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libertinäge ; son oncle les lui fit abandünner comtñe des richesses du démon, et, l'ayant fait monter sur son cheval, il la conduisit lui-même à pied jusqu’à sa retraite. Marie n’y fut pas plus tôt arrivée, qu’elle se couvrit d’un rude cilice, et se J'vra à des austérités continuelles, passant les nuits à prier, anglotter, à demander à Dieu sa miséricorde.
lle pleurait ses péchés avec une si vive douleur et un si tendre amour de Dieu, qu’elle faisait fondre en larmes tous ceux qui lPentendaient, et ranimait la ferveur des âmes les plus tièdes. Saint Abraham vécut encore dix ans, et sainte Marie mourut cinq ans après son oncle. Dieu fit connaitre, par les miracles qui s’opérèrent après sa mort, qû’il lui avait fait miséricorde. ?
: Jeunes gens, apprenez de cet exemple deux choses : la première est de profiter des avis et des conversations saintes de ceux qui vous instruisent. Sans les avis et la charité de saint Abraham, sa nièce était perdue sans ressource ; et, si cette fille éût toujours été fidèle à profiter des instructions de ce saint parent, jamais elle ne fût tombée. La seconde chose que vous devez apprendre de cette histoire, est de n’avoir aucune assiduité ni conversation familière avec des personnes qui ne sont pas de votre sexe, Un solitaire se perd et débauche une sainte fille ; ainsi, jeune homme, quand vous seriez aussi vertueux qu’un solitaire ; et vous, fille, quand vous seriez aussi pénitente qu’une sainte,
vous souillerez votre âme, si vous avez les uns avec les autres des assiduités et des liaisons familières,
AUTRE EXEMPLE
Les compagnies les plus agréables sont souvent les piéges les plus dangereux à la jeunesse, et
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intrigues et leurs fréquentations, est ordinairement le! commencement de leur perte. Tel: fut le sort ts demoiselle de la ville de Besançon, nommée gulienne, âgée de seize à dix-sept ans. Elle vécut fille sage, tandis qu’elle fréquentait des compagnes vertueuses, auxquelles sa mère la recommandait Mais cette femme fut la dupe de sa fille, comme le sont la plupart des mères qui se fient à leurs filles, et qui les croient plus sages qu’elles ne le sont. -:: Un jeune homme qui demeurait dans une maison voisine conçut de l’inclination pour Julienne. {1 avait une sœur nommée Thérèse ; il la pria de faire amitié avec Julienne, et de l’amener à la maison. Thérèse était artificieuse et enjouée ; elle sut si bien s’insinuer dans l’esprit de Julienne, que bientôt elle la dégoûta de ses anciennes compagnes, en lui disant qu’elles étaient trop sérieuses et trop réservées pour une fille de son âge.
Julienne prit goût aux conversations de cette jeune voisine qui ne pensait qu’à se divertir, et qui ne parlait que de galanterie et de promenade. Après quelques entretiens et quelques rendez-vous,
Julienne fut toute changée à son désavantage. .
Elle ne pensait plus qu’au plaisir, à la danse, à
lire des romans, à se procurer de précieux habits,
à se parer. Elle quitta son confesseur, qui la con.
duisait saintement, et prit un confesseur du goût |
de Thérèse, qui était un homme qui la laissait vivre à sa fantaisie. Pour avoir de quoi fournir à sa vanité et à ses intrigues, elle dérobait à sa mère; qui, ne se défiant pas d’elle, en accusait la servanto.
Les voisins et le curé prirent garde aux fréquen-
tations de Julienne, et eurent la charité d’en avertir .
la mère, Cette femme, loin de les remercierde
V'artifice avec lequel les jeunes gens cachent leurs
Fu ce y f û "
ce bon office, lour répondit de sr ils se mélaient
que Julienne était honnête fille et sans reprochel (Tel est l’aveuglement des mères qui, fermant leé yeux sur les désordres de leurs enfants, ne voietit pas tout ce que le monde voit, et trouvent mauvais
u’on les en avertisse.) Cette mère, idolâtre de: sà fille, fut punie comme: elle le méritait ; Julienne devint si arrogante et si fière, que cette mère comté pmencÇa à pleurer amèrement sur les complaisances qu’elle avait eues pour cette ingrate fille, et ouvrit enfin les yeux sur la conduite de cette jeune imprudente: ï v : Dieu lg vengea, et punit Julienne (car les enfants rebelles à leurs pères et mères sont punis tôt où tard). Un jour de fête, étant parée plés qu’à Por:
inaire, elle sortit malgré sa mère pour alle: avec
hérèse et son frère, à une promenade: Elle n'y fut pas plutôt arrivée, qu’elle sentit une vive dom leur au visage, causée, à ce qu’on crut, par: la piqûre d’une mouche envenimée, ou par quelque autre accident. Quelques moments après, elle eut mal au cœur, et tomba en défaillance. On la remporta chez sa mère ; son visage enfla d’une manière si horrible, que le chirurgien fut obligé dé lui donner plusieurs coups de lancette qui lui défis gurèrent tout le visage. Julienne se fit apporter un miroir, et aussitôt qu’elle vit son visage dans cet état affreux, les yeux et la bouche tout défis gurés, elle poussa un grand cri. Ah ciel! est ce done là ce visage dont j'ai été si idolâtre, que j'ai tant paré, et sur lequel j’ai permis et reçu tant ‘ de libertés. ro .: Tous ‘les remèdes furent inutiles ; il fallut se résoudre à mourir. Sa mère eut le courage d’an poncer cette nouvelle à sa fille. Quoi! maehèr
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POUR LES JEUNES GENS. . “tbe
mère, il faut que je meure, lui répondit Julienne. Je suis jeune, j'étais il n’y a que deux jours en bonne santé, et il faut aujourd’hui que je meuré ! Je le mérite bien à cause des chagrins que je vous ai causés. Je n’ai plus qu’une grâce à vous demander, ma chère mère, c’est de veiller sur la conduite de ma petite sœur, afin qu’elle ne se perde pas comme moi. Je vous supplie de me pardonner, de prier pour moi, et de me donner votre bénédiction. Je vous la donne, ma fille, de tout mon cœur, répondit la mère en versant des larmes : je vous pardonne, je prie Dieu de vous faire miséricorde, et de me pardonner le peu de soin que j’ai eu de votre conduite ; elle lui fit ensuite LE M les sacrements. |
Ses anciennes et sages compagnes, qu’elle avait quittées, la vinrent voir, Julienne aussitôt leur présenta la main, et leur dit : S:j’avais toujours été dans votre compagnie, et profité de vos exemples, je ne serais pas dans le trouble où je me trouve : je vous demande ru du scandale que je vous ai donné par mon libertinage. Thérèse était dans la chambre : Ah ! lui dit Julienne, que penses-tu à présent de l’état où tu me vois ? Je voudrais bien
ne t’avoir jamais fréquentée : je vais mourir, tout
est passé pour moi ; et, quand tu seras dans l’état
“où je suis, que penseras-tu de tant de jours que
nous avons passés dans la vanité et dans les joies du monde ? Que tu as fait de tort à mon âme!
J'aurais toujours été sage et innocente sans toi Je n’ai plus de temps pour mieux vivre ; mais je fais à Dieu de tout mon cœur le sacrifice de me vie, pour expier les péchés d’une jeunesse que j’ai si criminellement passée. Crôis-moi, chère nu
prends exemple'sur moi: peut-être bientôt seras-
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au lit de la mort corame moi. Souviens-tot des dérnièrés' paroles d’une amie qui va paraître au jugement de Dieu. &° A
‘Pendant que Julienne parlait ainsi, Thérèse con. sternée pleurait amèrement ; et, s'étant jetée à genoux pour lui demander pardon, elle. tomba ‘ penchée sur son lit, et ne cessa de sanglotter Fsqu’a ce que Julienne eut expiré. Fa Profitez de cet événement : toutes les circon stances en sont instructives pour les jeunes gens.et pour les pères et mères. Apprenez avec. quelles personnes vous devez converser. Julienne est vertueuse, tandis qu’elle converse avec de sages compagnes ? Julienne se perd, dès qu’elle fréquente . ‘une compagnie mondaine. |