‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gens [microforme]Chapitre 74 sur 97 · IV. Vous direz peut-être que toutes ces choses · texte numérisé non relu

IV. Vous direz peut-être que toutes ces choses

sont selon l’usage du monde, Je réponds, 1°: qu’il

est vrai, et que c’est pour cela qu’il y a tant de jeunes gens qui n’ont ni modestie, ni retenue ; et que tant d’autres, sous l’apparence d’honnêtes gens, ont un cœur souillé devant Dieu, parce qu’en vivant selon l'esprit du monde, ils ne vivent pas selon l'esprit de Dieu ; 2° que lusage et les coutumes du monde ne vous justifient pas; plus vous les suivez, plus vous exposez .votre salut. Jésus-Christ vous avertit que la foule et le grand nombre suivent le chemin de la perdition ; vous exposez donc votre âme, si vous suivez l’exemple de la foule. C’est pour cette raison que Jésus-

Chrisf a maudit le monde, parce qu’on n’y voit que scandale, concupiscence de la chair, concupiscence des yeux et orgueil de la vie.

Vous vous êtes donc trompé, si vous avez cru qu’il était pros de faire tout ce que vous voyiez faire e

dans le monde. Celui, dit le Saint-Esprit, qui aime le monde, c’est-à-dire tous les usages et les coutarmes du monde, devient l'ennemi de Dieu. A qui aimez-vous mieux plaire, à Dieu ou au monde ? a mr + qui veut vous sauver, ou au monde qui vous ?

Pai vous dites qu’il faut quelques divertissements aux jeunes gens, j’en conviens , mais il leur faut des divertissements honnêtes et innocents, et non pas des divertissements dangereux. Réjouissez-vous, dit saint Paul, mais réjouissez-vous dans le Seigneur ; qu’on voie toujours en vous de la modestie, parce

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que le Svigneur est présent, Imitez les personnes sages, qui savent se divertir agréaolement et toujours innocemment. Comment pouvez-vous trouver du plaisir dans un divértissement et dans une compagnie où votre esprit, votre cœur vt votre âme sont souvent souillés, et où vous êtes toujours dahs

‘le danger d’offenser Dieu.

Pour conclusion, que vos divertissements soient courts : si le divertissement vous sert d’occupation, il vous rend coupable, Que vos divertisseménts soient saints, sans danger pour vous et sans scandale pour les autres. Ainsi, jeune homme,

renez des récréations honnêtes à quelques jeux innocents et modérés, ou à quelques autres exercices, pour délasser votre esprit et votre corps : Mais prenez-les dans la famille, ou avec des compagnonsédifiants. Et vous, filles chrétiennes, prenez vos récréations dans vos familles, ou avec des personnes de votre sexe qui soient des personnes sages et vertueuses,

EXEMPLE

On ne connait souvent le danger qu’il ya d fréquenter les veillées et les-assemblées dé ditférent

‘ sexe, que lorsque le mal est devenu presque in-

curable. Un père en fit une triste expérience dans la personne de son fils. Ce fils, nommé Maurice, âgé de dix-huit ans, était tendrement aimé de son

‘ père parce qu’il était sage et appliqué à son devoir.

Ilne prenait ses récréations que dans sa famille, ou avec des compagnons vertueux, du consentement de son père et de sa mère. Son père lui ayant dit un jour qu’il lui permettait d’aller se récréer

chez le voisin, où il y avait un bal.et une danse:

Mon cher père, répondit Maurice, je n’ai point de plus agréable récréation que d'etre en votre compagnie. Eh bien! mon fils, lui dit le père, nous trons donc ensemble y veiller ce soir.

Le père le conduisit une seconde et une troisième fois dans ces sortes de compagnies ; Maurice y prit du goût, commença à les aimer, s’occupait même l'esprit des choses qu’il y avait entendues, et n’était plus si appliqué à son devoir. Il ptit dans ces veillées de l’attache pour une fille qui ne lui convenait pas. Le père s’en aperçut, et lui défendit de ne plus retourner à la veillée ; mais, linclination de Maurice l’emportant sur le respect qu’il devait à son père, il ne laissait pas d’y aller tous les soirs.

L’intrigue de Maurice avec cette fille éclata ; on en parla même d’une manière très-dangereuse à sa réputation, et le père en eut des reproches de la

art des voisins. Æh bien ! mon mari, lui dit sa emme, vous voyez le fruit de votre complaisance pour votre fils ; je me suis loujours opposée à ces sortes de compagnies et de veillées ; je m’en décharge devant Dieu, c’est votre: affaire. J'ai tort, répondit le père, je devais-suivre vos avis ; c’est par ma faute que mon fils commence à devenir liberlin, je vais y mettre ordre. 1] fit venir Manrice, et lui défendit de nouveau d’aller désormais veiller, ni auprès de cette fille, ni ailleurs. Ce fils lui répondit avec hardiesse qu’il continuerait -dy aller, qu’il ne faisait aucun mal, qu’il avait assez d’âge pour se conduire. Le père, qui ne s’attendait pas à une réponse si insolente, châtia surle-champ son fils : correction inutile, parce que.ce père s’y prenait trop tard. | .&.peine Maurice-eut-il reçu la.correction de.son

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et n’attire sur eux et sur vous les châtiments de

père, qu'il. sortit, et s’engagea dans la cavalerie. Quelques mois après, il finit sa vie par une mort tragique, ayant été tué et écrasé sous les pieds de son cheval

Réfléchissez sur cet exemple, jeunes gens :

Maurice est sage tandis qu’il obéit à son père, et qu’il reste à la maison ; . Maurice se dérègle et se perd dès qu’il fréquente les compagnies dangereuses et les veillées. Profitez vous-mêmes de cet exemple, pères et mères, Plus vos enfants et vos domestiques ont d’attraits pour les compagnies et d’inclination pour sortir, plus vous devez les retenir et veiller sur eux. (Craignez que la trop grande liberté. que vous leur donnez ne les perde,

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