PÀBT» I, SECT. II, CHAP. I
second temple subsistait encore ; et Jésus-Christ y allait adorer son Père ,et instruire les hommes des voies du salut, quand il a réconcilié les hommes avec Dieu , et qu'il leur a ouvert l'entrée du ciel, le vrai sanctuaire. Toutes les paroles de la prophétie conviennent donc admirablement à Jésus-Christ, et elles ne peuvent convenir à aucun autre { i ).
D. Qu'est-ce que les prophètes ont encore prédit de remarquable par rapport au Messie ?
j?. 11 n'y a point de circonstance de sa naissance, de sa vie, de sa mort , qui n'ait été prédite par les prophéties , comme nous le ferons voir en rapportant l'histoire abrégée de la vie de Jésus-Christ (2;.
0. Y a-t-ll des preuves bien convaincantes que ces prophéties n'ont pas été faites après coup par les chrétiens ?
r. Ces prophéties sont si claires, que les païens ont été tentés d'avoir cette pensée ; mais leur vérité est si certaine, que nul homme de bon sens n'a jamais pu les révoquer en doute. Et c'est par cette certitude incontestable , selon l'expression de saint Pierre (3), que la vérité
(t) Voyez S. Jérôme , S. Cyrille d'Alex, n. 14 , et tous les autres interprèles anciens et modernes sur
(2; Voyez S. Aug. liv. 13 , contre Fauste , ch. 6 et $uiv« jusqu'au chau. 15.
(3) 2. Pierr. 1 , 19, 20 et 21.
de la religion chrétienne a toujours été hors d'atteinte.
D. Par où raontre-t-on la vérité et la certitude des prophéties ?
R. Les Juifs, irréconciliables ennemis des ' chrétiens, ont eu, de tout temps, en dépôt les prophéties ; c'est de leurs maîns que les chrétiens et les gentils les ont reçues. Malgré les reproches humiliants et foudroyants dont ces prophéties sont remplies contre les Juifs, ils les ont toujours révérées comme divines; elles ont été traduites en grec avant Jésus-Christ, et répandues, par là, dans le inonde, où la langue grecque était si commune. Le moindre changement que les chrétiens eussent entrepris d'y faire, pouvait être connu , non-seulement par les Juifs, mais parles gentils. Les Juifs ( attachés comme ils étaient à leurs livres età leur lof, dans les derniers temps, jusqu'à mépriser leur vie, ainsi qa'il parait par l'histoire, et d\ illeurs si envenimés contre Jésus-Christ et sa religion) auraient-ils souffert, sans se récrier sur la fausseté, qu'on leur alléguât, comme texte de leurs prophéties, des gloses étrangères, ou des passages supposés ? H faut ne connaître ni l'esprit ni les passions des hommes , pour écouter de telles chimères* Ainsi, selon la remarque de saint Augustin , les païens ont été , dans toute la terre, des témoins irréprochables con-
230 PART, 1 , SBCT. I! , CHAP. ï , $ T.
tre les Juifs , et les Juifs contre les païens. La clarté des prophéties , qui avait pu faire soupçonner aux païens aveugles, qu'elles avaient été composées après les événements, et leur certitude incontestable, qui a porté les Juifs endurcis à tâcher d'obscurcir leur clarté, dé* truisent la prévention des païens par les Juifs, et celle des Juifs par les païens; et prouvent Invinciblement, contre les uns et les autres, la vérité de la religion chrétienne (i).
D. puisque ces prophéties sont si claires, pourquoi les Juifs, qui sont gens de bon sens Comme les autres hommes, ne se rendent-ils pas à leur évidence ?
B. C'est par un juste Jugement de Dieu, qui abandonne aux ténèbres, en punition des crimes. C'est aussi par une profonde sagesse, pour mettre fiotâ d'atteinte la certitude des Ecritures religieusement conservées par les Juifs qu'elles confondent , et par eux transmises aux chrétiens qui S'en sont toujours servis , sans qu'on ait pu )e& accuser de collusion
(l) Voyez S. Aug. ibidi cl serm. 174 ou C7 , de divers f s 9 n. 2 , cité de Dieu , liv. 18, cl). 46 ; liv. de la foi des choses qu'on ne voit point , ch. 5, n. 8, et ch. 6 , n. 9; serm. f, sur le ps. 58 , n. 21 et 22 j serm. 201 ou 31 , de lempoi*e^ n» ë; lett. 137 ou 3, à Volusien, ù, 16, ch. 4.
DE JÉSOS-CHftlST. 231
avec tes Juifs, leurs ennemis irréconciliables, des mains desquels ils les ont reçues.
Déplus, l'obstination des Juifs est elle-même une preuve de la vérité des prophéties , et de l'évidence de la religion chrétienne : car il a été prédit clairement , que les Juifs demeureraient, jusqu'à la fin du monde , endurcis et aveuglés; qu'ils auraient des yeux sans voir , des oreilles sans entendre ; que les livres saints et les prophéties seraient pour eux un livre fermé , ou ils ne comprendraient rien; et que les vérités les ptas claires ne feraient aucune impression sur leur esprit (l>
S 2. Ce que c'est que Jésus~Chrisl.
D. Quel est le Messie que Dieu a envoyé àux hommes ?
r. c'est Jésus-Christ. Nous venons de le prouver dans l'article précédent.
D. Qu'esl-ce que Jésus-Christ?
R. C'est le Fils de Dieu, le Verbe éternel Incarné, c'est-à-dire fait homme, pour délivrer les hommes de leurs péchés et de la puissance du démon; pour les réconcilier avec Dieu , leur
(l) S. Aug. aux mêmes endroits; Moïse, Dent. XXVIII ,28, 29; David ,ps. LXVHI,24; haïe, 1,3; Yt,9eUuiv«; XXIX , 10 , elc. XLII, 18, 19; L1X,0, 10, clc.
232 PART, t, 8ECT. fi, CHA.P* I , § H.
redonner droit à la vie éternelle , les mettre en possession de cette \ie bienheureuse; en un mot, pour être le Rédempteur si long-temps promis et attendu.
Z>. Jésus-Christ est donc Dieu et homme tout ensemble ?
R. Oui. Et c'est ce que les prophètes avaient prédit du Messie. Ils l'appellent Fils de Dieu , ou simplement Dieu, à eause de sa nature divine ; fils de David, & cause de sa nature humaine; Emmanuel, c'est-à-dire , Dieu avec nous, à cause de l'union de ces deux natures dans une seule personne (l).
D. Qu'entendez vous quand vous dites que Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble?
r. J'entends qu'il y a deux nature* en Jésus* Christ, la nature divine et la nature humaine. Quant à la nature divine, il est consubstantiel à Dieu son Père; il est avec le Père et le Saint- Esprit un même Dieu, comme nous l'avons expliqué en parlant du Verbe éternel, dans l'exposition du mystère de la très-sainte Trinité (2).
(!) Paralip. XVII, 13, 14; ps. II, 7, 8 et 9» LXXXV1II, 27, 28, 29 et 30; haïe, IX, 6; VIII , 13, 14; XXV, 4, 5 et 6; LIV,5; XI, 1; VI, 5,
(2; Jean. I, et X, 7 et suîy. Voyez ce que $» Àthanase», S* Uilaire , S. Basile , S. Àug. et les autres
Quanta la nature humaine , lia un corps et une âme semblables aux nôtres. Et le verbe éternel, en prenant ce corps et cette Ame, s'est revêtu de toutes nosinflrmités pour notre salut, excepté le péché, l'ignorance, et l'inclination au mal, dont il était incapable (t)«
D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la nature humaine et la nature divine sont réunies en Jésus-Christ dans une seule personne?
/?• J'entends qu'en Jésus-Christ la nature divine et la nature humaine sont jointes sans confusion, en sorte qu'il n'y a qu'une seule personne, qui est le Fils de Dieu; ce qui peut être expliqué par la comparaison du corps et de l'âme qui sont joints ensemble; en sorte que leur union ne fait qu'un seul homme (2). il
Pères des 4 et 5. siècles ont écrit contre les ariens , et ce qui a été écrit en ce dernier contre la doctrine impie des sociniens.
(0 Philip. II; Hébr. IV, 14, 15 et 16. Voyez S. Aihanase, lell. à Epict. n. 2,4, 9[, 10 et liy, S.Grég. de Naz. dise. 4, contre Julien; S. Ambr. liv. de Pincaruat., ch. 3,n. 16, 18, 20jet22; Thcodoret , dialogue 3, intitulé: Impassibilis , contre les eutichiens, tome 4, page 1*21 e'dil. de Paiis , iu» fol. an n. 1642.
(2; Voyez le symb. attribué à S. Athanase; Pac- 'tion cinq, du concile de Chalcédoinc ; S. Aug. letU 137 ou 3, à Volus. ch.3,n. 10, 11 et 12,
234 part, i , 8HCT. n f cnkp. i , S «•
s'ensuit de cette union dè natures en une personne, que, selon la différence des natures, on doit dire, tantôt que Jésus-Christ est égal à Dieu , tantôt qu'il lui est inférieur. Il dit luimême : Mon Père el moi ne sommes qu'une même chose {\): cela est vrai de la nature divine. Mon Père est plus grand que moi (2) :cela est vrai de la nature humaine ;3).
Il s'ensuit, en second lieu, qu'on peut attribuer à Dieu , en Jésus-Christ , ce qui convient à l'homme , et à l'homme ce qui convient à Dieu ; parce que la même personne est Dieu et homme. Ainsi, il est vrai de dire que Dieu a souffert, que Dieu est mort, qu'il est ressuscité. II est vrai de dire aussi que l'homme est Fils de Dieu, qu'il est Dieu (4).
D. Peut-on dire de la même manière , que Dieu le Père ou le Saînt-Esprit se sont incarnés, qu'Us ont souffert et sont morts, parce qu'ils n'ont qu'une même nature avec le Fils , de qùi on peut dire qu'il s'est incarné, qu'il a souffert, qu'il est mort ?
(1) Jean, X, 30.
(2) Jean, XIV , 28.
(3) Voyez S. Aug. liv. I et 2 île la Trinité, et traiie* 78, sur S. Jean « q« 1, 2 el 3.
(4» Voyez S» Hilaive, liv* 9 de la Trinilé, vers le commencement, n. 3; S. Léon,ielt. 134 on 97, à remuer. Léon, ch. 2, 3, 6, 7, 10 el 11 , el lell. 24 ou 10, à Flaviea, c!\ 2 ctsuiv.
R. Non. Le Fils de Dieu est le seul de qui Poa puisse parler ainsi , parce que ce n'est qu'à la personne du Fils, et non pas à la personne du Père ou du Saint-Esprit que la nature humaine a été unie. C'est le Fils de Dieu seul qui s'est fait homme , et non le Père ou le Saint-Esprit (I).
D. Comment se peut-il Taire que la nature divine et la nature humaine soient réunies dans une seule personne en Jésus Christ, et que le Fils de Dieu, qui n'a qu'une même nature avec le Père et le Saint-Esprit , se soit fait homme, sans qu'on puisse dire la même chose du Père et du Saint-Esprit?
r. Tout cela surpasse infiniment la portée de notre esprit; nous ne laissons pas de le croire fermement, parce que Dieu l'a révélé, et que l'Eglise a toujours regardé comme hérétiques ceux qui ne l'ont pas cru (2).
D. Y a-c-il deux volontés en Jésus-Christ réellement distinctes, comme il y a deux natures distinctes ?
A, Oui; car la volonté est essentielle aux natures intelligentes. Mais les deux volontés en Jésus-Christ ont toujours été subordonnées
(1) Voyez S. Aiig. lett. XI ou 218, \ Nébride , n. 4, etc. S. Léon , ibld* etc.
(2) Voyez le serai, de S. Léon , sur l'incarnation, et les lett. citée* ci-dessus; les autres écrits par ce Père . sur la môme matière.
236 PART, f , 8ECT. If y CRAP. ! , § II.
l'une à l'autre; c'est-à-dire que la volonté humaine a toujours été parfaitement soumise à la divine (l).
D. Le Fils de Dieu a-t-il quitté le ciel pour se faire homme ?
R. Non ; car Dieu est partout : ainsi , Il n'a pas eu besoin de quitter le ciel pour venir sur la terre. Quand donc on dit que le Fils de Dieu est descendu du ciel en terre, c'est une façon de parler, qui ne veut dire autre chose , si ce n'est qu'il s'est uni sur la terre à la nature humaine, à laquelle il n'était pas uni auparavant, et qui lui était infiniment disproportionnée; et qu'il s'est rendu sensible par l'humilité qu'il a prise, lui qui , par sa divinité, remplit d'une manière ineffable le ciel et la terre (?).
D. comment s'appelle l'union de la personne du Fils de bleu avec la nature humaine ?
rt. union hrpostatique, c'est-à-dire, personnelle. H.rpostase est un mot grec , qui signifie une personne; et c'est la seule personne du Fils de Dieu qui a été le terme de cette union , corn-
(1) Voyez les ÀcU du 6. conc. général contre les monothetile» ; S. Léon serin. 5 > de la passion de J. Cf qui e&l le 54. ch. 1 et 2.
(2) Voyez S. Aug. serin. 187 ou 17 , de tempore f )e 4. de la nativ. ch. 1 , n. 1,2 et 3 , etserm. 244 s qui esl le 15. sur la féle de Pâques , ou le 17. de ceuz que le P« Sirmond a mis en lumière , n. 3.
me nous Pavons expliqué. L'union de la nature humaine ne s'est point faite avec les autres personnes de la très-sainte Trinité (t).
S 3. Histoire de l'incarnation de Jésus-Christ.
D. Comment le Fils de Dieu s'est-il Incarné ?
R» « Dieu envoya l'ange Gabriel en la ville de » Nazareth en Galilée, à une vierge nommée » Marie , qui avait épousé un homme appelé » Joseph, de la race de David.
» L'Ange étant entré où elle était , lui dit : Je » vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur » est avec vous. Elle fut troublée de ces paro- » les; et l'ange lui dit : Ne craignez point, Ma- » rie ; vous concevrez et vous enfanterez un » fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il » sera grand, et sera appelé le Fils du Très- » Haut. Le seigneur Dieu lui donnera le trône » de David son père, il régnera éternellement
(1) Ceux qui veulent étudier à fond ce qui concerne le mystère de l'incarnat ion , et ce qui y a rapport , peuvent lire les Act. des conc. d'Ephèse, de Cbalcédoine,des trois prem. de Constanlinople , toutes les pièces qui sont jointes à ces conciles, et qui y ont rapport , dans l'édit. du P. Labbej les liv. de S. Cyrille d'Alexandrie, contre Nestorius, et les sav. liv. du P. Petau et du P. Tbomassin, des dogmes théol. sur l'incarnat., contre les tbéolog. scolasiiques.
238 PA.RT. If SECT, II, CHAP. T , $ ,lf'
» sur la mafson de Jacpb,etsoa règne n'aura » point de Ont
» La sainte vierge demanda à Fange comment », cQk\.se pourrait Citfre, parce qu'elle ï\e coa" » naissait point d'homme. Ce qui marque qu'elle » s'était engagée à demeurer toujours vierge, » disont les saints Rères (1).
» L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit sur<- » viendra en vous, et la vertu du Titès+Hautvous » couvrira de son ombre; c'est pourquoi le • fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le » Fils de Dieu.
» Il confirma cette prédiction par l'exemple »k d'un. miracle qufeDieu venait d'opérer, en fa?» » veur d'Elisabeth, sa cousine , laquelle , ayant » été stérile jusqu'alors, avait conçu un fils 4 dans sa vieillesse , et était détfà dans son
sixième moi s., Car, a jouta-t-il, rien n'est imr » possible à Dieu.*
La sainte Vierge crut à la parole de l'ange , et elle y donna son consentement. Je sais, dit-elle , la servants 4u Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole. Dans ce moment le mystère de l'incarnation du Fils dp Dieu s'accomplit, par l'opération du StiipUEsprït , dans le chaste selp de cette sainte Vierge; çt le Kev,be éternel se fU homme, afin 4'teWwuwrmi mu* (2;.
(t) Yoyez les înlerpr. du 1. chap. de S. Luc* (2) Luc, 1,31 el sùiv.; Jeao ,1,14»
D. De quelle famille étatft la vierge ? sainte
R. De la famille de David , aussi bien que s^(at Joseph, son époux. (l).
D. La sainte vierge avait-elle éponsé véritablement saint Joseph , ou n'y avait-il entre eux que de simples fiançailles ?
R. Saint Augustin et plusieurs autres Pères ont cru qu'il y avait entre eux un véritable mariage. Le terme dont se sert saint Matthieu , selon la force du mot original (2) , semble autoriser ce sentiment: cependant plusieurs Pères ont cru qu'ils n'étaient que fiancés (3),
D. Puisque la sainte Vierge avait épousé saint Joseph, pourquoi paruhelle surprise quanti l'ange lui annonça qu'elle aurait un fils?
/?. parce qu'elle avait fait vœu de virginité perpétuelle, disent toqs les saints Pères (4).
D. Pourquoi donc se mariait-elle après avoir fclit ce vœu ?
(1) Voyez le liv. de Philippe Godure, pour concilier S. Matt* et S. Lue sur la généal. de J. C. M. de Tillémont, première note sur la sainte Vierge, et tous les interprètes anciens et modernes , sur la généalogie de J.
(2) Mvij5TflrTf2«f»
(3; Voyez les interpr. du 1. ch. de S. Mattîu verset 18; S. Aug. liv. 24, contre Fauste^ ch. 8 et suiv.; S Jérôme , sur le I . ch. de S. Matth«; M. Tillémont , n. 7, s:ir la sainte Vierge.
(4; Voyez M. de Tillémont sur la Ste. Vierge, art. >•
240 PART. I, 8ECT. Iî , CH. I , § lit.
R. Par un ordre particulier de Dieu , qui le voulut ainsi, pour plusieurs grandes raisons :
1. ° AÛn que le mystère de l'incarnation pût demeurer caché, autant qu'il convenait aux desseins impénétrables de la miséricorde et de la justice de Dieu (1);
2. «> Afin que l'honneur de la sainte Vierge fût à couvert sous le voile honorable du mariage, contre la malignité de la médisance, et contre l'humeur violente des Juiîs qui auraient voulu la lapider (2);
3.o Afin que la sainte vierge eût un soulagement convenable dans les peines que Dieu devait lui envoyer pour la sanctifier de plus en plus (3) ;
4.o Afin que , selon la pensée de saint Ignace , martyr, le démon , trompé par ce mariage , no regardât Jésus-Christ que comme un homme ordinaire, et que les desseins de Dieu, sur la mort du Sauveur , fussent accomplis (4X.
D. Qu'entendez -vous quand yous dites que
(1) S. Jérôme, sur le 1* chap. de S. Matth.
(2) Voyez S. Ambr. sur le 1. ch, de S. Luc, Hv. 2, *ur Je ch. 27, n. 1.
(3) S. Jérôme , ibid.
<4) S. Ignace, lell. aux E|»hes. n. 19. p. 8; Origène , sur S. Luc; voyez §ur tout çeja M, de Tiliémont; et S. Jér. it>(4>
Jésus-Christ a été conçu par l'opération du Saint-Esprit?
R. J'entends que Jésus-Christ, comme homme, n'a point eu de père; mais que son corps a été formé miraculeusement dans le chaste sein de la sainte Vierge par Ië Saint-Esprit (l).
x>. N'est-ce point aussi par l'opération du Père etdu Fils que ce miracle a été fajt?
il. Oui. Toute la Trinité Pà opéré !• mais on l'attribue au Saint-Esprit seul, parce qije c'est par un effet de l'amour ineffable de Dieu envers les hommes, que le Fils de Dieu s'est incarné (2).
Or, comme nous l'avons déjà dit (3) , on attribue les effets de l'amour dé Dieu au Saint- Esprit, qui procède de l'amour infini du Père et du Fils , comme on attribué au Père les effets de la puissance, et au Fils les effets de la sagesse (4). ' * " F
Z>. La sainte vierge a donc conçu et mis au monde Jésus-Christ sans perdre sa virginité ?
R. Oui. Elle a été vierge ^nt l'enfantement, vierge dans l'enfantement, vierge après l'ch-
(1) Voyez S. Àugus|in, mauclAl4Mureot,.ch;-3t etsuiv. n. 12 et 13.
(2; Jean , III, 16, (3) Set t. t, ch.2,$,l,
(4; Voyez lasect. 1. de celle f. partie, ch. 2 , S « de; ourrages de
242 PART. I, 8ECT. Il, CHÀ.P* I, § 111.
fantement, vierge toute sa vie; ç'a été la croyance de l'Eglise dans tous les temps.
Explication.
Le prophète isaïe avait prédit que le Messie naîtrait d'une vierge. Une vierge , dit ce prophète, concevra et enfantera un fils , et ce fils sera appelé Emmanuel , c'est-à-dire , Dieu avec nous , Homme-Dieu (1).
L'Eglise a toujours regardé comme hérétiques ceux qui ont contesté la perpétuelle virginité de la sainte vierge (2)*
D. La sainte vierge a-t-elle été véritablement mère de Dieu ?
il. Oui ; car elle a mis au monde un Ois qui est Dieu : et la chair de l'Homme-Dieu a été formée de sa chair , comme dit saint Paul (3).
U. Quelle était la profession de saint Joseph , époux de la sainte vierge ?
(1) Isaïe ,V1I, 15; Matth. 1, 23 ; voyez tous les interpr. d'Isaïe el de S. Matthieu, anciens et modernes, sur cette prophétie.
(2) Voyez S. Jérôme contre Jovinien , liv. 1 , pag. 481, 485, tora. 1, éditde Paris, in-fol.ann. 1609, et le P. Alexandre, disserL44, sur l'Hist, eccl. du 4. siècle.
(3) Calât. IV, 4, 5; voyez les actes du concile d'Ephèse , contre Nestor! us *' les ouvrages des PP. Petauet Thomas, sur cette quest. et le P. Alexandre, dissert, 3. sur l'Hist, ecclés. du 3» siècle, art. 2.
rt. Quoiqu'il fat de la race royale de David , H était pauvre , et réduit à gagner sa vie par le travail de ses mains (l).
Explication.
L'Ecriture sainte dit qu'il était artisan ; mais elle ne marque pas à quel travail il s'occupait. Plusieurs Pères ont cru qu'il était charpentier; d'autres qu'il était serrurier. On ne peut, sur cela, rien assurer de positif (2).
§ 4. Histoire de la naissance temporeile de Jésus-Cfirist et de sa vie, jusqu'à sa retraite en Egypte.
D. Quand est-ce que Jésus-Christ vint au monde , et en quelle année ?
7?. il vint au monde , précisément dans le temps auquel les prophètes avaient prédit que le Messie devait naître, environ quatre mille ans après la création du monde (3).
(i)Mallb. XXIlï,55.
(2; Voyez la 2. noie de M. de Tillém., sur S. Joseph. 1. 1.
(3) Cest une question difficile à décider, que de savoir précisément l'an* de la naissance de J. C. Tour le monde sait qu'il y a , sur cela , partage de sentiments entre les savants. Cet ouvrage n'est point fait pour approfondir ces sortes de contestations, qui n'appartiennent pas aux dogmes de l'Eglise. On peut
244 PART. I, 8BCt. If , CHAP. ï, % IV.
Z). Où Jésus-Christ naquit-il?
R. Danslavillû de Bethléem > où les prophètes avaient prédit que le Messie devait naître, comme les Juifs le déclarèrent eux-mêmes aux mages, en présence d'Hérode (1 • ( ..t
l). Puisque la sainte Vierge était de Nazareth, qui était une ville de Galilée, comment anïva-til que Jésus-Christ naquit à Bethléem?
h. L'empereur Auguste ordonna qu'on ferait un dénombrement de tous les sujets de l'empire romain :cct ordre obligea tons les Juifs à se rendre dans le lieu dont leur famille était originaire. Saint Joseph et la sainte vierge allèrent, pour cette raison , à Bethléem qui était la ville dè David, ils n'y furent pas plus tôt arrivés, que !a sainte vierge se trouva au terme de sa grossesse. Dieu permit qu'ils ne trouvèrent pas de place à l'hôtellerie, à cause que le dénombrement avait obligé plusieurs autres personnes de se rendre à Bethléem.
Ainsi, ils se retirèrent dans une caverne qui servait d'êtable à l'hôtellerie ; ce fut en ce
consulter le P. Petan* tisserins, la chronol. de la Bible de Vitré. Le sentiment de tous ces auteurs est le môme, et il non* paraît cire le plus véritable. On peut lire aussi Calvisius f Baronius , et les aulres auteurs qui on traité cette matière , et qui sont d'une autre opinion.
(1) Miellée , V , 2 ) Maith. II , 5 et 6.
un j*so«-c«aisT. 245
Heu pauvre et misérable que le Sauveur du monde voulut naître
D. Pourquoi l'empereur Auguste fit-il faire ce dénombrement?
A il venait de donner la paix à toute la terre, et, pour des raisons d'état ou par cupidité, il voulut savoir le nombre des sujets qui composaient son empire. Mais véritablement ce -fut Dieu qui se servit de cette disposition de l'empereur* pour donner, aux gentils aussi bien qu'aux. luifs, une preuve authentique et non suspecte de l'accomplissement des prophéties qui portaientque le Messie naîtrait à Bethléem , et de la famille de David; car les registres de ce dénombrement devaient être pottés à Rome et gardés dans les archives de Pempire : ils y étaient encore du temps de Tertullien(2).
D. Les prophètes avalent-ils prédit que toute la terre serait en paix quand le Messie viendrait ?
B. Oui. Le prophète isaïe Pavait fait assez comprendre, quand il avait prédit qu'alors « tous les peuples changeraient leurs épées eh » charrues, leurs lances en faux ; qu'un peuple
(tï Luc , Il , t , 4 et suiv.j M. de Tillémont , art 2. sur Jésus-Christ.
(2) Voyez S. Chrys. hom. 8 et 33 sur S. Maltlu et Tertul. liv. 4 , contre Marcion, cb. 7»
246 PA.RT. \y 8ECT. If, CHAP. I , § IV.
» ne tirerait pas l'épée contre un autre peuple, p et qu'on ne s'exercerait plus aux combats (i).»
/>. Pourquoi Jésus-Christ voulut-il naître dans une étable ?
j?. Jésus-Christ venait dans le inonde pour guérir la corruption du cœur des hommes t pour leur apprendre en quoi consistait le vrai boitte ur , et quels étaient les vrais biens.
Les hommes étaient corrompus , en ce qu'ils étaient assujettis à la concupiscence de la chair , à la concupiscence des yeux, et A l'orgueil de la vie. Jésus-christ a voulu leur donneras sa naissance, une instruction efficace sur le renoncement à ces trois passions, il ne pouvait le faire d'une manière plus solennelle, qu'en naissant de parents tombés de la noblesse la plus illustre dans l'état le plus obscur , réduits à une pauvreté extrême, obligés, pour faire place à d'autres dans une hôtellerie, de se retirer dans une étable (2).
/>. Les prophètes avaient-ils prédit que le Messie viendrait dans un état d'obscurité et de pauvreté?
(1) Isaïe, II, 4; voyez S. Jérôme sur ce ebap. d'Isaïe.
(2; Voyez S. Paul h The, II, 11, 12 ; S. Cbrysosf • hom. sur S. Mallli. eic. Voyez aussi ce que nous disons sur la fête de Noei , en la seconde partie , secl. 4 , ch. 2, $ 5.
R. oui. ïsaïe le dit formellement, vous êtesvéritablement un Dieu caché, dit-il, Dieu Sauveur d* Israël (l). Nous V avons vu méprisé , dit- Il ailleurs , et le dernier des hommes (2). Zacharie Tavait aussi prédit en termes exprès; voici ses paroles : Réjouissez-vous, fille de Sion , voici voire roi qui vous vient; c'est le juste , le Sauveur: il est pauvre, elc, {3].
D. A quel jour et à quelle heure 'Jésus-Christ vint-il au monde?
R. Il naquit vers le milieu de la nuit du vingtcinquième de décembre , selon l'ancienne tradition des Eglises les plus célèbres (4).
D. Les prophètes avaient-ils prédit l'heure de la naissance du Messie?
R. Le livre de la sagesse, parlant de l'arrivée de l'ange en Egypte , pour délivrer les Israélites, et exterminer les premiers-nés des Egyptiens, se sert d'une expression que l'Eglise applique à l'heure de la naissance de Jésus- Christ. Voici les paroles de ce livre : Lorsque tout reposait dans un profond silence, et que la nuit était au milieu de sa course, voire parole toute-puissante vint du ciel , du trône royal ,
(1) ïsaïe, XLV7 15.
(2) IsaïeLïll, 3.
(3i Zach. IX, 9.
(4 Y oyez sur cela M. Tillémont , note 4 , sur J. C tome 1.
248 PART. I, 81! CT. If , CHAP* I, § IV.
etc. (I). Ces mots, votre parole , et votre Kerbe, sont une mémo chose.
D. Jésus-Christ ne flt-il pas connaître aux hommes sa naissance?
& Oui. Aussitôt qu'elle rut arrivée , les anges l'annoncèrent aux bergers du voisinage, qui étaient Juifs : et une étoile nouvelle, jointe à une révélation de Dieu, la fit connaître en orient aux mages qui étalent gentils: les uns et les autres vinrent aussitôt adorer le Sauveur du monde (2)»
&• Jésus-Christ fut-il circoncis le huitième jour après sa naissance, comme Pétaient tous lés Juifs?
/{•Oui. II voulut se soumettre à la loi, dit saint Paul , pour racheter ceux qui étaiént sous
là loi (s).
D. Jésus-Christ demeura-t-il long-temps à Bethléem après sa naissance?
il. H y demeura quarante joors, pour donner
(1) Sap. XVHÏ,!4, 15.
(2) Luc, 11, 8 et suit.; Matth. If. Voyez ce que nous disons sur la fô'c de Noël , et sur l'adoration des mages , en la seconde part, de cet ouvrage , sect.4, ch. 2, sur le prem. commaad. de l'Eglise,
(« Luc, II , 21 ; Phil. II , 9 , 10 et II ; Cal. IV , 4 et 5» Vo*e* , dans la seconde partie de cet ouvrage, la fêle de la circoncision , sect. 4 , ch. 2, $ 6.
DE JÊSUS-CHRIST. 249
aux Juifs lo loisir de s'informer de ce grand événement (1).
Après ces quarante Jours, la sainte vierge porta Jésus-Christ au temple , pouf Poftrir à Dieu, en qualité de premier-né , et pour se purifier elle-même selon là loi , quoique cette loi ne fût pas pour elle (*)•
R. Les mages vinrent-ils adorer Jésus-Christ avant ou après la purification?
D. Le sentiment commun est qu'ils y vinrent le treizième jour après sa naissance , jour auquel on célèbre la féte de l'Epiphanie dans l'Eglise latine (3).
//• L'adoration des mages avait-elle été prédite par les prophètes?
R. oui. Le prophète Isaïe l'avait prédite en termes formels; et il y a une prophétie dans les psaumes, qui peuly avoir rapport.
Vold ce que dit Isaïe: Les nations marcheront à volve lumière y et les rois à l'éclat de t>o-
(!) S. Chrys. nom. 7, sur S. Mat th. vers le commencement»
(2> Yoy. sur cela ce que nous disons en expliquant la féte de la Présentation de J. C. au temple, et celle de la Purification de la sainte Vierge, traité des fûtes, § 8, en la seconde partie de cet ouvrage, sect. 4 , ch. 2.
(3; Voyez sur cela M. de Tillémont, note 9, sur J. C.
250 PART. I, SKCT. H, CHÂP. I , $
* tre naissance.*.. Us viendront de Saba , portant de l'or et de l'encens 9 et annonçant les louanges du Seigneur (1)*
Voici ce que dit David : Les rots de Tharsis et des pnys les plus éloignés lut porteront des pré" sents : les rois des Arabes et de Saba en porteront aussi. C'est de Salomon que David semble parler, selon le premier sens de la lettre. Mais il est aisé de pénétrer, en lisant le psaume , qu'il a principalement en vue le Messie, dont Salomon était la figure; et il y a plusieurs choses dans ce psaume , qui ne peuventeonvenir qu'au Messie, même dans le vrai sens de la lettre, et qui sont fausses, si on les attribue à Salomon; telle est celte prédiction:// subsistera aussi long-temps que le soleil , comme il était avant la lune; ou, selon l'hébreu , tant que le soleil et la lune luiront dans le monde » 2).
IK L'apparition de l'étoile avait-elle été prédite?
/?. Oui. Elle l'avait été par Balaam, dont voici les paroles: // sortira une étoile de Jacob, etc. v3).
D. La sainte vierge et saint Joseph retourné-
(0 ïsaïe,LX, 3,6.
(l) Ps. LXXl, 5, 10, t J} voyez S. Aug. sur ce ps. n. 8.
(3; Nomb. XXIV , 17.
rent-Hs à Nazareth aussitôt après la présentation de Jésus-Christ au temple ?
r. Non. Ils allèrent en Egypte, pour éviter la persécution d'Hérode qui cherchait Jésus-Christ pour le faire mourir (t).
D. pourquoi Hérode voulut-il faire mourir Jésus-Christ?
R. Parce que les mages, cherchant le sauveur pour l'adorer, s'adressèrent à Hérode, pour savoir où était le roi des Juifs nouvellement né. ce prince défiant et cruel, craignant que cet enfant ne le détrônât un Jour, voulut le faire tuer, et , n'ayant pu savoir, où il était, il fit tuer tous les petits enfants, depuis l'âge de deux ans et au-dessous , qui étaient à Bethléem et aux environs, il croyait qu'on ne manquerait pas d'envelopper Jésus-Christ dans ce massacre général; mais, son heure n'étant pas venue, le sauveur évita la mort par sa retraite en Egypte (2).
Z>. Le massacre des innocents avait-il été prédit par les prophètes?
R. il avait été figuré par le massacre que Pharaon fit faire en Egypte, des enfants mâles
(1) Voyez S* Malth. II , 13 et suiv.; S. Aug. liv. 2, de la concorde des dvang. chap. Y, n. 16; M. de lille'ar.ont , n. 8, sur J. C»
(2) Matin. II, 13 et suiv.
i32 PART. I , SECT. II, CHA.P* I , S v-
des Hébreux ; et la fuite de Jéaus-christ en Egypte, avait été représentée par le soin que la Olledu roi d^Bgypte prit alors de Moïse , qui était la figure de Jésus-Christ. Mais , outre ces figures, Jérémle avait fait une prophétie que
saint Matthieu applique au meurtre des innocents (1).
§ 5. Suite de la vie de Jésus-Christ jusqu'à son baptême. Fie de sainUean-Baptiste.
1). La retraite de Jésus-christ avait-elle été prédite par les prophètes?
R. Elle avait été figurée par la retraite de la famille de Jacob en Egypte; mais, outre cela, elle avait été prédite par lsaïe, dont voici les paroles: roiciquele Seigneur montera sur une nuée légère , et il entrera en Egypte , et toutes les idoles de V Egypte seront renversées ^2>
l>. Quand Jésus-Christ arriva en Egyptç, (es idoles de ce pays-là furent-elles pffecUwiiicat renversées?
R. Quand elles ne l'auraient pas été dès l'arrivée de Jésus-Christ, la prophétie ne laisserait pas (lavoir été apeomplie; qar elles
(t) Jéréiuie, XXXI, 15; Mallh. U, 18) voyez sur cela le comment, de Jansénius «le Garni, ch. XL
(2) lsaïe, XIX-, 1; voyez S. Jérôme, sur ce même endroit; S. Cyrille, liv. 2$ Théodorel, sur ce ch. Eusùbe, ftdmoûslr. évaog.Hv. 9, ch. 2 , elc.
DB JÉSUS-CHWST. 253
ont été certainement renversées, après cela par PôtabllssemenUlu christianisme , qui a été très-florissant en Egypte 0.
Mais tous les auteurs du quatrième siècle rapportent que la tradition constante de l'Egypte était alofs, qu'à l'arrivée de Jésus-Christ iles idoles furent effectivement renversées, et tombèrent parterre, comme autrefois l'idole du temple de Dagon avait été renversée à la présence de l'arche, qui n'était que la figure de Jésus-Christ (2).
/>• Combien de temps Jésus-Christ demeura-til en Egypte?
R. on ne le sait pas au juste. Tout ce que l'on sait, c'est qu?ii y demeura peu de temps, et qu'il en revint aussitôt après la morld'Hcrode , sous le règne d'Arohélaûs, ethnarque de la Judée (3>
Z>. Où Jésus-Christ alla-t-il demeurer an retour de l'Egypte? $
R. a Nazareth, ville de Galilée, qui était le séjour ordinaire de saint Joseph , avant la naissance de Jésus -Christ 4).
(t) Voyez S. Chrysostome, hom. 8, sur S. Matth. (2) Voyez sur cela M* 4^ Tiilomont, art. 4, sur J. C, et le P. Pezron , liist. évaug. sur Tan 1. «le J, C. (3> Maùh. II , 19 etsuiv.
(4) Luc , 1 , 26; et 11, 4 , 39 cl 51 ; Mallh. J! , 2?. CaARANCY. Catéchisme. P
251 t>ÀRT. t9 StfC*. fl, CfiTAF. t, S ▼*
Z>. combien de temps Jésus-Chrtst demeùraf-îl à Nazareth?
il y demeura jusqu'à l'âge de trente ans OU environ (i).
D. Que savons-nous sur l'enfance de Jésns-
Christ?
R. Tout ce que nons savons , otitre ce qui a été dit ci-dessus , est qu'à l'dge de douie ans, 11 fut mené au temple par Marie et par Joseph; qu'alors Jésus-Christ demeura dans le temple, Bans qu'ils le sussent; et qu'après l'avoir cherché trois jours , ils le trouvèrent an milieu des docteurs auxquels il parlait d'unè manière qui les ravit d'admiration (2).
/>. Que fit Jésus-Christ apréft cela ?
A» Tout ce que nous savons, c'est que jd&jù*à l'âge de trente ans environ , 11 demeura toujours dans la maison de saint Joseph, et qti'il lui fut toujours soumis , aussi bien qu'à la sainte Vierge, afin d'apprendre aux enfants la soumission qu'ils doivent à leurs parents : et il y a lieu de croire qu'il travailla au métier de saint Josepl) (3).
A l'âge de trente ans environ, Jésus-Christ
(1) Luc, II , 31.
(2) Luc ,11, 41 et suiv.
(3) Ibid. 51; Jean, VII, 15, S. Justin , dialogue contre Thriphgn, pa$e 316, édiU de Paris ^ Mq-
de jêsôs-cnRisf . 255
alla trouver saint, Jean- Baptiste dans un désert, proche le neuve du Jourdain, pour recevoir le bapiènie des mains de ce saint homme (1)*
i). Qui était saint Jean-Baptiste, et quelle .à étésavîe?
Jt. Jean-Baptiste était un homme envoyé de Dieu, pour préparer laVoie au Messie , et pour être son précurseur , selon Tes prédictions d'Isaïe et de Malachie fï).
L'ange Gabriel annonça sa nâissâricë â soh père zacharie , qui était un fcaînt prêtre; et sainte Elisabeth lé conçut dans sa. vieillesse par miracle. Jésus-Chrfst étant encbrèénferraè clans le sein de Marié, rendit une visité à son précurseur, pourlesahctitfer, même àVàrit sa nafsïanee s c'est pour cela prîricipàlemënt, disent les Pères, qu'aussitôt après que la sainte Vierge eut conçù'jësus-dhrist,4lîicu lui Inspfrb. fe dessein #after voir sainte EHsabëUi qùi ëtàit encfeinte de saint Jean (3).
lise fit .plusieurs raerveiiles- a la tfàïssHtf«b de ce saint homme (4). il se retira dans le dé-
etc.
(2) Isaîe, XL,^ /I^Màïacttic. ÏII, 1,
(3) Luc, I, 13 et fÛléitori&ù'htàtoHiivin S.Luc; Àmb. liv. I, sur le l.'ch.'dë S.Mic. n. 29, 31 Vsuiv. et liv. * , n. 31 ,3àe(&.
(4) Ibld.
256 PART. I. SECT. H, Cff. 1, § V.
sort, dès son enfance: il ne mangeait que des sauterelles et du miel sauvage; son vêtement était rude à peu prèscouime un cilice (V. Quand Dieu lui ordonna de se montrer , c'est-à-dire, à l'âge de trente ans environ , il vint sur le bord du Jourdain : tous les Juifs le regardèrent avec admiration; on le prit pour le Messie ; maisil dit hautement qu'il ne l'était pas, et qu'il n'était envoyé que pour préparer les hommes à sa venue, suivant la prédiction d'isaïe 2). Pour les y préparer , il donna à chaque personne les avis nécessaires, selon sa profession. II les excita tousà faire pénitence, et il LapoSait dans le Jourdain ceux qui étaient touchés de pénL tence,et qui confessaient leurs péchés (3) : ce baptême ne donnaitpas la rémission des péchés; mais il préparait à recevoir cette rémission parJésus-Chrîst (4). 11 prêchait à toutle monde que le Messie était arrivé; cependant il ne l'avait jamais vu, lorsque le Messie vint à lui pour être baptisé (5). La réputation de Jean-Baptiste augmentait de jour en jour: Hérode Antipas, tétrarquede In Calilée , avait beaucoup d'estime pour lui ; mais la sainte liberté avec laquelle
(1) Mattb. Ut,3 ,4; Luc, VII, 24 etsuiv#
(2) Jean , 1 , 19 et suiv.
(3} Mnih.III, Lpc, 111, Act. XIX, 3, 4.
(4) S. Aug. liv.5 dubapt. ch. 9 et 10, n, 11 et 12.
(5) Jedn, I, 31, 33, etc.
DE jésCS-CHRîST. 257
saint Jean reprocha axe prince un crime public, fut cause qu'il le fit mettre en prison , et ensuite décapiter (1).
D. Pourquoi Jésus-Christ voulut-il se soumettre au baptême de saint Jean-Baptiste ?
R. Ce ne fut par aucune nécessité, puisque Jésus-Christ était l'innocence et la pureté mêmes; mais ce fut:
1.0 Pour autoriser la prédication et le baptême de saint Jean, en s'y soumettant lui-môme;
2:o pour sanctifier les eaux du baptême , et leur donner la grâce et la fécondité spirituelle qu'elles devaient avoir dans la suite ;
3.o Pour donner aux peuples qui venaient trouver Jean-Baptiste, une preuve authentique de sa mission et de sa divinité, par le témoignage que son Père lui rendit en cette occasion (2)?
D. Quel est le témoignage que Dieu rendit à Jésus-Christ en cette occasion ?
/{ Quand Jésus-Christ eut été bdptisé, il se mit en prières; et le saiut-Esprit descendit
(1) Matth. XIV, 2 et suiv.;Marc, Vî, Metsiriv.j voyez, sur toute la Yie de S. Jean-Baptisle, M. de Tillémont , tome 1.
(2) Voyez toutes ces raisons dans MaWonat, et daos lous les anciens et nouveaux interprèt. do S, Matin» S.Hilaire, S. Jérôme, S. Cnrysosu, etc.
258 PART. !, SRCT. Ii, CH\P. I , § VI.
alors et se reposa sur lui, sou? la forme d'une colombe; on entendit ea même temps une voix qui prononça ces paroles :• c'est ici mon Fils bien- aimé (1).
D. Pourquoi Dieu fit il alors ce miracle?
n. pour autoriser la mission de Jésus-Christ qui allait commencer les fonctions de 30a ministère , et pour faire vofcr su* JjMifs, q.y| se. trouvèrent là, qu'il était le Messie dont parlait Jean-Baptiste (2).