SENTIMENTS DÈ ST. FRANÇOIS DE SALES
d'un saint sont-elles les réflexions d'un homme qui approuve la danse.
" Je vous parle donc des bals, continue St. Fran- " çois de Sales, comme les médecins parlent des
champignons : les meilleurs ne valent rien ; de « même les meilleurs bals ne sont guère bons. Les <f champignons attirent l'infection et le venin des " serpents qui les approchent ; de même aussi ces " assem-bléeà ténébreuses attirent ordinairement les ^< péchés qui régnent dans un lieu ; jalousies, raille-
ries, bouffonneries, querelles, amours insensés. <f D'ailleurs, l'appareil de ces assemblées, le tumulte ^< l'enjouement, l'air de liberté qui y règne, agitent
l'imagination, et ouvrent le cœur au plaisir. Il ne « faut qu'une parole libre, une cajolerie, un regard,
pour souiller l'ame, qui, dans ces occasions où se
trouvent le serpent et le basilic, est toute disposée « à en recevoir le venin." Telle est la doctrine de saint François de Sales. Or, peut-on dire qu'une telle doctrine autorise les danses et les bals ? " Ces <^ ridicules divertissements, ajoute ce grand saint, " dissipent l'esprit de piété, affaiblissent les bonsdé-
sirs de la volonté, refroidissent l'amour de Dieu, et " réveillent dans l'ame mille sortes de mauvaises dis-
positions.
C'est pourquoi, continue ce saint évéque, on ne doit jamais se les permettre, dans la nécessité ^< même, qu'avec de grandes précautions." Remarquez ces dernières paroles, et comprenez
dans quel sens et pourquoi il parle de la çorte, de peur que le monde ou quelque faux Docteur ne vous fasse: ici tomber dans l'erreur et dans le piège ; c'est que ce' grand saint, connaissant qu'il y a dans le monde cer*; tains dangers inévitables, sachant d'ailleurs que, selon* la parole du sauveur, ou égard à la corruption du siècle, il est nécessaire quHl arrive des scandales ; ei que les personnes, même vertueuses, se trouvent quelquefois obli^^ées d^en être témoins 5 ce saint évêquejj par charité pour les bonnes ames, a cru devoir donner des avis pour les précautionner dans ces périlleuses occasions où elles se trouvent engagées comme , par nécessité. j Mais quel est le cas' de nécessité dont parle St*j François de Sales ? Il s'en explique lui-même : C'cs^ , dit-il, dans une occasion d^où vous ne pouvez abso-- ^ lument vous dégager^ lorsque la prudence et la discré-*^ tion V exigent par complaisance pour une compagnie, ; Or, ces occasions dont on ne peut se dégager, sont ra-* res, dit ce saint prélat; c'est-à-dire qu'il n'arrive^ presque jamais qu'on se trouve dans cette nécessité , malgré soi, parcequ'on doit craindre, prévoir et éviter , les occasions. Si vous aimez ces dangereuses occa- ^ sions, et si vous vous y engagez, pouvant les éviter avec bienséance, alors elles sont volontaires, et vous n'êtes pas innocent devant Dieu de vous y trouver, parceque, aimant le danger, vous vous exposez à y ; périr. Voilà la doctrine de l'Esprit Saint : Quiconque aime le danger y périra.