‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 18 sur 165 · DE DIEU FN LUI-MÊME · texte numérisé non relu

DE DIEU FN LUI-MÊME

, Explication*

De ce que Dieu subsiste par lui-même, indépendamment d'aucun autre, être, il s'ensuit qu'il est infini ; car on appelle infini ce qui n'est pas borné et limité. Or , un être qui subsiste indépendamment d'aucun autre , ne peut être ni borné ni limité par aucun autre. On ne peut concevoir un. être non limité , sans concevoir qu'il possède toutes les perfections imaginables dans un souverain degré.

Car s'il lui manquait quelque perfection $ ou s'il ne les a\ait pas toutes en un souverain degré, ses perfections seraient limitées; il ne serait donc pas infini. En un mot, être infini, et posséder toutes les perfections en un souverain degré , c'est une même chose. Etre indépendant, subsister absolument par soi-même , sans la participation de personne , et être infini, c'est une même chose.

Par conséquent, de ce que Dieu est Indépendant et subsistant par lui-même , sans la participation de personne, il s'ensuit qu'il possède toutes les perfections en un souverain degré (t).

JJ. Quelles sont les perfections de Dieu ?

/?. Dieu est souverainement parfait: Par con-

(l) Voyez ce raisonnement plus étendu dans les théologiens.

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séquent 1° c'est un être très-simple; 2 ° c'est un pur esprit; 3.« il est éternel; 4.° immense; 5.° immuable ; 6.° Il connaît tout ; 7.° il peut tout; S.» et toutes choses dépendent de lui. Si quelqu'une de ces perfections, ou des autres qu'on peut imaginer, lui manquait, il ne serait pas souverainement parfait; il ne serait point Dieu (t).

' D. Qu'entendez-vous quand vous dites que Dieu est un être très-simple ?

r. J'entends qu'il n'est composé d'aucune partie*; qu'il exclut de sa nature tout mélange, -toute composition.

/>. Qu'entendez-vous quand vous dites que Dieu4*8t un esprit ?

R, J'entends qu'il n'a ni corps, ni figure, ni couleur, et qu'il ne peut être aperçu par nos sens i2 .

J). Pourquoi donc est-il parlé, fians l'Ecriture sainte , des bras, des mains, /des pieds de Dieu?

R. C'est wi langage figuré et métaphorique , pour nous faire comprendre ses opérations (3).

If. Qu'entendez-vous quand vous dites que Dieu est éternel ?

(t) Voyez S. Aug. liv. 1 des confess. cliap. 4, qui est très-beau.

(2) Voyez S. Jean. chap. IV, 24.

(3) Voyez S. Aug. liv. contre Ariimande, chap. 13, n. 2 et 3 ; liv. 16 de la cité de Dieu , ch. 4 ,etc.

De vmv w ivmÈm. 23 R. J'entends <tue Bleu n*a ni commencement ni fin <: Il est, il « toujours été, il sera toujours^;.

D. Qu'entendez-vous quand ?ous dites que Dieu est immense ?

fî. J'entends qif*il est partout, qu'il remplit tout, *t qu'il -n'est borné par aucun espace, nt par aucun lieu (?).

D. Qu'entendcz-Vous quand vous dites que Dieu est immuable?

/?. J'entends que Dieu n'est sujet à aucun changement ni à aucune vicissitude (3).

D. N'est-il pas dit, dans l'Ecriture, que Dieu se met en colère, qu'il se repent , qu'il oliango ce qu'il a fait ? Tout cela ne suppose-t-f I pas en Dieu du changement et de la vicissitude ?

R. Lorsqu'on dit que Diéu se met eh colère , c'est une expression figurée , qui marque aux

(1) Ps. CI , 13 ; Tert. liv. contre Hermog. ob, 4.

(2) Voyez le Ps. CXXJtVIH, 7 cl 8; Joh. Kf, 8 et 9 ; Uaïe. LXVI , 1 ; Jérém. XXIII , 24; S. Paul, daos les actes, chap. XVII, 27 el 28; S. Aug. letu 187 ou ft7, à Dardanus, n. 4 et suiv. et liv. 7 de la <<cité* de Dieu , ch. 30. liv. I ; des confess. ch. 3, p. 3; S. Grég. Naz. apoU oral. I, pag. 42.

(3) Jac. 1,17; Malacb. III, 6. Voyez S. Aug. serm. 7, de la nouvelle édit. ou 6 de ceu* r<]ui ont été* imprimés sur les H* S. delà grande Chartreuse, n. 3,4,6 et 7.

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hommes les efl'els extérieurs de la justice de Dieu, mais qui ne marque en Dieu ni passion, ni changement. Il change ses ouvrages, sans changer ses desseins éternels. Toujours le même, il fait dans ses créatures les changements qu'il juge à propos; et quelquefois l'Ecriture appelle cela se repentir, pour s'accommoder à notre langage i).

D. Qu'entendez-vous quand vous dites que Dieu connaît tout ?

R. .J'entends que rien ne peut être caché à sa lumière et a sa pénétration; qu'il voit l'avenir comme le présent et le passé ; qu'il pénètre les pensées les plus secrètes de nos cœurs 2 .

Z>. Qu'entendez-vous quand vous dites que Dieu peut tout?

/?. J'entends que rien n'est impossible à sa toute-puissance (3 .

Z>. Dieu peut-Il mentir , tromper , pécher , mourir, ignorer quelque chose?

R. c'est être très-imparfait que de pouvoir toutes ces choses, et c'est une marque de fai-

(1) Voyez S. Àug. liv. 1 de ses confess. ch 4. n. 4 ; liv. 12 de la cité de Dieu , ch. 17, n. 1 cl 2; liv. 2, à Simpliciea , quest. 2, n. 2 3.et

(2) Voyez le jis. CXXXVIII, 1 et suiv.; Eccli. XXIII. 27 et suiv.; Rom. XI, 33, etc.

(3, Genèse. XVIII , ii; Job. XLll, 2* Malt. XIX , 26; Luc. I, 37.

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