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CHAPITRE. XXXI

Du travail et de l’emploi du temps.

Il n’y a point de désordres dont l’oisiveté ne uisse être la cause. Elle est, dit saint Bernard, égoût de toutes les pensées dangereuses, la nourrice de la volupté, la meurtrière des vertus, La mort de l’âme, le tombeau d'un. àicmme vivant, le réceptacle du péché ; elle est enfin, dit le Saint- Esprit, la maîtresse qui enseigne tous les vices. Put-on, sans verser des larmes, voir ce vice faneste si commun parmi les jeunes gens ? On voit la plupart d’entre eux, surtout dans les villes, vivre dans la fainéantise, et ne s’appliquer à aucune oc-

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cupation sériense. Les jeux, les divertissements, les compagnies, les promenades, les cajoleries, les ajustements, les danses, le dormir, voilà presque toute leur vie et l’occupation de leur esprit.

‘ Et de là combien naissent de désordres ! l’ignorance des vérités saintes, l’uubli de Dieu et du salut. De là les fréquentations, les occasions de débauches et de libertinage. De là les mauvaises inclinations qui croissent dans leurs cœurs, comme

de méchantes herbes dans une terre inculte que la

main du jardinier néglige de cultiver. De là enfin ce fonds de paressse et d’indolence pour le bien, qui les rend incapables d’éducation, et qui fait que les vices contractés par l’oisiveté les rendent incorrigibles pour le reste de leur vie.

Oh ! plût à Dieu qu’il fut aussi facile de déra-

cjner ce vice parmi les jeunes gens, qu’il est aisé

d’en faire voir les effets! Mais ce mal a tellement aveuglé leur esprit et gagné leur cœur, qu’ils ne veulent pas même le connaître. O paresseux ! dit le Sage, jusqu'à quand dormirez-vous ? Quand vous éveillerez-vous de ce profond sommeil de l’oisiveté, qui vous tient assoupis, qui vous conduira | à une extrême indigence et aux plus grands malheurs ? :

IT. Pour vous préserver de ce vice, faites les réflexions suivantes :

19 Considérez que tous les hommes sont nés pour le travail. Dieu les y a condamnés par un arrêt solennel, dès la naissance du monde. Si vous ménez uné vie oisive, vous résistez à la volonté de Dieu, et vous allez contre l’ordre qu’il a établi. Quelle raison avez-vous de vous exempter . d’une joi de laquelle il n’a jamais dispensé personne Cr ARTE FN NI PRE LES ENTER

. Si les hommes sont obligés au travail pendant. toute la vie, ils le sont encore plus dans la jeunesse : premièrement, parce que, si, à cet âge, on ne s'exerce. pas à des occupations convenables, on contracte des vices qui durent ordinairement jusqu'à la mort ; secondement, parce que le temps de la jeunesse est le plus propre pour cultiver l'esprit, C’est dans ce temps qu’il faut apprendre les vertus, les sciences, les arts et les professions qui doivent occuper le reste de la vie. Si ce temps est une fois perdu, il ne peut plus être réparé. Le temps perdu ne revient plus ; mais il y a cette différence, que le lampe perdu dans les autres âges n’a pas de. suites si fâcheuses, au lieu que le temps perdu. dans la jeunesse est plus irréparable, et a des suites plus: funestes.

. 20. Pensez au regret que vous aurez un jour: d’avoir perdu le temps de votre jeunesse, lorsque vous vous trouverez sans talens, sans éducation, sans intelligence pour les affaires, sans esprit et sans établissement. Vous ne le croyez pas à présent ; maïs vous le sentirez un jour, et vous en pleurerez.

8. Si vous perdez le temps, le compte que vous en. rendrez à Dieu au jugement doit vous faire trembler. Dans ce jugement épouvantable, toute votre, vie vous sera. mise devant les yeux, et le premier. article du compte qu’on vous demandera sera l’emploi que vous aurez fait de votre jeunesse. Dien vous fera voir tous les désordres qui ont suivi

ette perte de temps, l'ignorance où elle vous a jeté, les échés et les vices dans lesquels elle vous a prépie, tous: les talens. dont elle vous a, rendu incapable. Qu’aurez-vous à alléguer à ces re-

ail pendant.

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proches, et à quelle condamnation faudret-il. vous attendre ? his Hi 3T kB 4% Combien d’âmes, à présent dans les, enfers, reconnaissent que la cause de leur damnation vient d’avoir mal employé le temps de la jeunesse. !. Si elles pouvaient espérer un seul moment de temps que. vous avez, que ne feraient-elles pas, poux obtenir, et pour l’employer utilement? Est-il. pos sible que. le repentir ne vous touche pas ? Faitesvous sage à leurs dépens, et apprenez, par leur exemple, à éviter le malheur dans lequel elles sont tombées.

O mon fils ! je vous conjure donc, par l’amour que vous devez avoir pour votre âme, de fuir l’oisiveté comme un des plus grands obstacles à votre salut. Pour l’éviter, souvenez-vous de deux choses. La première est de vous appliquer à ce que l’on vous ordonie, à ce que vous devez apprendre, et d’embrasser de bon cœur les ouvrages et les exereices qui vous conviennent dans votre jeunesse.

La seconde, ne soyez jamais oisif. Faites tou: jours quelque action qui vous occupe d’une manière convenable à votre condition : vons appliquant ou à la lecture, ou à la couture, ou à l'étude; ou. à la. prière, ou à l'écriture, ou à quelque exercice qui, soit utile. Le démon ne cherche que l’occasion, de. vous trouver fainéant pour vous surprendre. Pour éviter les piéges de l’ennemi, suivez cet avis de. saint Jérôme : Vivez de telle sorte, que le démon. vous trouve loujours, occupé. Ne regardez. pas. votre travail. ou votre élude comme. une. chose pénible, mais comme un saint exercice qui vous est. ordonné. de, Dieu, et comme un moyen. de salut. Offrez-le à Dieu le matin ;, et quand, vous.le con,

mencez, priez le Seigneur qu’il le bénisse, et qu’il le fasse réussir à sa gloire. Pendant vos occupations, entretenez votre esprit de saintes pensées, en élevant souvent votre cœur à Dicu, afin que votre travail ne soit pas sans mérite. Faites ce qui vons est commandé, et occupez-vous selon la volonté de ceux qui'ont l’autorité sur vous. Chantez dans le travail,

selon l’avis de saint Paul, les louanges de Dieu, et ‘quelque cantiques édifiants, et n’y chantez jamais e chansons profanes et dangereuses.

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