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Nos pieux ancûtres dans la foi s'étaient fait la plus haute idée du sacrement de mariage. Ils comprenaient tont ce qu'il y a de grand, de saint, de mystérieux dans l’union légitime de l’homme et de la femme. Saint Augustin nous fait remarquer que du temps des apôtres, le Saint-Esprit descendait visiblement sur ceux qui étaient confirmés, afin de montrer qu’il descend toujours invisiblement dans le cœur de ceux qui reçoivent ce même sacrement. Ainsi notre divin Sauveur à honoré de sa présence les noces de Cana, pour faire voir qu’il se trouve toujours invisiblement aux noces des fidèles. C’est lui qui unit les époux. C’est un article de foi, puisque la vérité mème nons a dit: ‘“ que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni.”
Les autres sacrements signitient des grâces particulières qui sont les effets du mystère de l’Incarnation. Le baptème signifie que l’âme de l'enfant est purifiée du péché originel ; l’extrème-onction, que l’âme du malade est fortifiée contre les tentations; mais le mariage signifie la grâce mème de l’Incarnation, de l’union hypostatique entre la nature divine et la nature humaine, l'alliance anguste du Verbe divin avec humanité et avec l’Église catholique.
Vous comprenez aisément, mes frères, que quand les chrétiens se sont formés des idées aussi saintes et aussi sublimes du sacrement de mariage, ils ne peuveut le recevoir
qu'avec une grande pureté d'âme, ct des dispositions io faites. Ils disent comme Tobie : “ nous sommes les enfants des saints, et nous ne pouvons pas nous marier comme Îles gentils qui ne connaissent pas Dieu.” C’est une chose impossible pour tous ceux qui savent ce que c’est que d’être les enfants des saints.
Malheureusement l’impossibilité n’existe plus. Chaque jour des chrétiens se marient comme les gentils qui ne connaissent pas Dieu.
Devenus matériels et sensuels, les hommes voudraient ne plus considérer le mariage comme une institution divine, comme un sacrement, ils voudraient n’y voir qu’une institution purement humaine, qu’un contrat purement civil, soumis aux mêmes lois que les autres contrats, pouvant Ctre changé, modifié, rompu, annulé par les lois de l'Etat.
Une fausse doctrine qui est bien commune et bien répandue en plusieurs états, une doctrine qui se répandra partout, si les catholiques ne montrent de la vigueur et de l'intelligence, c’est que, dans les mariages des chrétiens, le contrat doit ètre distingué du sacrement, que le contrat est soumis aux lois de l'Etat, et que le sacrement seul est du domaine de l'Eglise. Cette doctrine est fausse, elle est une cause de désordre et de perdition ; elle est condamnée par l'Eglise.
Il est nécessaire que la question du mariage civil soit traitée devant vous. Ce mal, après avoir infecté plusieurs peuples chrétiens d'Europe et d'Amérique, cherche à se répandre et à atteindre les heureuses populations qui en ont été préservées jusqu’à ce jour. Partout où dominent certaines sociétés secrètes, une de leurs premières œuvres est d'établir le mariage civil; témoin ce qui se passe de nos jours en Italie et en Portugal. Et vous savez les efforts qu’elles font pour s'emparer du pouvoir et faire prévaloir leur funeste doctrine.
Il est bon de remarquer que, dans nos instructions, nous ne vous exposons pas des opinions, nous ne développons pas devant vous de vaines théories, mais nons vous rappelons différents points de la doctrine catholique, et nous vous montrons comment les erreurs contraires à cette doctrine sont condamnées par le Saint-Siége.
Disons d’abord ce qu’il faut entendre par mariage civil ; ensuite, quelle en a été l’origine, quels en ont été les progrès ; enfin quels sont les maux qui en résultent.
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