PART* I, SECT. II, CHAP. III, $ VIII
battue ; mais elle a toujours triomphé et elle triomphera toujours. Les puissances de l'enfer font tous les jours contre elle de nouveaux efforts ; mais elles ne prévaudront jamais contre l'Eglise ; c'est un édifice fondé sur la pierre : les pluies viennent, les rivières se débordent, les vents soufflent et font effort contre cet édifice ; mais ils ne le renverseront jamais (l).
D. Quels sont les ennemis contre lesquels l'Eglise de la terre a des combats à soutenir ?
R. Elle a des ennemis hors de son sein et dans son sein. Ceux-là sont les démons, les infid&e?, les Juifs, les hérétiques, les schismatiques et les excommuniés. Ceux-ci sont les mauvais catholiques. Outre ces ennemis généraux , contre lesquels l'Eglise combat sans cesse, chaque fidèle a des combats ou extérieurs ou intérieurs à soutenir. On donne à ces combats le nom de tentations (2).
D. comment est-ce que les démons attaquent l'Eglise ?
(1) Matth. VII, 25; XVI, 19; S. Aug. liv. 1. du symh. ch. 1, n. 13; sur le ps. 61 , n. 5 et 6; serra. 2, sur le ps. 70, n* 12; serm. 75 ou 22, de diuersis ? n. 4 et 5.
(2) S. Aug. serm. 3, sur leps. 30, nomh. 6; sur leps. 61 , nomb. 5 et 6 ; sur le ps. 9 , n. 29, et sur le ps. 10, n. 4; cité de Dieu, liv. 18, ch. 51, n. 1 et 6.
R. t.o En suscitant contre elle des persécutions, des schismes, des hérésies, èt tous les autres ennemis dont nous venons de parler ; 2.o en faisant tous leurs efforts pour perdre le plus de chrétiens qu'ils peuvent (1).
D. Les persécutions suscitées par les démons sont-elles bien fréquentes ?
/?. Nous avons déjà vu (2) que l'Eglise a été cruellement persécutée l'espace de trois cents ans après la venue de Jésus-Christ. Depuis ce temps-là, il y a eu de temps en temps des persécutions particulières fort violentes. Il y enaura une très-cruelle à la fin du monde, de la part de l'Antéchrist. Jésus-Christ a promis des croix à ses vrais disciples. Saint Paul a dit que tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ souffriront persécution (3); en sorte que , selon la remarque de saint Augustin , l'Eglise n'est jamais sans quelque persécution ouverte ou cachée, générale ou particulière (4).
D. Comment l'Eglise se défend-elle contre ces x persécutions?
(1) Voy. S. Aug. serm. 4, sur le ps. 103 , n. 6 et tuiv. sur le ps. 127 , d. 16.
(2) Ch. H. § 4 de celte part. sect. 2.
(3) 2. Tim.lII , 12 et 13; voy. S. Aug. sur le ps. 39, n.l.
(4) Sur le ps. 54 , n. 8 ; sur le ps. 69, n. 2 ; sur le ps. 93, n. 19$ livre de Futilité du jeûne, .ch. 8, nom)>. 10*
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/?. Elle leur oppose la fol, la patience, la confiance en Dieu, la prière; et par ces armes spirituelles , elle est toujours victorieuse. La VôHléet la justice, que l'Eglise soutient invlolablement, triomphent à la fin de tous les efforts du démon : la vérité peut être obscurcie pendant quelque temps dans une partie des fidèles ; mais elle ne peut jamais être vaincue ni abandonnée par lo corps de l'Eglise (I).
v. En quoi les démons font-ils effort pour perdre les chrétiens?
R. 1.0 En les engageant ou dans l'erreur on dans la corruption ; 2.° en les empêchant de S'en retirer, quand ils y sont engagés, et employant les promesses et les menaces, et , selon la diversité des tempéraments et des esprits, mille artifices différents , qui tous aboutissent* les détacher de Dieu , à les attacher an monde, à les perdre/ 2}.
D* Les démons réussissent-Ils dans leurs pernicieux desseins ?
(1) S. Aug«sur leps. 131, n. 8, et liv. du combat fihrlt. ch. 12, n. 13 et 14.
(2) Voy. S. Jérôme , lettre 1 , àHdliodorej 8. August. serra. 2, sur le ps. 30 ? n. 10 , et sur leps, 106, n* 4 et suiv. serra. 62 ou 6 , des paroles du Seigneur, n* 15 , et serra* 46 ou 165 , de temp. sur les past», n. 11 ; S. Léon , serra. 36 , qui est le 7. sur NoBl , cb» 8,etserm. 68, qui est le 19. sur la Passion du 6au*
' veur, ch. Ç.
/*, un grand noj&fcr* de chiens succombent , se laissant attirer on intimider m fl9»|qu'un dç ce» artIBces : le nombre de ceux gui se soutiennent , au mill?n de tous ces piégea , est sans comparaison le pins petit*
x>. Pourquoi iç nombre des chrétiens ane le démop fait p^rir eaWl si grand 2
r. parce que , pour rçe pas périr , il tant veiller et prier sans cesse , vivre de la foi , se faire violence tous les jours , mourir à soi-même et au monde , ne vivre quepour Dieu, marcher et se soutenir jusqu'à la fin dans un chemin fyrqit et rude. Or, peu de chrétiens fonj Içs #ïor^ nécessaires pour embrasser constamment un genre de vie si opposé aux inclinations ^ *a nature corrompue. Quelques-uns sont incrédules ou vacillants et timides dans les choses de Dieu. La plupart aiment mieux jouir des satisfactions présentes; d'autres comptent témérairement sur une conversion future , comme si à force d'irriter la colère dé Dieu on s'acquérait un droit sur sa miséricorde. On s'aveugle souvent par nne fausse pénitence qui ne change pbfnVle ccfeur : on est surpris par la mort , et dn périt (l).
(1) Matth. XXVI, 41 ; Rom. I, 17 ; Mattta. Xf, i& XVI, 24; Jeaa,XV, |9; XVI?, 1Q; t. Jean, H, J5, 16 et 17; Matin. VU, 14; ï,up,XVUI,8; Apoc. £X|,