‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gens [microforme]Chapitre 28 sur 97 · LE MÊME SUJET · texte numérisé non relu

LE MÊME SUJET

De la médisance et des jagements téméraires,

: 1e: Lamédisance et la calomnie, quoique abominables devant Dieu, ne laissent pas d’être des vices très-communs : 1°* parmi les finiseu, qui, pour ordinaire, ne pensent jamais bi de.

et; par un aveuglement déplorable, se déchirent par la médisance. O chrétiens ! où est votre; æligion ? Eh quoi! un prose vous donne:t-il' ois de la charité? Ne savez-vous pas que, selon le-précepte de Jésus- Christ, vous devez aimer votre prochain comme vous-même, et par conséquent plus que vos biens ; que, quoiqu'il vons ait fait tort, il n’en est. pas moins votre prochain, et que vous devez ménager sa réputation comme vous voudriez qu’on ménageât lavôtre ? Si on vous a fait tort, il vous est permi de demander une réparation par des voies légitimes; mais ilme vous est pas permis de yous.

‘wenger par votre langue.

#20. La médisance règne encore entre les ennemis ætehez les envieux. Tous les jdurs vous dites que

ons ne voulez point de mal à cette personne :

Pourquoi done en parlez-vous désavantageusement ?. N'est-ce pas lui vouloir du mal que de k

en faire ? Et, à moins que vous ne lui ôtiez la vie et les biens, pouvez-vous lui faire plus de mal que

Le t60 AD FNBAAUCTIONS 2:

de .lui ôter sa réputation? Ne savez-vous pas

‘coup de langue est souvent plus funeste qu’un coup d’épée ? !

30* Médisance dans les compagnies, où l'on ne se divertit qu’aux'épens de la réputation d'autrui; médisance dans les familles, où, pour l’ordinaire, on ne s’entretient. que de la conduite et des affaires des autres. Une personne pense-t-elle à s’établir, à se marier, à prendre un emploi, aussitôt l'envie se déchaîne. Par les médisances d’une langne flattéüse, où 'pär un faux zèle, on fait échouer! les ‘éütreprises d’une personne innocente, et perdré:sa fortuné : quelle malignité ! | #19 «146 Enfiñla médisance est ordinaire ‘entre les mis.’ Je n’ai rien, dit-on, de caché pour mes ‘ämis ; tant pis, cette maxime .est ’trèssblämable:: vous devez cacher à un ami ce que vous ne pouvez ui découvrir sans offenser Dieu. Ce n’est pas “äimer une personne que de lui dire ce qu’elle me ‘doit pas savoir, et ce qu’elle ne peut écouter sans ‘crime ou sans danger. AU * ‘IL Les jugements téméraires et les jugements ‘faux ne sont pas moins injurieux au prochain que a médisähce ; ils en sont même la source : on “parle! mal d’autrui, parce qu’on en juge mal. orgue vous voyiez quelque chose de mauvaison de choquant dans la conduite, dans les parolesiet dans l’honneur d’une personne, ne jugez pas:pour ‘cela dé son intérieur : elle est: peut-être devant Dieu plus innocente que vous. Vous voyez un ‘fétu dans l'œil de votre frère, et vous'en jugez, “tandis que vous ne voyez pas une poutre qui crève “e vôtre. On juge les autres sur des bagatelleset "sur 2e a apparences, tandis qu’on se pardonne ‘soi-même de grands vices et des fautes grossières.

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“Lorsqu'on a fait contre vous quelques. rapports: désavantageux, lorsque vous avez fait. quelque. perte, ou lorsqu'on, vous a fait tort, si vous n’en, savez pas les auteurs, ne vous en informez pas, et, ne jugez personne, de crainte de vous tromper, mais abandonnez le:tout à la providence de Dien.. Quand on perd, il faut perdre en chrétien, et ne,

inquiéter son esprit par des recherches inutiles,, ni le souiller par des jugements téméraires, |

“Si quelque accident. fâcheux est arrivé sur votre, personne, sur vos parents, sur votre bétail, gardeæ, vous bien, sur de simples soupçons -ou, sur des, bruits vagues et publics, de juger, que l’accident, est arrivé ,par la malice de quelque ennemi, ou, cg tel vous a donné un sort par quelque malé-

ce : de pareils jugements mal fondés sont des, crimes. Les pères et les mères qui jugent et qui parlent de la sorte devant leurs y sont très, coupables, etles enfants qui les croient ne sont pas, innocents. Combien d’honnêtes familles.et de gens, irréprochables accusés de sortiléges, calomniés, et: déshonorés par la légèreté des langues indiscrètes.!:

+ IH, Lorsque. la médisance est de conséquence, il ne suffit pas de s’en accuser en confession, il faut encore la :réparer, et rétablir la réputation. qu’on a flétrie.. Si vous avez découvert à quelques: personnes qui ne le savaient pas un. vice secret, d'autrui, vous devez tâcher d’effacer les mauvaises impressions: que vous leur avez inspirées, et leur, dire, par exemple, ‘* deine point ajouter foi à tout, # ce:qu’on dit d’un tel; qu’on en dit plus :qu'ik “men: est ; que tous les jours on se trompe en, # | sens mal des autrès, et que vous-même. avez “ fait tort à cette personne d’en parler.” re -1Bice que vous avez dit contre le prochain ;est

” | 10% LINSTAUCTIONS :

fdèx, voùs étés absolument obligé de vous dédie, . et déiromiper les personnes à qui vous l’avex. df;: vous dévez thèrne, toute proportion gardés, 2 la réputation d'autrui aux dépens de le:

ne point roùgir, s’il le faut, de vous faire, pa pour uñ menteur et un imposteur ; vous:

2 aussi réparer le tort et les dommages. qug. vôüs avez causés par vos médisances. Si la per; sonne offénsée vous décharge de toute réparations, et qu’elle le puisse, vous en serez déchargé ; de:

mème, si la personne diffamée vous avait ôté votre,

| vous lui avez ôté l& sienne, vous series:

veillément dispensé de réparation à son égard$, vous auriez cependant tous les deux commis àn: étiorme péché de vous diffamer l’un l'autre.

"{V. W'écontez pas la médisance ; car, si le médisant est coùpable, celui qui Pécoute aves, Plaisir ne l’ést pas moins : le premier « le démon: str la langue, dit saint Bernard, ef l’autre dans: Poreillé. Vaites taïre le mmédisant, s’il est votre inférieur où votre égal, et, s’il est au-dessus dé vous, ne prénéz point de plaisir à ses discours. Oubliez le mal qu’on vous a dit des autres, et n’ÿ péüsez plus. Si vous avez entendu une ru Œntre le prochain, dit le Sage; f'ailes-la mourir em vous, c’est-à-dire qu’elle n’aille pas plus loin.. :; On doit se défier d’un médisant, et rarement djouter foi à ses discours : lé Saint Esprit nons gs qué éélui qui croit facilement tout ce qu’of ù dit ést un esprit volage el léger. Le, médisant

cé vous aussi injustement et aussi grièvement:

est souvent un menteur, qui dit plus qu’il n’en est, '

Ôù parce qu’il est trompé; où parce qu’il. est prévenu contré cèux de qui ik parle.

* On ne doit pas même toujours ajouter foi à des

b a d Îl E e!

ous dédise, vous su ion ga + bpens de le.

steur ; vous:

amages qué.

. Si la per-;

> réparation.

schargé ; de

grièvement.

vous series:

son égard:$, L commis ün autre.

| car, si le écoute ave; r a le démon:

l'autre dans il est votre u-dessus dé es discours.

utres, et n’Yÿ une parolé la mourir ef as loin.. ::

et rarermenf:

Esprit nous tout ce qu'o Le , médisant

u’il n’en est, ‘

e. qu’il: est

iter foi à des

yous faire,

ait Ôté votre,

bréfts publiés, parce qué le public se prévient: aisément; et juge sbtivent faux : combien de gens’ diffamés et noircis dans le public qui, devant Dieu, sont très-innocents ! I] ne faut que deux ou trois langues envenimées pour décrier le plus honnête homme, et flétrir une communauté. Oh ! tn at gr du cœur humain est grande !

tend-on dire dù bien d’une personne, on ne veut pas le croire; oôw bien on l’interprèté mal, on le: critique ; entétid-on diré du mal, on le croit aussitôt, . et où l’augineñte. Effets de la jalousie et de la: malice du cœur ! effets d'autant plus déplorables qu’on y périsé mMmofns, ét que Dieñ des gens, qui passent pour spiritüels et vertueux; n’y font presque pôint de réflèxion.

V. Loïrsqu’ott a noirci votre répüûtation, et qu’on vous a diffarhé, rentréz dussitôt en vous-même, et examinez-vous. Si vous n’êtes pas innocent, si vous avez dotié oceasion à la médisance par vôtre imprüudence et par votre conduite, rendez: vous justice, ét dites : Jele mérile: Si vous êtes innocent et faussément accusé; souffrez avec Pâtiencé cëtte injüre : Dieu fera paraître un joup Votre innocénce : Jésus-Christ était plus innocent

üé vous ; il n’& pas laïssé d’être colomnieusement: accusé. Si néanmoins vots avez des raisons légitimes de demañdér en certains cas une répara: tion, ne vous ÿ déterminez pas de vous-même ; consultez des personnes mouérées, désintéressées, où un Confessbur pradent, et suivez leur conseil.

Profitez, jeunes gens, de tout cé que nous avons dit dans ces déux chapitres ; soyez toujours trèsréservés quatid il faut parler d'autrui; dites lé bieñ: eV vous savez des aütres, et cachez leurs défauts:

risque rarement quand on prend le parti de së:

: ENSTRUCTIONS

taire; et un risque toujours de trop parler : vous. comprendrez un. jour l'importance de cet avis.

"EXEMPLE

: Nous lisons dans l’histoire des Pères du désert. un exemple qui montre jusqu'où peut aller. la, malice des médisantis et des calomniateurs, et en . même temps la patience d’une âme innocente, qui,

souffre en silence et en paix la plus cruelle, calomnie et la persécution. ; Un homme veuf n'ayant qu’une fille unique fort jeune, la recommanda à un de ses parents, et alla se faire religieux dans un monastère de solitaires.

Sa vertu le. fit aimer. de tous les religieux, et de

son, côté. il était. très-content dans sa vocation; Mais; quelque temps après, pensant à sa fille, la, tendresse qu’il. se sentit pour cette enfant le remplit de douleur et de. tendresse de. l’avoir ainsi abandonnée, Le père. abbé s’en aperçut, et lui dit: Qu’avez-vous, mon frère, et qu'est-ce qui vous affige ? Hélas! mon père, répondit le solitaire, f’ai laissé dans la ville un enfant fort jeune: voilà le sujet de ma peine. L’abbé ne sachant pas que “’@était une fille, et croyant que c'était un fils, lui, dit: Allez le chercher ; amenez:le ici, et vous l’éleve-: rez près de vous: Il alla trouver aussitôt sa petite. fille qui s'appelait Marine; il lui dit de prendre. le nom. de Marin, lui défendit de faire connaître qu'elle était fille, et. l’amena dans le monastère. Le religieux son père l’éleva dans les voies de, Dieu et dans la plus: haute sainteté ; il lui recoms. manda surtout, avant que de mourir, de ne jamais, dire qui elle était. dot QU

arler : vous.

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mourut; "personne ne s’aperçut qu’elle go

ss GECQIIOUMTENT j +05 POUR LES JEU GENS.

: Marine ‘avait dix-sept ans lorsque .son fille, et tous les solitaires l’appelaient frère Marin. Son humilité et sa vertu la firent respecter de tous ; mails la calomnie mit à l’épreuve la vertu de cette sainte fille. Les frères avaient coutume d’aller à certains jours chercher les provisions à un marché qui se .tehait à trois lieues du monastère, et cou- Chaient dans une hôtellerie. du lieu : le frère Marin Jes y accompagnait. ps Le maître de cette hôtellerie avait une fille:qui s’était abandonnée au crime avec un soldat. S’étant rçu que sa fille était enceinte, il voulut savoir

a d'elle celui qui l’avait débauchée, Cette fille,

pleine de malice, inventa la plus noire médisance, ou, pour mieux dire, la plus indigne calomnie; et dit à son père que c’était le frère Marin qui l’avait séduite, et qu’élle était tombé dans le crime avec lui. Le père vint en faire ses plaintes au monastèrc : l'abbé fit venir Marin en sa présence, et lui demanda ce qui en était Marin, élevant son cœur à Dieu, pensa à ce qu’il devait rénondre, et; plutôt que de diffamer cette imprudente fille, il se contenta de dire : Je suis pécheur, je mérite de faire pénitence. L'abbé ne s’éclaircit.pas davantage, ut, le croyant coupable du crime, le fit sévèrement châtier, et chasser du monastère. Marin demeura trois ans à la porte du monastère, sans dire une seule parole qui pût faire connaître son innocence: 11 se prosternait devant tous les religieux qui passajent, leur demandait leurs prières et quelques inorceaux de pain pour lamour de Jésus-Christ, pour ne pas mourir de faim: Fe

La fille de l'hôtellerie étant accouchée, donna

6 0 HiFAUGTIONS

le lait pendant quand il fut .sevr

souvenir, | -Qn ne peut-être plus surpris qu’on le fut, lorsque les religieux, en Javant son carps, reconnurent que c'était une fille. O .mon Dieu, s'écrièrent-is en “ frappant leurs poitrimes, comment cette inno- ‘6 cente fille at-elle pu souffrir en silence et avec

enfan st D, comme nfant avec

partageant

vait. - Les niliation et

ez pitié de :

q ans qu'il recevez-le,, > Sauveur, e sanglants homme, lui : dans cette nteris. de 1e néanmoins 1t dont von unne, poux avrages Îles r les autres > plainte, se it au-dessus

oins avec .

s, et affaibli ba enfn,.et rs de-mala:

par. charité.

aer.de l’hor-

qu’on l'en:

en perdit le

fut, lorsque nnurent que jerent-ils en cette 1InNnOr ence et avec

N-fant de:

‘ d’afflict | ‘“se-justifier? ” Els-coururentau père abbé, pous sant dé grands cris, et fondunt eh larmes, Venés

voirie frère Marin, lui diréntsilé Quand l’abbé

fat devant c& saint corps, il féconimt la vérité, êt fut saisi d’une si vive douleur, qu’il tomba pas terre ; et pa os de sa face contre terre, versant des torrents de pleurs, il criait avec ses religieux éplorés : ‘“ O sainte et innocente fille! je vous “ not sea mixéticorde de Jésus-Christ, de “ me pardonner toutes les peines et les injustes “ reproches que je vous ai faits: hélas ! j’ai été “ dans l'ignorance, Vous avez eu assez de pa- “tience pour toûtséufftir; et moi trop peu de lumières pour connaître la sainteté de votre 66 vie.??:

Il fit ensuite déposer le corps-de la sainte dans la chapelle du monastère. On porta cette nouvelle au maître de l’hôtellerie. Sa fille, qui avait faussemerit accusé suinte Marine, et qui était devenue possédée du démon, après son crime, vint touté désespérée avouer son péché aux pieds de la sainte, lui en demanda Le: et fut délivrée paf son intercessionr. Le brüit de cët événement

. #'étant répandu dans le pays, tin coféours de

Lt accourut dé toute part pour horicrer saint Apprenez par cet ekerhple, 19: que le vice de 14

| médisanñce est bien à craindre, puisqu'il peut

inspitèr asses de malice pour avcusèt injustemiétss une personhe si innocente ; S0 que vous ne deve# point éconter les médisants, ni ercite: les rapport étque vous ne deves jantais juget mal du prochà

pe

ä moins que vous. n'pn s0yez

108 2 NMPRIOTIQNS:: : +5:

$: que vous, devez souffrir: avec patience ce qu’ofi dira de vous, à :l’exernple de::sainte Marine. : Hl serait honteux. de vous, plaindte de: quelques pa: roles qu’on a dites sur votre compte, et de vous iriter de quelques:railleries ou, de quelques repré

ghes, voyant que les saints ont tout souffert en

silence.

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