambeau de la critique sur les bons ouvrages des anciens et sur les nôtres : les jeunes gens ne peuvent lire qu^avec fruit son Cours de littérature. Le théâtre languitlong-temps : Collin-dt Harleville s^cxerça avec succès dans un genre de comédie qui n'a ni la force ni le mérite de celui que créa Ma* lière; son comique eut une sorte de douceur, et isa Thalie fut décente. Zeg^oai^e' fit quelques bonnes tragédies. LeBrun composa de belles odes ; et , dans la poésie légère , on vit briller en même temps Bemis ^Boufflers ^Bertinj et Pamj-. Léonard j en suivant les pas de Gessner, se fit remarquer dans le genre pastoral. Dans ce même genre, Florian charma ceux qui connaissent Iç mérité d'un style pur et d'une imagination sa ge . Bernardin de Saint- Pierre produisit lés Etudes de la Nature^ et le roman de Paul et ï^ii;ginie^ ch ef-d'oe uvre

( 38i ) de gr&ce et de séi>sibirité« L'âbbë Bxttthékmjr fit paraître son exeellent P^ojrage du jeune Andchanis en Grèce. Les Muses gardèrent le silence pendant les orages de la révolution; mais quelques sciences, au contraire, firent des progrès étonnants. L*histoire-> naturelle dépassade beaaconp le terme on BnlTon Tavait portée-, les sciences exactes furent, en quelque sorte, reïidney 'vulgairéà; étia cliîmie française passe anjoutd^hui pour k plus sa* Tante de l'Europe. L'éloquence eut aussi un moment de gloire. Mirabeau étoilna par Ténergie et la hardiesse de ses idées, par rimpétuosité de son style, et par la noblesse t]u^il savait imprimer à' tout ce qui sortait de sa bouche. Le cardinal Maurjr^ déjà célèbre dans la chaire, se montra avec un nouvel avantage à là tribune, et Femporta souvent sur le Démosthène français-

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