PART* I, SECT. II, CHAP. III, S
choses de saint Epîphane et do Théodoret, qui les ont réfutés. Ces hérétiques ont été condamnés dans le concile d'Ephèse, qui est le troisième général (1).
Lucifer, évèque de Cagliari en Sardaigne, par une sévérité excessive , se sépara de ,1a communion des évêques catholiques, parce que ceux-ci recevaient en leur communion les évêques ariens, lorsqu'ils revenaient à l'Eglise catholique , et ceux qui , ayant abandonné la foi pendant la persécution des ariens, se repentaient de leur faute (2).
On appela Lucifértens ceux quf persistèrent dans ce schisme : et plusieurs d'entre eux joignirent l'hérésie au schisme , prétendant qu?il fallait rebaptiser les ariens qui revenaient à PEglise. C'est ce que nous apprend saint Jérôme dans son dialogue contre les lucUériens. Saint Augustin a aussi écrit contre eux (3) , et il dit (4) qu'on les accusait d'enseigner fliie nos âmes , étaient corporelles, et qu'elles étaient engendrées comme les corps.
(1) Act. 7, part. 2; voy. S, Epiph. hœres. 80; Théodoret , liv. 4 des' fables hérétiques , ch. 11.
(2) Voy.S.Aug. lett. 185 ou 50, à Booiface,chap. 10, n. 49; liv. du combat chrétien %de agno càri* tianOy ch. 30, Q. 32, et sur le ps. 67, n. 39.
(3) Daus les endroits cités ci-dessus.
(4) Dans son livre des hérésies , ch. 8.
de l'église. 541
Les apollinaristes furent les disciples à* Apollinaire, prêtre de l'Eglise de Laodicée. ils prétendaient que Jésus-Christ n'avait point d'âme humaine, mais que le Verbe de Dieu animait son corps ; que du Verbe et du corps de Jésus- Christ, il s'était fait une seule et même substance; en sorte que le Verbe avait souffert et était véritablement mort sur la croix ; que la chair de Jésus-Christ n'avait point été formée du corps de la sainte Vierge , mais qu'elle était venue du ciel ; que c'était la substance même du Verbe éternel qui s'était changée en corps; que le saint-Esprit était moins grand que le Fils et le Fils moins grand que le Père. Ils renouvelaient l'erreur des millénaires , à laquelle la simplicité de Papias, disciple de saint Jean Pévangéliste , avait donné lieu, au rapport d'Eusèbe et de saint Jérôme, saint Athanase, saint crégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, Théodoret, saint Ambroise et saint Fulgence, sont ceux qui ont le plus combattu les apollinaristes. Ils ont été condamnés dans les conciles d'Alexandrie, de l'an 362 ; de Rome, de l'an 373; d'Antioche, de l'an 378; et enfin au second concile général, qui est le premier de Conslantinople, l'an 38t.
Les priscillianisles , disciples de Prisçillien, homme de qualité, de saragosse en Espagne, formèrent une secte composée des erreurs des
CtURANCY. Catéchisme» H U
Vi2 PART. I , SECT. Il , CHÀP. III, § X.
gnostiques, des manichéens et des sabelliens. ils avaient grand soin de se cacher, et, pour le faire plus sûrement, ils enseignaient qu'il était permis de mentir et de se parjurer. Sulpice Sévère parle fort de ces hérétiques au second livre de son histoire; et c'est à leur occasion que saint Augustin a écrit ses livres contre te mensonge. Ces hérétiques furent condamnés dans plusieurs conciles; dans celui de Saragosse , Pan 380 ; dans le premier de Tolède , l'an 400; dans deux autres conciles d'Espagne, dont on ne sait pas la date ; et dans le second concile de Prague, l'an 569.
Les jovinianisies eurent pour chef Jovinien, moine de Milan, dont les erreurs étaient, que l'état du mariage était aussi parfait devant Dieu, que celui de la virginité ou de la viduité ; que c'était une dévotion mal entendue que de jeûner et de s'abstenir en certains jours de certaines viandes, par principe de pénitence ; que l'homme , après le Baptême , était impeccable ; que parmi les bienheureux il n'y en avait pas qui fussent plus récompensés les uns que lefe autres ; que tous les péchés étaient égaux , et que la division des péchés en mortels et véniels était chimérique; que Jésus-Christ n'é^ tait pas né d'une vierge. Saint Jérôme , saint Ambroise et saint Augustin, sont ceux qui ont le plus combattu ces erreurs. Le pape saiot
SirJce les condamna dans un concile tenu à Rome , l'an 390. Après quoi l'empereur Théodose fit contre eux des lois très-sévères. Ces erreurs ont presque toutes été condamnées de nouveau par le concile de Trente , en la personne des protestants qui les ont soutenues, sans respecter l'autorité de noms aussi vénérables que ceux de saint Jérôme , de saint Ambroise 9 de saint Augustin, et contre des condamnations si anciennes et si authentiques. Et néanmoins les protestants osent encore soutenir qu'ils n'enseignent que ce qu'enseignait l'Eglise dans les six premiers siècles. Quelle hardiesse!
Les collyridieiu étaient une secte d'ignorants, née en Arabie , et presque toute composée de femmes, qui adoraient la sainte Vierge comme une divinité. Cette secte n'a pas eu grand nombre de sectateurs. Elle a été réfutée par saint Epiphane.