ARTIFICES DANS LES TENTATIONS
leui-s mépris, moquez-vous de de leurs moqueries^ mettez-vous au-dessus de tout, pour contenter DieUj et vous sauver. C'est une grande folie de préférer l'estime des hommes à votre salut, et de complaire à un petit nombre d'esprits malfaits, pour déplaire aux personnes sages, aux saints, et à Dieu même. Pesez-bien cette réflexion.
Les artifices du démon pour engager les jeunes gens dans la tentation.
Il y a trois principaux artifices par lesquels le démon séduit les hommes, et surtout les jeunes gens dans la tentation.
1. Le premier de ces artifices renferme trois pièges. 1. Il empêche de connaître la grandeur du mal qu'il veut faire commettre. 2. Il présente à Pimagination la douceur du péché, et la fait voir toujours plus grande qu'elle n'est. 3. Il grossit la difficulté d'y résister, et la fait regarder comme insurmontable.
Oh î que le tentateur est trompeur dans ces trois pièges! car, 1. Le mal qui est dans le péché est plus grand que tous les autres maux. 2. La douceur du péché n'est que d'un moment, elle est suivie de chagrins, de remords, et souvent de désespoir. 3. La peine et la difficulté d'y résister ne durent pas
long- temps; et quand on les surmonte, elles sont suivies de consolation, elles font mériter le ciel, et souvent n-ous délivrent de plusieurs autres tentations.
Prenez donc garde de vous laisser aveugler par l'ennemi de votre salut. Quand il vous présente une tentation, regardez aussitôt le mal qu'il vous inspire comme un grand malheur. Ne considérez pas le plaisir qu'il vous offre, et qui passe comme une ombre ; mais pensez au regret et aux remords qu'il vous laissera dans l'ame,et aux châtiments dont il sera puni. Ne regardez pas la peine et la difficulté d'y résister, qui durent si peu, mais la consolation et le mérite qui vous en resteront. Si vous agissez de la sorte, la tentation se dissipera, et votre cœur sera en paix. '
II. Second artifice. Le démon séduit les jeunes gens dans la tentation, en leur remettant cette pensée dans l'esprit . "Je me confesserai de ce péché ; "j'en obtiendrai le pardon, et j'en ferai pénitence." Avec cette aveugle présomption, on se livre dans une fausse assurance au crime. — Quoi donc si vous pensiez que Dieu vous dût foudroyer après votre péché, vous ne le feriez pas : et parceque vous espérez de lui le pardon, vous l'offensez sans crainte î Allez, malheureux, vous êtes donc méchant parceque Dieu est bon ! vous l'offensez parcequ'il pardonne ? 0 quelle impudence ! quelle témérité ! De quel châtiment ne doit pas être puni un tel outrage ?