‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme]Chapitre 36 sur 61 · FUNESTES CONSÉQUENCES DES FAUSSES DOCTRI- NES SUR LE MARIAGE CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

FUNESTES CONSÉQUENCES DES FAUSSES DOCTRI- NES SUR LE MARIAGE CHRÉTIEN

Les protestants ont rejeté certains empêchements dirimants. Leurs mariages contractés avec ces empêchements sont nuls et leur rébellion ne les dispense pas de la loi.

A peine.le protestantisme se fut-1il répandu, que Luther et ses partisans supprimèrent plusieurs empêchements et en réduisirent d’autres. Le mariage est indissoluble. Ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas; et le lien d’un premier mariage, tant que les époux vivent, est de droit divin un empêchement dirimant à un autre mariage.

Luther n’est pas arrêté par cette loi de Dieu, et il décide qu’il est permis de renvoyer sa femme et d’en prendre une autre. L’adultère devient pour un grand nombre l’état habituel et légal, car celui qui épouse celle qui est renvoyée commet l’adultère. Les protestants eux-mêmes se plaignent de la funeste condition que la réforme a faite à la famille et à la société. ‘‘ Les affaires de mariage (Dollinger. Tom. 2, p. 430) se passent dans plusieurs de nos villes, tout le monde le sait, d’une manière si indigne,que les juifs et les païens mêmes en seraient scandalisés. Les pasteurs luthériens

ont si bien fait, que les laïques ne craignent point aujour-

d’hui de se constituer juges dans ces affaires et de prononcer eux-mêmes des séparations de corps et des divorces. Quelques impudents déhontés se présentèrent dernièrement chez le bourgmestre d’une certaine ville et lui dirent l’un après l’autre: Monsieur le magistrat, je me suis rendu coupable d’adultère, veuillez me permettre de divorcer avec ma femme, et d’en prendre une autre ; et ce qu’ils demandaient leur fut accordé ; et l’on prétend que certains individus se sont mariés ainsi jusqu’à trois fois du vivant de leur première femme. Et ce qui est té par les hommes ne l’est pas moins par les femmes. Dès qu'elles

sont lasses de leur mari, elles vont s'établir dans une ville protestante et puis s’y remarient. C'est ce qu'on appelle vivre en évangélique.”

Luther supprima encore les empêchements résultant de la parenté spirituelle, de la parenté légale, du crime. A propos de la disparité du culte, Luther écrivaié : “S'il m'est permis de trafiquer avec un païen,un turc, un hérétique, pourquoi ne pourrais-je l’épousér.! Un païen, une païenne sont, homme ou femme, bel et bien créés par Dieu, non moins que Saint Pierre, Saint Paul et Ste. Lucie. Il s’ex-

pliquait en ces termes de l’empêchement résultant du vœu :

solennel, dans une lettr: aux chevaliers de l’ordre Turtonique: Quand j'aurais fait mille vœux, quand cent mille anges, pour ne pas parler de ce misérable qu'on nomme le ‘ Pape, me diraient que je dois rester sans compagnie, et qu’il est bon que je sois seul, quelle force auraient Ces vœux et ‘ces commandements augéliques auprès de cette parole de Dieu: Non est bonum esse hominem solum? “ Et ailleurs : “ces paroles, croissez et multipliez, sont un coup de foudre pour la loi du pape, et accordent à tous les prêtres, moines et nonnes, la perm‘: “ion de se marier.” Les empêcl:ements de parenté et d’affinité furent réduits

au point, qu’au rapport de Luther lui-même, le mariage

d’un certain: individu avec une femme qui était en même temps sa fille et sa sœur, fut déclaré valide, après mûre délibération, par les réformateurs de l’époque.

Pour apposer le sceau de leur exemple à ces belles doctrimes, la plupart se hatèrent de se marier. Carl$tadt, le

rémier, ajouta ces nouveaux liens à ceux du sacerdoce.

es disciples composèrent des oraisons proptes pour la messe de son mariage ; et la première était ainsi conçue: Q Dieu qui, dissipant l’extrème aveuglement de vos yrètres, avez daigné faire la grâce au bienhéureux Carlstadt

d'être le premier qui aït osé prendre femme, sans avoir

égard aux lois du papisme, nous vous prions, etc.” ?

Les circonstances du mariage de Luther ne furent pas moins, remarquables. Pendant que le sang des paysans, ameutés par sa parole, coule par torrents.….le moine Augustin….se choisit pour épouse.une jeune religieuse. qu’il a fait enlever de son couvent....le Vendredi Saint. Et, quelques jours à peine après cette alliance, il constate l'ignominie de sa nouvelle épouse et la sienne, en refusant de reconnaître son nouveau-né. : :

Erasme, qui nous fait connaître cette particularité, raïltait OEcolampade de son mariage en cès termes: ‘ Œcolampade

vient d’épouser une jeune persQnne qu’on: dit fort belle, Ainsi veut.il mater 8a chair !:..On.a‘beau Te É déimoi,

luthéranisme est une chose tragique :: je suis pérsua que rien n’est plus comique, car le dénouemtt de la pièce

est toujours quelque Mariage, comine dans les comédies.” (1)

Les protestants qui prétendent se marier avec un empéchement dirimant, vivent dans un véritage concubinage.

Un protestant ainsi marié aux yeux de Îa loi, ne l'est pas devant Dieu, et il est tenu de se séparer de celle qu’il appelle sa femme; et il y est tenu, malgré les décisions contraires que pourraient donner les tribunaux civils. Et les deux parties ainsi séparées restent libres devant Dieu et devant l'Eglise de se marier légitimement à d’autres, et s’ils se marient à d’autres, sans empêchement dirimant, leur mariage sera valide malgré les décisions contraires des tribunaux civils. Aucun tribunal civil ne peut autoriser la fornication, ni annuler un mariage valide. L’ignorance et la bonne foi seules excusent les protestants d’un péché formel. |

(1) Etude sur la doctrine catholique par Nampon.

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