HUMILITE ET SUPERBE
2. Quant à vos égaux, traitez-les tous avec déférence, sans vous en faire accroire, sans être enflé de votre rang, et des honneurs qui vous sont dus, sans vouloir précéder les autres. Laissez ces vanités aux âmes faibles, et aux esprits bas. Un esprit bien fait ne se repaît jamais de ces .honneurs imaginaires ; il conserve son rang avec modestie, quand il est nécessaire : mais il le conserve sans orgueil et sans faste, sans contestation et sans aigreur.
Ceux qui vivent dans une même famille, les enfants et les domestiques, les beaux-frères et les bellessœurs doivent avoir les uns envers les autres beaucoup de condescendance et d'humilité ; se soulager, s'entr'aider, se supporter avec patience et iie jamais se quereller ; que les plus grands aiment et excusent les petits, que les petits aient du respect pour les grands. Qu'il n'y ait jamais entr'eux aucune envie, parce que l'envie est le vice du démon, et met le désordre partout.
Les jeunes gens doivent être serviables et complaisants ; faire volontiers ce qui se présente ; prévoir ce qui est à faire dans la maison ; prévenir les besoins des autres, faire eux-mêmes ce qu'un domestique devrait faire, pour le soulager ; na pas faire attention si les autres font autant d'ouvrage qu'eux, et ne pas s'en plaindre ; mais au contraire, par une sainte émulation, tâcher de faire plus que les autres. Ceux qui sont ainsi prévenants et patients, et qui aiment à rendre service, sont véritablement humbles et sont biens de Dieu.
3. Quant aux inférieurs, c'est-à-dire, à ceux qui sont au-dessous de vous, soyez affable, et à tous ceux qui vous servent, les considérant comme vos frères et vos sœurs, Maîtres, dit Pi\pôtre St. Paul, traitez vos domestiques avec douceur, n'usant ni de menace ni de rigueur, vous souvenant que vous avez un maître commun avec eux dans le ciel, qui n'a égard ni à la qualité de maître, ni à celle de serviteur." Rendez-vous accessible et aimable à tous les autres qui sont de moindre condition que vous, surtout envers les pauvres selon ce précepte du Sage : Rendezvous affable aux pauvres gens : ils sont peut-être plus élevés que vous devant celui qui sonde les cœurs. Soyez prompt à leur rendre service, et à les secourir dans leurs besoins.
4. Enfin pour réprimer la superbe et l'orgueil, considérez ce que c'est que l'homme, et ce qui suit après la mort. De quoi te glorifies-tu, ô terre ! ô cendre î s'écrie le Sage* Les puissants d'entre les hommes n'ont qu'une vie courte : aujourd'hui roi^ demain rien. Et quand l'homme sera mort, son corps deviendra la pâture des bêtes, des serpents et des vers." Quel sujet de s'humilier !
Ne considérez pas ce qui est au dehors de vous. Ces biens que vous possédez, ces vêtements brillants qui vous environnent, cette beauté qui vous rend si vain, ces amis qui vous flattent, cet emploi, ce crédit qui vous élèvent au-dessus des autres, tout cela n'est pas VOUS; ne vient pas de vous, et ne vous rend pas