PART. I , SECT. 1! , CHÀP. III, $ I
R. L'Eglise chrétienne, catholique, ou sitaW plement FEglise.
Explication.
Les fidèles forent nommés chrétiens, pour la première fols, à Antioche, une des principales viHes de ^orient, où les disciples des apôtres, dispersés par la première persécution des Juifs , aNèrent annoncer l'Evangile, saint Pierre, le chef des apôtres, y établit pour un temps le siège de son apostolat, qu'il établit ensuite à Rome d'une manière Axe (l).
Le mot de chrétien signifie disciple de Jésus- Christ, on nomme ainsi tous ceux qui sont baptisés, et nui font profession de croire en Jésus- Christ et de ta* obéir.
Le mot ù* Eglise est un mot grec, qui , dans sa signification propre, veut dire convocation, assemblée, congrégation , société; et qui se prend aussi, dans le langage ordinaire, pour le ireu où Potr s'assemble.
/>. Qu'est-ce que PEgftse ?
k L'Eglise , prise d'ans nné signification générale, est la soctété des lldètesctdcs pnfrtews qui sont réunis en Jésus-Christ, pour ne faire Qu'un môme corps, dont il est le chef.
(n Acl. XI, 26; saint Ang. liv. 2 , conlre les lettres de Pthilien , cb. 66 , n. t*T> et t30,ei lettre 55 ou 165, à Ccneresas, n. 1 , 2V 3 ei 6*
Célte définition convient à l'Eglise en généra), qui réunit dans son universalité les bienheureux qui sont dans le ciel , les justes qui
, souffrent dans le purgatoire , et les fidèles qui vivent sur la terre, en quelque temps et en quefguelieu qu'ils vivent. Car tous les fidèles généralement ont pour chef Jésus-Christ, et sôrtt réunis en fui, pour ne faire qu'un môme
t corps, comme nous l'expliquerons ci-après f
1 en parlant de l'unité et de la catholicité de l'Eglise (r.
Ce corps unique a plusieurs membres , cette société réunie en Jésus - Christ a plusieurs , branches, qui sont l'Eglise du ciel, l'Eglise du purgatoire , et l'Eglise de la terré. Celié-ci peut être considérée, ou avant la loi de Moïse , ou pendant la loi de Moïse , ou depuis la venue de k Jésus-Christ. Ce n'eët , à proprement parler, que depuis la prédication de l'Evangile , que cette société s'est nommée Eglise. Et c'est de l'Eglise prise en ce sens, c'est-à-dire, de l'Eglise chrétienne* que nous voulons principale-' ' ment parler, nous ne parlons dés autres que par rapport a celle-ci.
D. Qu'est-ce que l'Eglise chrétienne ?
/?. C'est la société «dès fidèles qui sont réunis • par la profession d'une môme foi, et par la ....... . .
(l) S 2 et 5 de ce même chap. * . ^. / Charancy. Catéchisme» B b
434 PART. I , SB611 If, CHJIP. III , g *•
participation aux mêmes sacrements, soua l*atttorité des pasteurs légitimes , dont le chef vi* sible est le pape, éwêque de Rbme, Bttceesseur de saint Pierre, vicairé de Jésus-Christ sur la terre (i).
Je dis /a focfeicf <te# fidèles, c'est-à-dire , la société de ceux qui croient en Jésus-Christ» Réunis par la profession a? une JHéffte fbtj
car Ffiglise ne reconnaît pas pourata enfanta , oenx qui altèrent ou qei partagent aa foi.
Par la participation aux mêmes sacrement $ $ car c'est par la que les fldèles sont incorporés à Jésus-Christ, qu'ils sont réunis entre eux, et qu'ils font un corps sensible de religion.
Sous l'autorité des pasteurs l és Urnes ; car
c'est rompre le lien que Jésue-CkrieU mis e«r te e les membres de l'Eglise , que de ne pa* reconnaître ies pasteurs qu'il a établis peur la gouverner.
Pont le chef est le pape, {tous ferons voir étapes «ue le pape est le chef visible dt i'gglfse, et nous expliquerons plus en détail toniea les paroles de cette définition, en faisant veirqul sont les pasteurs légitimés , et pourquoi il est nécessaire de reconnaître le pape pour le chef des pasteurs de l'Eglise (2).
(1) Voy. S. Aug. liv. 19 , contre Fauste , ch. 10* <4 (2; Vojr. le § 7 de ce môme ch.
■ht L'âctfSB. ' 435 A Cette soelèté est~elie v felfeJë ?
Oui ; car elle est comparée dam l'Ecriture à une haute montagne , à laquelle toutes lot nations doivent accourir; et toutes les Idées que l'Ecriture nous fournit de l'Eglise en ce monde, montrent que cette société doit être sensible (l). Jésus~Chrlst dit quêtons les hommes doivent obéir à l'Eglise (8).
Saint Paul donne â Timothée des régies pour se conduire au milieu de cette société qu'il appelle la base et la colonne de ta vérité Le même apôtre dit que le Saint-Esprit a établi les évéques pour gouverner l'Eglise (4). Cette Eglise doit Instruire, administrer les sacre* ments , juger, excommunier (5).
D. Mais l'Eglise n'est-elle pas la société des élut et des prédestinés; société qui n'est connue que de Dieu seul , et qui par conséquent est invisible?
(3) Timot. III, 15, (4; Act. XX ,38.
(6) Malth. XXVIir, 19; XVIII , 17; tôt. S. Ai.g. liv. 3 , contre l'éphre de ta-mémen , ek. 6, n. arierm. «2, sur le p». 18, n. 6; liv. 2, centre ,M ,etl. de P. tilien , ch. Si, n. 17, et cb. 104, d. 239, et Ch. 105 , n. 45; liv. de l'uoilé de l'Eglise, ch. 16, q, ^ Mv^coBire Crewoniu», cb.36i centre Fau»te,
436 PART, I, 8BCT. II. CHàP. III , $ *•
R. Il est vrai que les prédestinés sont la principale portion de l'Eglise. Tous les élus sont ou seront avant leur mort dans l'Eglise , hors de laquelle il n'y a point de salut; mais l'Eglise de la terre , dont nous parlons ici, n'est pas la société des seuls élus. Elle est présentement , selon l'Ecriture et les saints Pères , composée de paille et de bon grain, de bons et de méchants: ce ne sera qu'à la fin du monde, que, purifiée de ses taches, elle deviendra la société des seuls prédestinés (1).
P. Si l'Eglise est visible, pourquoi faisonsnous profession de croire qu'elle subsiste , par ces paroles du symbole : Je crois l'Eglise ? on n'a pas besoin de faire profession de croire ce que l'on voit.
& On voit une chose, et l'on en croit une autre qu'on ne voit pas* On voit une société visible , et on croit que cette société est l'Eglise de pieu, et qu'elle subsistera toujours pure et incorruptible dans sa foi, suivant les promesses de.fésus-christ.Ori voyait Jésus-Christ, et l'on croyait qu'il était le Christ: on voit l'administration des sacrements , et l'on croit qu'ils opèrent la rémission des péchés (2).
(1) Voy. S. Àug. liv. adressé aux Dooaltstes, après la conférence de Carthage , cb. VII ei VIII, nom!*. 10 et 1 1 ; ce Père rapporte là les autorités rie l'Ecriture.
(2) Voy. sur la matière de ia visibilité de Tfi>
. DE L'tG.USB. 437
D. II y a plusieurs sociétés qui prétendent être l'Eglise chrétienne. Les Grecs schismatiques, les luthériens, les calvinistes, les protestants d'Angleterre, prétendent tous à ce titre. Dans cette diversité de prétentions, à quelles marques peut-on discerner quelle est la vraie Eglise de Jésus Chr st ?
R. On peut le connaître à quatre marques, qui, selon les saintes Ecritures et toute Li traditlon j distinguent l'Eglise des sociétés hérétiques ou schisoutiques. Ces marques sant qu'elle est une, siintc, catholique et apostolique. Le symbole de Constantinople, suivi par les autres conciles généraux, dont l'autorité est également respectée par tous les chrétiens <le toutes les différentes sociétés, dit que l'Eglise est une, sainte > ccU/wligue et aposUiique,
La société à laquelle ces quatre caractères conviennent, est donc l'Église, de Jésus-christ* Toute sochtèâ laquelle ils ne conviennent pas, est une fausse Eglise.
Or, il est aisé de f lire voir que l'Eglise catholique , qu'on nomme ordinairement l'Eglise romaine , est la seule à laquelle ces quatre car
glise, outre les controverses, ta conférence de M. Bo*stiet, évéque de Meaux , avec M. Claude , sur la matière de l'Eglise, au commencement de l'ouvrage f page 28 et sutv.édil.de Paris y année 1632 , in- 12.
438 part. I, sBCT. iti flfcp. m, S H.
mctères Continuent, ftoas nila»* expliquer chacune de ces qualités, et ttoas ferons vètf clairement qu'elle est la société tlslWe à la* Quelle ces qualités conviennent (i>
S 2. De l'unité de V Église, et des différents membres qui la composent.
D. pourquoi dites-vous qtoe l'église est une ?
/?. Parce que tods les fidèles qui composent sa société, ne font qu'dii seul corps; qu'ifs n'ont tous qu'un même chef , un môme esprit qui anime tout le corps et chaque membre de ce corps » une même toi , une même espérance, les mêmes biëns (D*
P. Qui ést le cher de l'ÊgîUe ?
R. Jésus-ChHst eét le ehter loisible, et le pape, en qualité de successeur de saint Pierre, ëst son chef tislbie sur ia terre.
Mous avôns montré ci detant (3) que Jéso»- Chrlst est le chef invteiblé dé l'Eglise; nous ferons voir ci-après qu* le pape est sottcbrf visible (4).
/>. Quel est l'èspril 4ut anime lé corps, d* va* gîise?
(1) Vojr> cependant 3. Àug, liv» 13, contre Fauste, ch. 12 et f 3.
(2) E|ibé* IV , 4 , 5.
(3) *ct. U$24.
(*) $ 7 de ce cbajiure-ci.
ïrê ï*f.6mt. 439
n. C'est ï'Ésprît de Jésus -christ , l'Esprit de vérité, l'Esprit du chèf, qui se répand sur les Membres, et les unit entfé eux: Esprit qui doit animer l'Eglise jusqu'à la consommation defc siècles, suivant la promesse de Jésus-Christ, daint Paul dit que l'Ëgîise h'a qu'un corps , et 4u*un esprit qui anime ce corps (1).
Z>. Pourquoi dites-vyus que les fidètes qttl tbîflposent l'Eglise, n'ont tous qu'Une mêlue
Cé sont les paroles de saint Paul > et c'est sur ce fondement que l'Eglise a toujours retranché de Son cofrps tous ceux qui ont une toi différenté de la slë*ne. ïtle n'entre sur ce* dans heurte composition ♦ eue Yèut um seule et même croyance dans tous ses membTfefc (i% I). Pourquoi dites^vous que les fidèles qui composent l'Eglise , n'ont qu'une môuie espérance? \„
/?. C'est saint Paul qui ledit, et qui ajouta que nous avons tous été appelés au même bon** heur (3). Nous attendons tous ce bonliçur, et c'est ce qui (ait que nous avons tous une même' espérance.
D. Pourquoi dites-vous que les fidèles ont les mêmes t>iç.n& ?
\t) ÉphàUV, 4) atifti S. Jfean ,ch. X)% ti s
(2) Ephc<s.lV,5. ' '
(3) lùid.
440 PART. I, SECT. II, ÇJJkV, III, § \U
R. Parce que les grâces, les sacrements , les prières, les bonnes œuvres, sont des biens communs auxquels tous les Odèles ont droit de participer.
D. Puisque l'Eglise est une, d'où vient qu'on nomme plusieurs Eglises, l'Eglise de France , l'Eglise d'Allemagne, l'Eglise de Paris , de Montpellier, etc. ?
R. On appelle Eglise to4utcs les sociétés particulières des fidèles, sous un pasteur légitime <i: ; mais toutes ces Eglises particulières , parfaitement unies ensemble , font partie de l'Eglise universelle, et ne composent avec elle qu'un seul corps, dont le pape est le chef yi-r sible sur la terre, et Jésus-Christ le chef invisible.
Explication.
Nous avons déjà dit (2) que le corps de l'Eglise réunissait, dans une universalité, l'Eglise du ciel , l'Eglise du purgatoire , et l'Eglise de la terre. Celle-ci a plusieurs branches. Car on peut la considérer, ou avant Moïse , ou depuis Moïse , ou depuis Jésus-Christ. Depuis que Jésus-Christ a établi saint Pierre chef des apô-
(f) Ecclesia , plehs saeerdott adurtata , et pas* tori suo grex ad/iœrens} dit S* Cyyrien, let. 69 ou 66 « h Pii|t|ti<inu5*
(2) § 1 de ce chap.
DE L'ÉGMSF. 441
trcs, le pape, successeur de saint Pierre, est le chef des évèques, et par conséquent le chef des pasteurs de l'Eglise. Chaque évôque avec son troupeau, dont il est le chef, fait une portion de l'Eglise universelle. Tous ces troupeaux particuliers sont réunis dans leur chef commun, le pape, pour ne faire qu'un corps il). Ce corps est lui-même une portion du corps général de l'Eglise, c'esl-à-dire, de la société des membres de Jésus-Christ, dont quelquesuns vivent encore ; d'autres souffrent dans le purgatoire; d'autres régnent déjà avec Jésus- Christ dans le ciel. Jésus-Christ est le chef de cette société, dont les membres sont aujourd'hui dispersés , mais seront réunis à la Un du inonde. . ,
D. Comment nomme-t-on la société des fidèles qui régnent avec Jésus-Christ dans le ciel?
R. L'Eglise triomphante, la Jérusalem céleste , la cité de Dieu, l'Eglise des prédestinés.
Explication.
On appelle cette société V Eglise triomphante , parce qu'elle est la société de ceux qui triomphent avec Jésus-Christ ; la Jérusalem céleste ,
(0 Voy. S. Léon, lett. 10 , aux évéqttes de la province Vienne, ch. 1, eilett. 12 , à Anaslase , 6*vè> que de The*saioaique, chap.. dernier.
44i PART. I, 8ÉCT. H, CHAP. III, § II.
parce que la ville de Jérusalem êt son temple étaient la figure de cette société ; la cité de Dieu, parce que c'est là que Dieu fait paraître sa gloife avec plus d'éclat, et c'est pour cela que l'on dit que Dieu habite dans le ciel ; V Eglise des prédestinés , parce que les prédestinés y entrent.
x). Qui sont cèùx qui composent là société de l'Église triomphante ?
Jésus-christ , la sainte Vierge, les anges
bienheureux et tés saints.
z). Comraént nommé-t-ôn la soetèté dés Ames qui souffrent les peines du purgatoire ?
/f. L'Rglise souffrante, ainsi nommée A cause Aés peines qu'elle Soutfré pour satisfaire à là justice de Dieu.
2>.Qui sont cêut qtii tomposént la société <té ftgiisé sotiffirahiè ?
R. Ce sont ceux qui meurent en état de grâcé, ftiats qui ne sont pas encore assez puriàés ponr entrer drtns le ciel.
Nous prouverons , dan* Aà suite de cet ouvrage 4 la vérité du purgatoire (l).
D. Comment norame-t-on la société des fidèles qui vivent sur la terre ?
R. L'Eglise militante, c'est-à-dire, combattante, ainsi nommée à cause des combats qu'elle a à soutenir tant qu'elle subsistera.
(1) Voy. la 3; parti* , mu t,<!h»5, $ 17.
Noos expliquerons ci-après quels sont ces combats (i).
Z>. Qui sont ceux qui composent la société do l'Eglise militante?
H. Pour répondre exactement â cette question, il faut considérer l'Eglise de la terre eù trois temps différents : i.° avant le péché d'Adam; 2.» depuis le péché, avant Jésus-Christ ; 3.0 depuis Jésus-Christ.
Ayant le péché f tous les hommes sans distinction devaient être membres de l'Eglise. Us avaient été créés pour être éternellement heureux; et le péché était le seul obstacle qui pût les éloigner du ciel*
Adam et Eve perdirent pour eux et potxt toute leur postérité , parleur péché, le droit quHfs avaient au bonheur éternel. Us furent chassés do Paradis» Mais Dieu leur fit miséricorde, en leur promettant un Rédempteur : et par les mérites de ce Rédempteur, les hommes ont pu, depuis le péché , rentrer en grâce avec Diéb et recouvrer le bonheur éternel, pourvu qu'ils vécussent saintement, et qu'ils espérassent Rédempteur. Ainsi, avant Jésus-Christ, tôûs ceux qui faisaient profession de vivre suivant les principes de la loi naturelle, et qui espéraient un Rédempteur , étaient de vrai* fidèles,
. (DS9,99 10,tl decechap.
44 1 PART. I, SECT. II, ÇHAP. III, g »•
et par conséquent «Appartenaient à l'Eglise de Jésus-christ.
Mais depuis la vocation d'Abraham , tous les enrants maies de ce patriarche furent obligés d'être circoncis ; et depuis Moïse, les Israélites furent obligés, outre cela, à pratiquer toutce qui était prescrit par la loi ; de sorte que l'Eglise de Jésus-Christ était alors composée de deux sortes de personnes: l.° des Juifs qui faisaient .profession de \ i vre selon la loi de Moïse , et qui seuls formaient l'Eglise judaïque, qu'on nomme Ja synagogue; 2.° des gentils qui attendaient un Rédempteur, et qui vivaient suivant les principes de la loi naturelle. Quelques-uns de ceux-ci se faisaient circoncire; et alors ils étaient obligés à observer toute la loi ; et ils appartenaient à l'Eglise Judaïque. Mais quoiqu'ils ne fussent pas circoncis, ils ne laissaient pas d'être de vrais fidèles , et d'appartenir à Jésus-Christ comme ses membres , pourvu qu'ils ne reconnussent qu'un seul Dieu, et qu'ils attendissent le Rédempteur. C'est pour cela que dans le temple de Jérusalem , il y avait un Heu destiné pour les gentils qui venaient y faire leurs prières. Ce lieu était séparé par une. muraille, du lieu où les Juifs faisaient leurs prfères dans le temple. Tel était l'état de l'Eglise de la terre avant Jésus-Christ.
Mais depuis Jésus-Christ il n'y a plus de dlf*
DE /.'éGLKE* 445
férence , par rapport à Dieu*, entre les Juifs et les gentils. Ces deux peuples ont été réunis en Jésus-Christ, qui a ôté, dit saint Paul , la mu* raille de séparation, et qui n'en a fait qu'un *eul peuple , nommé le peuple chrétien. H faut nécessairement appartenir à ce peuple, pour être aujourd'hui membre de l'Eglise. Or, pour lui appartenir, deux conditions sont nécessaires.
M II faut être baptisé. Car Jésus-Christ dit que ceux qui ne seront pas baptisés, n'entreront pas dans le ciel. Ce n'est que par le Bap^ tème que nous recevons la rémission du péché originel; en sorte que si nous ne sommes régénérés par ce sacrement, nous n'appartenons pas à Jésus-Christ, nous ne sommes pas .ses membres , et par conséquent nous sommes hors de l'Eglise.
2.0 il faut n'être pas retranchés du corps de l'Eglise, comme enfants rebelles et désobéissants : car Jésus-Christ a donné à l'Eglise le pouvoir de retrancher de son corps ceux qui ne veulent pas se soumettre h son autorité ; et ,11 veut qu'on regarde ces fidèles retranchés , comme s'ils n'étaient pas chrétiens.
Ainsi l'Eglise militante est aujourd'hui composée de tous les fidèles baptisés , et qui ne sont pas excommuniés.
11 s'ensuit de là, f.« que les Infidèles et les
448 part* i, sedîé fi, ttfà*. m, $ n.
fuffs ne front pas membres de l'Eglise ; car flfe ne sent pas baptisés ;
9.o Que tes hérétiques, tes schématiques et les apostats ne sont pas d# l'Eglise ; car ils se sont séparés enx^mêtues de la société de PfigltSé. Noas expliquerons ei"*pr è* qui sont les hérétiques, les schématiques et les apostats (1 ;
3.o Que les excommuniés ne sont pas de IX gllsé* tant qiills demeurent dans fêtai d'excommunication ; car Ksgilsè les n retranchés de son corps;
4. *Qué les étirante baptisés par lés infidèle*, on pat les Jùift, ou par lés hérétiques, en par tes scbismatlques , ou par les excommuniés, *ont membres dé PÊgnse. Car le Baptême conféré par tantes cés personnes , ést bon, et donne la rémission des péchés, comme nous te dirons ct-àprèS (*).
5. <» Qué les chrétiens baptisés, quelque grands pécheurs qu'ils soient, sont membres de IWguse, tant qu'ils né sont pas excommuniés, dr Jésus-Christ nous apprend souvent dans PË- Vangllé , que son Église, sur là terte , eét théléé de paille et de bon grain , dé bons ét de rûè-
(1) § 3 de ce chap.
<a; Parus, wUl,«k2,$ 2.
dé Véàtis*. 447
châtits, et qué ta séparation ne dé fera qu'à la fln du rtionde (i).
f>. Si quelqu'un étatt excommunié sans fort* dément légitime , et quMI conservât toujours 1è respect dû à l'Eglise et k la subordination n&céSsalré, cesserait-il d'appartertir à l'Eglise comme un de ses membres ?
/?. PT6fl.il appartiendrait toujours k l'esprit de l'Êfcltee, et par conséquent il serait toujours ttièitibre vivaut du corps de Jésus-Christ; tar OU ne peut pas être retranché du corps deJésos*Christ par une séntencé nulle aux yéu* dé Dieu. L'ËgItse ne peut retrancher que les méia* breô morts (*N
§ 3. ne l'union gui est entre tous les membres de l'Eglise y et de la communion des saints*
b. Tous éës différents ritettibrés de l'Église gôftt-iis réunis entre eux ?
'I) Yèy. «or loUtcetâS. Atig. liv. de la véritable religion > eh* 6 el 6 , o. 9 , 10 et f I.
(2) Voy. S. Aug. ihid. el leU. 78 ou 137, à ses diocésains i n. 3, 4, 8 el 0. 11 dit la même chose dans un fragment de lettre, inséré* avaot la lettre 251 , et dans le liv. U du Bap. contre les Dooatisles, ch. 17. teux qui veulent approfondir la matière de t'unitéde rËglise, peuvent lire les livres de S. Aug. contre les Annalistes $ et tes trafic** de S» Cyprieft* d* M» Nicole èt du Pi TJMâatsfty iUUluléé i De Vuaité de relise.
446 PART. I, flFCT. II, CITAI* III, S
A Oui , puisqu'ils ne font tous qu'un seul aorps, dont Jésus-Christ est le chef; en sorte qu'il est vrai de dire qu'ils sont tous les membres du corps mystique de Jésus-Christ , et les membres de Jésus-Christ.
Z>. Par quels liens tous les membres de l'Egtisc sont ils unis entre eux?
/*. Par des liens intérieurs et par des liens extérieurs. Les liens intérieurs sont la participation d'un même esprit, la dépendance d'un même chef invisible, la communication des grâces. Les liens extérieurs sont la profession d'une même fol, d'une même espérance, la participation aux mêmes sacrements, l'obéissance aux mêmes pasteurs, la dépendance du même chef visible.
Explication.
Quand je dis que tous les membres de l'Eglise sont réunis par la profession d'une môme foi, par la participation aux mêmes sacrements, et par l'obéissance aux mêmes pasteurs , cela se doit entendre de tous Jes fidèles qui vivent ensemble sur la terre, et non pas de tous les membres de l'Eglise en général CaHes Juifs, par exemple, n'avalent pas les mêmes sacre- 'ments et les mêmes pasteurs que les chrétiens; et ceux-ci, après leur mort, cessent d'être liés taux fidèles qui vivent sur la terre, par la dépendance des mêmes pasteurs, Enfin , l<i foi et
Dig
DR L'f-GUSB. ~ . . t- 440
Peapéranco n'ont plus do lieu dans le ciel, o^i les saints voient clairement ce* qu'ils croyaient par la foi, et où ils Jouissent des biens qu'ils altendaient par l'espérance*
Mais ce qui réunit généralement tous les fidèles entre eux, en quelque temps et en quelques lieux qu'Us aient vécu ou qu'ils vivent, n'est l-o la dépendance d'un même rhef, Jésus-christ; 2.0 la promesse des mêmes biens, dont les uns sont déjà en possession , au lieu que ies autres les attendent encore: car nous voyons l'aoeqm- .plissement de ce queles.mifsontcru et attendu, et les saints voient et possèdent ce quenous xroyons et espérons.
. , 3.° ils ont tous le même moyen pour arriver à ces biens, savoir, l'application des mérites de Jésus-Christ; car aucun homme, n'a jamais, pu être sauvé que pa r Jésus-Christ (J).
/>. Comment nomme- t-on l'union qui est çn- .tre tous les membres de l'Eglise ?
n. On la nomme la communion des saintf.
Communion» C'est un mot latin , qui veut dire la même chose que liaison, société , communication , union.
Deç saint*. Parce que tous les membres de
(I) Voy. S. Àug. lelt. 157 ou 89, à flilafre, nomlj. M; lett, 187 ou 57> à Dar.ian. , cb. XI, nom I). 31 ;liy. 19, contre Fausle, ch. 14/15, 16, I7e\ 18, etc.
450 part, i, sec*, w, èHÀ*. m, § itl.
PEglIse otit été sanctifiés par )é baptêtàe ; f tae tant qu'ils éik conservent là grâ*e, ou lorsque, Payant perdue , ils Pont recouvrée par la pè* nilence , ils sont saints , et que toujours ils sont appelés à la sainteté. C'est pour cela q ue quand saint Paul parlait des fidèles de son temps, ou qu'il leur écrivait, Il leur donnait toujours le nom de saints (1).
/>. En quoi consiste la communion des saints?
#1. En deuK choses: 1 0 En Ponton, soit In* térieure, soit extérieure, qui subsiste entre tous les membres de l'Eglise, ainsi que nous venons de l'expliquer.
2.0 Dans la communication qnè les mefnbtes de l'Eglise se font entre eux , dés biens spirituels qui leur sont propres (2).
V. Quels sont ces biens spfrttoéfe qnè lés membres de l'Église se communiquent les uns aux autres ?
A. Les prières, les bonnes œuvres, les grâces, les sacrements*
D. Cette communication des biens spirituels ne se fait-elle qu'entre les membres de K'Etflift de la terre ?
A Elle se fait entre lés tatembres des Mrois
(2) Vove2 saini Àug. lirte I, tohittt Mixlttln Àiieo , cliap. 9*
tgtim ï Ûè refclfsfcdé lft terré* de éélle du ciel et de celle du fltirgatofrë. Comme ils M font tôU9 qu'art &èuf fcorps, Ils participent an&si tûtis aux métàes feteitt, fttttâttt que citadin» d'eux en est capable, selon Wtet où il se trouve.
V. comment fôlt là communication de* prières et des grâces entre les saints qui tout dans le Ciel, ét les Ôdèles qui vivent éur la terré?
c J?. MMës ' frHètttf qu'on adresse anx saints» êt les secours què m saints pleurent Nous expliqueras ci-après qui refarde t'inVaGa* thm des saint* (t).
D. Comrrtent êé Mi cfetto communication en* tfe lés fidèles qoi Vivent sur la terre* et les âmes du purgatoire ? - •
B. Par les bOttftes «uvres , les prières, le sacrifice des fidèle* qui vivent iur la terre ♦ par lesquels les flmfcs dfc purgatoire sont soulagées. ( Nous expliquerons diaprés ce qui regarde les prière^ et le sacrifice offert pour les morts a).
D. Comment se fait celle communication entre tous les fidèles qui vivent sut la terre P
r. t.* En ce que tous ont part aux piièlreô , au
(1) Sur le i. comm. de Dieu, 1; part. *ecU&>tft«
(2; 3. part. secl. 1 , ch. 5, $ 17, ei secl. î} ch. 7. S 13.
452 PART. Tf 8ECTY II, CHAP* lîf > S »*•
sacrifice, aux bonnes œuvres, aux grâces, aux sacrements, à la foi de l'Eglise (1).
5N° En ce que les grâces que chacun reçoit, et les bonnes œuyrçs qu'il fait, profitent à tous les autres (2).
D. Quel est le principe de cette communication de biens qui se répand sur les membres de ^Eglise?
H C'est le Saint-Fsprit, l'Esprit de Jésus*- Christ, qui du chef se répand sur tous les membres, ci peu près comme l'Ame , 6eion la comparaison de saint Paul, communique la vie et les esprits aux membres du même cojps (3).
D. Ceux qui sont en état de péché mortel, ontils part â la communion des saints?
B. Pour répondre exactement à cette question, il faut savohr que le Saint-Esprit n'habite t>îus par sa grâce dans une âme coupable de péché mortel : et que par conséquent cette âme est morte spirituellement aux yeux de.Dicu. « Un homme coupable de péché mortel , n'appartient donc plus â Jésus-Christ comme un
(1) Voy.S. Aag.liv. 3 du baptême, ch. 17.
(2) V<»y. S. Ambr. serm. S, sur le ps. 1 18, n. 54 , liv. 1. des offices, ch. 29, n. Î42,et livre 1. de la iPémt., ch. 15 , o. 80 et 81 ; S. Aug. traité 32 , sur S. Jean , n. 7 et 8.
(8, Voyez Runes. IV, t5 et suiv. Rom. XII , 4, 5; 1. Cor. VI, 15 et suiv. Xll , 4 et suiv.
. tizgd by
membre vivant; niais il peut encore appartenir à Jésus-Christ comme un membre mort, qui lient à son corps par les liens extérieurs cidevant expliqués, et en quelque chose par les liens intérieurs, par fa foi, par l'espérance, etc; Maïs, si ce pécheur à été absolument retranché de Ja communion de l'Eglise par l'excommunication majeure, alors il n'appartient plus proprement à l'Église, qui est le corps mystique de Jésus-Christ H ne lui appartient plus proprement j ni par les liens intérieurs, car il les a presque tous rompus par les crimes; ni par les liens extérieurs, car ils ont été rompus par l'excommunication.
Cela posé, je disque les chrétiens , quoique coupables de péché mortel , ne laissent pas d'avoir part en plusieurs choses, à la cointaunion défi saints, tant qu'ils ne soni pas excommuniés. Ce sont des membres morts., mais qui tiennent toujours au corps jusqu'à ce qu'ils en aient été retranchés. Us sont des membres, pour ainsi dire, paralytiques, qui n'ont presque plus de mouvement, mais qui néanmoins sont toujours liés à l'Eglise par la profession d'une même foi et d'une même espérance, par l'obéissance extérieure aux mêmes pasteurs, parle droit qu'ils conservent aux mêmes sacrements; ët ils reçoivent , par le moyen de l'Eglise, plusieurs secours intérieurs etexté-
454 part, i, sect* H» flH*p. m, S m.
rieurs pour leur conversion. Ainsi, Ifeofit laO* niment plus d'avantage que ceux qui wntabso* Jument retranchés de Ja communion de l'Eglise.
Ce que Je viens de Mt^au' un excommunié est reiranthé du corps 4e l>M$U*$rfu>U n'appartient ptets àVfgtUê) a besoin de quelque explication. Le mot d'excommunication ne porte que Ja prlvallon de plusieurs biens auxquels l'oxcom* munl* WU *p» auparavant : et l'Eglise qui l'excommunie, n'a droit de Je priver que de la communion dos biens quelle peut lui étor et qu'elle peut lui rendre, Elle ne peuUter Je bap. tônie , par lequel nous sommes faits enfants et membres de l'Eglise. Cp sont des enfants chassés do la maison» et déshérites; niais ce sont toujours des enfants qui ont le caractère do Jér sus-Christ par le baptême, souvent Iq caractérç du .saint-Esprit par la conûrmaUon, et quelque* lois Jç caractère du sacerdoce^ Tellement que quand on les rétablit dans la communion de l'Eglise , on ne leur redonne aucun de ces (rois sacrements.
Il y a donc une espèce d'équivoque dans cette façon de parler, un excommunié est retouché du corps de l'Eglise, n'appartient plus à l'MT €li*e, u Appartient plus à J*siu-Ckri*U Sf lW
entend parla qu'un excommunié n'a plus de droit aux Wens de l'élise, à ses assemblées, «u* sacrements, aux wJfrages, a«tx bonnes
db Lieuse. 485
ceutr^s dos fidèles, à la société des chrétiens; qu'il n'a plus de part avec Jésus-Christ ; qoe c&*t une branche retranchée de Parbre dont Jésus-Christ est le tronc ; si c*est ainsi que l'on explique «es façons de parler, elles sont juste* et exactes, et c'est en ce seul sens qu'elles stmt employées ci-dessus. Mais si Ton entendait, par ces expressions , n'être plus 6ous la puissance et l'autorité de Jésus-Christ et de l'Eglise , elles sont fausses. Un excommunié appartient toujours à Jésus-Christ et à l'Eglise, comme un enfant rebelle et comme un esclave fugitif. H a perdu les droits qu'il avait aux biens de Jésus-Christ et de l'Eglise ; mais Jésus*Otirfet et l'Eglise n'ont pas perdu et ne peuvent pas perdre leurs droits sur cet enfaêt rebelle et déshérité.
JK Qui sont ceux qui n'ont peint de part à la tommunieo, soit intérieure, soit extérieure des fidèles *
rt. i.o ceux qui n'ont jamais été membres de l'Eglise; 2.° ceux qui «'en séparent volontaireinent; 3.« ceux que l'Eglise retranche absolument dq sa sqciélé ; ou ? pour parier plus ctairçment, l.°Je$juite et lés inlldèlçs; 2.* les hérétiques, les scftlgmaUques, tes apostats;
Mies^xcoraumniè* (0-
(ï) Voyez sur cela S. Au$. My. de la vrakî religion , ch. 6'et à»
456 part, r, $Hc.r. cbkp* m, § m*
Qu'entendez- vous par les hérétiques?
tfi. J'entends ceux qui sont attachés avec opl* • njàtreté à une doctrine condamnée par l'Eglise, » ou qui ne veulent pas croire, ce que l'Eglise a. décidé devoir être cru comme point de foi (I).
//. Qu'ontendez-vous par les schismatiques?
/?. .t'entends ceux qui se séparent de l'Eglise, qui ne reconnaissent point les pasteurs légitimes, et qui vivent entièrement séparés de leur obéissance (2).
D. Qu'entendez-vous par les apostats ?
/?. J'entends ceux qui renoncent extérieurement à Ja fol catholique , après en avoir fait profession.
i />• Pourquoi les hérétiques > les schismatiques.et les apostats n'ont-ils point de part à la communion des fidèles ?
< fi. fcarçe qu'ils veulent rompre l'unité de FEglise , soit en détruisant la subordination qui doit être entre les pasteurs et les peuples, soit
(1) S. Aug. liYè 4 du bapU contre les Donatistes, cha|>. 16, n. 23, et liv. 18 de la cité de Dieu , ch. 51, d. 1, elc. '
{2; Voyez S. August. livre des 17 quést. su* $. Matin, quest. XI, n. I et 2. Pour connaître à fond ce que c'est qu'être schismatique , lisez ie-livre des calvinistes convaiocus.de schisme , et celui de l'unité de l'Eglise, composés Pun et l'autre par M. Nicole; le livre de M. de Saiot-Pons, sur le schisme , etc.
DE ttOUSF. 457
en diVisant la foi qui est une. Par conséquent, Ils s'excluent eux-mêmes dè PEglise ; çaiK P£gliseoe peut jamais perdre sorç jirilté (1).
§4. De lasai*t*èé$e>&:Aglisei • • " i1- . . . . - * • ,
Z>. L'Eglise estreite sftfnifc ?
A. Oui. i/Ecriture sainte le dtten termes formels : JéwCturM: m aimé t*JS*iise > dit sairit Paul,** t'est U»ré iMi^bêmspQvr eiie , afin de la sanctifier , en la purifiant dans la kaptptne de l'oau par (a parafe 4e vie $ paur la faine pà^ raiire devant M pleine 4« glçtre, rtayoAtni 4«ckej ni rideMnf rifnrfe semktabie , mais sainte et irréprochable (2). . t
Vous êtes j-dit saint Pierre, rats choisie, 4e sacerdoce ro#ai la nation safnM+Ae peuple acquis (3),
fi. çs^e de l'fçli** de latew* M de JKSgttse 4u ciel qw pq* paroles Ai 4'ÇertUife; doive»* ^'entendre ?
/?, De I'uiiq et de l'autre«£a sainteté çst commencée sur la terre, et parfaite dans le clel$ et l'Eglise u'eat saiate dans le aie! , que parce qu'çll? Pa ét£ sur la terre uto» eor la ter*
(1) Vftjr* S, Aug* Mf» d« la foi et du ajmib. . cb. X. n.2l.
(2/ Epbés. V, 25,2$, 17»
(3) Pierre, U»
Ce