FAUTES DANS LÉS TENTATIONS
Benjamin, quoiqu'ils fassent beaucoup plus forts en nombre, furent défaits à la première et à la seconde bataille., mais ils ne perdirent pas courage : il vinrent devant le tabernacle, pleurer, jeûner, prier, et offrir des sacrifices ; ils reprirent ensuite les armes, et allèrent au combat, où ils remportèrent la victoire.
Comportez-vous de la sorte dans les tentations.
Il ne faut pa«î perdre courage pour avoir été une fois vaincu, mais vous relever promptement, recourir I à Dieu, gémir sur votre chute et sur votre misère? implorer la miséricorde du Tout-Puissant et le secours de sa grâce, Il faut que le regret d'avoir été vaincu vous excite à résister plus fortement dans la suite, et que vos chutes vous servent à vous tenir plus sur vos gardes, et à profiter de vos propres défauts.
EXEMPLE
Saint Jérôme, que je vous donne ici pour modèle, a été attaqué plus fortement que vous ne le serez jamais, et c'est peut-être celui de tous les serviteurs de Dieu dont la jeunesse a été la plus éprouvée par les tentations.
Après avoir passé quelque temps dans le monde, il quitta le siècle, et alla à Jérusalem visiter les saints lieux ; de là il se retira dans le désert, où il demeura quelques années. Pendant ce temps, malgré ses austérités, il fut agité de tentations d'im- I pureté si fréquentes et si horribles, qu'il excite les larmes de ceux qui le lisent. Voici ce qu'il en dit
lui-même en écrivant à Eustochie : 0 combien de^ "fois dans cette vaste solitude, que les ardeurs du ^'soleil rendent insupportable, les pensées et leri " plaisirs de la volupté ont-ils troublé et sali monjr "imagination ! La douleur et l'amertume dont^; " mon âme était remplie me faisaient chercher les i "'lieux les plus écartés pour combattre mes ten-i. " tations et pleurer mes péchés. Mon corps, déjà!
tout hideux, était couvert d'un cilice j je ne ces-r " sais de verser des larmes, et de gémir la nuit e\ le \ " jour. Je n'avais point d'autre nourriture que cellé'
des solitaires de ce désert, qui ne boivent que de? r " l'eau et ne mangent que des herbes crues, même' : " dans leurs maladies» Dans ce désert affreux, qui i
était comme une prison oii je m'étais condamné!
moi-même pour éviter l'enfer, dans ce désert, dis- - " je, quoique je n'eusse d'autre compagnie que celle
des scorpions et des hêtres sauvages, souvent jci ? " me trouvais en pensée aux assemblées des dames i
de Rome. Les jeûnes me rendaient le visaget f " pâle et défiguré, et mon esprit ne laissait pas d'êtrd \
brûlé de mauvais désirs. Dans un corps languis^ \
sant, et dans une chair qui était déjà morte avant; ;
moi-même, je sentais vivre et brûler les flammeà I " des désirs impurs." ' ,
Voilà les tentations de ce grand saint, et les as- \ sauts qu'il avait à soutenir; mais écoutez comme ce courageux soldat de J.-C. s'est comporté dans^ces ! combats.