I. COoNSsIDERATION
L'amour fraternel se mesure par ?arr: 'r de Dieu.
EL n'y a que deux préceptes où se reduisent la loi et les prophètes : le premier est d’ai. mer Dieu de tout son cœur, et le second, qui Jui est semblable, d'aimer son prochain comme soi-même : le second est dérivé du premier, et c’est une des raisons pourquoi il est dit, qu’il
luiest semblable. Tout le monde est d'accord
que plus on aime Dieu, plus on aime le prochain, C’est donc assez d’avoir établi l’augmentation de l’amour divin dans l’indulgence, pour y établir en même temps celle de l'amour fraternel. Mais pour nous rendre cette vérité plus claire, Jésus-Christ nous a proposé cette parabole. |
IT. CoNsIDERATION.
Parabole d’un roi qui pardonne.
Un roi avait fait compter ses serviteurs, et avait miséricordieusement relâché à l’un d’eux dix mille talens ; mais voyant que ce serviteur ingrat exerçait les dernières rigueurs envers un de ses compagnons, 1l lui parla en cette sorte : ‘ Mauvais serviteur, je vous ai remis toute votre ‘“ dette, parce que vous m'en avez prié” (Mat. 8, 13, 33.): je n'ai rien exigé de vous, et je me
suis contenté de votre prière ; ‘ ne fallait-il ‘ donc pas que vous eussiez pitié de votre con- ‘ serviteur, comme j'aieu pitié de vous’? Si vous ne le faites, mon indulgence n'aura en vous aucun effet, (#bid. 34.) ‘‘et il faudra vous ‘“ jeter pieds et poings liés entre les mains des ‘“ bourreaux, qui exigeront de vous la dette ‘“ entière sans er rien remettre”.
Justice de mon Sauveur, je vous adore dans eette parole ; c’est à nous tous, c’est à moi en particulier que vous l’adressez : Vous devriez avoir eu pitié de votre frère, comme j'ai eu pitié de vous ; vous vous deviez sentir obligé à une compassion égale à celle que vous aviez éprouvée, et ne rien garder sur votre cœur de l’offense que vous aviez reçue, comme de mon côté je vous avais remis dans l’indulgence toute celle que vous m'aviez faite.
[II ConNsIDERATION.
La bonté de Dieu envers nous règle la mesure de la nôtre envers le prochain.
‘ Ne craignez point (Luc. 12. 32. 33.), petit ‘“ troupeau, parce qu'il a plu à votre père de ‘vous donner son royaume: vendez tout ce ‘* que vous avez et donnez l’aumône.” En mémoire de la grande aumône que Dieu vous a faite, en vous transportant des ténèbres à la lumière, et en vous donnant son royaume par un effet si visible d’une dilection et d’une grace si gratuite, faites l'aumône à vos frères (Luc. 33.) : Vendez tout et donnez l’aumône ; vendezvous vous-même au prochain, en vous faisant
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