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par la charité serviteurs de tous ; n’ayez rien à vous ; possédez vos biens comme ne les possédant pas; ne croyez à vous véritablement que ce que vous aurez donné à ces amis qui vous recevront dans les tabernacles éternels : et ce que vous faites passera au ciel par leurs mains. Mettez votre cœur où vous avez votre trésor.
Estimez-vous plus heureux de donner que de recevoir, selon la parole du Seigneur Jésus, dont S. Paul (Act. 20. 25.) nous a ordonné de nous souvenir.
Songez à votre éternelle prédestination si pleine de miséricorde (Col. 3. 12.) ‘ et revêtez- ‘ vous comme des élus de Dieu saints et bien ‘aimés, d’entrailles de compassion, de bé- “ nignité, d'humilité, de modestie et de pati- ‘“ ence, vous supportant les uns les autres, et ‘“ pardonnant l’un à l’autre tout ce qu'on aura “ contre son frère: comme Jésus-Christ vous a ‘ donné, donnez de même.” Enfans de dilec-
| tionet de race, aimez à faire plaisir : donnez :
pardonn2z : rendez à vos frères l’indulgence que Dieu vous accorde : ne croyez perdus que les jours que vous passez sans donner, et regrettez jusqu’à l'infini, non-seulement d’avoir offensé un Dieu si bon, mais encore d’avoir contristé votre prochain dans lequel Dieu se tient offensé.
PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS
| On résout sous les yeux de Dieu, d'aimer plus
que jamais et lui et le prochain, après lIndul. gence.
ON Dieu, faites-moi la grace de parvenir à cette ferveur, que votre Eglise attend
de ses enfans dans la distribution de ses indulgences.
Mais, Ô mon Dieu, mon Seigneur, qui ne vous louerait dans l’opération de votre grace ! En même temps que vous attirez mon cœur à votre bonté infinie, vous m’apprenez à répandre sur mon prochain le chaste et pur amour qui m’unit à vous : Je ne puis plus demeurer désuni d’avec aucun de mes frères, ni en froideur ou indifférence avec les plus petits. Que ne puisje, à l’exemple de S. Paul, me donner moi-même à mes frères qui sont vos enfans et les membres de votre fils ? Et en effet, comme disait le disciple bien-aimé (Joan. 4. 20.) : ‘“ Si je n’aime ‘e pas mon frère que je vois, comment aimerai ‘ je Dieu que je ne vois pas”? Attendrissez mon cœur sur les maux et sur les besoins temporels et spirituels de mes frères. Heureux progrès du saint amour, qui de nos frères s'élève à Dieu, et de Dieu se répand encore avec une nouvelle douceur sur nos frères !
Mon Dieu, je veux entrer dans cet esprit, qui est l’esprit de votre Evangile : je porterai les rigueurs de la pénitence, autant que ma faiblesse le pourra permettre : si vos ministres qui sont mes pères, trouvent à propos d’épargner mou infirmité, je tâcherai d'augmenter mon amour et ma douleur au-dedans. Je ne ménagerai rien d’un côté, que je ne tâche de récompenser de l’autre. On ne peut jamais me tenir trop de rigueur, car il n°’y en a point que je ne mérite: mais quelle que soit celle qu’on me tiendra, je n’aurai toujours que trop de besoin d’indulgence. Ainsi je profiterai de toute celle
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de votre Eglise, et toujours plein du desseiñ d'y augmenter mon amour, aidé par votre grace, je tâcherai d’arriver à ce bienheureux renouvellement où vous voulez me conduire. L’indulgence ne me peut être que très-salutaire, puisqu’elle est également propre à appaiser votre colère et à exciter mon amour. Très puissante et très-efficace par elle-même, elle ne peut manquer son effet que par ma langueur.
O Jésus, à époux céleste, dans l’extrême besoin où je suis, j’accepte en esprit de foi, d’humilité et de componction les indulgences de votre Eglise, dans le dessein de m’unir à vous plus parfaitement, et s’il se peut, de ne rien laisser entre vous et moi, pas même le moindre reste, ou du péché ou de la peine, qui me puisse séparer de vous un seul moment ! Car, Ô mon Dieu, mon refuge et mon appui, je veux être à vous : je vous consäcre mon cœur pour vous aimer de toutes mes forces, à cause que vous êtes mon Dieu, mon Créateur, très-aimable, très-bon et très-parfait, à qui tout honneur et gloire appartient aux siècles des siècles. Amen.