CHAPITRE XXXVI
Du baptême, de la dignité et des obligations du chrétien.
I. Le baptême est un sacrement qui nous donne Ja grâce sanctifiante, et nons imprime le caractère ‘de chrétien et d’enfant de Dieu. Jésus-Christ fait paraître ici tout à la fois sa puissance et sa bonté: sa pie qui n’emploie qu’un peu d’eau naturelle pour donner la grâce à l’homme; sa bonté, qui a choisi un élément si commu, afin que: tous
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les hommes puissent recevoir avec plus de facilité ce sacrement nécessaire ; car à ne veut pas qu’au: cun périsse.
+ Vous avez été baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit : au nom du Père, qui vous a créé; au nom du Fils, qui vous a racheté; au nom du Saint-Esprit, qui vous a sanctifié; pour vous faire comprendre que, par le baptême; vous êtes consacré à Dieu, et que vous lui appar tenez bien plus particulièrement que les autres peuples, et que vous êtes plus obligé de le servir, de l’aimer et d’être saint. (C’est un grand sujet de honte pour un chrétien de n’être pas meilleur qu’un païen: mais c’est. un bien plus grand sujet de confusion d’être pire que les paiïens mêmes. Au jugement, quel sujet de condamnation sera-ce pour les chrétiens de voir plusieurs infidèles, qui ne connaissent pas Dieu, qui auront été plus chastes, plus tempérants, plus charitables et plus désin: téressés qu'eux. :
Il. Par le baptême, vous avez renoncé au démon et à ses œuvres, aux pompes du monde et à ses vanités : on ne vous a imprimé le caractère d’enfant de Dieu qu’à ces conditions. Voilà les promesses ct les vœux que vous avez faits à Dieu. Ce n’est donc pas assez d’avoir le caractère de chrétien, il faut encore vivre en chrétien, penser en chrétien, parler en chrétien, agir en chrétien. Si l’on pouvait vivre en enfant de Dieu et se sauver en faisant les œuvres du démon, en suivant toutes les voutumes du monde, en vivant sans mortification et sans violence, eût-il été nécessaire que le Fils de Dieu vint sur la terre pour y souffrir, et pour instruire les hommes d’une religion toute sainte ? il n’y avait qu’à laisser les hommes sous l’empire
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Changez donc ‘de sentiment, et comprenez la sainteté:de votre condition. ‘Vous êtes chrétien et enfant de Dieu : voilà le plus glorieux de tous les titres ; ne déshonorez done pas-en vous cette honorable qualité. ‘Remerciez ous les jours la divine miséricorde, qui vous a fait naître dans le sein da christianisme, et fait recevoir le saint baptème, préférablement à . tant de païens qui serviraient Dieu mieux que vous. La grâce que vous avez reçue par le baptème, c’est la grâce de innocence. Letio grâce, qui vous a sanctifié, ‘est un trésor plus précieux que toutes les richesses de la:terre, et que vous devez conserver, même au prix de votre sang, Un seul péché mortel est capable de vous la faire
rdre. Si vous l’avez perdue, pleurez amèrement cette perte, ‘et tâchez de la recouvrer par le sacrement de pénitence et par le changement de vie: Chaque année, au moins une fois, par exemple, à Pâques ou le jour de votre baptème, et même plus souvent, allez vous prosterner humblement devant les fonts sacrés, pour remercier le Seigneur, et renouveler les promesses que vous lui avez faites au jour de votre baptême.