PREMIÈRE PARTIE
J\EM0]tT0>'s à Torigine de nos malheurs , et considérons attentivement par quels degrés ou nous a conduits dans FaiTreux abîme , où nous nous trouvons maintenant plongés.
Une assemblée dépourvue de toute autorité spirituelle, s'arrogeant la suprématie en matières religieuses , a entrepris de donner au clergé de France une consûtution que le chef visible de TEgîise a parfaitement caractérisée , lorsqu'il a dit : « qu'elle ctoit un composé de principes puisés dans y> l'hérésie, <i'où il étoit résulté, qu'en plusieurs 3> décrets, elle étoit hérétique et opposée au dogme » catholique^ qu'en d autres, elle étoit sacrilège, » schismatique, destructive des droits de la primauté » et de ceux de TEglise, contraire à la discipline » tant ancienne que nouvelle^ qu'enfin elle n'avoit
(6) '» été inventée et publiée , qu'à dessein d'abolir » enlièremenl la Religion calholiqtie (i).
C'est en effet dans les sources de Thérésie qu'a été puisé le principe qui , asservissant le ministère ecclésiastique à la puissance civile, ne laisse à celuilà qu'une autorité spirituelle purement intérieure, et attribue à celle-ci le droit de connoître et de décider de tout ce qu'il y a d'extérieur et de sensible dans le gouvernement de l'Eglise.
C'est de même dans les sources de l'bérésie qu^a été puisé le principe qui, ne laissant au chef visible de l'Eglise qu'un vain titre d'honneur , le dépouille de sa primauté de jurisdiction.
C'est encore dans les sources de l'hérésie qu'a été puisé le principe qui, renversant Tordre de la hiérarchie sacrée, réduit à rien les droits de Tépiscopat en ce qui concerne le pouvoir de jurisdiction, et anéantit Faulorité de l'éveque dans chaque diocèse , pour en attribuer le gouvernement à une assemblée de prêtres.
C'est enfin dans les sources de lliérésie qu'ont été puisés l'esprit d'usurpation des biens consacrés à Dieu , et ce déchaînement scandaleux , tant contre la majesté du culte et la divine psalmodie , que contre l'état monastique établi, conformément à la doctrine des apôtres , pour faire profession publique des conseils de TEvangile.
Gr, pouvoit-il se faire qu'une législation, appuyée sur de semblables bases , n'offrît pas une multitude
(i) Novam cleri constitulionem ... ex principiis coalescere ab haeresi protectis; adeôfjue in pluribus decretis hserelicam esse, et catliolico do^^ioati adversantein , in aliis verô saciilegam, schismaticam . jura primauls et Eccle-.iae evertentem , disci— plioœ ciini veteri , tum novae contrariam, non alio denique consilio exco^itatam atqne vuîgaiam , nisi ad catholicam Religionem prorsùs aboiendam. Litler. apost. i3 april. 1791.
(7) de décrets infectes d'hërësie, de schisme, de sacrilège, destruclifs des droits les plus sacres de l'Eglise et de son chef visible, et contraires à toute discipline connue dans les diffërens â^es de notre sainte Re- Lglon ?
I/c'rènement n'a de même que trop justifié ce qu'ajoute le souverain pontife , que la nouvelle constitution du clergé n^avoit été inventée et publiée^ quà dessein d'abolir entièrement la Re* ligion catholique,
La pre'lendue constitution civile du clergé n'étoit pas un édifice qu'on élevât sérieusement pour qu'il fût solide et durable: ce n'étoit qu'un fantôme, qu'ua vain simulacre de Religion, qu'on vouloit présenter^ pendant quelque temps, pour faire illusion , et qu'on devoit faire évanouir ensuite , afin de réaliser d'une manière plus facile et plus sûre le projet formé de détruire la R.eligion véritable. Aussi a-t-on vu cette constitution , pour le maintien de laquelle on afficha d'abord un zèle si violent, rayée ensuite du code des lois, sans qu'on cessât néanmoins de persécuter les évéques et les prêires qui s'y étoient montrés opposés, parce que les vexations exercées contre eux entroient, comme moyens, dans le plan d'anéantir la Religion dont ils étoient les ministres.
Afin de préparer les voies à l'exécution de cet horrible plan, les auteurs de la nouvelle constitution commencent par ordonner, que tous les ecclésiastiques conservés eu fonctions jureront de l'a maintenir de tout leur pouvoir (i). Et bientôt après,
(i) Les évêques , ci-devant archevêques,.... jureront de veiller avec soin sur les fidèles du diecèse, ou de la paroisse qui leur est confiée, d'être fidèles à la nation, à la loi et aa Roi, et de maintenir de tout leur pouvoir la constitution décréiée par rassemblée nationale, et acceptée par le Roi. Const. civ. du clergé. Tit. VII. art. i.
(8) il est prescrit que ce serment sera pur et simple ^ sans qu'on puisse se permettre de préambules, d'explications , ou de restrictions (i). Il falloit donc, pour obtempérer à ces étranges décrets, prendre Dieu à témoin qu'on maintiendroit de tout son pouvoir une constitution , dont Fexistence étoil ralteinle la plus griève portée à Findépendance de Fautorité spirituelle, qu'il a plu à Jésus-Christ de confier à son Eglise (2).
Il falloit prendre Dieu à témoin, qu'on maintiendroit de tout son pouvoir une constitution , par le fait de laquelle la puissance civile, statuant seule et sans aucun concours de Fautorité ecclésiastique , sur Férection , la suppression et la circonscription des métropoles, des évêchés et des cures, la manière de pourvoir aux évêchés et aux cures, la manière d'obtenir Finstitulion canonique et la mission , entreprenoit d'établir un ministère purement humain, et dont par conséquent Fexercice toujours illégitime , seroit nécessairement frappé de nullité dans tous les actes, qui requièrent un titre avoué de FEglise, ou une véritable jurisdiction (3).
(1) L'assemblée nationale décrète que le serment prescrit par le décret du 27 novembre dernier, sera prêté purement et simplement dans les termes du décret, sans qu'aucun ecclésiastique puisse se permettre de préambules , d'explications ) ou de restrictious. 4 J^^nvier 1791.
(-2) Quae unqaam pertinere potest ad laicos jurisdictio super Ecclesiae rébus, ob quam ecclesiastici ipsi subjici eomm decretis teneanturl^ .... et tamen, contra tam certam in Ecclesia sententiam, conventus iste nationalis potestatem sibi Ecclesiae arrogavit.) dîini tôt ac tanta constituerct ., quse , cum dogmati, lum ecclesiasticae disciplinae adversanlur. Litler. apost. 10 mari. 1791.
(3) Quid autem ab bujusmodi episcopis , qui aliundè intrarenl quàm per ostium ., esset expcctandum , imo quid non timendum in Religionem mali , qui deceptiouis laqueo détenu jBuilo modo à deceptioae poterunt coni^ere populum ? lill
(9) Il falloil prendre Dieu à témoin , qu'on mainliendroit de tout son pouvoir une constitution, qui, en défendant à tout évêque nouvellement élu, de s'adresser au pape pour en obtenir aucune confirmation, n'autorisant aucune autre manière d'entretenir la communion avec le chef visible de TEglise universelle , que la simple formalité d'une lettre qui lui seroit écrite par chaque évêque nouvellement élu - en sicjne seulement de Tuniié de la foi et de la communion , et ne permettant de reconnoiîre par aucun acte l'autorité du successeur de saint Pierre, anéantissoit évidemment la primauté de jurisdiction, qui lui appartient de droit divin (i).
certè , qualescumque essent, nnllam haberent ligandi et solvendi polestatem , utpoLè légitima miiaione careiites. Liuer, apost. lo mart. i79«.
(i) Il est défendu à toute église ou paroisse de France, et à tout citoyen français de reconnoîlre en aucun cas, et sous quelque prétexte que ce soit , Pautoi ité d'un évêque ordinaire, ou métropolitain , dont le siège seroit établi sous la dominruion d'une puissance étrangère, ni celle de ses délégués résidans ea France ou ailleurs^ le tout sans préjudice de Tunilé do foi , et de communion qui sera entretenue avec le chef de TEglise universelle, ainsi qu'il sera dit ci-après. Const. civile du clergé, 1 . p, tit. I. art. IV.
Le nouvel évêque ne pourra s*'adresser au pape , pour en obtenir aucune confirmation ; mais il lui écrira comme au chef visible de l'Eglise universelle , en témoignage de Punité de foi et de la communion qu'il doit enlreienir avec lui.Ibid, titr. IL art. XIX.
Slalimoccurritpôntificii primalusejnsque jurisdictionis abo-
litio ciimelectus (episcopus)ex jurata fide teneaturdccrctis
nationalibus in auibus iniiibiiura est, ne à pontitice electionis confirmatio postuletur, eo ipso omnis ejusdem ponlificis po— testas prorsîis excluditar : atque hoc modo abscinduiilur à fonte rivi , rami ab arbore , populus à primo sacerdote...., qnomodô enim retenlam conserva taœque dici poterit cum visibili Ecclesise capile communionem, eidem tantummodo electionem nunciando, eodemque lempore ipsius prim;ttûsauctDritalem,etiampersacramenti Religionemabnuendol'Et lamen debelur ipsi , tanquam capiti à suis membiis , solemnis cano-
( ÏO )
II falloît prendre Dieu à le'moîn qu'on maîn— tiendroit de tout son pouvoir une constitution qui, en mettant réellement toute l'autorité pour Fadministraiioti de chaque Diocèse entre les mains d'un conseil de prêtres, et soumettant les jngemens portés par révêque à la révision d'un conseil de prêtres^ troubloit et intervertissoit Tordre de la hiérarchie sacrée, délrnisoit la jurisdiction épiscopale, et sembbii avoir pour but d'anéantir Tepiscopat luhméme (i).
nicae obc^ientiae promissio, ad retiaendam in Ecclesia imita tem , atque ad evitand.» mystici hujus corporis à Cbristo Domino coristituli schismata. Litter. apost. lo mart. 1791.
(i) L'Evêqne aura la liberté de cboisir les vicaires de son église eathédrale dans tout le clergé de son diocèse... Il ne pourra les destituer que de Pavis de son conseil, et par une délibération qui j aura été prise à \a pluralité des voix, en counoissance de cause. Const. civ. du clergé. 1 P. Titr. I. art. XXII.
Les curés actuellement établis en aucunes églises cathédrales, ainsi que des paroisses qui seront supprimées pour être réunies à rE^'lise cathédrale, et en former le territoire, seront d« plein droil, s'*ils le demandent, les premiers vicaires de Pévêque chacun.) suivant Tordre de leur ancienneté dans les fonctions pastorales. Ibid, Art. XXIII.
Les vicaire supérieur, el vicaires directeurs du séminaire seront nommés par Tévêque et son conseil, et ne pourront être destittjés que de la même manière que les vicaires de l'église cathédrale. Ibid. Art. XXIV.
Les vicaires des églises cathédrales, les vicaire supérieur., et vicaires directeurs du séminaire formeront ensemble le conseil babiluel et permanent de révêque qui ne pourra faire aucun acte de jmisdiciiorï . en ce qui concerne le g-iuvernement du diocèse et du séminaire qu'après en avoir délibéré avec eux. Pourra néanmoins révêque, dans le cours de ses visites, rendre spul telles ordonnances provisoires qu'il appirtiendra. Ibid. Tiir. I. Art. XIV.
Lorsque Pévêque diocésain aura prononcé dans son synode sur des matières de sa compétence , il y aura lieu au recours au métropolitain, lequel prononcer a dan s le synode métropolitain. Ibid. Tit. L Art. V.
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II falloît enfin prendre Dieu à témoin qn'oa mainliendroit de tout son pouvoir Tabolition des ordres religieux, la suppression d'une multitude d'établissemens ecclésiastiques, et Tenvahissement des biens consacrés à Dieu (i).
Quid aliud hisce decretis efïicere conventus voluit quàra evertereetadnihilum redigere episcopatum ipsiim , quasi in illius odium cujus ministri sunt episcopi ?.. quid hoc aliud est quàm velle ut unaquaequœ diœcesis regatar à presbyleris qui episcopi jurisdictionem obruant 'i*... Nonne in hune modum... sacrae hierarchiœ ordo invertitur prorsùs ac perturba turi" aequantur nempè episcopis presbj^teri.. imô ips'is episcopis anteponuntur presbyteri. Litt. Apost. lo.Mart. «791.
(ij L^assemblée nationale décrète comme article constitu— tionel que la loi ne reconnoîtra plus de vœux monastiques solennels de l'un et de l'autre seie.
Déclare en conséquence que les ordres et congrégations religieuses demeurent supprimés en France, sans qu'il puisse en être établi de semblables à Favenir. Consl. civ. du clergé. 3. P. litr. I.
Les dignités, canonîcals, prébendes, demi-prébendes, chapelles , cliapellonies , tîint des églises cathédrales que des églises collégiales et tous chapitres réguliers et séculiers de l'un et Tautre sexe , les abbajes et prieurés en règle ou en commande aussi de l'une et de l'autre sexe , et tous autres bénéfices et prestimonies généralement quelconques, de quelque nature , et sous quelque dénomination que ce soit, sont, à compter du jour de la publication du présent décret, éteints et supprimés, sans qu'il puisse jamais en être établis de semblables. Ibid. 1. P. Titr. I. Art. XX.
L'assemblée nationale déclare que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation •, à la charge de pourvoir, d'une manière convenable aux frais du culte, etc. Ibid.i. P. Titr. IV.
Regularium abolitio à crnventu nationali plandente h?ere— ticorum commentis décréta , laedit statum publier professionis consiliorura evangelicorum ^ laedit vivendi rationem in ecclesiâ comraendatam , tanquam apostolicae doctrinas consenta— neam, lœdit ipsos insignes fundatores, qnos super altaribus veneramur., qui non nisi à Deo inspirati eas instituerunt societates. Litter. Apost. 10. Mart. l'^gi.
Hactenùs gloriari potuit Gallia jam VI sagculo penès se in— troducla floruissesapcularium clericorum collegia seu capitula., sed modo cogilur Gallia ipsa eorum deflere abolitiooem adeo injuste atque indigné in nationali conventu decretam.., quod
L'idée seule d\in engagement si criminel re'volla la plus saine et la plus nombreuse partie du clergé, et elle ne balança pas à tout sacrifier, plutôt que de manquer à ce qu elle devoit à Dieu.
Il demeura consacré dans les annales de la Religion, ce jour à jamais mémorable, ( i ) où des pontifes et des prêtres animés du même courage , affrontant tous les périls, et méprisant la mort dont les menaces retentissoient autour d'eux , refusèrent avec une fermeté inébranlable de prêter ce fatal serment^ triomphèrent d'une majorité toute-puissante qui se flatioit de le leur extorquer^ la forcèrent
igilur jam ab antiquissimis soeculis eeclesia gallicana instruere acstabilire tantoperè studuit; ut sui ecclesiaslici in canonico— rum gradu decorà sacri miineris occupatione delinerentur, nique fidèles tauio magis ad ecclesias , eorum perfuuelione invitât! coDcuiTcrent , ad contemplanda divina mysteria, ad consequendara Dei gratise reeonciliationem ,• idipsum modo nationalis conventus uno decreto suo, non sine plurima omnium ofFensione, repente sustulit, evertit, abolevitzqua ia parte secutus est^ (sicut in cunctis decreti articuJis) haereticorum dictamen, ac in prœsenti deliria Wiclefistarum, Magde— burgensium centuriatorum et Calvini qui in cautûs ecclesiaslici antiquitatem et usum debacchati sunt- Ibid.
Transimus jam ad bonoruni ecclesiasticorum invasionem... quîsquis partem habet in hac usurpatione, perlegat vindictam quam Dominus fecit de Heiiodoro , ejusque cooperatoribus, qui rapere lentaverant tbcsauros de templo , contra quos spi— ritus omnipotentis Dei magnam fecit suae o.^tensionis evidentiam : ita ut omnes qui ausi fuerant parère ei, ruentes Dei virtute in dissoiutionem, et formidinem converterentur... sed quis non facile intelligat, in hac bonorum ecclesiaslicoruni occupatione, iuter caetera animohaberi. spectarique ut sacra profanetjtur templa, utecclesiœ ministri in omnium contempturn adducantur, utque alii in posteruni à sorte Domini de— ligendâ deterreantur : vix enim ea usurpari bona cœperuul., cùni statirn divini cultûsabolitio consecuta est, occlura templa, sacrae supelleciiles amotœ, et cessare jussus in ecclesiis oiûtiorum divinoruna cantus. Ibid.
(i) 4 Janvier 1791.
de s'avouer vaincue , et la rëduisirenl à ne pouvoir plus soutenir le spectacle si humiliant pour elle, qu'ils lui donnoient par leur héroïque résistance.
Ces refus magnanimes ont été répétés d'une extrémité de la France jusqu'à l'autre^ et par-tout la vérité a trouvé de généreux défenseurs, qui ont su tout perdre, plutôt que de la trahir.
Pourquoi faut-il que de si beaux exemples n''aient pas été universellement suivis? s'ils Feussentété, la Religion pouvoit remporter une victoire décisive , dès la première attaque que ses ennemis lui livroient: mais ceux— ci n'ont su que trop profiter des avantages que leur ont donnés les prévaricateurs.
Quelqu'entreprenans que fussent les novateurs, ils n'avoient pas osé prononcer la peine de déposition contre les ministres fidèles, qui refuseroient de prêter le serment de maintenir leur déplorable constitution. C'eût été aussi afficher trop ouvertement qu'ils envahissoient la puissance spirituelle , mais pour pallier en ce point leur usurpation, ils avoient eu recours à un misérable subterfuge , et statué que les ecclésiastiques qui n'auroieut pas prêté , dans les délais déterminés, le serment qui leur étoit respectivement prescrit, seroient réputés avoir renoncé à leur ofllce, et qu'il seroit pourvu à leur remplacement , comme en cas de vacance par démission ^ (i) comme si on pouvoit jamais être réputé avoir renoncé à la charge de pasteur, s'être démis de la charge de pasteur, par cela même qu'on
(O Ceux desdils évêques, ci- devant archevêques , et autres ecclésiastiques fonctionnaires publics, qui n'auront pas prêté , dans les délais déterminés, le serment qui leur est respectivement prescrit , seront réputés avoir renoncé à leur office , et il sera pourvu à leur remplacement, comme en cas de vacance par démission. Const. civ. du clergé, i. P» Titr, VU. Aj:t. V.
tonore son ministère, et qu'on refuse d'en violer les règles les plus saintes!
Ce de'cret néanmoins, malgré son injustice et son absurdité , a e'tè mis à exécution. Il a été procédé à de prétendues élections d'évêques, pour des diocèses qui n'étoient dits vaquer, qu'en conséquence de cette fiction ridicule ^ ( i ) et, parmi les prêtres assermentés, il s'est rencontré des hommes assez dépourvus de principes, ou assez ennemis de tous principes, pour ne pas rougir de souscrire à de pareilles élections, de s^en prévaloir^ et de se dire évêques de diocèses , dont se trouvoient en possession réelle et ioconteslabledes évêques canoniquement institués. C^est ainsi que ces étrangers sont entrés danslabergerie.Elilsseroientpasteurslégitimes Non ils ne le sont point. La tradition constante et unanime de rj'^glise, démontre qu'ils ne peuvent être reconnus pour tels ^ et les suffrages de tous les siècles se réunissent, pour les déclarer coupables d'intrusion et d'uburpalion. Car voici (comme on vous Ta déjà rappelé tant de fois , depuis Torigine du schisme funeste qui déchire notre Eglise), voici, sur cet article si important, la doctrine invariable de TEglise catholique.
L'évcque est un, et nécessairement seul^ Fautel est un. Dès lors donc que la chaire épiscopale est remplie dans une église en vertu d'une succession légitime, dès lors qu'un évêque légitimement ordonné y a son autel ; quiconque entrepend d'être fait évcque de cette Eglise, rompt l'unité, élève un autel adultère contre Taulel véritable: il ne devient point évêque de cette Eglise j il lui est clraKger ^
(i) Il faut dire la même chose des élections semblables relativement aux cures.
il est uni par rapport à elle^ il est dehors (0- ^''^ la chaire épiscopale ëtoit remplie dans nos églises en vertu d'une succession légitime: dans chacune d'elles un éveque iégiiimement ordonné avoit soa aiiiel (2). Ceux donc qui ont entrepris de se faire ëvèques de ces Eglises, ont rompu Tunité : ils ont élevé des autels adtilîères contre les autels véritables: ils ne sont point devenus évêques de ces églises ] ils leur sont étrangers^ ils sont nuls par rapport à elles ^ ils sont dehors^ et chacun des pontifes légitimes, dont ils ont envahi les sièges, peut dire à juste titre à chacun d'eux : « Qui êies-vousl" quand êtes-vous venus f d'où êtes-vous venus ? que faites-vous dans ce qui m'appartient, vous qui ne m'appartenez pas? de q-^el droit coupez-vous mon bois f qui vous a permis de détourner mes sources? » en vertu de quel pouvoir changez-vous mes li- ^ mites î La possession est à moi ^ pourquoi venez-
(1) Quooccnpato (gradu cathedrae sacerdotalis).. quisqais jàm episcopus fîeri voliierit, foras fiai necesse est... profanus est,alienusest, foris e>l. Et, cùtn post primum secundas esse non possit , quisquis post unum qui solus es>e debeat.; factus est, non jàni secuudus ille, sed nullus est. S. Cjprian. Ep. LU. ad Anton.
Aliud . Iiare constitai, aut sacerdotium novum fieri praeter unum altare et uttum sacerd Uium non potest. Qaisquis alibi collegerit, spargit. Adukcnnn e>t, impiuni est, sacrilfgnm est quodcumque hum^no faroreinîtituitur, ut diviua dispositio violetur. Id. Ep. XL. ad plebem.
Stat qiiippesententia ecclesiastica et authenticapostprimam electionem non esse secundam. Celebralà proinde prima, quae secundo praesumpta est » non est secunda , sed
nulla eà propter qui se super ingerere fesiinant
ipsi procul dubio majus peccatum habent , ipsi auciores scliismatis S. Bernard. Epit. CCXXVl. ad Episc. Aquitan.
(2) S'il s'est trouvé quelques sièges vacans, Pintrasion de ceux qu'on a entrepris den iaire évêques conformémeol à U «ouititutioïà civile du clergé, sera prouvée dans la suite.
( >6) 9 VOUS ici, suivant votre caprice, et semer, et faire » paître ? la possession est à moi pi y a long-temps s> que je possède ^ je possède le premier : j'ai des T^ origines siires : je tiens la chose des auteurs même 3> à qui elle a appartenu : je suis Theritier des » apôtres, (i) mais, si je suis l'héritier des apôtres- » qui êles-vous? »
(^est de même la doctrine constante de TEglise catholique, que « tous ceux qui, nV'tant appelés s> et institués que par le peuple, ou la puissance » séculière et le magistrat, se portent à remplir les » ministères d'évêques , de prêtres , et autres ordres, » ne sont pas ministres de TEglise , mais doivent » être regardés comme des voleurs et des larrons , » qui ne sont pas entrés par la porte (2). » Et c'est une hérésie, que de soutenir que » ceux qui » ne sont pas dûment ordonnés, ni envoyés par 5> la puissance ecclésiastique et canonique, mais !& viennent d'ailleurs, sont ministres légitimes de » la parole et des sacremens (3). » Mais, n'est—
(i) Ad quos meritù dicendum est: qui estis? quando et iindc venislisî" quid in moo agitis, non meif quo denique, Marcion, jure sylvam meaRi csdis r* quâ licentiâ, Valentine, fontes raeos iransveitis i" quà poteslate, ApeHes, limites meos commovesi'* inea est pobsessio. Quid hîc cœteri seniinatis et pascitisf* mea est possessio. Olim possideo. Piior possidco. Habeo origines firnias ab ipsis autoribus quorum fuit res. Ego sum haercs apostolorum. Tertullian. Lib. depiaescript. advers. haeret.
(2) Decernit ( sacro— sancla synodus) eos qui lantummodo à populo, aut sseculari polestale ac maghtratu vocaii et insti — tuii ad bcpc ministeria (episcoDorum, sacerdotum et caetero— rum ordinum ) ascenduut, et qui eapropriâ tcmeritatesumunt, omnes non esse Ecclesise ministros, sed fures et latrones per ostium non ingressos habendos esse. Conc. Trid. Sess. XXIIL Cap. IV.
(3) Si quis dixerit.... eos qui necab ecclesîastica et canonica polestale rite ordinati, nec missi sunt, sed aliundè veniunt,
ce
C >7 ) ce pas uniquement de la puissance séculière, que ces nouveaux évêques tiennent Tiustiiution f JN'est-ce pas la puissance séculière toute seule, qui a circonscrit le territoire qu'elle leur a assigné pour exercer leur ministère P (ij NV^st-ce pas la puissance séculière toute seule, qui a réglé la forme de leurs élections , et statué qu'elle seroit précisément la même que celle des élections des officiers civils P (2 ) ^'eA-ce pas en cette étrange forme qu'ils ont été élus f N'est-ce pas la puissance séculière toute seule , qui a réglé le mode de leur confirmation , par des dispobitions qui renversent toutes les lois de l'Eglise reconnues en cette matière ^ et en exigeant encore , que pour être capable de donner cette confirmation, Févêque à qui on la demanderoit se fïit déshonoré en jurant le maintien d'une constitution si justement pros-
legitimos esse verbi et sacraruentorum ministros, anathema sjt. Ibid. Can. VII.
(i) Chacfue département formera ua seul diocèse et chaque diocèse aura la même élendue , et les mêmes limites que le deparlement. Couslil. civ. du clergé. 1 P Titre 1 Article I. o • v. x.
Daus toutes les villes et Bourgs qui ne comprendront pas plus de siK m.ille âmes, il n> aura qu'une seule parois.e; les autres paroisses seront supprimées, et réunies à la principale. iDid. Art. XV. ^ r
Les directoires des districts procéderont sans retard à la ïiT A ^i^'n^auon, et circonicnption des paioiises. Ibid.Titr. ■•-UL' Art. Ail.
Lévèque Diocésain sera invité , et même requis par le directoire de concourir par lui-mcme, ou par son fondé de procuration aux travaux préparatoires des suppressions et unionsmais son absence Ou son n-fus d^ prendre part ne pourra dans aiicmi cas retarder les opérations du directoi.e. Ibid. Arucle
(2) L'élection des évêques se fera dans la forme prescrite, et par le corps électoral indiqué dans le décret du 22 décembre
(•3) crîte ( i )r N'est ce pas enfin un fait plus clair que le soleil, qu'ils n'ont reçu leur prétendue condrmalion, que d'un délégué de la puissance civile, qui* suivant la loi qu'elle lui en avoit imposée, s'étoit préalablement rendu coupable d'un serment
a-jSç), pour la nomination des membres de rassemblée du depâi tenietjt. Ibid. Tilr. II. Art. 111.
LVlcclion des cnré> se fera dans la forme prescrite, et par les élecleuis indiqué^; dans le décret du 11 décembre 1789, pour la nomination des mtnibres de rassemblée administrative dudislrict. Ibid. Art. XXV.
(i) Celui qui aura été élu à un évêcbé se présentera en personne à son év^'que métropolitain, el, s'il est élu pour le siège de la niéuopole ., au plus ancien évcque de Parrondissement, avec le procès-verbal d'élection et de proclamation , et il le suppliera de lui accorder la confirmation canonique. Const. civ. dxvx clergé. 1. P. lilr. IT. Art. XYl.
Si le métropolitain, ou à son déiaul, le plus ancien évéque de rarroudissemcnl refuse de lui acccorder la confirmation ca^ nonique , leiu (évêque) se représentera à lui assisté de deux notaires^ il le requerra de lui accoider la confiimaliou canonique, et se fera donner acte de sa réponse, ou de son refus de répondre. Ibid. Tiu\ 111. Art. II.
Si le métropolitain, ou le plus ancien évcque de Parron— ^îissement persiste dans son premier refus, l élu se présentera en personne, ou par son fondé de procuration, et successivement , à ions les évèques de Tarrondissement, chacun suivant l'ordre de leur ancienneté^ toujours assisté de deux notaires; il leur exhibera le procès-verbal, ou les procès -verbaux des refus qu'il aura essuyés, et il les suppliera de lui accorder la confirmation canonique. Ibid. Art. III.
Les évèques qui ont été élus jusqu'à ce jour . et ceux qui le seront dans le cours de la présente année , ne pourront s'adresser à leur métropolitain, ou à tout autre évêque de leur arrondissement, pour obtenir la confirmation canonique, qu'autant que ceux-ci auront prêté le serment prescrit par le décret du 27 novembre; el , dans le cas où aucun évêque de l'arrondissement nauroit prêté Je serment, ils s'adresseront au directoire de leur département pour leur être indiqué l'un des évèques de France qui aura prêté le serment -, lequel pourra procéder à la confirmation canonique, el à la consécration , sans être tenu à demander la permission à l'évêque de l'arrondissement. Ibid. Titr. VIIL Art. IV.
(>9) schismalique ? Ils ne sont donc point ministres le'gitimes de la parole et des sacremens ^ ils ne sont donc pas ministres de TEglise ^ on est donc forcé de le dire: ils doivent être regardes comme des voleurs et des larrons, qui ne sont point entres par la porte.
Et comment seroient-ils ministres légitimes de la parole et des sacremens, comment seroient-iis ministres de TEpouse de Jésus-Christ , eux, qui ne peuvent rendre raison de Torigine de leurs Eglises et de la naissance de leurs chaires ?
Il ny a que deux manières de prouver que 1 o— rigine d'une Eglise et d'une chaire e«t légitime: il faut, ou produire une suite d'évêques qui, depuis le commencement , se soient succédés, de sorte que le premier évêque ail eu pour auteur et prédécesseur quelqu'un des apôtres, ou des hommes apostoliques qui ait persévéré avec les apôtres : ou faire voir que , si TEglise et la chaire, ayant été établies dans des temps postérieurs , ne peuvent nommer pour leur auteur aucun apôtre, ni homme apostolique, cette Eglise et cette chaire, conservant dans toute sa pureté la doctrine des apôtres, commua Biquenl avec la chaire principale en laquelle toutes gardent Funité ^ et par celle-ci , avec toutes les églises catholiques du monde (i).
(i) Edant ergô orîgir)es ecclesianim snanim ordinerii episcopoium suorum, ita pec successiones ab initio decurreniem, ut primus ilie episcopus aliqueta ex apostolis* vel apostoJici-» viris, qui tamen cum apo-slolis perseveraverit , habuerit auctorem et antecessorem. Hoc eniin modo ecclesiai apostolioae census SLio^ dfftrant... ronfingant taie aliquid ba?relici... sed etsi confînxerint nihil promovebuut. Ipsa eoim docirina eoium cum apostob'ca comparata ex diversitate et conuaiielate sua neque apostoli abcujus auctoiis esse , m.que apostobci... ad hanc iiaque formam provocabuutur ab iJifs «cclesiisquœ licet nullum ex apostolis. vel aposlolicis^ aucto— B 2
Ces nouveaux e'vêques n'entreprendront pas, sans cloute, de designer quelqu'un des apôtres, ou des hommes apostoliques, comme auteur de leurs Eglises et de leurs chaires. Qui ne sait que les unes et les autres viennent d'être établies de nos jours par la puissance du siècle ?
Ils n'entreprendront pas davantage de nommer quelqu'un des apôtres, ou des hommes apostoliques, parmi leurs prédécesseurs. Ils n'ont point de prédécesseurs. Ils ne succèdent à personne : ils commencent par eux-mêmes (i). Ce sont des fils sans pères, des disciples sans maîtres : ils ne peuvent montrer qui que ce soit qui, avant eux, ait siégé où ils siègent ^ et, par-là même, ils dévoilent la lurpitude de la chaire qu'ils prétendent occuper ; et laissent apercevoir à tout œil attentif , qu'elle n'est qu'une chaire de pestilence (2).
Etabliront-ils du moins que, conservant la doctrine des apôtres dans toute sa pureté, ils sont reçus à la paix et à la communion, par la chaire principale en laquelle toutes gardent l'unité, et dès lors par toutes les églises catholiques du monde? €t si
rem suuni proférant, ut miiho posleriores : quae denique cjuo— lidie iiisliiuuniur : laineu in eaclem fide conspirâmes-, non minus ajjostcîicae deputantur, pro consanguinitate docfrinae. Ita omnes iiiereses ad utramtiae formam à nostris ecclesiisprovocatœ, probeiitse, qaacpaa putant apostoiiras. Sed adeo nec sunt , ncc possuat picbajcquod non sant :, nec recipiunlur ia paceni et in comQiunicationem ab aliis ecclesiis quoquGmodà aposloiicis : sciiicet ob divcrsitalcni sacramenti nuilomodô apoâtolicœ, Tertullian. Lib. de prœscript. ad vers, haîiel.
(i) Pastor haberi quoniodô polest ... iicmini succedens, et à se ipso iacipiens:^ S. Cjprian. Ep. LXXVl. ad Magnum.
(2) Si Victoii dicereiur, Ld)i sedertr, nec ante se aliquem iliic fuisse njonsîrateL , nec catliediam aliquaoi ni&i pestilenliie ostendercL... iilius sine paire... discipulus sine niagistro. S. Optât. Milev. de schiim. Donatiît. contra Paimeniau. Lib. a.
(3' ) nous îenr disons, comme saint Oplai ae Uiit . v. le disoit autrefois aux Donatisles : « vous ne pouvex » nier que vous ne sachiez qu'en la ville de Rome » a ële' établie une chaire épiscopale pour Pierre , » à qui appartient la primauté: que Pierre chef de s> tous les- apôtres s"*esl assis sur cette chaire iiuique, !^ en laquelle Furiite' s€roil conserve'e par tous, de » manière que quiconque placeroit une chaire 3> contre cette chaire privilégie'e seroit schismatique » et pécheur : Pierre s'est assis le premier sur cette » chaire, à Pierre a succédé Lin, à Lin a succédé » Clément, à Clémenl Anaclet. . ., à Libère a suc- » cédé Damase . . :» ( sur cette même chaire sié^e aujourdhui Pie), « avec qui Tunivers tout entier i> se réunit à nous dans la société d'une même com- » raunion: » c'est ainsi que nous prouvons la légitimité de noire succession , que nous rendons compte de l'origine de nos sièges : «rendez compte » à votre tour de l'origine de votre chaire (i) '» ) pourront-ils prouver de même que son origine est légitime ?
Comment pourroient-ils en donner cetîe preuve, eux qui, par leurs entreprises téméraires et audacieuses, combattent contre la chaire de Pierre? eux qui sont convaincus d'avoir osé prendre Dieu à témoin, qu'ils maintiendroient de tout leur pou—
(i) Negare non pote? scire te in urbe Rmnâ Petro primo calhedram episcopalem esse coUatam, in quàsederit omnium apostolorum capnl Petrus... in quà ima caihed.â unitas ab omnibus servarclur... ut yim schisniaticns el peccaior esset qui contra singularcm cathedram, aileram coilocaret... sedit prior Peirus: oui successit Linus, Lino successit Clemens; démenti Anacletus .. Liberio Dnmasus cuni quo nobis tr>:us orbis... in una communionis societate coucordat. Vesrrîecatlie— drœ vos oriçinem reddile... qui contra cathe'Iram Pétri vestris prassumptionibus et audaciis, sacriiegio militatis. S. Optai. Milev. ibid.
voir une constitution hérétique et schismatique ? eux contre qui le successeur du prince des apôtres, du haut de sa chaire, a prononcé la suspense de l'exercice de tout ordre (i) ^ dont il a déclaré les élections illégitimes, sacrilèges et ahsolument nul^ les (2) , les consécrations entièrement illicites , illégitimes, sacrilèges, faites contre les règles des saints canons (3)^ qu'il a enfin menacés de la peine la plus grave que TEglise puisse infliger, de la sentence d'excommunication (4).
Qu'ils nomment une seule Eglise catholique qui reconnoisse leur épiscopat. Ils savent bien qu'ils n'en peuvent produire aucune ^ ils n'ignorent pas que, tant qu'ils persévéreront dans leur crime, ils ne seront reçus à la paix et à la communion, ni de TEglise mère, ni d'aucune de celles qui se glorifient de lui demeurer inséparablement attachées. Et c'est
(1) Edicimus ut quotqaot sunt... ecclesiaslicœ miliuae adscripli... qui civicum juramentum pure ac simpliciler prout à conventu nau'onali praescriptum fuit, eniiserunt, enoruni omnium venenatum fontem et originem , calholicaeque GaK îicance Ecdesiae mœroris praecipuam causam , nisi inU'à quadiaginta dies,abhâc die numerandos, hujusmodi jaramentum relractaveriut, à cajuscumque ordinis exercitio sint saspensi , et inegularilali obnoxii, si ordines exercuerint. Litter. Apost. ï3 April. 1791.
(2) Daclaramus electiones... in episcopos... illegitimas, sacriiegas et proràiis nullas fuisse et esse. ibid. ^
Declaïamus alias omnes elecliones ad Galliarum ccclesias cathédrales et parochiales, ciim vacuas , tùra mullo magis p(inas,ciim veteris., lùni fortiùs novae et illegitimae erectionis, ai formam memoratce constitutionis cleri à municipalium districluum eleclcribns usquemodo peractas, quas volurniis pro exprcssis liaberi, el qnotqnol peragenUir, irritas, illegitimas, saci ilegas, et prorsùs nullas lui'^se, essse et fore. Ibid.
(3) Declaramas... consecraliones fuisse, et esse omninô ilîidtas, iliegitimas, saciilegas, et factas contra sanctoruiii caïionam sauctiones. Ibid,
(4) Vid. supr. Not. 2. pag. 3.
pour cela que, dans leur obsllrialion , ils ont osé dire: si la scission se consomme , ce seroit le pape qni se sépareroit (i). Mais comment se sont-ils aveuglés, jusqu'à mettre en avant une assertion si rëvohaiiter Comment ne comprennent-ils pas que le troncde Tarbre quia jeté desi profondes racines^ demeure inébranlable, et conser\e louie la sève, pendant que les branches qui s'en séparent, ou qui en sont retranchées, se dessèchent? S'imagineroientils déjà, à Texemple des anciens hérétiques, qu'ils forment seuls toute TEglise? ou pourroient-ils se persuader qu'on viendra se réunir à eux; et que les vénérables Eglises de la catholicité, foulant aux pieds toute la tradition, abandonneront la chaire de Pierre, et croiront pouvoir garder Tuniié dans leurs chaires toutes humaines, dans leurs chaires d'un jour f
Non , il n'en sera pas ainsi. Ces vénérables Eglises connoissent trop bien la règle invariable de l'unité catholique ^ elles sont trop jalouses de la maintenir dans toute sa vigueur. Et leur union avec nous, et notre union avec elles, et leur éloignement de ceux qui de nos jours ont fait une si scandaleuse scission , nous mettront toujours dans le cas de dire à ces Schismatiques modernes, ce que saint Optât de Milève disoii à ceux de son temps : « qui n'est » étonné de voire erreur P qui ne condamne votre » crimef puis donc qu'il est évident, et plus clair » que le jour, que nous sommes avec tant de peuples » innombrables, et quêtant de province sont avec » nous^ vousne pouvez vous empêcher de recon-
(i) Accord des vrais principes de l'Eglise, de la morale et de ia raison . sur la coiislituliou du clergé de France . par les évoques des di parteiaens membres de l'aisembiée ualionule coiJBiitaantCj Paris, ijQu
» noître , qu'étant réduits à un seul pays et sé- » parés de TEglise par vos erreurs , en vairi » vous vous ailribuez à vous seuls ce nom d'Eîî> glise et ses caractères. C'est chez nous qu'ils » se trouvent , et non pas chez vous. » (i)
Cette règle invariable de Tunité catholique vous rappelle aussi , N. T. C. F. , Toblii^ation oii vous êtes et dont le chef visible de FEglise vous a si solennelleraent avertis, (2) de vous séparer de ces hommes qui ont rompu Tunité , en usurpant les fonctions pastorales ^ obligation fondée sur le commandement exprès de Jésus-Christ. « Les brebis, dit ce Dieu Sauveur, suivent celui « qui , étant entré par la porte , est le véritable « Pasteur: mais elles ne suivent point un étran- <s. ger ^ au contraire elles le fuyeut ; parce qu'elles » ne counuissent pas la voix des étrangers (3). »
(1) Quis non vcstrum miretur errorem î' Quis non ves— irum faciii'is darnnct 'i^ ï^ifu''') cùm mauifesium sit,etipsa luce clarius nos ciim tel populis innunîerahiiibus esse, et tôt provinciasnobiscum: jani videtis vos in parte nnius rogionis po^itos^et ab Ecclesià vfstris erroribus es>e sep^ralos , frustra vobis solis boc uonieii Ecclesiae., cum suis df^tibus vindicare: qu?e magis apud n(»s svnt fjnàni apud vo^ S. Opiat. Milev. de scbism. D>M;ali>l. contra Parmenian. bb. 2.
(i^ Vos iindern in Domino obte^îamur: dilecti fdii calbo— lici, qui in n'^no Galii-Mriim estis univcrsi . invasorcs omnes sive opiscopi. sive parocbi appeilentur. ita devitate, ut nibil cum iilis sit vobis commune, prœserlim in divinis. Litter. apo>l. i3 Aprlb 1791.
Vds (jurque... iicleles dcmiim universi in GalliarMin rcgno degenlos... super ornnia, eri-^m arque etiam coîi:raendamus vobis. aiquepva?cipimi;s, ut legiti .isvestris pasloribu. semper hœrenles c^veatis, neullo modo communie dis, pieT^s-ttim ia divicjis, cum intrusis et relVarthiis, quocumque nomine appelieutur.Litler,apo5tob 19. Me.) t. 1792.
(3) Oves illum (qui inlrans per oslium pastor est ovîum ), sequiiniur» quia sciunt vocem ejus. Abcnum autem non sequuntut , sed fuginut ab eo , quia non novcraut vocem alie-
Oui il est indispensable , conformément à la doctrine de notre divin Maître, de fuir ces étrangers^ d'éviter ces usurpateurs et ces intrus^ il est indispensable de s'abstenir de communiquer avec eux dans les cboses saintes. Il ny va de rien moins que du salut éternel.
« Quand il s'agit , dit saint Cvprien, de forfaits
^ semblables à celui qu'ils ont commis, ce ne sont
% pas seulement les chefs et les auteurs qui sont
5> destine's aux châlimens ^ mais aussi les complices,
» s'ils ne se séparent point de la communion des
s» méchans. Lorsque Coré, Dalhan et Abiron , en-
» treprirent d'usurper les fonctions du sacerdoce
s, de l'ancienne loi, Dieu fit par Moïse ce com-
^ mandement aux Israélites : éloignez-vous des
x> tentes de ces hommes endurcis, et ne touchez à
» rien de tout ce qui s'y trouve, de peur que vous
^ ne périssiez avec eux victimes de la vengeance
» que je vais tirer de leur péché. Et cette menace
^> que Dieu avoit faite par Moïse , il l'exécuta.
» Quiconque ne se sépara point de Coré, Dalhan
» et Abiron, subit aussitôt la peine de cet atta-
y> chement impie. Exemple qui fait voir et dé-
^> montre, que tous ceux qui sont assez peu reli-
» gieux et assez téméraires, pour se joindre aux
» Schismatiques contre les évêques et les prêtres ,
» se rendent coupables et s'exposent au chatiniCnt;
!^ comme l'Esprit saint nous le déclare aussi, lors-
» qu'il dit par le prophète Osée : leurs saci ifices
» sont comme les banquets des funérailles, qui
> rendent impurs tous ceux qui y participent ^
5> nous enseignant par ces paroles, et nous mon-
» irant que tous, sans exception , et les auteurs et
» les complices du crime du schisme , sont enve- » loppés dans la même punition (i). »
C'est pour cela cjue le saint docteur pressoit si vivement ceux de son diocèse, que les cinq prêtres qui sy e'toient rendus coupables de schisme avoient entraîne's dans leur parti , de se séparer de ces Schismatiques :» Que personne, mes frères, leur s> ëcrivoit-il , ne vous détourne des voies du Sei—
> gneur, Yous êtes chrétiens : que personne ne » vous arrache à Tévangile de Jésus— Christ. Vous
> êtes enfans de TEghsc ^ que personne ne vous » ravisse du sein de TEgUse. » Que ceux-là seuls demeurent hors de l'Eglise , qui se sont retirés de FEglise: « Que ceux-là seuls ne soient pas avec » les évêques, qni se sont révoltés contre les évê- » ques.... Rejetez avec courage et fermeté ceux » qui transgressent le commandement du Seigneur » et veulent y sulustiluer leur tradition... Ne coms> muniquez donc point avec eux... éloignez-vous » d'eux , je vous eu conjure, et suivez les conseils » que nous vous donnons, nous , qui tous les jours
(i) luvenimus in tali facinore non solum daces et auctores.^ sed et participes pœnis dcstinari, nisi se à coiiimunioue malo— rum separaverint, prœcipiente per Moysen Domino,et diccnie: separamini à tabernaculis liominuni istorum durissimorum , et nolile tangere ab omnibus quvs sunt eis, ne simul pereatis in pcccato eorum : et quod comminatus per Moysen Dominus fuerat, implevit; ut quisquis se à Core , Dathan et Abiioa non separasset, pœnas statim pro impia communione persol— Veret. Quo excmplo ostenditar, et probatur^ obnoxios omnes et culpas, et pœnae futuros, qui se schismaticis contra prœpo— silos et sacerdotes irreligiosâ iemerilate miscuerint. Sicut ctiam per 0>ee prophetara Spiritus Sanctus conlestatur, etdicit; sacrificia eorum lanquàm panisluctûs; omnes qui manducant ea, contaminabuntur: doceos scilicet, et oslendens omnes nmnino cum auctoribus supplicio conjungi . qui fuerint eorum peccato coutamiuali. S. Cyprian. Ep. LXXVl. ad Magnum.
( =7 ) » adressons pour tous au Seigneur des prières con- » tinuelles ; qui de'sirons que la divine clémence » vous ramène à 1 Eglise ] qui nous efTorçons d'ob- » tenir de iJieu une paix pleine et entière pour la » mère et les enfans. Unissez vos prières à nos » prières, vos supplications à nos supplications : :> mêlez vos pleurs à nos larmes. Fuyez les loups :> qui séparent les brebis du pasteur (i). »
Saint Augustin ne tient pas un autre langage. » Un ministre, ce sont les paroles du saint docteur, s> a beau prêcher le nom de Jésus-Christ ; il a » beau porter et administrer le sacrement de Jésuss> Christ:^ il n'est pas permis de le suivre, au pré- » judicede Tunité de Jésus-Christ.» Aussi avertissoit-il les Schismatiques de son temps, que les sacremens de Jésus— Christ, qu'ils ne recevoient que pour leur jugement dans l'état du schisme qui les fait profaner , ne leur seroient utiles et salutaires^ que lorsque, dans la paix de TEglise catholique, ils auroient Jésus-Christ pour chef (2).
(i) Nemovos, fratres, errare à viis Domini faciat. Nemo vos cliristianos ab evangelio Chrisli rapiat. Nemo filiosEcclesiae de Ecclesia tollal... ExU'aEcclesiam soli reraanearit, qui de Ecclesia recesserunt. Soli cum episcopis non sint, qui contra episcopos rebeliàrunt... qui mandatum Dei rejiciunt, et traditionem suam statuere conanlar, fortiler à vobis, et firrrriter respuantur.... INob'te ergo esse participes eorum... discedite à talibus, quaeso vos^ et acquiescile concib'is no^tris qui pro vobis i|uoti(iiè continuas Domino preces fundimus, qui vos ad Ecclesiam revocari pcr Domini clementiam cupimus, qui de Deo pacem plenissimam priùsm^itii, lùm et fîliis ejus oramus. Cum precibus alque orationibus nostris vestras quoque orationeset preces jungite, cum fletibus nostris vestr;is iacrymas copulale. Vitate hipos qui ovcs à pastore secernunt. S. Cjprian. Ep. XL. ad plebem , de quiuque presbjteris schislualicis.
(2) Nullus prœdicans nomenChrislie^etgestans acminislrans
C =8 ) ^ Et le celchre Vincent de Lerîns a présenté à lon9 les siècles le vrai modèle de la conduite qn'il est indispensable de tenir dans ces funestes occurrences^ lorsque, rapportant ce qni se passa en Afrique h Toccasion du scliisnie des Donalistes, il dit : <i du ^ temps de Donat qui a donné son nom aux Do- » natisles, pendant qu'une grande partie de FAy> frique se précipitoit aveuglément dans son erreur^ » et qu'oubliant son nom, sa religion, sa profession^ » elle abandonnoit l'Eglise de Jésus-Christ, pour » suivre la sacrilège témérité d'un seul homme ^ > parmi tous ceux qui étoient établis en Afrique^ •p ceux-là seuls purent être sauvés, en demeurant » dans le sanctuaire de la foi catholique, qui dé- » testèrent un schisme profane, et s'unirent à toutes î^ les églises du monde. Ils ont laissé sans doute » un bel exemple à la postérité: ils lai ont appris » la saine pratiquée laquelle il faut invariablement » s'attacher ^ et qui consiste à préférer à la folie » d'un seul, ou du moins d'un petit nombre, la » sagesse inaltérable de Funiversalilé (i). ^
sacraiîientum Chri^ti, seqnendus est contra urritatem Cbrisli. S. Aug. L. III. contra Penîian. Cap. 5.
Sacrameiita Chrisîi quse in sacriifgio scliismatisad judicîiîn» Iiabclis, utilia et salubria vobis eriint, cùm in calholica pacc IiabiTTitis cpiit Cbrisium. S. Aug. Epist. CLII. ad popului» f>iCtiotii«; Doualianae.
(v) Torapoie Dona'i à que Donatistae, ciim se nvuîta pars Afiicc-r in erroris sui furias praecipitaret , cùrnque immemor norainis, reil-^ionis, prote^sionis, unius hominis s;jcrilegam tenieiiiatem Ecclesiœ Christi pra^ponerel , tune quicunaque per Africani consutuU, pioîano schismate tietestato., oniversis mundi Ecciesiis adNOciati sunt, soli ex iUis omnibus intra sacrai la caîholicae fidei salvi esse potuerunt : egregiara proîeclô relinquentes posttris fonnam , «({lemadmodum scilicèl dein— crps bono more, unius au£ certè paucorum vesanicTp univer— soTum sauitas anteferrelur, Vincent. Lirin. Commouit. I. Cap. 5.
( =9 ) Que n^a— t-on pas mis, et que ne nset-on pas cttcore tous les jours ea œiivre, pour vous détourner de l'acconipliisenieiit de ce devoir, et vous exposer à toute la sévérité des jngeinens de Dieu ^ en vous rendant complices d'un schisme qui l'outrage f on a d'abord eu recours à la violence: et pendant que les auteurs de la constitution civile du clergé ont eu la force en main , ils l'ont déploj ée toute entière, pour procurer des sectateurs à la nouvelle Eglise qu'ils venoient de créer. C'est par des lamies, bien plus que par des paroles, qu'il faut témoigner la douleur qu'inspirent les excès qu'ils ont commis, et les funestes avaiUages qu'ils ont remportés. Quelle plaie n'ont-ils pas faite au corps de l'Eglise (i)! Cependant ramerlnme d'une si juste douleur ne doit pas nous empêcher de rendre à Dieu d'immortelles actions de grâces de ce qu'au milieu des horreurs de cette cruelle persécution, il s'est conservé une multitude de serviteurs fidèles, à qui nous avons sujet de dire^ comme autrefois le grand évêque de Garthage aux Confesseurs qui avoient refusé d'adorer les idoles : « vous avez résisté courageusement au siècle: vous
* avez donné un spectable dont le Seigneur a été » glorifié... Ce ne sont pas seulement des hommes » qui ont remporté la victoire : des femmes ont
* su mériter les honneurs du même triomphe^
* et rendant inutiles tons les efforts du monde, se » sont montrées supérieures à leur sexe. On a vu 9 aussi, dans ce combat, des vierges ajouter une 3 nouvelle couronne à celle dont leur front cloit » déjà ceint ^ et àos enfans même devancer de
- (i) Lacrjrais magîs quàni verbîs opus est ad exprimcndnm <3olorem qao corporis nosti-i plaga deflenda est, S. Cjpiiun. ^e iâpâis.
» beaucoup par leurs vertus le nombre de leurs » années (i). »
A la violence a succédé rartifice^ et ce nouveau genre d'attaque n'est pas moins redoutable : on est pour Tordinaire exposé à un plus grand péril , lorsque l'ennemi se cache pour tendre des embûches , que lorsqu'il livre le combat à force ouverte. (2)
Depuis que ceux qui ont la puissance favorisent moins l'Eglise constitutionnelle , les chefs de celleci ledoublent les moyens de séduction , pour lâcher , en grossissant leur parti , de sortir de l'étal d'avilissement dans lequel ils sont tombés. C'est dans celte vue sur-tout, qu'ils vi>".nnent de tenir" un prétendu concile, où affichant tous les dehors du zèle 5 de la charité, de Tamour de la paix, ils ont entrepris de donner des instructions, de prononcer des décisions, de porter des lois qui toutes n'ont pour but, que de consolider les usurpations qu'ils ont faites, d'affermir le schisme auquel ils ont donné naissance, et de perpétuer Taveuglemeut de ceux qui ont le malheur de les suivre.
Ne vous troublez point de ce nouvel effort qu''ils ont fait pour soutenir une cause désespérée. L'Eglise a déjà vu de ces sortes d'attentats (3), et en a triomphé ! ils n'ont fait que se traîner sur les traces des anciens hérétiques , qui leur ont
(1) Repugnastis fortiter saeculo, spectaculum gloriosum pr3ebui>tis Deo... Cum iriumphantibus viris et fœminae ve— niunt , quae cum saeculo diniicantcs sexura quoque vicerunt. Veniunt et geminatâ militice suce gloriâ virgines, et pueri annoN suos virtuiibus transeuntes. S. Cvprian. de lapsis.
(2) Plus plerumque periculi estin insidialore occulto,quàm in hosie luanifesto. S. Léo, Serrn. V. de Quadragcs.
(3) Le brigandage dïphèsc.
(3t) donné Pexemple de semblables brigandages. Plaîgnez-les pliuôt: « car ils sont frappés de laveu- 5» glement de l'esprit, jusqu'au point de ne pas ï> reconnoître leurs crimes, et de ne pas les dé— ^ plorer. Cet aveuglement est une des plaies les » plus terribles que Dieu lire des trésors de sa » colère, ainsi qu^il est écrit : Dieu leur a donné » un esprit de profond assoupissement^ des » jeux qui ne aboient point , et des oreilles qui » n^ entendent point. Et encore : parce quils jïont » point reçu dans leurs cœurs l'amour de la vé— » rité^ pour être sauvés ; c^est pourquoi Dieu » les livrera à une telle séduction ^qu^ ils croi-^ » ront au mensonge ^ afin que tous ceuœ qui » n'ont point cru à la a)érité^ mais qui ont con- 7> senti à V iniquité^ soient jugés comme ils le » méritent. C'est par une souveraine injustice , s> qu'ils se complaisent ainsi en eux— mêmes. C'est » dans le funeste délire d'un esprit égaré, qu'ils 5> méprisent \es préceptes du Seigneur, qu'ils né- » gligeni d'apporter le remède à leurs maux, qu'ils » refusent de faire pénitence. Avant de com- » mettre le crime , ils ont été imprudens : après » l'avoir commis , ils se montrent obstinés. Ils » n'ont point su se garantir de la chute : ils ne » veulent point ensuite demander grâce, et pren- » dre le maintien de supplians. Quand il a fallu s> se tenir fermes, ils sont honteusement tombés: » maintenant qu'ils devroienl se prosterner hura— » blement devant Dieu, le visage contre terre, » ils s'imaginent qu'il leur convient de demeurer » debout (i).
(i) Percussi sunt animi caecitate . ut n<=c intelligant delicta nec plangant. Indignantis Dei major ha?c plaga est, sicut Kriptum est: Dédit illis Deus fpiritum compunctionis : ocw
Maïs en même temps, ayez devant les yeux ce précepte du Sauveur: « Gardez-vous des faux pro- > pheies, qui viennent à vous couverts de peaux » de brebis, et qui au-dedans sont des loups ra- » vissans (i). En effet, selon la parole du maître 3> des Gentils , ces sortes de faux apôtres sont des :» ouvriers trompeurs qui se transforment en apô- » très de Jésus— Chrisi : et cela n'est pas surpre- » nant^ puisque Satan même se transforme en » ange de lumière ^ il n est donc pas étrange que :^ ses ministres se transforment en ministres de » la justice (2). » Et c'est ce que font (nous sommes contraints de le dire ^ l'intérêt du salut des âmes nous met dans la triste nécessité de dévoiler toute la turpitude des séducteurs qui cherchent à les perdre) c'est ce que font les coupables usurpateurs de nos Eglises^ et il est aisé de les en con—
los lit non videant^ et aures ut non audiant. Rom. XI , 8 et iterùm : Eo quod cJuiritatem veritatis non receperunt , ut salvl fièrent ^ ideo mittet illis Deus operatlonem erroris^ut credantmendacio^utjudicentur omnesqui non creduntveritati^sed consenserunt iniquitati. ^Tliess. II, 10,1 1. lojuslè sibi placenus , et transpuuclse meutis alieuatione demenles , Domini praecepta coiilemnunt ., niedelam vulnerîs negligant, agere pœnitenliam nolunt. Anle admissuni lacinus iniprovidi , post iacinas obslicali, nec pri{is stabiles, ntc posunodùm supplices ^ quaudo debueranl stare, jacuerunt: quandô jacere et prosternere se Deo debeut, stare se opinanUir. S. Cjpriau. de la psi s.
(1) Attendile à falsis prophetis qui veniunt ad vos in vestinientis ovium ^ iiitrinsecùs autcm sunt lupi rapaces. Mauli. VII, )5, 16.
(2) Ejvismodi apostoli sunt operarii snbdoli, transfigurantes se in aposlolos Chiisti. Et non miruni : ipse enitn Satânas transfigurât se in angeliun lucis. Non est ergô magnum^ si liiiiiistri ejus transfigurentur velut miniitri juslitiaï. 2 Cor. Xi, i3, i4, i5.
vaincre
C 33 ) vaincre , par le simple examen des principaux actes émanes de leur odieux conciliabule.
Ces évéc/iies et prêtres réunis ont publié une lettre sjnodique sur les mojens de rétablir la païao religieuse^ q\x"\\s ont adressée à leurs frères les pasteurs et fidèles de L'Eglise de France. XNous ne nous arrêterons point à relever ici le titre qu^ils prennent dans celte lettre , de concile national^ ni la preteniion qu^ils mettent en avant, de former TEglise gallicane (i). L'Eglise catho^ iique toute entière proteste contre cette entreprise, et condamne une si audacieuse imposture. Qui d'ailleurs seroit assez aveugle pour ne point discerner la véritable de l'Egli.e nationale, d'une secte nouvelle qui usurpe le nom de TEx^ lise ancienne dont elle déchire le sein ? Jamais les evêques Donaiistes et leurs adhërens furent-ils regardés comme l'Eglise nationale d'Afrique?
Mais nous ne pouvons nous empêcher de vors prémunir contre l'illusion qu'ils cherchent à vous iaire , en présentant le succès des mouvemens qu ils se sont donnés pour parvenir à s'assembler, comme l'effet admirable de la divine providence et prétendant faire reconnoitre dans leur réunion schismatique et sacrilège , Vœuvrc du Seigneur l opération merveilleuse de sa divine toute-puis-sance{2). Non, une réunion si contraire à toutes
(i) LeUre synodique du conciie natfonal de France, aux pasteurs et aux fidùles, sur les moyens de rétablir la paix i e~ Ifgicuse. Ture: les évêques et prêtres réunis en concile na- Uonal, a leurs frères les pasteurs et fidèles de TE-lise dl^rance, pa^. i. o u^
(2) Pouniez-vous ne pas reconnoître l'effet admirable d*- Ja divine providence dans cette réunion ?. .. Oui cVst ici J œuvre du Seigneur , l'opération niei veilleuse de sa divne loule-puissance, Ibid , pag. i ci 2,
les lois de la Religion , et qui ne peut avoir d'autre but que de prolonger la durée de ses malheurs et de rendre ses plaies plus profondes, n'est point reiiel admirable de la divine providence^ elle n'est point l'œuvre du Seigneur , 1 ope'ralion merveilleitse de sa divine toute— puissance. Elle est Touvrage de Tennemi toujours occupe' à semer l'ivraie dans le champ du père de famille (i). Et à la vue d'un aussi afïreux scandale, on ne peut s'empêcher de se rappeler avec effroi l'explication que Notre-Seigneur a donnée lui— même de la pa-^ rabole de l'ivraie semée dans le champ. « Le » champ est le monde ^ le bon grain , ce sont les » enfans du royaume ^ et l'ivraie ce sont les enfans » du malin esprit (2).
Si nous examinons ensuite les moyens de rétablir la paix religieuse, que proposent ces évoques et ces prêtres , nous voyons d abord qu'ils s'efforcent de persuader qu'il faut s'unir à eux, cora— muniquer avec eux en choses saintes^ ne faire aucune difficulté d'assister aux messes qu'ils célèbrent, ne contester la validité d'aucun des sacrement qu'ils administrent , ne point les regarder comme des usurpateurs et des intrus^ parce que ce ne sont que des opinions différentes qui divisent les esprits y et qu'il est nécessaire, selon la règle tracée par saint Augustin, qu'ily ait liberté dansles choses douteuses. Aussi se plaignent-ils de ce schisme désolant qui, depuis quelques années, porte le trouble dans tant de familles chrétiennes, du démon de la discorde qui entretient une division religieuse dont la princi—
(1) Venit inimicus ejus (patrisfnmilias), et superseminavit zizania iii medio uitici. Matth- XIÏL 25.
(2) Agir aiitem est mundus ; bonum verô semen ,hi sunt filii regai j zizania aulcin suiit filii nequaoï. Ibid., \. 38.
( 3f) ) pale cause sont les dissentions politiques , et fait élever de toutes parts autel contre autel ^ et invoquent-ils la maxime de saint Augustin , qu^il ne peut y avoir de justes raisons de rompre Vanité (i).
Ils invoquent celte maxime de saint Augustin: il ne peut j avoir de justes raisons de rompre Vanité! Ils ont donc voulu prononcer leur propre condamnation ^ car il est de toute évidence que ce sont eux qui ont rompu celte inviolable unité'.
(i) Tenons-nous-en à la grande règle de saint Augustin : quil y ait unité parfaite dans les choses nécessaires, liberté dans celles qui sont douteuses, charité dans toutes. Tel a toujours été.... lesprit de TEglise au milieu des contestations qui ont pu s'élever entre les fidèles, lorsque la foi n''é{oit pas attaquée.... Il a déjà existé des temps où les fidèles se trouvèrent partagés de sentimeos , les uns^'.itiacliant à un pasteur, les autres à un autre. Alors . comme .tujoard'htii , des hommes emportés par un zèle qui n'étoit pas selon la science . faisoient des distinctions entre \q% messes, attaquoient la validité des saciemens administrés par ceux qui n'étoient pas de leur parti. Alors, comme aujourd'hui, on faisoit rel^-ntir ces imputations terribles d'usurpateurs ^ d'intrus ^ de fauteurs d'u-^ surpation , de schismatiques. Lettre synod.. pag. 16.
Oui , il se perpétue parmi nous ce schisme désolant qui\ depuis quelques années, porte le trouble dans tant de famille.» chrétiennes, sépare Tépoux de son épouse, le frère de son frère , le père de ses enfans . et donne une nouvelle forte aux ennemis de la Religion de Jésus-Christ. Ibid., pag. i3.
Le démon de la discorde, cachant son venin mortel sous les dehors trompeurs d'un zèle en apparence religieux , souffle et entretieut la division parmi nous, faisant élever de toutes parts autels contre autels, et semant des haines et des contentions dans des cœurs que la charité seule devroit unir étroitement. Ibid., pag. 9.
Ce quîl y a de plus f^icheux , c'est que ces dîssentions politiques sont la principale cause des divisions religieuses qui déchirent le sein de noire Eglise. Ibid., pag. i3.
Non, // ne peut j- avoir ^ selon la maxime de saint Augustin , de justes raisons de rompre l'unité. Ibid., pag. i5.
(36) Le point de la rupture ^ suivant la belle expression da grand évêque de Mcaux, demeure^ et demeurera toujours sanglant. On peut , et on pourra toujours leur montrer le jour et le moment de leur criminelle scission: c est celui, où la plupart se sont laisses établir ëvêques d'Eglises, qui avoient déjà leurs ëvêques légitimes : c'est celui , où quelques - uns sont entrés dans des Eglises vacantes, il est vrai, mais n'y sont point entrés par la porte , n'eu ayant été établis évêques que par la puissance séculière , et n'étant montés à ces chures épiscopales , qu'en foulant aux pieds toutes les règles canoniques. « Comment, dit saint » Cyprieri , pent-on regarder comme pasteur , 5> celui qui ( pendant que le pasteur véritable s> continue de présider dans l'Eglise de Dieu ^ > pour laquelle il a été consacré , selon Tordre !& d'une succession légitime), ne succédant à per- » sonne, commençant par lui-même, devient dès » lors un étranger, un profane, lennemi de la » paix du Seigneur, et de l unité? On ne peut !^ regarder comme successeur, dit saint Grégoire » de Nazianze, ni celui qui s'est introduit à force » ouverte, ni celui qui a violé les lois: on ne » peut regarder comme tel , que celui qui a été » élu d'une manière conforme aux saints ca- » nons (i).
Ils se plaignent de ce que le démon de la
(i) Pastor habeii quomodô potest qui (manente verô pastore, et inEcclesia Dei ordinalione succidaneâ priEsidente ) nemini succedens et à se ipso incipiens, alienus fit et profanas, dominicae pacis et divinae unitatis ininaicus. S. Cjprian., cpist. LXXVI ad Magnum.
Nequeenimqui per viru irrupit successor habendiis est...., iiec qui leges violavit ; sed qui modo legibus consenlaneo electus est. S. Gregor. Naziaiiz. , orat. XXT.
(37) discorde fait élever de toutes parts autels contre autels. Ainsi, de leur aveu, élever autel contre autel, est une œuvre de ténèbres, c'est un crime: mais quel autre qu^eux a celte œuvre de ténèbres à se reprocher? Quel xiutre qu'eux est coupable de ce crinie? Aucun des ëvêques légitimes n'a élevé un autel nouveau: chacun d'eux avoit le sien , solidement établi dans la place où il devoit êire^ et sur lequel, pendant une longue suite de siècles , les évêques qui Tavoient précédé^ avoient sacrifié en \^^\x\Erat altare sua loco^in quopacijici eplscopiretro temporis ohtulerunt ( i ). Ce sont eux qui n'avoient point d'autels , et qui, pour stn procurer , ont eu besoin d en élever contre ceux qui existoient déjà.
Us se plaignent de ce schisme désolant qui^ depuis quelques années , porte le trouble dans tant de familles chrétiennes : ils veulent donc être eux-mêmes leurs propres accusateurs. Ea effet, à qui ce schisme doit-il sa naissance? IN'est^ ce pas à eux seuls? Par qui ce schisme est-il entretenu? N'est-ce point par eux seuls? Et pour les en convaincre, ne suffit-il pas de leur appliquer ce raisonnement décisif dont saint Optât se servoit coutre les Donaiistes ? Il faut examiner, > dit ce Père, qui est celui qui est demeuré » avec tout Tunivers attaché à la racine , quel ^ est celui qui est sorti dehors , quel est celui » qui s'est asiis sur une chaire qui n'exisloit pas » auparavant : quel est celui qui a élevé autel » contre auiel^ quel est celui qui a fait une or— » dinalioD , du vivant de l'évêque légitimement » ordonné Cœcilien avoit été élu du consen-»-
(i) Vid. infrà, not. i, pag. 38.
» tement de tout le peuple ^ Félix d'Aptunge lui s> avoit imposé Jes mains : il avoit été ordonné » évêque^ il y avoit une chaire épiscopale ^ il y » avoit un aut«l sur lequel des évêques avoient > long- temps offert en paix la victime sainte :
» Cyprien , Lucien et les autres 5 et au
^ moyen des intrigues de Lucille , Majorin , qui » éioit lecteur dans le clergé de Cœcilien, est or-
» donné évêque par des traditeurs Il est donc
s> évident que les évêques déjà coupables d'avoir » livré les saints Livres, qui ont ordonné Majorin , 2^ et Majorin qui a été ordonné , sont sortis de s> r Eglise (1).
Nous leur disons de même : lorsque par Tin— Agence d\ine force purement temporelle, vous avez été ordonnés évêques, les chaires épiscopales étoient remplies , les évêques légitimes vivoient et y pré— «idoient. 11 est donc évident que ceux qui vous ont ordonnés et vous qui avez été ordonnés , êtes sortis de FEglise. Mais si par le fait de cette ordination sacrilège , ils sont sortis de TEglise , ils entraînent avec eux hors de TEglise tous ceux qui leur adhèrent. <s Quiconque , écrivoit à ce » sujet saint Cyprien, à foccasion d'un schisme
(i) Tidendum fcst q'.is in ladice cum toto orbe manserit ^ quis foras exierit; qtis calhedram sedtrit aileram quœ anlè non fueiil^quis allare contta aitare erexerit • quis ordina— tionem lectTit. .-alvo altcro ordinato ... suffragio tou'us populi Cepciiianus eligitur -, et , mawus imponente Felice Artungi— tano , cpis opus ordiiiiilur ... cral calliedra episropalis ^ «raî aUaie suo loro iu qi.o pacifici epi-copi r» tio teniporis obuileru.nt: C.ypriaDiis ., Luianis, et cael(ri..^et Majorinus qui kctor in diaconio Cijeciiiani fuerat domesticus Luciilae . ipsa çufTraganlr , fpi> cpus ordiiirslus est à tiaditoiibus.... Mani— feslum est ei^b cxiî:e de E.cle.-ia, el oïdinatores qui Iradidcruni, (l Mijorinum qui ordiaatus est S. Opt. Milev., de schism. Djûatisi., couiru Pa^mcuiuu-j lib. 1.
( 39 ) » naissant dans son diocèse, se joiwdra à la faction ^ de Fëlicissime, doit savoir qu'il ne conimu— » niquera pas avec nous dans lEglise ; puisque » de lui-même, il aura mieux aimé être séparé » de l'Eglise (i). »
Et ils voudroient qu'on ne fît aucune diffi^ culte de communiquer avec eux en choses saintes, d'assister aux messes qu'ils osent célébcer ! Mais est-il donc permis d'enlourer un autel adultère, impie et sacrilège P ^i'est—il pas certain au contraire, que tous ceux qui prétendent amasser en présence d'un autre autel que du seul et unique autel légitime, au lieu d'amasser, dissipent (2)? Et peuton abolir la défense solennelle que TEglise a faite de prier avec ceux qui se sont rendus coupables de schisme (3j ?
Ils voudroient qu'on ne contestât la validité d'aucun des sacremens qu'ils administrent ! Mais est-il possible de ne pas avertir qu ils trompent les âmes et les perdent en exerçant le pouvoir de lier et de délier qu'ils n'ont pas reçu? Et puisqu'ils sont étrangers, comment rendroient-ils valides des actes qui , tant qu'il est possible de recourir au ministère du vrai Pasteur, ne peuvent avoir de ▼aliditéj qu'autant qu'ils se font en sa présence?
(1) Qaigquis se.... factioni ejus ( Felicîssimi ) adjunxerit , sciât se in Ecclesia nobiscum non communicaturum , qui sp<^>ntè maluit ah Ecclesia separari. S. Cyprian. , epist. XXXVIÏI, ad Caldon., de abstinendo Felicissimo.
(7.) AHud ahare constititui... praeler unum altare.... non potest. Quiîquis alibi coliegerit , spargit. éldulterum est, irapinmest, sacrile^um est quidquid humano furore in^li— tuitur, ut divina dispositio violelur. S. Cyprian., ep. XL, ad plehem.
(3) Quôd non oportet unà cnm haerelicis vel schismaticis •raie. Concil. Laodic, can. XXXIV.
Ils voudroient qu^on ne les regardât point comme des usurpaieuis et desiDlrus! Mais corn— meiit faiit-il donc qualifier leurs procédés ? Et les crimes d'usurpation et d'intrusion ont-ils jamais eu lieu dans TEglise, s'ils n'en sont point coupables?
Cependant ils ne craignent point d'avancer, que ce ne sont que des opinions différentes qui divisent les esprits^ et qu'il est nécessaire, selon la rèi^le tracée par saint Augustin , qu'il y ait liberté dans les choses douteuses (i). Ils mettent donc au rang des simples opinions et des choses douteuses, le dogme sacré de l'unité^ celui de la nécessité d'entrer par la porte dans la bergerie , pour être pasteur légitime, et le précepte divin qui condamne les sermens criminels. C'est donc à leur avis une chose douteuse j et dans laquelle il est nécessaire qu'il y ail liberté, s'il est défendu ou permis de se faire ordonner évêque d'une Eglise dont le siège est rempli par un évêque légitime! C'est une chose douteuse, et dans laquelle il est nécessaire qu'il y ait liberté, s'il est indispensable d'entrer par la porte dans la bergerie , ou s'il est égrd cYy monter par un autre endroit! C'est une chose douteuse, et dans laquelle il est nécessaire qu'il y ait liberté, si on est ministre légitime de l'Eglise, ou non, lorsqu'on n'a été appelé et établi pour remplir les ministères d'évêques,de j)rêtres ou des autres ordres , que par le peuple, la puissance séculière ou le magistrat ! C'est enfin une chose douteuse , et dans laquelle il est nécessaire qu'il y ait liberté, si on est exempt de tout reproche, ou si on profane'; le saint nom de Dieu, en prêtant un serment qui
(i) Vid. not. 1 , pag. 35.
est la source empoisonnée de tontes sortes d'erreurs!.Car il est incontestable que tels sont les principaux objets sur lesquels ils ont malheureusement fait naître la division. Mais quel est le catholique qui puisse soutenir Tidée de semblables doutes? Quel estie catholique qui puisse admettre la nécessité d'une pareille licence ?
Ils ont encore recours à un autre artifice : ils cherchent à mêler et à confondre les intérêts politiques avec les intérêts religieux , et prétendent que les dissentions politiques sont la principale cause des divisions religieuses qui déchirent leseia de TEglise (i): comme pour donner à entendre que ce n'est pas le zèle pur de la Religion qui nous fait détester leur schisme^ et qu'en cherchant aie détruire, nous avons bien moins en vue de défendre les droits imprescriptibles de cette PLcIigion çainle, qu'ils ont foulés aux pieds, que de com^ battre la nouvelle forme de gouvernement civil, pour laquelle ils se sont déclarés.
Ce nouvel artifice mérite à peine qu'on s'occupe de le dévoiler : il frappe d'abord les regards les moins attentifs : et qui ne voit du premier coup d'œil, que c'est en vain qu'on voudroit rapprocher , et , pour ainsi dire , identifier des objets si disparates? Qu'ont de commun en effet les divisions politiques avec l'unité de lEglise? Qu'ont de commun les révolutions politiques , avec l'ordre immuable de la hiérarchie spirituelle établie par Jésus-Christ? Qu'ont de commun les agitations politiques, avec les lois invariables de la succession des ministres légitimes de lEglise , de leur institution, de leur mission? rSon. quand même l'aC'
(i) Vid. not. 1 , pag. 35.
cord le plus parfait règneroit sur tous les objets politiques, ils n'en seroient pas moins coupables d'avoir troublé la paix de TEglise, d'avoir rompu son unité et violé ses règles les pins saintes : ils n'en seroient pas moins coupables de irêlre point entre's par la porte dans la bergerie, mais dV être montés par un autre endroit; il n'en seroient pas m-oins coupables d'avoir élevé autel contre autel ^ èe siéger dans des chaires où ils ne s'tccèdenl à personne, où ils commencent par eux-mêmes^ et de s èlre fîayé, par un serment criminel , la voie » l'iutrusion et à l'usurpation qu'ils ont consom-i mées.
Cependant, outre les moyens de rétablir la paix religieuse que nous venons de discuter, les auteurs de la lettre sjnodique en proposent encore un autre, savoir: TofFre qu'ils ont faite, l'engagement solennel qu^'ils ont pris de renoucer aux fonctions de répiscopat, si l'avantage de leurs frères Fexi— g^eoit (i). \Iais il faut voir à quoi ils ont eux-mêmes réduit cette offre , comment ils ont rempli cet engagenjent dans le décret de paciftcation^ autre pièce émanée de leur prétendu concile.
On retrouve dans cette pièce les mêmes offres, les mêm'^s engagemens , que dans la précédente.- Les auteurs y annoncent encore qu'ils sont dis — posés à faire, pour le bien de la conciliation , le
(^i) Nous déposons anjoarriniui entre vos mains rengagement sok'unel que la cbjritc nous a inspiré.... Tous tes sacrifices que peuvent pertueUre la charité et la vérité, nous iesfeton-> a. b coocorde et à la paix. Nous savons, comnne le disorent les éséqies ti Af.ique, que nous sommes evêques pour vous. l'J non pour nous^ et que nous dei^ons cesser de l'éîre ^ si voLm . aviViita^e l'exige..., Cest pour nous un de\ oir , et ïious sommes prêts à le remplir. LeUre sjQod.,pag. i3 et
sacrifice des fonctions de Tépiscopat. Ce n^estjxis yb/6/e^5e , disent-ils , ni pusillanimité^ c'est héroïsme que de s'oublier soi-même^ au point de faire de grands sacrifices pour le bien de la conedliation. Et après avoir rapporté ces belles paroles des ëvêques catholiques d'Afrique , dans les célèbres conférences de Carlhage : La dignité de lépiscopat nous sera bien plus ai'antageuse , si en la quittarit ^ nous réunissons le troupeau de Jésus- Christ^ que si nous le dissipions en la conservant ^ ils ajoutent: ainsi pensoient , ainsi parloient ces illustres éi'êques par Vorgane de saint Augustin : animés des mévies sentimens ^ nous sommes disposés auoc mêmes sacrifices (i). Mais à quoi ont-ils fait aboutir ces avances? Quel résultat ont-ils donné eux-mêmes à toutes ces démonstralions?
L'article IX du dispositif de leur décret de pacification porte que, s'il ny a qu'un seul évêque pour un même diocèse , ou un seul curé pour une même paroisse . il sera reconnu de tous (2). Et déjà par celte disposition , les auteurs du décret veulent assurer la possession des Eglises dont les titulaires légitimes sont décèdes, et n'ont pas encore été canoniquement remplacés, à ceux qui les ont envahies 5 sans que ces derniers aient rien fait , ni pour réparer le vice de leur prétendue élection , ni pour expier le scandale de leur intrusion, ni pour assurer la légitimité et la validité de leur ministère, et fempêcher d'être nuisible à ceux qui y auroient recours. Cependant ils ne se
(1) Décret de pacification ,pag. ] 9.-.. 21.
(2) S'il nV a qu'un seul évêque pour uq même diocèse, ou un seul curé pour une même paroisse , il sera reconnu de tous. Décret de pacificaiion , art. lX,pag. S3.
sont pas arrêtas là. Ces étranges médiateurs de la paix ont encore su imaginer un mojen de conserver aux usurpateurs la possession des Eglises même, dont les titulaires légitimes sont encore vivans. Suivant Tarticle X du même dispositif, si une Eglise a deux évêques, Tun désigné et consacré avant 1791 , Fautre élu et consacré depuis celte époque, le plus ancien sera reconnu, à la charge queTautre lui succédera de pleir. droit (1). Et à la lecture de cet article, qui ne croiroit d'abord que le plus grand nombre de ceux qui , depuis 1791, et en exécution de la constitution civile du clergé , se sont dits évêques, va renoncer aux fonctions épiscopales, du moins pendant la vie des évêques légitimes^ puisqu'il est certain que tous les évêques légitimes vivans ont été pourvus avant 1791? Il s'en faut bien néanmoins qu'il en soit ainsi.
En effet dans l'article second du préambule du décret , où les auteurs examinent cette qu( stion : à qui doit- on proposer la réunion {^2)F ils déclarent qu'ils ne peuvent traiter avec les anciens pasteurs qui sont émigrés , ou condamnés à la déportation , ou ne sont pas soumis aux lois de la république, ou ne veulent point donner à la république, la garantie de leur soumission et de leur fidélité exigée par la loi: en un mot, que la conciliation ne peut se négocier qu^avec les anciens pasteurs qui, résidant en France, sont comme eux
(1) Si une Eglise a deux évêques, Tun désigné et consacré -avant 1791 , Pautre é!u et consacré depuis cette époque, le plus ancien sera reconnu, Tautre lui succédera de plein dioit. Art. X.,ibid.
(2) Déciet de pacification, pag, 8.
soumis aux lois de la république (i). Ainsi, dans Tespril^et aux termes même du décret, pour qu'une Eglise soit censée avoir deux évêques, il faut, qu outre celui qui Ta envahie depuis 1791, il y en ait un autre qui ne soit ni émigré, ni condamné à la déportation^ mais qui, résidant en France, ait donné à la république toutes les garanties de sa soumission et de sa fidélité exigées par les lois. Et comme les auteurs du décret ont aussi rendu la disposition de fariicle X commune aux curés, qni ne voit que ceux-là n ont eu d'autre but que d'assurer à eux-mêmes et à leurs adhérens , la possession des Eglises qu'ils ont envahies, même
(i) Mais avec qui concerlerons-nous ce plan de conciliation V Il seroit bien doux de pouvoir traiter avec tous les anciens pasteurs de TEglisc gallicane.... mais les lois de PEglisc et de l'état, Tintcrèt de la Religion et de la patrie mettent impérieusement des bornes à notre ^èle... Parmi les anciens pasteurs tant du premier que du second ordre ^ il en est qui sont hors de la république, et inscrits sur la liste des émigrés or il est évideut que les lois ecclésiastiques ellesmêmes nous empêchent de traiter avec ces sortes de personnes Nous ne devons donc traiter qu''avec ceux des
anciens pasteurs qui résident ou pourront résider en France. Mais ceux-ci se divisent encore en deux classes, les soumis et les insoumis. 11 résulte des principes que nous venons d'établir . que ces deroiers ne peuvent être compris dans notre accommodement, tantqu'ils persisteront dans le refus form.el de se soumettre aux lois de la république- Ce refus persévérant de leur part compromet la Religion. Il accrédite cette imputation calomnieuse et impie , que l'Evangile, ce code sublime de paix et de charité, est incompatible avec un gouvernement libre.... Plus cette imputation est injuste, plus il nous importe et à notre sainte Religion de ne point y donner lieu, en traitant avec des ministres qui ne veulent point donner à la république la garantie de leur soumission et de leur fi'iélité exigée par la loi.... Il suit de là que la conciliation ne peut se négocier qu'avec les anciens pasteurs qui, résidant en France, sont comme nous soumis aux lois de la république. Décret «de pacification, pag. 8.... 10. 11,
dans le cas où les titulaires le'gitimes de ces Eglises seroienl encore vivansf Qu'ils disent, en effet, s'ils croient pouvoir se justifier de ce reproche^ qu'ils disent combien ils comptent d'evêques plus anciens , de curés plus anciens , qui réunissent toutes les conditions astucieusement accumulées dans le décret, pour qu'ils pussent, à raison de Fancienneté de leur sacre, ou de leur institution, posséder pai.siblement les Eglises dont ils ont été canoniquemenl pourvus.
Voici donc en quoi consiste réellement leur dernier moyen de pacificaiion : ils s'établissent juges , quoiqu'ils soient coupables , et décident , tant pour eux que pour leurs adhérens , que les uns et les autres seront maintenus dans toutes leurs nsurpations. C'est à cette décision que se réduit loiïre qu'ils ont faite d'abandonner les fonctions de l'épiscopat : c'est par cette décision , qu'ils rem— plissent l'engagement qu'ils en ont pris. Tel est le résultat qu'ils ont donné à toutes ces démonstrations 5 le terme auquel ils ont fait aboutir toutes ces avances : tel est Tliéroique oubli d'eux-mêmes, qu'ils savent pratiquer. Pendant qu'ils afticlient la disposition de faire à la concorde et à la paix tous les sacrifices possibles, ils ne s'occupent qu'à inventer des prétextes pour se dispenser d'en faire réellement aucun. En même temps qu'ils prennent l'engagement solennel de renoncer aux fonctions de Fépiscopaf, si l'avantage de la Religion l'exige, ils ne rouoissetit pas de combiner un prétendu système de législation ^ par lequel ils se mettent de leur plein «ré dans l'impossibilité d'effectuer ce renoncement. Et c'est d'un pareil plan de pacification qu'ils ne craignent pas d'avancer que la justice et la mérité y sont religieusement respectées j que la charité y exerce tous ses droits j que ses dis-^
( 47 ) positions sont tellement marquées an coin de la sagesse et de la modération ^ quelles sont capables de concilier tous les intérêts , et de satisfaire toutes les personnes droites qui aimtru sin^ cèrement la Religion et la patrie (i).
Il est facile, d'après ce qui vient d'être dit, d'apprécier ces assenions, et de juger avec quelle sincérité et quelle droiture les évèques et prêtres réunis afficheHt Tamour de la paix religieuse , et le dësir d'en procurer le rétablissement. Voyons maintenant s'ils sont mieiix fondés et plus croja— Lies, lorsqu'ils font féloge de leur foi, et qu'à l'exemple de tous les anciens schismatiques , ils prolestent si hautement de sa parfaite pureté.
Cette protestation se rencontre dans presque tous leurs écrits. Dès Toriginedu schisme, dix-huit d'entre eux, dans une lettre qu'ils ont fait paroître, comme l'ayant adressée au souverain pontife , écrivoient : Quant à notre foi , elle est si pure que nous <idoptons Veocposition de la foi catholique de Bossuet (p.). On lit pareillement dans la lettre synodique des prêtres et évêques réunis : que penser de toute rupture envers ceuoc qui,,.., loin d'être dans l'erreur , croient et professent hautement toutes les vérités de la Religion catholique , apostolique et romaine? (3) Et ils vont encore plus loin dans leur décret de pacification : pour applanir de plus en plus , disent-ils , les difficultés ^ud pourroient retarder la réunion , nous ne refusons pas de nous expliquer sur les principales incul^ pations.^ dt^nt quelques personnes n'ont pas craint
(i) Déi:ret de pacifîralion . pag. 7.
{?,) LeUre des di\«^huit évêques des déparlemens sîgnalaires de r accord , etc.
(3) LeUre sjiiod.,-pag.: i5.
(48) de nous charger,,.. Si le grand apôtre na pas regarde comme indigne de lui de se justifier auprès des CoriiUhiens séduits par de faux apôtres ^ à plus forte raison est-il digne de nous de dissiper tous les nuages que l'on a cherché à. répandre sur la pureté de notre foi. Sans doute il devroit suffire pour notre pleine justification,, de déclarer so^ lennellement que nous prof essons tous les dogmes reçus par V Eglise unii^erselle ^ et que nous con-^ damnons avec elle toutes les erreurs qu'elle a proscrites. Mais la charité qui nous anime ne nous permet pas de nous renfermer dans ces justes bornes. Quatre sortes d^ accusations ont étédiri-^ gées contre nous (i). Et ils tâchenl ensuite de se lavtîr de ces différentes acciisalions.
Ce n'est pas sans dessein quMls en agissent ainsi : celle protestation, si souvent réitérée de la pureté de leur foi , est un nouveau piège qu'ils tendent à Timprudenlè crédulité : leur but est de s'attirer parlà des sectateurs, et de grossir leur parti, en s'efforçant de persuader à la multitude que rien ne peut empêcher de s'unir à eux, puisque leur doctrine est irrépréhensible. Mais que ce piège est facile à briser, quand on marche d'un pas ferme dans la voie droite !
Ils protestent de la pureté de leur foi; ils déclarent solennellement qu'ils professent tous les dogmes reçus par TEglise universelle ] et qu'ils condamnent avec elle toutes les erreurs qu'elle a proscrites. D'abord, c'est évidemment chercher à donner le change. Il ne s'agit pas de savoir s'ils professent la vérité, mais s'ils conservent l'unité.
« Yous désirez , écrivoit dans une occasion sem- 5> blable le grand évêque de Carthage, que je vous » marque de quelle hérésie Novatien est l'auteur.
(i) Décret de pacifie.) pag. 16, i7«
Mais
(49) s> Maîi= apprenez avant tout que nous ne devons » pas être curieux de savoir ce qu'il enseigne, dès y> qu'il enseigne dehors.... à moins que celui—là ne » vous semble e'vêque, qui, après qu'un évêque » a été établi dans TEglise par seize collègues dans » répiscopat, a tâché, à force d'intrigues, de se » faire créer par des déserteurs évêque adultère et » étranger. L'Eglise , qui est une , a été distribuée » par Jésus-Christ en plusieurs membres ^ de même » l'épiscopat. qui est un, a été répandu par la mul— » titude étroitement unie d'un grand nombre d'é— » vêques. Et lui, malgré la tradition divine, au :> mépris de l'unité de l'Eglise qui subsiste par-tout, » et demeure indivisible, par le lien indissoluble » qui unit toutes ses parties , s'efforce de faire une » Eglise humaine : il envoie dans plusieurs villes ses » nouveaux apôtres, pour jeter je ne sais quels nous> veaux fondemensd'unétablissementqu'ilaimaginé. » Depuis long-temps on a ordonné dans toutes les s> provinces des évêques d'un âge avancé , irré- » prochables dans la foi , éprouvés par les tribu- » lations , proscrits dans la persécution : et lui , il » ose créer à leur place d'autres faux évêques (i).
(i) Quod verô ad Novatiani personam pertinet , frater carissime , de quo desiderasti tibi scribi quani liaeresim introduxisset; scias nos primo in loco nec curio.-os esse debere quid
ille doceat , cùm f<jns doceat nisi si episcopus tibi videiur
qui. episcopo in Ecclesià à sedecira coepiscopis facto, adiiber atque extratjeus episeopus fieri à .iesertoribiii per anibilum uititur ^ et cùm sit à Chrislo una Ecclesià per totuni muaduin in multa menibra divisa, item episcopatiis unus episcoporinn multorum concordi numcrositate difFusus ; ille post Dei tradi— tioneni , post connexam et ubique conjunctani calholicœ Ecclesise unitatem, humanam conetur Ecciesiara facere , et per plurimas civiiates, novos aposlolo5 suos miitat ,ut quaedara recentia institutionis sua? l'undamenta conî^iituat -, cùmque jarri pridem per omnes provincias , et p^r urbes singulas ordinal!? siiit «piseopi in actate aniiqui , in flde inlegri , in pressura
(5o) Saint Augustin disoii dans le nième sens aux Donalisles : «vousêies avec nous dans ie baptême, » dans le sjmbole, dans les aiiires sacremens du » Seigneur^ mais, dans i'espiit d^mité , dans le » lien de la paix , enfin dans l'Eglise catholique » elle-même, vous nêtes pas avec nous (i). »
Saint Jean Chrvsoslôme ne s'explique pas autrement sur cette madère. « Rien , dit ce saint doc- » teur, n'nriie Dieu, comme de mettre la division » dans rEglise.Eussions-nousîait des bienb immenses, » nous ne serons pas moins sevèi'emcnl punis que » ceux qui ont osé porter des mains sacrilèges sur » le corps de Jésus-Christ, si nous déchirons celui » de TEglise, si nous Tempêchons de conserver
» sa pleine et entière unité Ses ennemis ne lui
» portent pas des coups si funestes^ leurs perse- » culions ai.'gmenieni la gloire de TEglise : le schisme » la déshonoieauxyeux des étrangers. Les étrangers, » la voyant attaquée par ses propres enfans, voyant que ceux qui sont nés et nourris dans son sein, instruits avec soin de ses mystères , changent tout- à-coup, et se tournent contre elle, en tirent un grand préjugé contre la vérité de sa doctrine. » Ceci s'adresse aux hommes imprudens, qui se » livrent eux-mêmes sans aucune précaution aux » Schismatiques. Si ceux-ci prol'essoienl des erreurs » contraires aux dogmes , il ne faudroit pas sans doute s'unir à eux ^ mais s'ils professent la même
probati, in perseciuione pioscripti, ille super eos creare aliosr pseufio-episcoposaudeat. S. Cjt>iian., epist. LU ad Antoniau. ie INovatiai).
(i) ISobisciim auiem esiis in baplismo., in symbolo , in Civtcris doniinicis Sacramentis : in spiiitu aulem unita(is., et vinculo pacis ^ in ipsà denique cathoiicâ Ecclesiâ nobiacutn non estiv ^>. Aug. , ep. XLYiil, ad Yinceut. coulra DonaUst. de Coiiig. liccret. ^
» (îoclrine que celle de l'Eglise , il faut encore les
> fuir avec plus de soin : pourquoi f Parce que le
» mal de Tambilion les tourmente Mais, diies-^
» vous , leur foi est la même : ils sont aussi ortho-
i> doxes ; pour quelle raison ne seroient-ils pas
* avec nous ? Pensez-vous donc qu'il suffise qu'ils
» soient orthodoxes , pendant qne les règles qui
1» concernent les élections eccle'siastiques n'en sont
» pas moins détruites et anéanties? Il est néces-
» saire de combattre pour conserver ces règles ,
» comme pour la foi elle-même En vous disant^
y> en vous attestant ceci, je ne me cherche point
y> moi-même; je ne cherche que votre salut
» Nous vous tenons ce langage , nous vous adres-
» sons ces paroles, afin qu'au grand jourdu Seigneur,
» vous n'ayiez pas sujet de dire : personne ne
» nous a parlé de cet objet ^ personne ne nous a
» fait connoître la loi à cet égard • nous avons été
» dans Tignorawce, nous n'avons pas cru que Tadhé-
'» sion aux Schismatiques fdt criminelle. C'est pour
» cela que je vous dis et vous assure, que de divi-
» ser TEglise par le schisme , n'est pas un péché
» moins grief, que de tomber dans l'hérésie (i).
(i) Nihil ita Deum irritât, sicut Ecclesiae divisio. Et si innunjera bona operaii fuerimus, noa minores tamen p(enas dabimus quàm qui corpus ipsius prosciderunt , si plenitu-
dineni et inttgritatem ecclesiasticam discerpseiitnus Non
esi autem hoc daninum eo minus quod ab bo>tibus est ; std mulio elianï niajns. Illud enini Ecclesfam iilustrioiern qnoque facit^ istud verô etiam apud iiiimicos et exteros dedécore alfîcil, quando et à propriis filiis impugnaiur. Videtur enim ipsis maguuni esse seductionis iudiciiim. quod quid in illâ nati sunt et alili, arcanacjne illius diiigeuler edocti , subilô mulati, Iiostiiiter in illani afiiciuntar. Isla contra eos mihi potissimùm dicuntur, qui se ipsos sine oraui discrimine scindrnlibus Ecclesiara commiltuai. Nam illis , si quidem Contraria dogmata habuerint , commisceri non convtuit ; si Vero idem cum Ecclesiu senliuût, muito Diagi? fugiendi suut?
Ainsi, quand la doctrine de ces nouveaux Schismaiiqtiesseroil exempte de tout reproche, ilsseroient toujours coupables , et ils seroit toujours nécessaire de se séparer d'eux , pour ne point devenir leurs complices.
Mais est-il donc vrai que leur doctrine soit réellement à Tabri de tout reproche^ et dans Tapologie qu'ils en font, ont-ils réussi à montrer qu'ils se sont, suivant l'expression du grand apôtre, conservés purs dans la foi (i)?
Si leur foi est si pure , comment ne rétractent-ils pas le serment quMis ont prêté de maintenir une constiiution qui, dans plusieurs de ses décrets, est ïiéréiique et sacrilège (2)? Comment, au lieu de rétracter un serment si criminel , persistent-ils à faire Téloge de celte fatale constitution, et ne craignent'ils pas de déclarer que c'est Vamour de la paix qui les détermine , par condescendance , à consentir à ce qii'eUe ne soit plus regardée comme règle (3) ?
Quam ob rem'î^ Qnoniam videlicct anibitionis morbo labo—
xanl Eadem , inquis , fîdes est : orthodoxi sunt et ipsi.
Quâ ergo ratione nobiscum non sunti^ An satis putas , quafîso te , quod dkis et ipsos orthodoxes esse r* Cùm tamen interea qu3e communem et ecclesiasticam electionera concernunt
inlereant et perdaiiîur Non enim pio servanda illa secù*
quàm pro fîde ipsa pugnari débet.... Ego ista dico et tes—
tificor, non meipsum , sed vestiam quccrens salutem
piopterea et nos isla loquimur , ista dicimus , ne vobis m alla die dicere lioeat : nemo nobis de hac re locutus est ^ nerno quidpiam praecepit^ ignoravimus ., neque peccatum esse putavimus. Propterea dico et obtestor Ecclesiam scindere non esse minus peccatum , quàm in ha^resim incidere. S. joan. Chrysost. homil. XII. in ep. ad Ephes., cap. IV.
(1) Sint sani in fide. Tit. II. 2.
(2) Vid. not. i.pag. 8.
(3) La constitution civile du clergé ., qui malheureusement a été pour plusieurs une pierre d^achoppement, quoique dans un grand nombre de ses diôpositious , elle fasse revivre
Gomment, affichanl robsûnalion la plus invincible et rim pénitence la plus décidée, annoncent-ils hautement qu'il ne faut pas qi\e l'on prêt aide les assujétir à des rétractât ions : qu'ils seroieni dans le cas d'en eœlger euoc-rïiémes (i). Et de qui donc P Du chef de TEglise, sans doute, uni à lépiscopal légitime T quoi! ils prolestent de. leur attachement imiolable à r Eglise cathoiujue^ apostolique et romaine (2)5 et il sosent donner à entendre qu'ils seroient dans le cas d'exiger que cette Eglise sainte rétractât son enseignement, pour adopter leurs erreurs!
Si leur foi est si pure , qu'ils nous apprennent donc le moyen de la concilier avec leurs écrits et leur conduite.
Ils reconnoissent, disent-ils, que le pape est de droit divin le chef n:isihle de V Eglise catholique^ et quHl a^ en cette qualité , la primauté d honneur et de juris diction (3). Et ils ont juré de maintenir une constitution qui le dépouille entièrement de cette primauté de jurisdiction ^ et ils persistent dans ce serment; et eux-mêmes ils affectent d'appeler le souverain pontife chef ministériel (4) de TEglise ,
Tesprit des saints canons, la constitution civile du clergé n'est plus pratiquable dans beaucoup de ses articles; il aVst donc pas possible de continuer à sV conformer. L'amour de la paix nous détermine, par condescendance pour nos frères , à consentir à ce qu'elle ne soit plus regardée comme régie. Décret de pacification. Pag. i5.
(1) Que Ton ne prétende pas nous assujétir à des rétractations. Eh! ne seriotjs-nous pas dans le cas d'en exiger nous-mêmes r' Vainement on nous demanderoit aucun désaveu plus ou moins formel de notre conduite^ nous sommes assurés de n'av^oir fait que notre devoir. Décret de pacification. Pag. 12.
(2) Décret de pacification , pag. 17.
(3) Décret de p^^cification , art. I. pag. 82.
(4) 3^^ous rccou!joi-5oas i[ue le pape en est ( de l'Eglise catholique - apisioliqîie et romaine ) le chef visihi*- vt mi^ nislérisl. Décret d;; paciflcutiun. Pag. 18. D ')
et d'employer dans l'apologie même de leur foi , celle expression Icgiiimement suspecte, puisqu'elle rappelle Terreur justement condamnée de ceux qui ont prétendu que le pouvoir des clefs avoit été donné à la communauté des fidèles, pour que celleci le communiquât aux pasteurs (i).
(j) Opus M. Anionii de Dominis ( de repuhlica eccle^ siastica ) qiio ausus est comminisci esse EccK^siani reipu— Llicae instar, et niliil alind esse ponliticem, nisi veluti quoddam ipsius caput ^ mlnlstriim. ac ducern ^ damnauim esse confiât
anno i6i8 ab aniver-itatc Sorbonse Liber aiitem Riche—
rianus ( Edniundi Richerii de potestate ecclesiastica et politica ) fuil anno 1612 à contilio Senonensi . et Aquensi pro ha?relico habitus. SS. DD. NN. Pii papaej Vi responsia super nunciaturis apostolicis. Sect. II.
Censnit sacra ikcultas ( Parisiensis ) opus de repuhlica ecclesiastica , auclore M. A. de Dominis , tanquain legi divinae, antiquis Ecclesiae canonibns , veterum Patrum doctrinae , traditloni et praxi Ecclesiae catliolicee onininô contrariiim, haerelicum , impudentissimis calumniis^ erroribus, atqne innvimeris mendaciis referlissimiim , lotius ordinis liicrarchici subversivuni , damnandum et execrandum , et populo christiano penitùs interdicendum , prout de facto damoat et execralur. Collect. Judic. Tom. II. P. 106.
Nos Jacobus niiseratione divina sanctae Agnelis in agone sanctae romance Ecclesiae presbjter cardinalis Perronius nuncupatus , archiepiscopus Senonensis , Galliarum et Germanise primas : Hem icus Parisiensis , Franciscus Autissiodorcnsis , Joannes Meldensis , Gabriel Aureb'anensis ^ Reuatus Trecensis , Eustacbius INivernensis , et Philippus Carnulensis episcopi provinciaiiter congregati : univeisis prœseutes lilteras inspecturis sakitem in Domino. Ci7m nobis ex dignitalis et provincioe nostrœ munere , non magis incumbat fidèles nobis subditos Christi verilalera docere , quàm sedulo animadvertere et observare, ne novce , erroneae et perversaî sententiae in eorum aniraos irrepant, et in Ecclesiae perniciem impuuè grassenliir, libellum cui absque nomine aucioris et typo^raphi tiiulus est : de ecclesiastica et politica potestate , dili— genter lectum et expensum , censura et damnatione dignum judicavimus et declaravimus. et re ipsa noiamus et damnanms, ob multas quas continet propositiones , expositiones et aile— gaiiones falsas , erroneas , scandalosas , schismaticas , et ., ut fcftaant , licereticas.... Actum Parisiis in noslra congregatiouç
(55 ) Ils reconnoisswl que VEglise a reçu ds Jésus- Christ le pouvoir de se gouverner elle-même (\). Mais pourquoi rendent-ils un compte ^i insuKisant de leur foi sur cet article f Pourquoi n^ajoutent-ik point ( ce qu'il éloil si indispensable de fau e , surtout d'après les dernières entreprises de la (lorce civile ) que ce pouvoir de se gouverner ellenième, que TEglise a reçu de Jesus-Chrisl est indépendant de la puissance temporelle f Quel est néanmoins le catholique qui puisse ignorer que ce Dieu Sauveur, en établissant son Eglise , a aonne pour la gouverner à ses apôtres et à leurs successeurs , un pouvoir qui n est assujéti à aucune autre puis-
provinciali anno Domini 1612, die gà mensis martii. Conc. Stnc. Paris, habit, an. 1612. Vid. Collecl. Coacil. Toîn.X}LL EcJit. Vcnet. au. 1733. ,^
Nos Paillas Dei et sanctae sedi^ apostolicœ grMia Aquens'S arcbiepiscopus, CarolusRriensis Bartlioloina?us ForojuliensJS, et Tussanus Sistaiiceusis episcopi provinciaiiler congregati , imiversis prsescntes liueias inspectais soUitem 111 Doniiao. Yi.o elexaminato diligcnier libello, cui litulus est : de ecclesiastica et polltica polestate, Pari.iis excaso anno ibii , absque nomiue auctoris tt lypographi , m quo multas de^ prehendimus propositiones , expositioncs , allegaUones et doctiinas falsas, scandalosas , schismalicas , hœiet.cas , et impietatem, f>ravemque eirorem sapieales : declaravianis et dfclaramus pra^ iictuni lihrum dignum œndemnauone et censura, et ul laiem iiotavinius et condemnavimus, notamus et condemnanius.... Datum Aqais in nosu^ congregatione provinciali , die Jovis 24 raensis maii anno lôi 2. Concil. Aqaense,
an. 1612. Ibid. . , i- j tt
Croyez, ô peuples, que le pouvoir de lier et de dc.ier est en vous, que vos p.st.nrs iront de pouvoirs que comme vos représentaus , qr.e Tauiorité de leurs synodes vient de vous, q.rils ne sont que vo.doléguos; croyez, ài^-,e, toutes ces choses , encore que vous n'en trouviez pas un seul mot dans TEcriture.... Voilà comme on prêche la réforme^ c'est ainsi qu'on mel en proie le christ. anistue, et qu'on prépare^ la voie à TAnlechiist. Boisuet , histoire des variât., l. XV. ^o. 121. (1) Nous croyons et coseigaous que l'Eglise a reçu de
sance , comme tous les saints Pères l'ont unanimemenl reconnu (i)?
Ils avertissent que V autorité de l'Eglise est purement spirituelle (a)^ mais ils n'ajoutent point que celte autorité, pour être purement spirituelle, n'est pas^ comme des hérétiques l'ont prétendu (3) , purement intérieure. Ils n'ajoutent point que Jésus- Christ a réellement donné à son Eglise une jurisdiclion extérieure, sans laquelle il luiseroit impossible de se bien gouverner. Et dès lors Texposé qu'ils font de leur doctrine sur cet arlicle n'est-il pas manifestement équivoque? Et ne sont-ils pas légitimement suspects de méconnoître ce qu'ils n'y expriment point, lorsque d'ailleurs on les voit encore louss'obsliuer dans leur attachement à une prétendue constitution, dont la base est l'usurpation faite par des laïques de la jurisdiction de l'Église (4); lors-
Jésus-Christ le pouvoir de se gouverner elle-même, pouvoir essenliel et inhérent à toute société : mais que son autorité est purement spirituelle : son objet et sa fin sont le salut des âmes. Décret de pacifie. ^ pag. i8.
(i) Nemini porrô qui catholicus sit ignotum esse potest , Jesum Christum in suae Ecclesiae institufione dédisse apos— tolis corumque successoribus potestatem nulli ahi potestati obnosiam , quam sanctissimi Patres universi voce concordi agnoverunt. Littcr. apost. lo mart. 1791.
(2) Vid. not. 1. pag. 55.
(3) Is ( Marsilius Patavinus ) hostiliter Eccle>iam insec— tatus est . et terreuis principibus impie applaudetis omnein
praelatis adimit exteriorem jurisdictionem Verîim ex sacris
Litteris ceercitus est deliranlis hujus hœrelici immanis furor. Conc. Senon., ann. 1327.
(4) Illud profecto quod basis est et fundamentum decreti nationalis de quo agitur, expers esse ab h,nprcsis nota videri îion potest. Sic enim se explicavit conciliuni ( Senonense inchoatum anno 1627 }... «Sunexit Marsiiius Patavinus cujus a pcstilens liber.... defensorium pucis..., in christiani populi 5> petniciem, procurantibus lutheranis , nuper cxcusus est. ^ Is hostiliter Ecclesiam inscctatus , et terrenis principibus > impie applaudeus omiiem praelatis adimit exteriorem juri^-
qu'on a vu dfijà plusieurs d'etitr'eux, dans un écrit où ils ont enliepiis de justifier cette préteiulue couslitutioD, après avoir distingué deux sortes de discipline , Tune intérieure, Tputre extérieure, ne placer que la première dans le ressort de l'autorité spirituelle, et attribuer à la puissance civile le droit de régler
la seconde (i).
Ils condamnent, rti'^c/'-£'^//5e, disent-ils, terreur d'yiérius et des Presbytériens^ comme e\'erslve de la hiérarchie , comme teixdante à anéantir Vépiscopat. Ils croient que l'épiscopat est essentiel au gouvernement de V Eglise^ et ejne les éi'éques sont de droit divin supérieurs aux prêtres même en jurisdiction (2). Sll en est ainsi , pourquoi donc ne se déterminent-ils que par amour de la paix , que psiT condescendance^ à consentir a ce qu'on ne regarde plus comme règle (3) une constitution, dont plusieurs des décrets tendent à renverser et anéantir l'épiscopat (/\) î Une constitution, qui dépouille réellement chaque évèque de son autorité, pour la meure entre les mains d'une assemblée de
jy flictionem , eâ duntaxat excepta quam saccularis largilus
:£■ fuerit TTiagistratus Yerùm ex sacris LiUeris coiicitus est
5> delirantis liujus hcereu'ci immauis furor , quibus palam » ostenditur non ex principuni arbitrio dependere^ ecclesias- M ticam potestalern, sed ex jure divino , quo Ecclesice con-
^ ceditur Icges ad salaletn condeFC fiddiura » El tamea
contra tam cerlam m Ecclesia scntenliam , conyentus iste nalionalis potestalera sibi Ecclesiae arrogavit , dùm lot ac tanta consu'lueret quœ cùni dogmali , tùra ecclesiasticae disciplinée adversantur. Liuer. apost. 10 mart. 1791.
(1) Accord des vrais principes de l'Eglise, de la morale et de la raison , sur la consUtution du clergé de France , par les évèques de? départemens membres de rassemblée nationale eonstiluanie. Paris 1791.
(2) Décret de pacifiiation , pag, 18.
(3) Vid. nol. 3. p«;^. 52.
(4) Yid. not. 1. pag. 10.
prêrres 5 puîsqu'aux fermes de cette constitution ^ révêque ne peut éloigner du conseil habituel el permanent qu'elle lui donne, aucun des membres qui le composent, qu'à la pluralité des voix de ses vicaires prêtres déliÎ3érans , ni faire aucun acte de î»irisdiction en ce qui concerne le gouvernement du diocèse, ni rien statuer ( si ce nest en cours de visite et d'une manière purement provisoire ) seul, et sans en avoir délibéré avec son conseil de vicaires prêtres (i).
Quelle e^t encore leur doctrine sur la mission canoniques F Ils prétendent que c'est au métropo— lîtain qu'il appartient maintenant de donner à Févêque cettemission; que, Févêque recevant immédiatement de Jésus-Christ tous ses pouvoirs el sa mission divine , ce n'est que le maintien du bon ordre et de Tharmonie enire tous les ouvriers évangéliques, qui exige que chaque évêque soit autorisé par le métropolitain , pour qu'il puisse exercer légitimement les fonctions de sa charge ; qu'enfin ccUe autorisation n'est requise que hors le cas de nécessité (2). El ils apphquent ces deux derniers articles à la mission des curés.
(i) Nonne in hune modum.... Sf»cne liicrarchiae ordo in— vcrtiuir proruis ac pertuchitar f* JErjuantar nom!)è eprscopis presbyteri.Cfuod prijnirr» .-j-seruit Aerius pi>sbyler, Wicleplms porrà et Marsilius de Padnâ, quos deinùm consecnt^is est CaîviniTs... Imô ipsi» cpiscopis anteponantiir prcsbytrri , ciim illi neqaeant hoFuni qaemque è consilio removere ^ sut qaidqnam decernere , nisî ex plriribus vicariorum deli— Leiantium^ ut diximus, suffragiis. Litter. apos. jo mart 179^.
(2) Nous sommes intimement convaincus que, quoique révê({ae et le prêtre reçoivent immédiatement de Jésus-Christ tous leurs pouvoirs et leur mission divine: cependant, commet J'exige le miiinlien du bon ordre et de l'iiarmonie entre tous les ouvriers évangéliques , il faut, Iiors le cas de nécessilé, que Tévêque soit autorisé par te métropolitain; le curé par son évêque , pour qu'ils puissent Tun et Faulre
(59) On n est pas clonnc de leur entendre tenir -ce langage , quand on se rappelle la manière dont ils som parvenus à Tepiscopat. Ils dénaturent ainsi les notions de la mission canonique^ ils en changent à leur gré les formes , pour tâcher de faire disparoître, s'il ctoit possible, lodieux de la conduite quils ont tenue, et de couvrir la honte de leur
intrusion. ^ n , j »
Cest pour cela qu ils prétendent d abord , a Texeraple des auteurs de la constitution civile du cierge', dont ils ont si servilement suivi toutes les impulsions et si efficacement favorisé les criminels desseins, que c est au métropolitain qu'il appartient maintenant de donner à Tévêque la mission canonique. Mais comment ces usurpateurs de Tépiscopat osent-ils refuser au chef visible de^ TEglise Fexercice du droit dont il jouit, nommément en France , de donner aux évêques Tinstilulion canonique , suivant les formes prescrites par le concile de Trente (0? Et en se rendant ainsi com-
exercer légitimement les fonctions de leur charge : et c''est ce que nous appelons la mission canonique. Décret de pacificaiion., pag. i3.
Hors le cas de nécessité^ il faut avoir reçu de 1 Lglise une mission canonique pour Pexercice légitime du ministère pastoral. Ibid. art. IV. Pag. 32.
(i) Celui qui aura été él» à un évêché se présentera en
. rsonne à son évêque métropolitain et il le suppliera de
ui accorder la confirmation canonique.... Le nouvel élu ne pourra s'adresser au pape pour en obtenir aucune confirmatien Constitution civile du clergé, i. p., tit. II, art. XVI
et XIX.
Si in quibuslibetEcclesisegradibusprovidenter scienterque curandimi est i ut in Doroini domo nihil sit inordinatum, niîiikjue prar-posterum ; multo niagis elaborandum est ut , ia eleclione ejus qui supra omnes gradus constiluilur, non erretur ... omues v^to et singulos qui ad proraotioneni praeficieadorum,^ quodcumque jus , quâcumque ralioucà sede apos-
])lices des novateurs qui avoient formé le plan de faire perdre à la France Tuiiité catholique, en se joignant à eux pour détruire les prérogatives du souverain pontife et envahir son autorité , ne
toîica hahent, aut alioquin operam praeslant, nihil in iis pro praesenti teruporum ratione innovando , horlatur et monet ( sanctH synodus) ut iii priniis meminerint, niijil se ad Dei gloiiam et populoruni salulem utiliùs posse facere , quàm si bonos paslores ^ et Ecclesiae gnbernandae idoiieos pionio— veri studeant.... Quoniani vero in suniendo de prœdiclis omuibus quaiitau'bus gravi iiloiieoque bonoriim et doctorum virorum testimonio , non uniforrnis ratio ubique exnalionuni , populorumac morum varietale potesl adhiberi \ mandat sancla sjnodus , ut in provinciali syuodo per metropolilanum hal>eudii praescribalur quibusque locis et provincis propria examinis , seu inquisilionis aut insuuctionis faciendae forma, sanclissirui romani pontifîcis arbitrio approbanda , quae magis iisdem locis ulilis atque opporluna esse videbitur;ita tameii ut, cum deinde hoc examen, seu inquisitio de persona pro— movenda perfecta fuerit; ea in instrumentum publicum redacta, cum toto tcstimonio ac professione fîdei ab ea facta , quamprimùm ad sanciissîmum romanum pontifîcem omnino transmittalur : ut ipse summus ponlifex, plena lotius negotii ac peisonarum notitiâ liabitâ, pro gregis dominici commodo deillis, si idonei per examen seu per inquisitionem fact^m rcperti fuerint, Eccicsiis possit utiliùs providcre. Omnes vero inquisitiones , informatiotjes., teslimonia ac probationes , quas— cumque de promovendi qualitalibus , et Ecclesiœ statu, à quibuscumqae, etiara in romana curi'a habiîae, per cardi— «alem qui relationem facturus erit in consislorio, et alios très cardinales diligenter exarainentur ; ac relatio ipsa cardinab's rehitoris^ et trium cardinalium subscriptione roborelur: in qiia ipi singuli quatuor cardinales affirment se, adhi— bità accinatâ dilig^niiâ , invenisse promovendos qualitaiibus à jure, et ub hac sancta synodo requisitis , prœditos ; ac certô exisîimare sub pericujo saîutis a^lernae idoneos esse qui Ecclesiis prœficiantur : ila ut relatione in uno consistorio fiactii qua maturiùs intereade ipsa inquisilionecc-gnosci possit, in aliud consistorinm judicium difïeiatur; nisi aliud beatissimo pontifici videatur expedire. Conc. Trid., sess. XXIV, cap. I de reforra. Norma procedendi ad creaUonem epis^ coporum.
ïDontrenl-ils pas clairement que le respect qn'îli affichent pour le successeur de saint Pierre n est rien moins que réel, et que les protestations qu ils en font sont véritablement dérisoires f
C'est dans le même dessein qu'ils avancent en second lieu , que ce n'est que le maintien du^ boa ordre et de Tharmonie entre tous les ouvriers éyangéliques, qui exige la mission ^ et qu'abusant d une doctrine véritable pour appuyer, s'il éloit possible, une si étrange assertion, ils affectent de la déduire de ce que les évêques reçoivent immédiatement de Jésus-Christ le pouvoir d'ordre el celui de jurisdiclion. Mais comment peuvent-ils méconnoître, que c'est la nécessité indispensable de se conformer à la volonté de Jésus-Christ, el aux règles que ce Dieu Sauveur a établies pour le gouvernement de son Eglise et le maintien de la hiérarchie qu'il y a instituée . qui exige la mission : que c'est à raison de cette indispensable nécessité, et non pas seulement afin d'entretenir le bon ordre €l l'harmonie entre tous les ouvriers évangéliqnes , qu'il faut que les évêques , pour être ministres légitimes de la parole et des sacremens , soient envoyés par une puissance ecclésiastique et canonique : (i) que dès lors, tant quune puissance ecclésiastique et canonique n'intervient pas pour envoyer Tévêque , celui-ci ne reçoit de Jésus- Christ , ni Jurisdiction , ni mission ^ qu'ainsi sans
(i) Si quis dixerit in Ecclesia calholica non esse hierar— «hiam divina ordinatione institatam . quae constat ex épiscopis . presbvteris et miniâtris. atialliema sit. Conc. Trid., sess. XXllI, can. VI.
Si quis dixerit episcopos qui nec ab ecclesiastica et
eanonica polestale rite ordinati ., nec missi suât.... legitimos esse verbi,et sacraracntorum rainistros, aoathema sit. Ibid, e^n. Vil,
rînlerveDlion de celte puissance, Te'vêque n'est point pasteur , n'a point de peuple , n a aucun droit de gouverner, et que non-seulement toutes les fonctions de la charge ëpiscopale , qu'il ose exercer en cet e'tat sont illégitimes, mais encore tous les actes de jurisdiction ëpiscopale qu'il entreprend de faire sont nuls ?
Eniin c'est encore dans la mêrne vue qu'ils ont imaginé ce principe nouveau : que ce n'est que hors le cas de nécessité qicHl faut m^oirreçu de V Eglise une mission canonique , pour l'exercice légitime du ministère pastoral. Se trouvant dans Timpossibililé de produire des titres même simplement colorés de leur prétendue nouvelle mission ; sachant bien qu'ils n'ont point reçu de l'Eglise la mission canonique 5 que loin de la leur avoir donnée ou suppléée e^ aucune manière , l'Eglise réclame hautement contre l'exercice du saint ministère qu'ils s'arrogent, sans avoir été envoyés par elle, et malgré les défenses qu'elle leur a faites^ ils feignent un cas ou la mission canonique ne seroit pas nécessaire , afin de soutenir ensuite qu'ils se sont trouvés dans ce cas , et par-là se disculper du reproche d'avoir foulé aux pieds les lois les plus saintes , pour envahir l'épiscopat et ses sublimes fonctions.
C'est ce qu'ont fait ouvertement dix-huit d'entre eux , dans cet écrit (1) dont nous avons déjà fait mention , et qui a été si justement réprouvé par le chef visible de TEglise (2). Us ne craignent pas
(i) Accord des vrais principes de l^Eglise, de la morale et de la raison sur la constitution civile du clergé de France, par les ëvêques des dcpartemens , etc., Paris, 1791 .
(2) Hodierni episcopi intrusi opus recenter evulgarunt , in quod omnes conjectrunt cirontoi», schiamalicos et h^netico*
( 63 ) d'y avancer que la retraite subite et concrrtée
des ëvèques légitimes les a anlorisés à s emparer de leurs sièges, parce que ceite lâche et perjidc désertion Laissoit U Eglise de France sans secours. Mais ce dernier moyeu de défense n'est pas moins illusoire que tous ceiiX qu'ils ont ecjplojés déjà. Non, il iiy a lieu d'alléguer aucun cas de nécessité comme raison de dispense de la missioa canonique. La rè^le tracée par saint Paul : « comjf ment prêcheront-ils , s'ils ne sont envoyés, » quomodo prœdicabunt . nisi rnittautur (i)? est générale et n admet aucune excepiion. Et cest de même sans exception, que le concile de Trente prononce anathêrne contre quiconque dira que des. évêques qui n'ont point été envoyés par une puissance ecclésiastique et canonique, sont ministies léiii'imes de la parole et des sacremens (23. Aussi «est-ce une chose inouïe, que denlreprea- •» dre de former uiic Eglise, de la gouverner par » renseignement de la doctrine et fadministralion » de tous les saciemens, même en supposant le » cas de nécessité , sans avoir reçu la mission. > f'erum ecclesiasticam corpus formare , doctrinâ re^ae^ etadministrare oinnia sacrameîita ( etiam
ssppiùs refulatos atque reje< îos sensns . quihus nonnuîlae ex SUN p;istôiaiibiis cpistcii> , aliique l.bclli, non sine gravis— suoa «cvitsiafeticse la^loiia^ pcrlurbatione redunddbawt^ cui quidom optMÎ insidinsum prcrfixerurit tituluni : accord des frais principes de l'Eglise, de la morale et de la rciison sur la consiiiuiion civile du clergé de France ^ par les eWques des départemens ^ membres de rassemblée mit ionale constituante,, à Paris ^ l'jg» ; adjectà in fine improbi opens, ad P'.palos faciliùs decipiendos, ementiîâ criÂdam epistolâ, pe— lin ie ac si illa ad nos missa i"ui6>et. Scd nos ad bonorum in^ tri.clJoiîera ., eoruinque solidandam perjeverantiani . non deerinaus exprimere pe^lik-ns virus quod ex pravo opère ernaiiai. LilttT. a| ost. Monitor, iQraait. 1792.
(t ) Rom. X. i5.
(2) Coiic. Trid,, sess. XXIII , can. VII.
m casu nécessitât is ^ ut volunt ad\^ersarii)^sine missione , iiiaiulitum est (i).
Qu'il s'en faut d'ailleurs que les usurpateurs de nos Eglises se soient trouves daus un cas de nécessité, qui pût servir môme de prétexte à leurs criminelles invasions ! Qui ne sait en eiFet que la plupart des évêques légitimes n'avoieiit pas encore quitté la France, lorsque les premières élections et les premières consécrations sacrilèges y ont causé de si affreux scandales ? Qui ne sail que c'est en France que le premier intrus a trouvé le pontife légitime, à qui il a inutilement demandé la confirmation de sa prétendue élection , et Tinstitution canonique ^ et de qui il n'a reçu , comme il devoit s'y a tîendre , qu'un refus absolu qui , en le couvrant d'une confusion trop méritée, auroit dû lui dessiller les yeux, et le faire rentrer en luimême (2) ? Qui ne sait que plusieurs évêques intrus n'ont pas rougi de remplir les fonctions épiscopales sous les yeux même des évêques légitimes résidant au milieu de leurs troupeaux? Où étoit donc alors la nécessité qui dispensât ceux-là de la mission canonique P Qui ne sait enfin que les évêques légitimes n'ont été contraints, à force de persécutions, d'abandonner la France, qne parce
(1) Examen principlorum fidei^ per Adrian. el Petr. de Wallenbuich.. CorUrov. 1 de Missione.
(2) Liueras memdrat ( pseudo-episcopus Expilly ) die 18 Dovembris ad nos datas, perindè ac si cnm aposlolica hac
sede commnnione teneatur Nos decessorum noslrorum
exempla secnii , minime iili duximus rescribendum; sed serio il!urn comniout-ficri mandavimas, ne uheriùs piogredi niteretur, quemadmodnm sperabamus fiUurum. Etenim fuit €liam bac de re ab Rbedonensi cpiscopo spontè monitus, dùm is qua^ii sibi enixù flagitabal iostituu'oneni ., confirma lion em- ^ue negavit. Litler. opost. Mopitor, 'i3 april. 1791.
qu'on
( 65 ) quVn vouloit assurer aux inlrns la possession pai* sible de leurs usurpations f Et ceux - ci preiendroieiit trouver dans des exils qu'ils ont occasion^ nés, dans des bannisseraens qu'ils ont provoqne's, ce cas de ne'cessité qui les auroit autojise's à exercer le ministère pastoral , sans avoir i eçu de TE— glise une mission canonique ! Mais a-t-on jamais cru daus TEglise que , parce que la perséculioa forçoit un évêque légitime de s'absenter de sou diocèse, il étoit permis à l'usurpateur de son siége^ d'y remplir les fonctions de répiscopalT Cen'éioit pas assurément la pensée de saint Jean-Cbrysostôme 5 lorsque ce saint docteur , informé de la conduite que lenoit a Constaniinople Tusurpaleur Arsace, écrivoit du fond de son exil à l'évêque Cjriaque exilé comme lui : « j'ai appris que cet » insensé Arsace , que la reine a placé sur le trône » patriarchal , persécute les frères et les vierges » qui refusent de communiquer avec lui: car c'est » un loup sous la peau de Tagneau ^ et il joue le » rôle d'évêque , quoiqu'il ne soit qu'un adultère. » Comme une femme se rend coupable d'adul- » tère, lorsqu'elle s'unit à un autre du vivant de » son époux ^ de même lui s'est rendu coupable * d'un adultère non corporel, mais spirituel, puiss> que de mon vivant il a envahi le siège de mon » Eglise (i). »
Du reste nous ne nous plaindrons point de ce
t^i) Audivi enim et de delfro illo Arsacio quem regina in ihrono collocavit . quôd affJixerit fratres et virgines non volentes sibi comnmnicaie. Nam lupus iile est in agnino habitu *, et personam gerit episoopi, cîim sit adulter. Nam sicut adultéra est mulier qu£e,viveole viro, aheri se con— junxerit;ita ille r.on carnalis, sed spirilualis est adulter q.ji ^ me vivo, sedem mea^ Ecclesia; invasit. S. Joan. Chrys. ep. Cjriaco eyiscopo exuli Joannes exul.
(66) qu'on qualifie notre retraite force'e de Idche ou perfide désertion qui laissait r Eglise de France sans secours. Ces imputa lions nous rappellent ce que Jesus-Christ disoit à ses disciples : » vous » serez heureux , lorsqu'à mon sujet les hommes
*» vons chargeront diujures , et que contre la
* vérité ils diront de vous toute sorte de mal : 5> réjouissez-vous alors et tressaillez d'alégresse (i): et si nous croyons devoir écarter Todieux qu'on cherche si injustement à répandre sur notre conduite, ce n'est par aucun sentiment d'amertume contre ceux qui nous ont calomniés , que nous en agissons ainsi : nous ne le faisons que dans la vue d'empêcher le scandale que leurs calomnies pourroieut occasionner aux fidèles.
Non , nous n'avons pas cru nous rendre cou— pahles de lâcheté, en conformant notre conduite à cette parole de noire divin Maître: « lorsqu'on » vous persécutera dans une ville , fuyez dans une s> autre (3)^ » sur-tout, quand nous avons reconnu que notre présence dans nos diocèses ne servoit qu'à aigrir les méchans, à rendre la persécution plus active , et à augmenter les périls que couroient sans cesse nos coopérateurs.
Non , nous n'avons pas cru nous rendre coupables de lâcheté, en imitant saint Athanase (3), en suivant la route que nous avoit tracée saint Cyprien , lorsque du lieu de son exil il écrivoit à son peuple : » quelle douleur j'éprouve main—
(1) Beati estis ,cùmmaledixerint vobis.... et dixerint omne malum adversùm vos , mentientes propter me : gaudele et exuliale. Matlh. V, 1 1, 12.
(2) Ciim autem persequentur vos iu civitate isla, fugite in aliam. Mauh. X , 23.
(3j Vid. S. Alhaaas. in apologia pro fuga sua.
C 67 ) » tenant , mes très-chers frères , de ne pouvoîif
» me rendre en personne auprès de vous et
•s> vous exhorter moi-même selon la doctrine da
» Seigneur et de l'Evangile! les menaces et
•» les embûches d'hommes perfides m'empêchent » de le faire , de peur que mon arrivée ne » soit cause d'un plus grand trouble ^ et ^ que, tandis que Fevêque doit pourvoir en tout » à la paix et à la tranquillité , il ne paroisse » avoir occasionné lui-même des mouvemens se- » dilieux, et augmenté racharnement des persé- » cuteurs (i). »
Celui qui sonde les cœurs sait que la perfidie n'est point dans les nôtres.
Nous gémissons sans doute de ce que nos Eglises sont privées de tant de secours spirituels que le malheur des temps nous met dans limpos^ sibililé de leur procuier : mais ces Eglises chéries ont toujours été, et sont toujours Tobjei de notre sollicitude : contraints d'en être absens de corps ^ nous y sommes toujours présens d'esprit (2)- et malgré les dislances qui nous séparent, nous n'avons riea néglige' pour les servir. Notre sollicitude est at-^ testée par les lois même, que les persécuteurs ont
(1) Quas pœnas nunc patior, fratres carissimi , quod ipse ad vos impraesenliarum venire non possum.... ipse vos secun> dùm Dondni et Evangeliiejus magisierium cohoitari !.... Per minas et insidias perfidorum cavemus ne, advenientibus nobis, tumultus illic major oriatur-, et cùm paci et tranquillilati providere episcopus in omnibus debeat,ipse materiam se-^ ditioni dédisse, et persecutiouem denuô exacerbasse videatur. S. Cypiian., ep. XL, ad plehem.
(2) Ego quidem absens corpore . praesens autem spiritu, 1. Cor.,V. 3.
(68 ) portées pour en empêclier les effets • et sans doute elle leur donuoit de Tombrage , lorsqu'à près nous avoir forces de chercher un asile dans des contre'es e'trangères, ils ont défendn de » lire ou faire lire , d'alFicher ou faire afficher , :» de distribuer ou faire distribuer, hors de fen— 5> ceinte de fédifice destiné aux exercices du culte , y> aucun écrit émané d'un ministre de culte qui n'est » point résidant dans la république française , oa » même d'un ministre de culte résidant en France , y> qui se dira délégué d'un autre qui n y résiderapas » (i).»Gependantnousn'ignorons point combien ce que nous pouvons faire a peu de proportion avec les besoins. Aussi prions-nous sans cesse, et conjuronsnous tous les fidèles de prier avec nous , et pour nous : afin que le Seigneur daigne nous ouvrir rentrée , pour prêcher sa parole , et pour annoncer le mystère de Jésus«Christ , mystère pour lequel nous sommes dans fexil^ et afin que nous découvrions ce mystère aux hommes , de la manière que nous devons le découvrir (2). Et nous supplions en même temps le Père des miséricordes de pardonner , et à ces hommes ennemis qui, suivant des esprits d'erreur et des doctrines diaboliques (3), mettent des entraves si multipliées à l'exercice des fonctions saintes, et à ces ministres prévaricateurs qui portent à la Religion des
(1) Décret du 28 septembre 1795 , art. 22.
(2) Omntcs sinial et pro nobis ^ ut Deus aperîat nobis osliiim sermonis» ad loquendum mysterium Christi ( proptcr quod et vinctus sum ) ut manifestem illud ita ut opoitel me loqui. Coioss. IV. 3, 4
(3) Attendentes spiritibus erroris , et doctrinis daemoniorum. 1 Tim. IV, 1.
coups encore plus funestes, en exerçant un mî— uistère de mort.
Nous aurions pu sans doute relever encore bien d'autres vices et d'autres erreurs , dans les difié— rens actes e'œanës du conciliabule de Paris: raais ce que nous en avons dit étant plus que suflisant , pour montrer que ceux qui ont osé tenir une assemblée si contraire à toutes les lois de lEglise, se sont égarés du chemin de la vérité (i), et qu'on ne peut trop se tenir en garde contre les paroles ariificieuses , qu'ils ne cessent d'emploj^r pour séduire les âmes simples (2)^ nous passons aux autres objets qui entrent nécessairement dans le plan de cette instruction.