‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gensChapitre 16 sur 58 · DE LA RETENUE DANS LES PAROLES. S · texte numérisé non relu

DE LA RETENUE DANS LES PAROLES. S

les premiers à parler et les derniers à se taire, qui raisonnent et qui disent leur sentiment sur les choses même qu'ils ne savent pas : c'est la marque d'un esprit volage et superbe. Quand une personne est légère d parler, dit le Sage, il faut attendre d'elle plus de folie que de sagesse.

Pour bien régler votre langue, voici les maximes , que vous devez suivre : 1. Parlez peu, et écoutez bearcoup. L'écriture dit, que celui qui sait régler SCS paroles, est sage et prudent ; et que le silence est une grande marque de prudence, que quand il se trouve même dans une personne insensée, il la faut estimer sage. Je ne parle pas d'un silence morne et trop sérieux qui vient de timidité ou de mélancolie, mais d'un silence discret, que l'on garde par modestie.

2. Dans les entretiens prenez garde à trois choses» Ne parlez point avant que vous ayez entendu ce qu'on dit. N'interrompez point celui qui parle. Ne vous hasardez pas de dire votre sentiment, quand on parle de quelque chose que vous ne savez pas. Ces trois maximes sont celles du Sage, renfermée dans les avis suivants : Avant que vous ayez entendu ne dites mot. Ne parlez pas au, milieu du discours. Ap^ prenez avant que de parler; car celui qui parle avant quHl entende, montre quHl est un insensé.

Quand vous serez en quelque compagnie honorable, voici ce que le Saint-Esprit vous conseille^^ 1. Que vous parliez peu, seulement quand ou vous

interrogera, et que votre réponse soit courte. 2. Que ! dans les entretiens vous ne fassiez pas le bel esprit et i le savant, mais que vous vous comportiez comme sa-chant peu, et non par dissimulation, mais par modes* tie. 3. Que vous écoutiez les autres et que vous demandiez leur avis en peu de mots, pour appren-> dre d'eux ce que vous ne savez pas. 4. Lorsquei Dieu sera offensé en votre présence, que vous n'yj preniez point déplaisir.

CMAPÏTRE XV.

De la Médisance et de la Calomnie.

1. Médire, c'est faire connaître un défaut ou une faute du prochain, capable de nuire à sa réputation,' Si le mal qu'on dit du prochain est faux, c'est calomnie. Si le mal qu'on en dit est vrai, et si ce mal n'est pas connu, c'est médisance, quand on le fait connaître sans raison légitime. Tandis que la faute d'autrui est secrète, c'est lui faire injure que de le faire connaître à ceux qui ne la savent point ; et quand même elle serait publique, c'est ordinairement manquer de charité que d'en parler.

Les jeunes gens doivent d'autant plus craindre ce vice, que peu de personnes en sont exemptes ; et ce qui est déplorable, souvent même des gens éclaiiés n'en font aucun scrupule. On tombe dans ce péché en plusieurs manières, et très-souvent sans attention, parcequ'on ne veille pas sur soi-même.

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