‹ Instruction sur les atteintes portées à la religionChapitre 10 sur 22 · LETTRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LETTRE SIXIEME

J jORSQrE je vous dis que je préfère la Doctrine que Tabbë Fleury a appelée nouvelle^ je ne veux pas que vous en formiez votre idée sur le tableau qu'il en présente dans son discours. Ce tableau me paroît fort exage're' en le confrontant avec les auteurs que je connois. Mais, quoi qu'il en soit, couime je ne tiens à aucune école particulière , je puis vous parler de mon opinion^ et me bornant à ce qui peut avoir rapport à Fobjet présent, voici les points où elle n est pas conforme à ce tableau.

Je me réserve à vous parler de la puissance temporelle, quand je traiterai du i^^' article.

Par rapport à lautorilé ecclésiastique, je ne pense pas que le Pape seul tienne immédiatement son autorité de Dieu ^ je crois que les Evêques aussi tiennent immédiatement de Dieu le pouvoir de Tordre ^ quont à la jurisdiction, les Théologiens sont partagés. Il y en a qui pensent qu'ils la tiennent immédiatement de Dieu. Mais le plus grand nombre croit qu'ils la tiennent immédiatement du Pape. Pour TefTet, celte opinion ne diffère pas de la première, puisque ceux qui suivent celle-ci, avouent que cette jurisdiction reste tout à fait nulle par rapport à factivité et à Fexercice, jusqu'à ce que finstitulion canonique ait donné des sujets et un Diocèse à FEvêque , et qu'elle peut être restreinte, quant au territoire, aux personnes et aux matières, et même ôtée entièrement, et qu'alors tous les actes en seroient nuls. Quant à moi, je suis incliné vers la seconde opinion , qui est soutenue par un plus grand nombre de Docteurs. Elle paroît aussi plus facile à

expliquer

( 17) expliquer et plus conforme au Concile de Trente. Mais

je n^aurai pas occasion d'en parler dans mes lettres.

Je ne pense pas non plus que les Ev'êques soient de simples Vicaires du Papej je crois que le Saint- Esprit les a e'tablis pour gouverner TEglise: mais que cependant ils sont subordonnés au Pape, comme successeur de Saint Pierre et chef de l'Eglise. Il me paroît que Saint Bernard a très-bien expliqué tout ceci , lorsqu'écrivant à Eugène lîl , il dit que les Evêques sont appelés à une partie de la sollicitude pastorale, et le Pape à la plénitude de la puissance : alii in partent soUicitudinis ^^ tu in plenitudinem po-testatis vocatus es ; aliorum pot es tas certis limiti-^ bus coarctatur ^ tua^ exteiiditur in ipsos qui in aliosf^^ potestatem acceperunt. De Consid.

Je ne pense pas non plus qu'il n'y ait que le Pape qui ait le droit de décider les questions de Foi, Je crois que les Evêques aussi sont juges de la Foi, et cela en ])lusieurs manières, que j'expliquerai en parlant du quatrième article.

Enfin, je ne suis pas d'avis non plus qu'il n'y ait que le Pape qui puisse faire des lois ecclésiastiques ; je crois que les Evêques aussi peuvent faire toutes les lois qui n'excèdent pas leur compétence.

En voilà assez pour ce qui regarde en général la Doctrine de la déclaration* je vais commencer, dans les lettres suivantes, l'examen de chaque article en particulier.

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