‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme]Chapitre 22 sur 61 · POTHIER ET LE CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

POTHIER ET LE CONCILE DE TRENTE

Pothier déclare que le Concile de Trente s’est trompé, qu'il n'avait ni le droit ni le pouvoir de faire un empèêchement dirimant de sa seule autorité, et que ce n’est que par la concession de la puissance séculière que cet empèêchement à force de loi.

Voici les paroles de Pothier : “ Le Concile excédait son ouvoir en déclarant nuls, de sa seule autorité, les contrats é mariage où la forme prescrite par le Concile n'aurait pas

été observée : carles mariages, en tant que contrats, appartiennent comme tous les autres contrats à l’ordre politique ; etils sont par conséquent de la compétence de la puissance séculière et non de celle du Concile, à qui il n’appartenait pas de statuer sur leur validité ou invalidité.”

Le Concile de Trente répond à Pothier: Si quelqu'un dit que l'Eglise n’a pas eu le pouvoir d'établir des empêchements dirimants, ou qu’elle s’esttrompée en le faisant, qu'il soit anathème !

POTHIER ET LE PAPE INNOCENT Ill.

Pothier déclare que le Pape Innocent IIL s’est trompé eu

expliquant le texte de Saint Paul : Quod si infidelis discedit, discedat; non enim servituti subjectus est frater aut soror in

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hujusmodi ; in pace œutem vocavit nos Deus : et en enseignant que lorsqu'un infidèle se convertit à la foi, son mariage avec la partie restée infidèle peut se dissoudre, lorsque l'époux infidèle refuse d’habiter avec l’époux fidèle, et qu’+lors lapartie qui a embrassé la foi peut contracter un : second mariage.

Rappelons-nous une cause célèbre du dix-huitième siècle, | où les ribunaux laïcs se distinguaient par leur esprit d’empiètement, ei où ils ne cessaient de crier contre les | prétendus empiètements de l'Eglise qu'ils voulaient dé- | pouiller de ses droits. :

Voyons comment le parlement de Paris va interpréter ; l’'Ecriture Sainte et décider que le Souverain Pontife, les | Conciles, l'Eglise universelle n’ont point compris Saint Paul, et se sont trompés en établissant un empêchement dirimant : sur la fausse interprétation d’un texte de la Sainte Ecriture. L’arrèt qui sera rendu dans cette cause, sera considéré par les jurisconsultes jansénistes comme ayant force de loi, et suivant Pothier, comme mettant un terme à une source de difficultés pour les tribunaux.

Pothier rapporte au long, page 366, la cause dont nous allons parler.

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