‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 34 sur 165 · ils Turent asservis à l'empire du démon · texte numérisé non relu

ils Turent asservis à l'empire du démon

7,o Centrée du ciel , pour lequel ils avaient été créés, leur fut fermée, et ils méritèrent 4a damnation éternelle (l).

D. Qu'entendez-vous par la concupiscence é laquelle vous dites que les hommes furent assujettis en punition de leur péché ?

A j'entends la pente et l'inclination au mal , qui se fait sentir en mms sans notre consentement; et cette inclination à trois branches, 4*où naissent toup les péchés. ?s*ii|t Jean appelle ces trois branches , la concupiscence de la chair , la concupiscence des yeux, et l'or^ «ueil de la vie, c'est-à-dire, la sensualité, la curiosité et l'orgueil (2).

u. Pourquoi le péché d'Adam fut-il puni par l'assujettissement à ses passions ?

J*. Parce qqe c'était par orgueil , par curio-

0) Voyez le troisième chapitre dé la Genèse* (*2) 1. Jean. H. Vô^ez le ch. préliminaire de la ' seconde partie de cet ouvrage.

sUé et par sensualité qu'ils s'étaient volontairement portés à désobéir à Gtieu

/>. En quoi la liberté de Phomme fut^eJle aflaLblie par le péché ?

i?. En ce qu'après avoir péché , il n'eut plus la même facilité pour le bien, qu'il avait auparavant (2j.

D. Quelle a été la punition du péché d'Adam et d'Eve dans leurs descendants ?

R. La même que dans les premiers hommes. C'est pou? cela que nous naissons tous assujettis à toutes sortes ^infirmités, à la mort , à l'ignorance, à la triple concupiscence , esclaves du péché et du démon , ennemis de Dieu , enfants de colère, indignes de la grâce et de la gloire (3).

/>. Est-il juste que les descendants d'Adam et d'Eve soient punis pour un péché qu'ils n'ont pas commis ?

B. Les jugements de Dieu sont incompréhensibles, mais infiniment justes. Les hommes

(1) Voyez sur cela les autorités ci-dessus rapportées.

(2) Voyez le conc. de Trente, sess. 5 , décret sur le péché originel , et le second concile d'Qrange , ch^2,13ctl5,ann. 519.

(3) Voyez Job, XIV, 1 et sut v. Act.XVII,30; Rom. V. 10, 12, 16; VI, 17,20; VII, 14,23, 24, 25} Epbés. Il, 3$Coloss. I, 13, etc.

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sont tous coupables du péché ; ils naissent tous avec la tache originelle; c'est avec justice qu'ils en portent la peine (l)«

/>• comment se peut-il faire que nous naissions coupables d'un péché commis avant que nous fussions au monde?

/?. Nous étions tous renfermés, d'une manière ineffable , dans la personne de notre premier père; et c'est en lui, dit saint Paul, que nous avons tous péché; 2).

//. Mais n'est-ce pas une chose incompréhensible, que l'tfme de chaque homme, qui est créée de Dieu pure et sans tache , contracte, par son union avec le corps, un péché commis depuis tant de siècles, et que la con rtiptiondece corps de mort se communique à l'âme ?

n. Il faut avouer que le péché originel est un mystère incompréhensible; mais Dieu a révélé clairement cet article dans l'Ecriture , l'Eglise l'a toujours enseigné , et c'est sur celte croyance qu'est établie toute l'économie de la religion (3).

(1) Rom. V, 12.

(2) ÊWm

(3) Voyez Job, XV, 4; p<. rM 7; nom. V, 12 et siiiv. 2. Cor. V , 14 ; Ephés. II , 3 ; S. Just ,mart. dialog. contre Triuh. pag. 315 et 316, édil. de Paris, de 1615 ; S. Ircn. liv. 3, contre les itérés*

D. Pourquoi dites-vous que toute l'économie de la religion est établie sur la croyance du péché originel?

/?. Parce que c'est sur ce dogme qu'est établie la nécessité de l'incarnation, de la mort, de la résurrection, de l'ascension de Jésus- Christ, du baptême des enfants, de la prière, de la pénitence, de la vigilance chrétienne U)«

ch. 20, au commencement , du liv. 4, ch. 5, à la fin, liv. 5 , ch. 19 ; S. Cypr. lettre 64 ou 59 , à Fidus ; S. Hil. sur ces paroi, du ps. 118: Mon âme vivra et vous louera , lett. 22, n. 6 , etc. S. Basile, homél. 10 sur le jeûne ; S. Grég. de Naz. orais. 38, qui est sur la nat. de J. C. S. Chiys» hom. 9 , sur la Gen. homél. 10, sur répit, aux Romains, elc# S. Ambr. sur te ps. 48, n. 8, et sur S. Luc, liv. 4, ch. 4, n. 7 et 67, et liv. 7, ch. 15, n. 209; S. Jérôme, sur le 3. ch. de Jouas. S. Aug. rapporte toutes ces autorités contrôles Pélagicns , pour leur prouver la tradition de l'Eglise sur le dogme du péché originel , et il réfute toutes leurs objections. Voyez les liv. de ce Père, des mérites et de ia rémission des péchés; du péché originel, contre Célestius; des noces et de la concupiscence, contre les deux épiu des pela/;, à Boniface, et enfin les six liv. contre Julicu. Voyez au«si sur cela les écrit* ries saints Papes Innocent. I, Zozime, C die* lin 1 , LéonI, Gélasel, Hormis*! as, etc.; ceux de S. Prospère! de S. Fuigcnce, et les définit, des conc. d'Afrique, d'Orange, de Florence; et enfin du concile de Trente , sess. 5, décret sur le péché originel , I. (I) Voyez S. Aug. aux livres cités.

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§ 3. De la nécessité et de ta promesse du Ré"

dempteur ou Messie.

D. Que serait-il arrivé aux hommes , si Dieu les eût traités comme ils le méritaient ?

A. Ils auraient été absolument abandonnés de Dieu , comme les démons, et privés pour jamais de l'héritage céleste.

/>. «'auraient-ils pas pu rentrer en eux-mêmes , faire pénitence, demander pardon à Dieu , et l'obtenir?

A. La corruption où la nature humaine était plongée par le péché, était telle , que les hommes auraient toujours aimé leurs péchés , bien loin. de les pleurer, et n'auraient jamais connu saiutairement leur misère, si la grâce de Dieu ne leur eût ouvert les yeux., et touché le cœur, pour la leur découvrir et les en faire gémir.

Mais quand ils auraient connu leur malheur par eux-mêmes, qu'ils en auraient gémi, qu'ils auraient crié vers Dieu, tout cela eût été inutile pour le salut: ils n'auraient jamais pu expier d'eux-mêmes une offense infinie, commise contre Dieu , ni apaiser sa justice qui demandait une satisfaction proportionnée à l'offense*

z>. Le mal des hommes était donc sans au* eu ne ressource ?

DU PECHE DR l/HOMME ET DE SES SUJETS* 71

fl. ouf* si Dieu , par un effet de sa seule bonté, ne leur eût fait miséricorde*

D. En quoi consiste la miséricorde que Dieu a fuite aux hommes ?

A. cette miséricorde est ineffable dans sa grandeur : elle est inconcevable. Dieu a tellement aimé le monde , qu'il a donné son Fils unique pour racheter les hommes pécheurs.

Le verbe s'est fait chair dans le sein d'une Vierge, il nous a réconciliés avec Dieu par sa fflott; ii nous a ouvert l'entrée du ciel par sa résurrection et par son ascension ; il nous a instruits par sa doctrine, étonnés et touchés par ses miracles, convertis et renouvelés par le Saint-Esprit, ranimés , fortiOéS , nourris par sa grâce et par les sacrements; consacrés, offerts, rendus dignes de Dieu par son sacrifice. Jésus-ctorist est notre intercesseur, notre protecteur, notre chef. Il a vaincu )>our noué le démon sur la croix; il le surmonte en nous tous les jours; dans nos tentations, quand nous sommes fidèles à sa grâce ; il nous en fera triompher à Jamais dans léciél, si nôus persévérons jusqu'à la fin.

/>. Est-ce aussitôt après le pécjié, queDiçu a fait aux hommes cette grande miséricorde ?

A. Non. Dieu se contenta, .pour lors, de la leur promettre; mais quatre millé ah$ au moins se sont écoulés depuis îe péché jusqu'à la venue du Fils de Dieu sur la terre.

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