‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 74 · FUNESTES CONSEQUENCES DES FAUSSES DOC- TRINES SUR LE MARIAGE CHRETIEN · texte numérisé non relu

FUNESTES CONSEQUENCES DES FAUSSES DOC- TRINES SUR LE MARIAGE CHRETIEN

Les protestants ont rejeté certains empêchements dirimants. Leurs mariages contractés avec ces empèchements sont nuls et leur rébellion ne les dispense pas de la loi.

À peine le protestantisme se fut-il répandu, que Luther et ses partisans supprimérent plusieurs eémpêchements et en reduisirent d’autres. Le mariage est indissoluble, Ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas; et le lien d'un premier mariage, tant que les époux vivent, est de droit divin un empéchement dirimant à un autre mariage.

Luther n’est pas arrêté par cette loi de Dieu, et il décide qu’il est permis de renvoyer sa femme et d’en prendre une autre. L’adultère devient pour un grand nombre l'état habituel et légal, car celui qui épouse celle qui est renvoyée commet l’adultère. Les protestants eux-mêmes se plaiuwnent de la funeste condition que la réforme a faite à la famille et à la société. ‘“ Les affaires de mariage (Dollinger. Tom. 2, p. 420) se passent dans plusieurs de nos villes, tout le monde le sait, d’une manière si indigne, que les juifs et les païens mèmes en seraient scandalisés. Les pasteurs luthériens ont si bien fait, que les laïques ne craignent point aujourd’hui de se constituer juges dans ces affaires et de prononcer eux-mêmes des séparations de corps et des divorces. Quelques impudents déhontés se présentèrent dernièrement chez le bourgmestre d’une certaine ville et lui dirent l’un après l'autre: Monsieur le magistrat, je me suis rendu coupable d'adultère, veuillez me permettre de divorcer avec ma femme et d'en prendre une autre; et ce qu'ils demandaient leur fut accordé ; et l’on prétend que certains individus se sont mariés ainsi jusqu’à trois fois du vivant de leur première femme. Et ce qui est pratiqué Le les hommes ne l’est pas moins par les femmes. Dès qu’elles sont lasses de leur mari, elles vont s'établir dans une ville protestante et puis s’y remarient. C’est ce qu’on appelle vivre en évangélique. ”

Luther supprima encore les empêchements résultant de la parenté spirituelle, de la parenté légale, du crime. A propos de la disparité de culte, Luther écrivait : “ S'il m'est permis de trafiquer avec un païen, un turc, un hérétique, pourquoi ne pourrais-je l’épouser. Un païen, une païenne sont, homme ou femme, bel et bien créés par Dieu, non moins que Saint Pierre, Saint Paul et Ste. Lucie. Il expliquait en ces termes de l’empèchement résultant du vœu solennel, dans une lettre aux chevaliers de l’ordre Turtonique : “ Quand j'aurais fait mille vœux, quand cent mille anges, pour ne pas parler de ce misérable qu’on nomme le Pape, me diraient que je dois rester sans compagnie, et qu’il est bon que je sois seul, quelle force auraient ces vœux et ces commandements angéliques auprès de cette parole de Dieu : Non est bonum esse hominem solum ? ” Et ailleurs : “ ces paroles, croissez et multipliez, sont un coup de foudre pour fa loi du pape, et accordent à tous les prêtres, moines et nonnes, la permission de se marier.”

Les empèchements de parenté et d’affinité furent réduits an point, qu’au rapport de Luther lui-même, le mariage d'un certain individu avec une femme qui était en même temps sa fille et sa sœur, fut déclaré valide, après mûre délibération, par les réformateurs de l'époque.

Pour apposer le sceau de leur exemple à ces belles doctrines, la plupart se hâtèrent de se marier. Carlstadt, le premier, ajouta ces nouveaux liens à ceux du sacerdoce. Ses disciples composèrent des oraisons propres pour la messe de son mariage ; et la première était ainsi conçue : O Dieu qui, dissipant l’extrème aveuglement de vos prètres, avez daigné faire la grâce au bienheureux Carlstadt d’être le premier qui ait osé prendre femme, sans avoir égard aux lois du papisme, nous vous prions, etc.”

Les circonstances du mariage de Luther ne furent pas moins remarquables. Pendant que le sang des paysans, ameutés par sa parole, coule par torrents....le moine Augustin... se choisit pour épouse... une jeunereligieuse.. qu'il a fait enlever de son couvent... le Vendredi-Saint. Et, quelques jours à peine après cette alliance, il constate l'ignominie de sa nouvelle épouse et la sienne, en refusant de reconnaître son nouveau-né.

Erasme, qui nous fait connaitre cette particularité, raillait Œcolampade de son mariage en ces termes : “ Œcolampade vient d’épouser une jeune personne qu’on dit fort belle.

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Ainsi veut-il mater sa chair!... On à beau dire que fe luthéranisme est une chose tragique : je suis persuadé, moi, que rien n’est plus comique, car le d'nouement de la pièce est toujours quelque Mariage, comme dans les comédies.” (1)

Les protestants qui prétendent se marier avec un empèchement dirimant, vivent dans un véritable eoncubinage.

Un protestant ainsi marié aux yeux de Ja loi, ne l’est pas devant Dicu, et il est tenu de se séparer de celle qu'il appelle sa femme ; et il y est tenu, maloré les décisions contraires que pourraient donner les tribunaux civils. Et les deux parties ainsi séparées restent libres devant Dieu et devant l'Eglise de se marier légitimement à d'autres, et s'ils se marient à d’autres, sans empêchement dirimant, leur mariage sera valide malgré les décisions contraires des tribunaux civils. Aueun tribunal eivil ne peut autoriser la fornication, ni annuler un mariage valide. L'ignorance et la bonne foi seules exeusent les protestants d'un péché formel.

(1) Etude sur la doctrine catholique par Nampon.

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