SENTIMENTS DE ST. FRANÇOIS DE SALES
Que si VOUS vous trouvez, sans votre faute, dans ces occasions de bals et de danses, et que vous ne puissiez absolument vous en dégager, alors tir^z-vous de ce pag glissant avec discrétion, en prenant les sages précautions que saint François de Sales prescrit : " S'il faut <^ manger des champignons, dit-il, on doit les bien <^ assaisonner, et en manger peu, autrement leur ma- " lignité devient un poison. De même, si vous êtes
dans la nécessité de vous trouver à la danse, il faut " qu'elle dure peu de temps, et qu'elle soit assaison-
née dans toutes ses circonstances par le souvenir da " la présence de Dieu, par la bonne intention de plaire
à Dieu et parla modestie. Il faut, après ces as"
semblées, où vous vous êtes trouvé comme par né- " cessité, faire des réflexions salutaires pour eifacer
les dangereuses impressions que le vain plaisir aurait
pu faire dans votre cœur. Voici, dit saint François
de Sales, les réflexions que vous pouvez faire.
1. Pensez que, lorsque vous dansiez, plusieurs «^brûlaient dans l'enfer pour des péchés commis à la
danse. 2. Que plusieurs personnes de piété étaient *^ prosternées devant Dieu, et pleuraient leurs péchés, <^ pendant que vous étiez au bal. 3. Que des mil- " liers de personnes ont souffert des maladies cruel- <f les, et sont mortes dans les plus violentes douleurs?
pendant que vous ne pensiez qu'au plaisir 5 et "qu'un jour vous gémirez comme elles dans la dou. "leur. 4. Que pendant cet amusement ridicule, " vous avez déplu à N.S. à la sainte Vierge et aux ce
'^saints. Qu'enfin pendant la danse votre temps passe, la mort s'est avancée, et que bientôt elle vous fera comparaître au jugement de Dieu." On n'est pas obligé de prendre des précautions ipour faire une chose qui est innocente, ou qui est sans danger ; ainsi puisqu'un homme, aussi modéré et aussi éclairé que St. François de Sales, exige tant de précautions poiir la danse et le bal,c'est une marque qu'il reconnaît que ces sortes de divertissements sont illicites ou dangereux, et qu'on doit faire son possible pour les éviter.
S'il était permis d'aller à la danse, ce ne serait point à ceux qui l'aiment et qui la cherchent j aux personnes volages et dissipées qui n'ont que peu ou point d'amour de Dieu, ou peu de crainte de l'offenser ; les danses selon la doctrine de ce grand saint, leur seraient pernicieuses. Les âmes saintes, ennemies des vanités et des folies du monde, profondément enracinées dans l'amour de Dieu, y risqueraient moins que les autres. Telle était sainte Elizabeth, reine de Hongrie ; obligées de se trouver en certaines assemblées de divertissements profanes, elle en sortait le cœur rempli d'une plus grande dévotion.
Telle était encore la reine Esther, qui, ne pouvant se dispenser de s'habiller avec un appareil fastueux pour paraître dans certaines cérémonies avec le roi, détestait dans son cœur tout ce pompeux appareil de vaines parures, s'unissant de plus en plus à Son Dieu. Tout contribue à la sanctification des