‹ Instruction sur les atteintes portées à la religionChapitre 16 sur 22 · LETTRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LETTRE TREIZIEME

i onr ne pas parcourir deux fois la suite des Conciles, je mettrai ensemble les preuves tirées tant de l'exercice de l'autorité du Pape, que du langage des Conciles.

Et premièrement il seroit trop long de vous citer toutes les lettres synodiques des Pères , en commençant par les Conciles tenus en Orient, pour demander au Pape la confirmation de leurs décrets^ vous verriez qu'ils la demandent comme une sanction qui donne toute la fjrce aux actes conciliaires.

■ Au Concile d'Ephèse, le troisième œcuménique, le Pape St, Célestin chargea St. Cyrille d'Alexandrie de

procéder a la de'position de ZSestorins, qui fut faite dans ce Conciie. Ecoutez ce que les Pères en disent dans leur sentence ; Coacti per sacros Canones et Epistolani sanctissinii Patris nostri et comministri Celestini romance Ecclesiœ EplscGpi^ lacrjmis subindè perfusis ad liiguhrem hanc contra eum ( JSestorium ) sententiam venimus.

De même dons celui de Calcédoine, lY^ œcume'nique, le Pape St. Léon par ses légats déposa Dioscore. Yoici la sentence des léi^ats : Sanctissimus et Beatissimus Archiepiscopus mai^nœ et senioris Romœ Léo per nos et pcrprœsentem sj'nodum iinà cwn ter Beatissimo et omni lande digno Petro Apostolo , qui est Petra et crepido Catholicœ Ecclesiœ et rectœ fidei Jundamentum ^nudavit eum ( Dioscorum ) tcnn Episcopatûs dignitate , quàm etiam et omni Sacer^ dotali alienavit ministerio.

Dans ce même Concile St. Léon, après avoir absous Théodoret de Faccusation de nestorianisme , lui rendit le grade et la dignité Episcopale. Ainsi les juges du Synode le firent rentrer et siéger parmi les Pères du C )ncile : Ingrediatur et Piomanus Episcopus Théodoretus ut sitpr inceps synodi,^ quia restituit ei Episcopatum Sanctissimus Archiepiscopus Léo,

Mais presque tout dans ce concile a été fait par St. Léon , de sorte que les Pères , en demandant la confirmation, lui écrivirent que par rapport à ses décrets ils y avoient adhéré comme à ceux de leur chef^ et que pour les autres, où ils avoient présumé son consentement , ils le prioient de suppléer par son autorité à celle de ses enfans. Yoyez cette lettre dans les actes du Concile.

Et ne croyez pas que St. Léon en confirma tous les canons. Il en cassa le 2°^^, où on avoit donné le second rang à TEvêque de Constantinople , au préjudice des

Patriarches d'Alexandrie et d'Antioche et contre les canons du Concile de Nicëe^ écoutez ce qu'il en écrivit à l'Impératrice Ste. Pulcliérie : Consensiones vero Episcoporum^ Sanctorum Canonum apud Niceam con— ditorum regulis répugnantes ^ imita nohisciim i^eslrœ fidei pietate ^inirritum mittimus et per auctoritatem B, Pétri Àpostoli , generali prorsiis definitione cassaînus, Epist. Léon, ad Pulcli. Aug. Ce canon resta sans effet, jusqu'à ce que les successeurs de St. Léon, mais long-lemps après , lui accordèrent leur approbation.

Vous pourriez voir d'autres exemples de l'autorité exercée par le Pape Agaton dans le YP. Concile, par Adrien I dans le VIP, par Nicolas I et par Adrien II dans le YIIP , qui obligea tous les Evêques à signer la célèbre formule du Pape Hormisdas^ mais je parlerai de ces Conciles dans une autre occasion.

Il seroit inutile de citer les autres Conciles tenus en Occident, où presque tout se faisoit par le Pape , comme ceux de Latran, de Lyon et de Vienne.

Je pai'lerai cependant de celui de Constance. Dans la condamnation des erreurs de Wiclef et de Jean Hus^ par les interrogations adressées à ceux qui se disposoient à rentrer dans l'Eglise, on voit celle-ci : Utrîim credat qiiod Papa canonicè electus qui pro tempore fuerit ^ sit successor B, Pétri habens supremam auctoritatem in Ecclesid Dei^ Si ce Concile avoit eu l'intention de déclarer que le Pape certain et légitime , est tenu d'obéir au Concile dans le sens de ce second article, il n'auroit jamais dit qu'il a l'autorité suprême dans TEglise , car ce mot n'admet pas une autre autorité supérieure.

J'ai déjà parlé du Concile de Florence, Enfm, le Concile de Trente parlant du Pape, emploie souvent ces expressions: Pro supremâ potestate sibiln Ecclesid traditâ. Suœ supremœ sedis auctoritatey universalis

Ecclesiœ administratio j quam soUîcîtudinem uni-^ versœ Ecclesicp débet. Et dans les chapitres de la réforme il a Fattention d'ajouter : ut in his omnibus saWa semper auctoritas Sedis j4postolicœsit et esse intelli-^ gatur. Je ne crois pas devoir m'étendre davantage sur ce second article.

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