SUR LES GENS DE GUERRE
A peine Maurice eut-il reçu la correction de son père, qu'il sortit et s'engagea dans la cavalerie. Quelques mois après, il finit sa vie par une mort tragique, ayant été tué et écrasé sous les pieds de son cheval.
Réfléchissez sur cette exemple, jeunes gens : Maurice est sage tandis qu'il obéit à son père et qu'il reste à la maison j Maurice se dérègle et se perd dès qu'il fréquente les compagnies dangereuses et les veillés. Profitez vous-mêmes de cet exemple, pères et mères: plus vos enfans et vos domestiques ont d'attraits pour la compagnie, d'inclinations pour sortir, plus vous devez les retenir et veiller sur eux. Craignez que la trop grande liberté que vous leur donnez ne les perde, et n'attire sur eux et sur vous les châiimens de Dieu.
CIÏAPITJRE XÏ.V.
Avis à la jeunesse^ au sujet des gens de guerre et de ce qui concerne la profession des armes.
1. Les gens de guerre, officiers et soldats, destinés par leur emploi à veiller à notre garde et à notre sûreté, sont véritablement dignes de nos respects, de notre estime et de notre reconnaissance. Quelles obligations ne leur avons-nous pas, puisqu'ils sont toujours prêts à exposer leur v^e pour le soutien de l'Etat et pour la défense de la Religion ? En les
considérant sous ce point de vue, nous devons les regarder comme des personnes qui nous rendent les service les plus importans, les aimer et leur rendre service.
On doit un respect plus singulier aux gens de guerre dont les mœurs et h conduite sont réglées selon Dieu. On ne peut disconvenir que, dans la profession des armes, il est difficile de se sauver; qu'il y a de fréquentes occasions de se pervertir, et de grands obstacles à la sainteté. Mais aussi, on doit rendre cette justice aux militaires, que, s'il y a parmi eux de grands scélérats sans religion, et grand nombre de libertins qui se livrent à des désordres crians, il y en a aussi plusieurs qui ont de grands sentimensde religion, et qui vivent en véritables chrétiens.
Autant qu'on doit estimer un officier ou un soldat qui servent Dieu en servant leur Prince, autant doit-on avoir horreur de la conduite et de la fréquentation de ceux dont la vie est déréglée. Un jeune homme doit donc éviter la société et la compagnie d'un soldat qui vi^ dans le désordre et dans le libertinage, de même que la société de tout autre libertin.
Quand aux soldats dont la conduite est régulière et chrétienne, il faut faire attention que leurs occupations et leurs emplois étant difFérens, on doit craindre de les détourner de ku^^s exercices, et les fréquenter selon que la bienséance et le service du Roi l'exigent.