MARIAGE, CONTRAT INSTITUÉ PAR DIEU
Ce n'est pas la volonté arbitraire de l’homine, c'est Dieu lui-mème qui a institué le mariage.
Nous lisons dans la Genèse : “ Dieu créa l'homme et la femme, il les bénit et leur dit: croissez et multipliez-vous.”? Et encore : ‘ Il n’est pas bon que l'homme soit seul, faisonslui une aide qui lui ressemble.
Plus bas, l’historien sacré ajoute : Adam n'ayant pas d'aide qui lui fut semblable, le Seigneur lui envoya un doux sine endant qu'il était endormi, il lui tira une côte, et mit de la ar en sa place; il forma de cette côte la femme qu'il présenta à res et Adam dit en la voyant : C'est l'os de mes os, et la chair de ma chair. Elle sera appelée du nom pris de l'homme, parce qu’elle a ét6 tirée de l'homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair.”
Ces paroles de la Sainte Ecriture nous apprennent que c'est Dieu lui-même qui a établi le mariage avec ses propriétés et ses conditions.
‘“ Le premier père du genre humain, dit le Concile de Trente, Adam, inspiré par le Saint-Esprit, déclara la perpétuité et l'indissolubilité du lien conjugal, quand il dit : Vouci l'os de mes os et la chair de ma chair ; c'est pourquoi l’homme quittera son père ct sa mère et s’attachera à son épouse, ct ils seront deux dans une seule chair.
“ Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné plus clairement que par celien, deux personnes seulement doivent
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être unies, un seul homme et une seule femme, lorsqu’anrès avoir rapporté les paroles prononcées par Adam, il dit: C’est pourquoi, ils ne seront plus deux, mais une seule chair ; et aussitôt il confirma la fermeté du nœud du mariage, déclarée par Adam si longtemps auparavant, en ajoutant ces mots : Donc ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare point.”
Erunt duo in carne uné : Unité du mariage.
Quod Deus conjunæit, homo non separet. Indissolubilité du mariage.
Le mariage est donc un, indissoluble, même sous son rapport naturel, avant qu'il fut élevé à la dignité de sacrement ; et c’est Dieu lui-même qui, en l’instituant, le déclare un, indissoluble.
est done Dieu qui à établi le mariage et qui a voulu qu’il fut un, indissoluble. Il l’a établi pour Adam et pour toute sa postérité. Tous les peuples descendent d'Adam, soit les fidèles, soit les hérétiques, soit les infidèles. Dieu a done établi le mariage avec ses lois pour tous les peuples, pour les fidèles, pour les hérétiques et pour les infidèles. Et ces lois obligent tous les peuples comme les autres lois divines. Ærunt duo in carne uné. Quod Deus conjunæxit, homo non separet. Tous les peuples sont obligés d’adorer Dieu, d'éviter le parjure, d'aimer les parents, d’éviter la colère, la fornication, le vol, l’iniustice, le mensonge, parce que la loi divine l’ordenne, de même tous les peuples sont obligés de respecter les lois divines sur le mariage. Comme différentes lois du décalogue ont été altérées chez les infidèles, et que ceux-ci ne sont pas pour cela dispensés de ces lois, ainsi la loi divine dans l'institution du mariage a pu s'altérer chez les infidèles, mais les infidèles ne sont pas pour cela dispensés de ces lois. Comme les princes temporels ne sont pas les interprètes de la loi de Dieu en général et qu’ils ont souvent failli en l’interprétant, ainsi ils ne sont pas les interprètes de la loi de Dieu sur le mariage et ils se sont souvent trompés en l’interprétant.
Comment done connaître ces lois et le sens véritable de ces lois de Dien sur le mariage? Tous les peuples ont conservé quelques traditions primitives. Suivant que ces traditions ont été plus ou moins altérées, leur doctrine sur le mariage a été plus ou moins vraie. Mais Dieu a confié le dépôt des traditions et de ses lois à une autorité visible: Eglise visible avant Jésus-Christ, dans les Saints Patriarches, dans le peuple de Dieu, dans les saints des temps anciens ;
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Eglise visible depuis Jésus-Christ, dans l’Eglise catholique ; et il a chargé cette autorité, son Eglise, de les expliquer, de les interpréter.
L'Eglise seule nous déclarera donc quelle est la loi du mariage dans le genre humain, et ehez les fidèles, et chez les hérétiques et chez les infidèles.
C’est toujours d’après les décisions du Saint-Siége que les missionnaires se règlent dans les questions concernant les mariages des infidèles et des hérétiques qui se convertissent à la foi.
Innocent III déclare que les empèchements de droit ecclésiastique ne lient pas les infidèles, parce que, n’ayant pe reçu le baptème, ils ne sont pas sous la juridiction de "Eglise. Ils peuvent par conséquent contracter validement des mariages qui seraient invalides, s’ils étaient contractés sans dispense par ceux qui sont sous la juridiction de l'Eglise, par exemple, les mariages des parents au second degré; et s'ils se convertissent à la foi, ils doivent rester ensemble, sans qu’il soit nécessaire de solliciter une dispense de lempêchement de parenté, parce que leur mariage contracté dans linfidélité a été valide. (Cap. de infidelibus de consangquin. et afin.) Matrimonium sic (avec l’empèchement de cousanguinité ou d’affinité) contractum non est post Baptismi lavacrum separandum, cum à Judæis Dominus requisitus, si liceret uxorem ex quâcumque causäà dimittere, ipsis respondit : quos Deus conjunæit, homo non separet : per hoc innuens esse matrimonium inter e0s.
Innocent III déelere aussi qu’un infidèle qui s’est séparé de sa femme et qui se convertit, doit la reprendre, à inoins
v’elle ne refuse de cohabiter avee lui. En mème temps le Souverain-Pontife déclare que le divorce n’est pas permis aux infidèles: Paganus, qui secundüm ritum suum legitimam repudiavit uxorem, cm lale repudium veritas in ÆEvangelio reprobaverit, nunquèm, e@ vivente, licilé poterit aliam, etiäm ad fidem Christi conversus, habere, nisi post conversionem 1psius illa renuat cohabitare cum ipso.
Benoit XIV déclue que les mariages contractés sans dispense entre les infidèles et les hérétiques sont nuls. (Matrimonium) quod anté inierant, irritum omnind fuit propter impedimentum dirimens, quod vocatur disparitatis culius.
C’est donc le Souverain Pontife qui déclare quelle est la bi du mariage, non-seulement chez les fidèles, mais chez les
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hérétiques et chez les infidèles; et il donne ses décisicns, indépendamment des lois locales et des princes temporels.
Dieu qui a voulu que le mariage fut un et indissoluble, a permis dans les temps anciens, en certains cas, le divorce, et la pluralité des femmes.
La loi de Moïse a permis, en certaines circonstances, les lettres de divorce et la séparation ; mais, dit J. C., c'était à cause de la dureté de vos cœurs. De mème, dans les temps anciens, Dieu a permis la pluralité des femmes, Jacob épousa Lia et Rachel, mais il n’en était pas ainsi dès le commencement, et la loi de J.-C. a révoqué ces permissions, comme uous l'enseigne St. Paul.
Quant au mariage des infidèles, c’est-à-dire de ceux qui n’ont pe reçu le baptème, voici un cas, où, comme St. Paul nous l’enseigne, aujourd’hui encore le divorce est autorisé, quelles que soient les lois de l’autorité civile. Un infidèle marié se convertit au christianisme, l’autre partie s’obstine dans l’infidélité et se sépare de la partie convertie. Dans ce cas, celui qui s’est converti, peut se considérer comme libre de ses engagements, comme séparé de l’autre qui l’a quitté, et se marier.
De même, un homme ou une femme se convertissent ; la
partie restée infidèle maltraite et expose au péril de perdre la foi celle qui est convertie ; la partie fidèle peut quitter la partie infidèle et se marier. Ce sont des divorces autorisés par Dieu dans la Sainte Ecriture. Mais chaque fois que l'autorité civile voudra autoriser le divorce, l'Eglise répondra : Ce que Dieu a uni, l’homme ne le EU pas.
Ainsi, Dieu a uni ces infidèles, Dieu a uni ces hérétiques, l’homme ne les séparera pas. Ainsi Dieu défend aux infidèles de divorcer, aux hérétiques de divorcer, et les infidèles et les hérétiques transgressent la loi de Dieu quand ils divorcent : car Dieu est l’auteur de leur mariage, et ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas.
Si les infidèles ou les hérétiques prétendent contracter un nouveau mariage, du vivant de la partie qu’ils ont abandonnée, ce ne sera plus un mariage ; ce ne sera qu’un adultère continu et un honteux concubinage.
Voilà pourquoi le Souverain Pontife Innocent IIT déclare (ce sont ses paroles): qu’un païen qui répudie sa légitime épouse, s’il se convertit à la foi, ne pourra jamais, du vivant de celle qu’il a répudiée, se marier à une autre, à moins que l'épouse infidèle refuse de cohabiter avec lui; car Jésus-
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Christ, la vérité mème, a réprouvé un tel divorce dans l'Evangile.
Mais les infidèles et les hérétiques disent: Nos lois nous permettent le divorce. Notre auguste souverain et nos assemblées législatives antorisent notre divorce. Et votre auguste souverain et vos parlements auraient-ils quelque pouvoir, quelque autorité contre l'autorité et contre le pouvoir de Dieu ? Dieu a-t-il dit à votre auguste souverain et à vos assemblées législatives : Je vous autorise à séparer ce que j'ai uni ?
Ces lois dont vous parlez, que sont-elles? Elles ne sont que l'expression des passions déréglées de l'homme. Il vous est défendu de vous y conformer, comme il était défendu aux chrétiens d’obéir aux lois qui ordonnaient d'offrir de l’encens aux faux dieux. Pour que la loi humaine oblige, il faut qu’elle soit conforme à la volonté de Dieu. Dieu est l’auteur de votre mariage. Ce que Dieu a uni, l’homme ne peut pas le séparer. Toute loi civile qui prétend autoriser à séparer ce que Dieu a uni, est une iniquité.
Dieu seul peut faire cette déclaration: Je sépare ce que j'aiuni. Et tous les pouvoirs humains sont nuls devant ce pouvoir divin.
Chacun doit savoir qu’en conscience, il pèche, quand il concourt à reconnaître à un pouvoir humain le droit de transgresser la loi de Dieu sur le mariage. Jamais Dieu n’a donné, ni aux princes infidèles, dans les temps anciens on modernes, ni aux princes chrétiens, aucun pouvoir sur le lien conjugal ; il leur laisse seulement régler les effets civils du mariage.
Si quis dixerit causas matrimoniales non speclare ad judices ecclesiasticos, anathema sit (Conc. Trid).
‘“ Si quelqu'un dit que les causes qui concernent le mariage, n’appartiennent pas aux juges ecclésiastiques, qu'il soit anathème ! ”
Certains doctrinaires veulent se donner le droit de faire des lois sur le mariage; ils disent qu'ils ont beaucoup d'arguments en leur faveur. Patience, on examinera leurs raisons, on y répondra, tout viendra en son temps.
Nous avons donc démontré que Dieu est l’auteur du mariage, que Dieu a voulu que le mariage fut un et indissoluble, et qu’il a dit par son Eglise dans quel cas il permet le divorce.
Quand nous avons parlé du mariage des infidèles, nous
avons parlé d’un véritable mariage, tel qu’il existait chez les Grecs, chez les anciens Romains et chez d’autres peuples avant qu’ils fussent dégradés; nous avons parlé de ce contrat naturel par lequel un seul homme et une seule femme s'unissent légitimement d’une manière stable pour former ensemble une société perpétuelle. Nous n’entendons pas parler de ces peuples dégradés qui, dans leur abrutissement, achètent des femmes pour les revendre ensuite quand ils en sont dégoûtés ; ou bien de ces peuples modernes, chez qui l’homme et la femme contractent pour quelques années, à condition de se séparer quand bon leur semblera. Ils ressemblent, quant au mariage, aux anciens habitants de leurs forêts.
Si cependant, même dans cet état de dégradation, un homme faisait avec une femme le contrat naturel dont nous avons parlé, il serait légitimement marié avec elle, et il ne pourrait plus s’en séparer. Et la première avec laquelle il a formé le contrat dont nous parlons, sera toujours devant Dieu la seule vraie, la seule légitime épouse. Ce qui se passe hors de ce contrat unique, tant que les deux vivent, ne peut être considéré que comme un indigne libertinage.
près avoir considéré le mariage comme contrat institué par Dieu lui-même, considérons-le dans l’état où il a été élevé par Jésus-Christ. Considérons le contrat matrimonial devenu, par la volonté de Jésus-Christ, sacrement pour tous ceux qui ont reçu le baptème. Remarquons seulement qu'étant élevé à la dignité de sacrement pour les chrétiens, le contrat matrimonial est resté pour les infidèles soumis aux lois que Dieu a établies pour nos premiers parents. Comme contrat naturel et divin, c’est le même contrat pour ceux qu sont infidèles, mais il n’est pas contrat-sacrement. Pour le chrétien, il est contrat-sacrement. Mais pour les uns et les autres, il est resté soumis aux lois que Dieu a établies dans son institution. Elevons donc nos pensées et nos cœurs pour considérer le mariage chrétien.
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