‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 33 sur 34 · MANDEMENS · texte numérisé non relu

MANDEMENS

EXTRAIT D'UN MANDEMENT de M. de FFNELON, Archevéque de Cambrai, pour le Jubilé.

L ne nous reste, mes très-chers frères, qu’à vous représenter combien les dons de Dieu sont terribles contre ceux qui les méprisent. Hélas ! les jours de bénédictions s’écoulent, et le péché règne toujours. Le ciel verse une rosée

abondante ; et la terre demeure stérile en fruits

dignes de pénitence. Ne reverrons-nous pas encore après le Jubilé les mêmes déréglemens, les mêmes habitudes, les mêmes scandales? Les fidèles courent avec empressement pour obtenir cette grace ; mais ils veulent appaiser Dieu sans se convertir ni se corriger. La Religion se tourne en vaine cérémonie. Un pécheur veut payer Dieu des apparences dont il n’oserait payer un ami offensé. Il donne à Dieu le moins qu’il peut dans sa réconciliation. Il semble re. gretter tout ce qu’il lui donne, et le compte comme perdu. Il se prosterne aux pieds d’un prêtre, et prétend lui faire la loi. Il frappe: sa poitrine, et flatte ses passions. Il avoue sa fragilité, et refuse de se défier de lui-même. Sa fragilité sert d’excuse à ses rechutes et ne lui fait sentir le besoin d’aucune précaution. Il veut appaiser Dieu, mais à condition de ne se gêner en rien. (C’est aux pénitens que je parle, disait S. Augustin. Quefailes-vous ? Sachez que vous ne failes rien. À quoi vous sert cette humili. ation apparente, sans changement de vie? Quid est quod agitis? Scilote : Nihil agilis. Quid prodest quia humiliamini, sinon mutamini ? Homel. 49. inter. 50.

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