La sagesse et la raison se trouvent rarement
dans l'enfance et dans la jeunesse ; c'est pour cela
que le Saint-Esprit a dit que la folie est comme
Papanage des jeunes gens, et que la correction les met
en fuite ; c'est-à-dire la crainte du châtiment fait
dans la jeunesse, ce que la raison même ne peut
encore faire.
Un père n'est donc pas un bon père, mais un méchant père ; une mère est de même une mauvaise mère, lorsqu'ils ne font ni réprimande ni correction à leurs enfants. C'csf hoir ses enfants^ dit le Sage, que de leur épargner la verge. Les défauts qu'on laisse croître dans le cœur caus€ront un jour leur perte^, et sero!it une source de chagrins pour leurs parents.
Il faut corriger les enfants de bonne heure : c'est en vain qu'on entreprendrait de redresser ou d'arracher ^n vieil arbre tortu ; de même aussi c'est vainement ou très-difficilement qu'on prétendrait redresser la conduite d'une personne qui a pris un mauvais pli dans sa jeunesse, et qu'on tâcherait d'arracher des vices qui ont jeté de profondes racines dans son cœur.
Trop de complaisance et de douceur aux jeunes gens les conduit aux enfers ; une sage sévérité, un châtiment raisonnable les en délivre, dit le Sage. Ce serait une cruauté de ne pas retenir un enfant qui va étourdiment se jeter dans un feu ou dans un abîme : pourquoi donc ne le corrigez-vous pas, lorsque par ses vices il se précipite en enfer ?
II. Souvenez-vous donc, jeunes gens, que si vos parents et vos maîtres sont obligés de vous reprendre et de vous corriger par charité, vous êtes obligés d'écouter leurs réprimandes et leurs avis avec docilité, et de recevoir leurs corrections avec patience et soumission. Ils doivent vous reprendre quand vous avez péché ; les avis et les instructions, qu'ils vous donnent, sont, dit le St. Esprit, une loi que vous ne ■devez pas mépriser* Si leurs réprimandes ne vous rendent pas sages, ils doivent j ajouter le châtiment.
Quand il vous semble que vous ne méritez pas le châtiment, faites réflexion que si vous ne le méritez pas pour cette faute, vous le méritez pour beaucoup d'autres, et qu'il vaut mieux soufîrir étant innocent, dit St. Pierre, que de souffrir étant coupable ;