POUR LES JEUNDS GENS. 239 AUTRE EXEMPLE
* Nounslisonsdansl'histoire des Juifs qu’Alexandrele-Grand, un des plus fisrs et des plus puissants rois qui aient jamais été, allant contre Jérusalem avec son armée détruire cette ville, le grand prêtre Jaddus alla au-devant de lui, revêtu de ious les ornements de sa dignité. Aussitôt qu’Alexandre Je vit, et qu’il sut qu’il était le prêtre du vrai Dieu il fut pénétré d’un si grand respect, qu’il mit pied à terre, se prosterna devant le prêtre Jaddus, comme s’il l’eût adoré, et lui accorda tout ce qu’il lui demandait. On fut étonné de voir qu’Alexandre, qui lui-même se faisait adorer comme un Dieu, s’abaissât si profondément devant un homme.
Parménion, son favori, lui en ayant demandé Ja cause : Ah / s’écria Alexandre, ce n’est pas Jaddus que j'ai adoré, maïs c’est le vrai Dieu, dont il est le prétre ; je reconnais et adore le Dieu éternel dans la personne de son ministre, et je lui rends cet honneur comme à Dieu méme. Que diront à cet exemple certains grands du monde qui ont si peu de respect pour l'Eglise, pour les prêtres et pour les ministres du Très-Haut ?
AUTRE EXEMPLE
Je rapporterai encore d’autres exemples tirés de Phistoire ecclésiastique. L’empereur Constantin disait souvent que, s’il voyait un prêtre, ou une autre personne sacrée, tomber dans une faute, loin de le Sééouvalr et d’en parler, il irait lui-même le couvrir de son manteau impérial pour le cacher. H'avait grande raison de parler ainsi, parce que les libertins se servent des fautes des Erêtres pour
C2 à INSRAVOTIONS
s’autoriser dans le vice, et en gablient ordinafrement plus qu’il n’y-en a ; et les hérétiques s’en servent pour décrier la religion et l'Eglise de Jéeus- Christ, qui en est innocente. . C’est en décriant les
personnes sacrées et les pasteurs que l’hérésie a
tant fait de progrès. à Saint Antoine était dans une si haute réputation de sainteté, que les empereurs et les princes. lui éerivaient pour lui demander ses prières et ses conseils. Quoiqu’il fut ainsi hororé des grands, il
honorait lui-même le sacerdoce avec un, si profond. tespéct, que lorsqu'il rencontrait un prêtre, il se
prosternait à genoux, et ne se relevait point qu’il n'eût raçu sa bénédiction, |
. Saint François d’Assise, cet homme si divin, avait tant de vénération pour la prêtrise, que jamais
il n’ose. se faire consacrer prêtre. Ilavait coutume
de dire que, s’il rencontrait un prêtre avec un ange, il.ealuerait le prôtre ayant que de saluer l’ange, paree que le pouvoir d’un prêtre est au-dessus du pouxoir des anges, et que, quoiqu’an prêtre ne soit pas sajat, il n
Seigneur, | ’ Dee Théodose avait rendu de grands services à la religion ; mais, La eu le malheur
de commettre un crime qui scandalisait ses peuples, saint Ambroise, son pasteur et son évêque, l’en réprit.: publiquement, et, lui refusa l'entrée de Péglise. L'empereur, pour son excuse, allégua que David avait commis un semblable crime, et
n’il en. avait obtenu le pardon. Ilest vrai, lui El saint pasteur; mais, puisque vous l'avez émité dans.ea faute, imilez-le aussi dans sa pénitence, Khéodose, tout grand prince qu’il était, se soumit neite sévère cosrection de son pasteur. |
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“Environ l’an 1690, dans une paroïsse du diocèse de Besancon, à quelques lieues de cette ville, il arriva un événement surprenant, qui fut regardé comme un coup du Ciel, pour inspirer le respect dû aux pasteurs. Deux libertins scandalisaient la aroisse par leurs désordres-; le pasteur en avertit Eur pères, qui reçurent mal lavis de leur curé : nème l’un d’eux eut l’insolence de lui répondre : Monsieur le pasteur, mêlez-vous de dire votre bréviaire, et ne vous mêlez pas de ce qui se passe hez moi : il faut bien que la jeunesse se passe, e vous parle en pasteur, répondit le curé, et vous ne parlez pas en chrétien : prenez garde que Dieu pe. vous. punisse, pour te libertinage de votre fils, que Vous autorisez. de ..Cet..homme, loïn de profiter de l’avis de son pasteur, publia dans sa paroisse qu’il avait si bien A faif à son curé, qu'il ne s’aviserait plus de ui Horde reprimandes, C'’étai! un samedi, et.
somme la chose devenait publique, le curé crut QU la de ‘la prudence k
e, donner le lendemaig
dans son prône quelques avis à ce sujet. Le curé Je fitavec beaucoup de modération, de ménagement et de charité, et ajouta que, quand on méprisait les avis d’un pasteur, Dieu en était très-offensé, et punissait souvent de tels mépris.
.… Après la grand’messe, celui qui, la veille, avait si mal reçu les avis de son pasteur, recommença $es invectives, disant que les prêtres n’avaient que des reproches à faire, mais qu’il s’en moquait. Les deux libertins passèrent le reste du jour au cabaret, et, pour braver le curé, firent plus de scandale que les autres fois; mais Dieu mit fin à leur vie scandaleuse par un châtiment exemplaire.
… Le lendemain, le ciel menaçant d’un orage, ces deux libertins, avec deux autres garçons qui étaient très-sages, coururent à la tour de l’église pour sonner les cloches; il fit dans le momeït un si grand coup de tonnerre, que ces quatre jeunes ommes, saisis de frayeur, descendirent promptement pour se sauver. Dans le temps qu’ils descendaient, un second coup de tonnerre tua les deux libertins d’une manière si surprenante, qu’on ne douta point que ce ne fût un châtiment de Dieu. . Le tonnerre, après avoir fait plusieurs circuits dans la tour, suivit les quatre jeunes hommes qui ææ suivaient de près, et qui descendaient avec précipitation l'escalier: le tonnerre épargna le premier, qui était sage, et écrasa le second, qui était un des Lbertins ; il ne fit aucun mal au troisième, et vint encore frapper le quatrième, qui était l’autre libertin, et le tua. Ensuite le tonnerre entra dans l’église, où était la mère d’un de ces libertins ; il enleva cette femme, la jeta contre les murs de l'église, et ne fit aucun mal à plusieurs autres personnes qui étaient présentes. À la vue d’un accident si extrs-
et Le curé ménagement méprisait les rès-offensé, et
veille, avait recommença n’avaient que moquait. Les ur au cabaret, scandale que eur vie scanun orage, -Ces ns qui étaient Péglise pour omeñt un Si quatre jeunes ent promptetemps qu’ils inerre tua les enante, qu’où ment de Dieu.
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POUR LES JEUNES GENS. 2 ordinaire, on reconnut la justice de Dieu, et les | ed ces libertins vinrent, fondant en larmes, emander pardon à leur pasteur. mu t Souvenez-vous que Dicu ne laisse pas impuni kB mépris qu’on fait de sa parole et de ses ministres, et qu’à votre mort, un des plus grands regrets que vous aurez sera d’avoir méprisé les avis et les sages conseils de vos pasteurs. pin
:"{APITRE XLII.
Des jeux et des divertissements.
La récréation est nécessaire à ceux qui s’appliquent à un travail assidu, ou à une étude sérieuse, La récréation, prise dans un jeu honnête, dans un divertissement modéré, est convenable aux jeunes
ens, et proportionnée à leur âge. Le jeu et le ivertissement ne sont donc pas contraires à la vertu, mais, pour être innocents, ils doivent avoir les conditions suivantes, qui regardent le temps, la manière, la substance et la fin du jeu. |
I. Quant au temps, on doit y garder la modétation. Si on emploie trop de temps à se divertir, ce n’est plus une récréation, c’est une occupation, Or, il est indigne de l’honnête homme et du chrétien de se faire une occupation du divertissement et du jeu: ce ne serait plus relâcher son esprit, mais æ dissiper ; et, loin qu'une telle récréation rende plus ropre au travail, celle aflaiblit les forces, et nuit à a santé. N’employez jamais à vous divertir le
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temps que vous devez donnér à l'étude, au travail, tux affaires de votre état, ni le temps que vou devez au soin de. votre famille, aux offices de la paroisse et au service de Dieu: ce ne serait plus un divertissement, mais un désordre. N’est-cé pä éh effet un grand désordre et un scandale de vor . des jeunes gens se divertir, jouer, folâtrer, pendant que les autres sont assemblés dans l’église pour adorer Dieu et écouter sa parole dans les conférences de piété, dans les congrégations et dans les bffices publics ? de les voir, avec un esprit ie ve entrer dans le lieu saint, au milieu d’un ofüce commencé, venir interrompre et troubler la piété des fidèles? Quelle attention et quelle dévotion peuvent-ils avoir dans ces assemblées saintes, en sortant étourdiment du jeu, l’ésprit rempli de dés, de boules et de cartes? | "11. Quant à la manière de jouer et de se divertir, il faut éviter deux choses, l’attache et le péché. : 1 1] faut se divertir et jouer sans attache, Les jeunes gens se passionnent aisément pour le jeu, ét cette passion est d’autant plus à craindre, ‘qué laffection trop grande au jeu les fait tomber datis ’excès, leur fait perdre le temps, les occupe, et les it penser continuellement au moyen de se divertir. Cette attache les rend incapables d’une occupation ütile et sérieuse. Les applique-t-on -au travail ou à l’étude, ils ont l'esprit au divertissement et aù u, F 20. Jouez donc sans attache, mais aussi sans éché. Ne vous livrez jamais, en jouant, ni au jurements, niaux contestations, ni aux empoñïté: inents de colère ; c’est la marque d’un esprit mal élevé. Evitez la fourberie et le mensonge, et nè ttompez personne au jeu. Bannissez de vos récré-
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ons et de vos divertissements les paroles libres et: à. double sens, les. airs passionnés et les chansons obgcènes, dont tout chrétien a horreur quand il a la crainte de Dieu. |
TH. Pour ce qui regarde la substance des divertissements èt des jeux, il faut faire attention à deux: choses. 10. Ne jouez jamais qu’à des jeux permis: #% innocents et non point à des jeux défendus, à des jeux de hasard. Regardez comme des diverüssements pernicieux et défendus, certains jeux de mains avec des personnes de sexe différent, Les. bouffonneries et les badinages indécents qui se glissent: dans ces sortes de jeux avec le sexe ne sont ni-chastes, ni innocents, et sont souvent trèscriminels. Une fille qui a de la modestie et de la
crainte de Dieu doit s'abstenir de jouer avec des
garçons, même à des jeux innocents. Il est inoui que de saintes femmes et des filles chastes se sient fait une habitude de jouer avec les hommes. 89 ILest plus louable de jouer et de se divertir dans. sa famille que dans des assemblées, parce ue les assemblées de jeux sont ordinairement langereuses. Une personne qui a de l’honneur ne se. trouve point à jouer dans une assemblée où Pon admet toute sorte de joueurs. Les assemblées nocturnes où l’on joue en masque sont des abormnibations que les lois condamnent, que la religiog réprouve, et qui devraient couvrir de confusion ceux qui s’y trouvent, s’il leur restait encore uelque sentiment du christianisme. Un chrétien doit se divertir en chrétien et non en paien.
JV, Quant au motif et à {a fin du jeu, on ne doit ques que pour ‘une fin louable, pour relâcher "esprit et soutenir sa santé, afin d’être plus en état de travailler, de remplir les devoirs de sa con
INSTRUOTIONS ‘
dition, et de servir Dieu: toute autre fin est blâ: mable. Jouer précisément et uniquement pour le laisir de se divertir, c’est sensualité ; jouer pat intérêt et pour gagner, c’est avarice et cupidité; jouer pour se faire estimer, pour passer pour habile Joueur, c’est une sotte vanité ; jouer pour faire la débauche, c’est intempérance et scandale ; jouer parce qu’on n’a rien à faire, et seulement pouf paper le temps, c’est oïisiveté et fainéantise. Qu’un omme est à plaindre quand il n’a point d’autré occupation que le divertissement et le jeu! A:t-l donc oublié que Dieu ne nous a pas mis au monde! et qu’on n’est pas chrétien pour se divertir, maïs pour travailler, pour faire pénitence et gagner le ciel? Passer ln vie à se récréer, à joyer et à riré, c’est une vie inutile, une vie réprouvée de Diet: Malheur à vous, dit Jésus-Christ, qui riez, qui avét uos plaisirs et vos consolations sur la terre ! 3! .. C’est sur ces quatre avis que vous devez régler vos divertissements et vos jeux. Ajoutons-en un autre, qui est de ne point jouer avec des libertins, des querelleurs et des impies, ni dans des liéux suspects, ni malgré vos parents, vos maîtres ou vos pasteurs. Si vous jouez de l’argent, que ce soit en etite quantité, et seulement pour égayer le jeu, et Jamais au préjudice de ce que vous devez aux pauvres et à votre famille. Et quand même vous ne feriez tort à personne, et que vous seriez riche, vous ne devez point exposer au jeu des somimes considérables.
O que tous ces avis sont importants, et combien de gens sont tombés dans les plus grands malheurs pour les avoir négligés! Prenez donc garde, jeunes gens, de ne jamais vous livrer au jeu avec attache : œtte passion vous ferait perdre tout sentiment de
fin est blâ:
ent pour le
s jouer pat
t cupidité pour habile jour faire la idale ; jouet ement pouf tise. Qu’un oint d’autré jeu! A:-t-il au monde!
vertir, maïs et gagner le er et à riré, ée de Diet.
evez régler utons-en un ns des liéux îtres ou vos e ce soit en er le jeu, et devez aux ême vous eriez riche, es somimnes
et combien s malheurs arde, jeunes ec attache :
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POUR LES JEUNES GENS. \ $a7
Dieu, et vous entraînerait dans de grands désordres. Les querelles, les chagrins, les imprécations, les blasphèmes, les larcins, les profanations des saints jours et les duels même sont les funestes fruits des jeux immodérés.
Cette attache effrénée va jusqu’à l’aveuglement le plus profond. Un homme, par sès divertissements et.ses jeux, désolera sa famille, ruinera sa femme et ses enfants ; et, loin d’en être touché, il s’en fait un plaisir. O Dieu! se faire un divertissement et an plaisir de perdre son âme, son honneur, son temps et ses biens, est-ce passion et aveuglement ? Non, c’est quelque chose de pire ;, c’est une fureur,
: une fascination, une espèce d’ensorcellement, qui
possèdent par leur malice l’esprit des joueurs, et qui leur font regarder comme un divertissement innocent, une occupation et un excès que tout homme raisonnable regarde comme un crime.
EXEMPLE
. Saint Augustin rapporte qu’un jeune homme qui
jouait, s’étant emporté à des jurements et à des lasphèmes RURLIES fut subitement emporté par
les démons à la vue de ses compagnons.
: 1] n’est pas nécessaire de rapporter ici d’autres exémples. Le théâtre du monde ne fournit que trop de scènes et d’histoires tragiques sur ce sujet. Combien de meurtres, de batailles et de scandales à l’occasion du jeu ! combien de fortunes tombées, de familles perdues, de parentés déshonorées et désolées par les jeux !
or
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