WEBSTER, N.Y
des empèchements dirimants, que le pouvoir civil s’arroge, est contraire à l’enseignement catholique, et ceux qui se l’arrogent tombent sous l’anathème.
L'Eglise ne regarde pas seulement l’enseignement du droit de l'état que réclame Pothier, comme un empiètement ; elle le regarde encore comme une fausse doctrine, une doctrine hérétique, qui prépare pour la société toutes les funestes conséquences qu'amène la doctrine protestante sur le mariage.
Le Concile de Trente anathématise ceux qui s’arrogent ce droit de faire des lois et de porter jugement sur les cansesg matrimoniales.
Æa potestas civili auctoritati competit, à qu& impedimenta eæistentia tollenda sunt. Le pouvoir d'établir des empèchements dirimants au mariage appartient à l'autorité séculière, par laquelle les empêèchements existants peuvent être levés. (Syltabus 68). Cette proposition a été condamnée par Pie IX.
C'est donc être dans l'erreur que d’assurer avec Pothier à la puissance séculière le droit de faire des empèchements dirimants au mariage.
‘ Nous reconvaissons, dit Pothier,les droits qui appartien- “nent à la puissance ecclésiastique, et nous assurons les “ siens à la puissance séculière.”
Les anciens sectaires jansénistes prétendaient toujours respecter les droits de l'Eglise et défendre les droits de PEtat. Nous respectons les droits spiritu2ls, et nous voulons maintenir les droits civils. Ils se posent comme les défenseurs de l’état contre les envahissements de l'Eglise. Ils sont si modérés, ces bons J'ansénistes !
Voyons cependant en quoi consiste leur; respect pour l'Eglise.
Jamais le droit de prononcer sur le contrat matrimonial, de faire des em ne dirimants, n’a appartenu à l’antorité civile. Raconne its à l’autorité civile É droit de faire des empèchements dirimants, de juger les causes matrimoniales, c’est nécessairement méconnaitre les droits de l’autorité spirituelle, c’est rejeter Les décisions de l'Eglise et les décrets du Concile de Trente. Est-ce reconnaître les droits de l’Église, de déclarer que le pouvoir civil par ses lois peut empêcher la célébration du mariage? Les Jansénistes auraient dû dire nettement, pour être francs, nous voulons usurper les droits de l'Eglise et nous arroger le droit de faire des lois pour régler la validité du sacremort de mariage.
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9° Erreur pe PoritEer.—" Nous n'avons garde de nous “élever contre le décret du Concile de Trente, qui frappe “ d’anathème ceux qui contestent à l'Egtise le pouvoir d’éta- “ blir des empêchements dirimants de mariage. Néanmoins “ le mariage n’étant soumis à la puissance ecclésiastique qu'en “ tant qu’il est sacrement, et n'étant aucunement soumis à “ cette puissance en tant que contrat civil, les empèchements “que l'Eglise établit, seuls et par eux-mêmes, ne peuvent “ concerner que le sacrement, et ne peuvent seuls et par “ eux-mêmes donner atteinte au contrat civil. Mais lorsque “ le prince, pour entretenir le concert qui doit être entre le “ sacerdoce ct l'empire, a adopté et fait recevoir dans ses états “ les canons qui établissent ces empèchements, l'approbation “ que le Prince y donne rend les empèchements établis par ‘ces canons, empèchements dirimants de mariage, même ‘ comme contrat civil.”
Le Concile de Trente ne reconnaît à personne le droit de déclarer nuls les mariages clandestins et les mariages des mineurs contractés sans le consentement de leurs parents. Il dit anathème à quiconque, fut-il prince ou empereur, oserait déclarer nuls ces mariages, avant que l’Église elle-même les eût annulés.
De plus, le Concile dit dans ce eanon quatrième de la re session, que cite Pothier: Si quelqu'un dit
ue l’Église n’a pas le pouvoir d'établir des empêchements dirimants au mariage, ou qu’elle s’est trompée en le faisant, qu’il soit anathème!
A près cette déclaration si claire et si précise du Concile de Trente, Pothier ose dire, nous n'avons garde de nous élever contre le décret du Concile de Trente qui frappe d’anathème ceux qui contestent à l'Eglise le pouvoir d'établir des empèchements dirimants au mariage. N'est-ce pas s'élever contre le décret du Concile que de dire que le pouvoir de faire des lois sur le contrat matrimonial appartient à l’état et non à l'Eglise? N'est-ce pas s'élever contre le décret du Concile que de déclarer, comme il le fait quelques lignes plus bas, que les empèchements que l'Eglise établit, seuls et par eux-mêmes ne peuvent donner atteinte an contrat civil, et que ce n’est que par l’approbation du prince
ue les empêchements établis par les canons peuvent prodie leur effet sur le lien conjugal ?
Comment expliquer ces contradictions de Pothier? Elles
s'expliquent facilement quand on se rappelle que Pothier était partisan de la doctrine des Jansénistes.
Or les jansénistes se disaient toujonrs soumis à l'Eglise, unis à l'Eglise. Le Souverain Pontife avait beau les avertir, les condamner, ils prétendaient mieux savoir que le Pape quelle est la vraie doctrine, quelle est la vraie sonumission due à l'Eglise. Ainsi Pothicr ne proteste pas de sa pes et entière soumission au Concile et aux décisions du
aint Siége, mais il déclare qu’il n’a garde de s’élever contre un décret du Concile, et tout en faisant cette déclaration, il émet une doctrine directement opposée à ce même décret. Qu'on en juge en comparant ensemble le 4ème canon de la 24 session, et la doctrine que professe Pothier.
Le Souverain Pontife Pie IX, interprète du Concile, condamne les propositions suivantes : “ L’Eglise n’a pas le pouvoir d'établir des empêchements dirimants an mariage ; mais ce ponvoir appartient à l'autorité séculière, par laquelle les empèchements existants peuvent être levés.” (Syllabus 68).
“ L'Eglise, dans le cours des siècles, a commencé à introduire les empêchements dirimants, non par son droit propre, mais en usant du droit qu’elle avait emprunté au pouvoir civil” (Syllabus de
‘ Les canons du Concile de Trente qui prononcent l’anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu’a l'Eglise d’opposer des empèchements dirimants, ne sont pas dogmatiques, ou doivent s'entendre de ce pouvoir emprunté.” (Syllabus 70).
Donc s’obstiner dans la doctrine de Pothier, c’est s’obstiner dans une erreur contraire à la doctrine de l'Eglise catholique.