‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme]Chapitre 26 sur 61 · FUNESTES ÆCONSÉQUENCES DE LA DOCTRINE PROTESTANTE SUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

FUNESTES ÆCONSÉQUENCES DE LA DOCTRINE PROTESTANTE SUR LE MARIAGE

‘On consulte Luther pour savoir s’ilest permis à un homme d’avoir plusieurs femmes, et 1l répond: ‘Pour moi, je vous l’avouerai, je ne vois pas comment j'empêcherais la pluralité des femmes ; il n’y a pas dans les saintes lettres le plus petit mot contre ceux qui prennent plusieurs femmes à la fois.”

Est-il possible de mentir plus effrontément ? Est-ce que les paroles de Jésus-Christ que nous avons rapportées ne sont pas de la dernière évidence ? Mais qu'importe à Luther, la parole de Dieu ? Ceci vous prouve que la sainte écriture, interprétée par chaque chrétien, n’est plus qu’une lettremorte, et qu’on lui fait dire tout ce qu’on veut. En effet, un prince libertin, Philippe, landgrave de Hesse, Césire épouser une seconde femme, une seule ne lui suffit pas; mais il éprouve quelques scrupules, et pour calmer ses inquiétudes de conscience, il s'adresse humblement au chef de la réforme et lui demande une dispense. Luther répond: “ Si Votre Altesse est décidée à épouser une seconde femme, nous jugeons qu’elle doit le faire secrètement, comme nous Fatons dit à l’occasion de la dispense qu’elle demandait, c’est-à-dire qu'il n’y ait que la personne qu’elle épousera et quelques autres au besoin qui le sachent, en les obligeant au secret sous le sceau de la confession.” |

Vous entendez ! Luther réclame le secret sous le sceau de la confession, lui qui vient d’abolir la confession ; et que devient alors son secret? Et qu'est il devenu en effet? Bientôt il est divulgué partout, et Carlostad, plus franc que

Luther, lui écrivait en ces termes ; ‘ Point de scrupules : ayons deux femmes, trois femmes, autant de femmes que nous pourrons en nourrir. Croissez et multipliez-vous ; ie té Luther ? Laïssez donc accomplir l’ordre du ciel.”

. Bucer, autre partisan zélé de la secte, avoue que ce peut être une nécessité pour certaines natures de mettre en pratique la doctrine de Luther, sur ce point, et il ajoute qu'ilne manque pas d'exemples d'empereurs et de rois qui ont épousé plusieurs femmes, et qui, en outre, entretenaient encore des concubines.

Ainsi Luther, le chef de la religion réformée, le chef du protestantisme, devient jaloux de Mahomet! Il ne tient pas à lui que l'unité de l’alliance chrétienne ne soit, par manière de réforme, remplacée par la polygamie. Luther prêche qu'à l’exemple du grand roi des Ferses, tout mari mécontent peut remplacer Vasthi par Esther, et la maîtresse par la servante !

Il écrit au chancelier du duc de Saxe-Weïimar : ‘ l’Ecriture m'empêche de défendre à qui que ce soit de prendre en même temps plusieurs épouses : cette coutume est louable ; mais je ne voudrais pas l’introduire le premier parmi les chrétiens.”

Le principe est posé, vous en verrez bientôt sortir toutes les conséquences ; et on les acceptera, quelque monstrueu. ses qu’elles paraissent. |

Jean de Leyde, autre partisan de Luther, prétend que, s’il est permis d’épouser deux femmes, rien n'empêche d'en épouser vingt. Conséquent avec ses principes,il à vingt femmes à la fois ; et ses disciples, pensant avec raison qu'ils ne pouvaient rien faire de mieux que d'imiter leur maître, ont aussi vingt femmes à la fois.

Jean de Leyde s’est emparé de Munster, qu’il appelle la nouvelle Sion, et lui-mème se fait proclamer roi et prophète de la nouvelle Sion. Dans cette nouvelle Sion, on peut contempler des horreurs que Constantinople n’avait jamais vues Le sérail futen honneur, la peine de mort fut décrétée contre quiconque désapprouverait cette institution. On vit un jour le prophète, roi de Sion, sortir en grande pompe de son harem, pour juger lui-même sur la place du marché, une de ses femmes, coupable de résistance à ses désirs, lui trancher la tête de sa propre main, puis se mettre à danser autour de son corps sanglant !.…

Vous voyez quelle fat la réforme du mariage opérée par Luther, Zwingle, Calvin, Bèse, Henri VIIE, Jean de Leyde. Cependant, tous ces hommes s’appelaient évangéliqués,

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parce qu'ils prétendaient qu'eux seuls connaissaient et obser- .

vaient l’évangile ; à peu près comme les rationalistes de nos jours, qui proclament bien haut les droits de la raison, tandis que, de fait, ils détruisent la raison elle-même ; et comme les socialistes, qui seuls, disent-ils, soutiennent et défendent les principes de la véritable société, tandis que, par leur doctrine, ils la renversent de fond en couble.

C'en est fait, la porte du désordre et du vice est ouverte, les réformateurs et les réformés s’y précipitent et arrivent bientôt au fond de l’abîime. La providence de Dieu l’a permis, afin de nous donner la contre-épreuve de la bonté de la loi, afin de faire voir au monde entier que la réforme opéree par Luther et ses disciples n’est rien autre chose que l’affranchissement de la chair, la libre satisfaction des sens, l'émancipation entière de l’homme et de la femme de tont engagement, de tout lien, de toute loi qui commande la modestie et la pudeur, enfin le triomphe du sensualisme paien avec toutes ses infamies et ses turpitudes.

L'immoralité a été tellement révoltante qu’elle a épouvanté Luther lui-même, et qu’eile l’a forcé à en publier la véritable cause. Je dois vous citer ses paroles, car elles sont la plus belle apologie du catholicisme et la condamnation de toute la réforme.

‘“ Depuis la publication de notre doctrine, dit-il, le monde devient toujours plus mauvais, plus impie, plus éhonté. Les diables se précipiteat en légions sur les hommes qui, à la plus pure clarté de l'Evangile, sont plus avides, plus impudiques, plus détestables qu’ils n'étaient jadis sous la papauté. Paysans, bourgeois, nobles, gens de tous états, du pius grand au plus petit, ce n’est partout qu’avarice, intempérance, imprdicités, désordres honteux, passions abominables. .… J'avoue que si j’eusse pu prévoir tout ce scandale, je n'aurais certainement pas osé proposer ma doctrine. Qui de nous se fût mis à prêcher, si nous avions prévu qu’il en résulterait tant de calamités et de scandales ? À présent que nous avons commencé, il faut bien que nous en subissions

‘ les conséquences.”

En entendant Luther parler ainsi, il me semble voir un de ces possédés dont parle Tertullien, par la bouche desquels le démon avouaït malgré lui qu’il était un imposteur et le père du mensonge. Et quelle satisfaction pour les catholiques de recueiilir l’éloke de leur foi sur les lèvres de ses plus ardents adversaires |

De ces paroles de Luther nous pouvons encore conclure, 10 Que la corruption de l'Eglise catholique qu’il présentait comme le motif de sa séparation, n'était qu’un prétexte,

puisqu'il reconnait que les chrétiens sont plus corrompus depuis qu'ils subissent l'influence de la doctrine de la réforme ; 20 qu'il n’y a que l’orgueil qui le retient dans la voie funeste où il marche, puisque, tout en avouant que la doctrine qu’il prêche est grosse de calamités et de scandales, il se détermine à continuer par le seul motif qu’il a commencé ; orgueil de démon que rien ne peut dompter; caractère de Satan qui fait le mal pour le mal, peu lui importe la perte des âmes.

Nous venons de voir les effets de la réforme de Luther sur l’unité du mariage ; il est bon de voir aussi comment le chef de l’Anglicanisme s’applique à lui-même la réforme sur le mariage. Henri VIIL répudia quatre de ses femmes, et, par sesordres, deux périrentsur l’'échafaud. Il fit ajouter, par le parlement, deux dispositions étranges à la législation du mariage : la première, que tout homme quiserait instruit d'une galanterie de la reine (aujourd’hui chef de l'Eglise établie,) devait l’accuser sous peine de haute trahison, par conséquent sous peine de mort; la seconde, que tonte fille qui épouserait le roi d'Angleterre après avoir perdu sa virginité, devait s’accuser elle-même sous la même peine.

À sa mort, Henri VIIT avoua, dit Feller, qu'il n’avait jamais refusé la vie d’un homme à sa haine, ni l'honneur d’une femme à ses désirs.

Sa fille batarde, Elizabeth, ne fut ni plus humaine, ni pue chaste. Quant à Crammer, leur coopérateur dans ‘œuvre de la réforme, on sait que cet archevêque de Cantorbéry était bigame. Knox, ce réformateur du mariage en Ecosse, compta sa belle-mère parmi les nombreuses victimes de ses désordres.

Représen‘ez-vous le monde chrétien envahi par la réforme, et voyez ce qu'il serait devenu et ce que nous serions aujourd’hui. Enfoncés dans le plus grossier sensualisme, comme les peuples asiatiques, nousne vivrions que de la vie animale, et la femme, au lieu d’être la compagne de l’homme et la dame, c’est-à-dire la maîtresse dans la famille, ne serait plus que l’esclave de l’homme, comme en Orient, et le jouet de ses caprices et de ses passions. Et que seraient devenus les principes d'honneur, de bonne foi, de moralité et de civilisation ?

La société chrétienne serait devenue quelque chose de semblable à la république idéale de Platon.

Des protestan’s ont été conséquents à leurs principes, et les Mormons cherchent à réaliser, quant au mariage, lés principes que Platon émet dans sa république et qui concor-

ent parfaitement avec les principes protestants sur le

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mariage. L'état, chez Platon, décrète la communauté des femmes ; l’état, chez Luther, Gécrète le divarce, peut décréter par consénuent la polygamie simultanée.

Une fois le divorce et la polygamie établis légalement par l’état, pourquoi l’état n’autoriserait il pas d’abord, n’ordonnerait-il pas ensuite la communauté des fermimes ? N'est-ce pas la première chose que feraient les fourriéristes, les communistes s’ils parvenaient au pouvoir ? Tout le monde sait que les communistes forment un parti puissant. Et qui nous assure que demain ils ne diront pas: l’état, c’est nous. Vous avez reconnu à l’état le droit de régler les mariages, soumettez-vous donc aux lois que nous, l’état, aous portons aujourd’hui. .

es hommes audacieux reculeront-ils devant l’idée platonique formulée par Victor Considérant dans son exposition du système phalanstérien de Fourrier, (page 72)? ‘“ Le premier élément social, dit Victor Considérant, c’est le phalanstère ou la commune ; douze cents personnes au moins habitent dans une même maison et y vivent en commun, sans concurrence, sous la seule loi de la capacité, des harmonies et des attraits... [ls n’ont (les hommes) que l’embarras du choix.” Et dans son ouvrage : Théorie des quatre mouvements. an 1840. p 146, il écrit : ‘“ Une femme peut avoir à la fois 1° un époux dont elle a deux enfants : 20 un géaiteur, dont elle n’a qu'un enfant; 3° un favori, qui a vécu avec elle et qui en a conservé le titre ; de plus, de simples possesseurs, qui ne sontrien devant la loi.”

Les Phalanstériens sont de véritables disciples de Platon, ce sont les Platoniciens de nos jours. Et les lois sur le mariage, formulés par Platon, peuvent être les Lcis du Phalanstère.

Voici ces lois de Platon sur le mariage, dans sa République : Il part de ce principe que tous les biens seat communs entre amis ; après avoir développé ce principe, il établit que :

Veluti gregi custodes atque pastores, iltà viros mulieribus præficere.

Enfin il formule ses lois :

Horum virorum urores omnes omnium communes sunto, nulloque privatim ulu consuescilor. Communes porro liberi sunto, neque pater filium, neque filius patrem agnoscito ;

Communes esse uxores, communesque liberos ;

Quin et laxior condonanda est cum mulieribus congrediendi licentia.

Fratres et sorores lex concedet unà congredi, si sors ülà tribuerit.

Joitur festi quidam dies erunt legibus constituendi, in quibus

sponsos el sponsas congregemus, et sacra el hymni, qui nuptiis illis conveniant, apoelis nostris instituantur, nupliarum autem numerum Magistratuum arbitrio permittimus. (Platonis op. om. Tom. 2. in fol. græc. et latin, ex interpret. Serani ed. Hem. Stephani 1578.)

Nous omettons des passages que le respect que nous devons à nos suditeurs ne nous permettent pas de citer. Tellss sont les sources où les communistes de nos jours ont puisé leur doctrine perverse.

Vous voyez donc où nous auraient conduits la réforme protestante, et par suite la réforme phalanstérienne et la réforme des Mormons, toutes ces réformes s’inspi':nt des lois de Platon, si les idées chrétiennes qui pénètrent encore, même les peuples protestants, n’eussent arrêté les funestes conséquences qui découlaient naturellement de tant de faux principes.

Et qu’on ne dise pas que nous avons peur de vaines chimères et que jamais ces théories ne se réaliseront dans la pratique, devant la haute raison du XIXme siècle. Eh! n'est-ce pas en plein dix-neuvième siècle, qu'ont paru les Fourriéristes, et que les Mormons ont réalisé, au milieu d’une nombreuse population, la doctrine de Luther combinée avec celle de Platon ?

Voici ce que nous lisons dans les journaux: (Univers, ler février 1857). ‘ On lit dans L'Echo du Pacifique du 3 décembre 1856 : Un correspondant du San Francisco Herald ‘“ Jui fournit de Fillmore City, (Utah) sous la date du 15 ‘ septembre dernier,quelques renseignements assez piquants ‘“ sur la poligamie chez les Mormons : Les membres du ‘ Conseil du gouvernement sont au nombre de 13. Ils ne ‘ paraissent pas être d’un extérieur bien agréable d’après “la peinture qu’on en fait, et cependant ils ont ensemble “171 femmes Les 26 membres de la chambre des repré- < sentants ont ensemble 157 femmes ; etenfn les employés * de rette chambre, au nombre de 5, en possèdent 22. Parmi ‘ces derniers nous remarquons le chapelain qui en a ‘“ jusqu’à 7. A tout cela il faut ajouter les 68 femmes du ‘ Gouverneur Brigham Young, leur grand-prètre et leur ‘ prophète. De telle sorte que la législature et le pouvoir ‘exécutif, en tout 45 hommes, n'ont pas moins de 420 ‘ femmes.”

L'Eglise catholique a donc rendu le plus éminent service à la famille et à la société, lorsque, par la bouche de ses Pères, elle a porté cette définition, au Concile de Trente : ‘ Si quelqu'un dit qu’il est permis aux chrétiens d’avoir

plusieurs femmes en même temps, et que cela n’est défendu par aucune loi divine, qu’il soit anathème ! ”’

Cette doctrine du Concile de Trente a paru sans doute et pos encore bien dure aux sauvages et aux payens, aux

érétiques et à ceux qui se livrent à toute la fureurde leurs

assions ; et vous concevez pourquoi ils s'unissent dans eurs efforts pour attaquer l'Eglise, pour la persécuter dans ses chefs et dans ses membres ais pour l'Eglise, les combats sont toujours des victoires, et tous ceux qui tombent sur la brèche défendant sont ensevelis dans leur triomphe. Qu'importe qu’un Pape, que des évèques ou des pus meurent pour la défense des principes de la moralité ?

u plutôt, périsse le Pape, périssent les Evèques, périssent les prêtres. pourvu que le dépôt confié à l'Eglise demeure intact, pourvu qu’elle conserve pures ces lois si précieuses qui sont la sauvegarde de la moralité et de la paix des familles ! Qu'elle verse jusqu’à la dernière goutte de son sang, pourvu qu’elle sauve les âmes, qu’elle sauve les prin cipes !

Résumons : Dieu a permis aux Juifs d’avoir plusieurs femmes, et cela à cause de la dureté de leur cœur et pour éviter un plus grand mal: mais il n’en était pas ainsi dès l’origine, puisqu’au moment où Dieu a institué le mariage, il a établi la loi de l’unité, un seul homme avec une seule femme. Notre divin Sauveur a rétabli cette mème loi pour l'intérèt de la famille et de la société. Voilà pourquoi Saint Paul nous dit expressément que l’homme ne s’appartient plus, mais qu’il appartient à sa femme : il ne peut donc pins se donner à nne autre. Il en est de même de la femme. Les époux chrétiens ne s’appartiennent pas à eux-mêmes, ils s’appartiennent l’un à l’autre. Si donc vous donnez vos pensées, vos affections, vos soins à d’autres, vous violez vos serments, vous profanez le temple de Dieu, qui est votre corps.

Il y avait en Jésus-Christ assez d'intelligence, de sagesse, d: richesse, d’affection et l'amour pour des milliers d’Eglises ou d’épouses ; cependant, il n’a voulu s’unir qu’à une seule Eglise ou à une seule épouse, et il épuise pour elle tout ce qu’il possède ; il lui donne son corps, son sang, son âme, sa divinité, tous ses Biens, tous ses trésors, tout son cœur et toutes ses perfections.

L'Eglise catholique, de son côté, se donne toute entière à : lui; elle lui consacre son intelligence et son cœur, et, par amour pour lui, elle versera jusqu’à la dernière goutte de son sang. Voilà votre modèle, époux chrétiens. Que les

maris aiment donc leurs épouses comme Jésus-Christ a

aimé son Eglise; et que les femmes soien! dévouées à leurs maris, comme l'Eglise est dévouée à Jésus-Christ.

Ayez toujours les yeux fixés sur cet exemplaire vivant, afin de le retracer en vous avec ses traits divins.

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