PRÉFACE. XJ
quel est le genre décrire de Bressanvide. Il s'est fait un devoir de marcher sur les traces de saint Bonaventure, qui déclarait n'avoir point voulu, dans la composition de ses sermons, affecter de parler avec élégance, d'employer des tournures recherchées, de choisir un ordre d'idées élevées, pour deux raisons: premièrement, afin que ses auditeurs pussent mieux comprendre ce qu'il leur disait ; secondement, afin que, satisfaisant moins les oreilles, il ébranlât et touchât mieux leur cœur.
Bressanvide ayant donc pris pour modèle ce grand docteur, ne s'est aussi proposé que le même but , celui d'être bien compris de ses lecteurs, d'éclairer leur esprit et émouvoir leur cœur. Son style, conséquemment , est simple , sans élégance , sans prétention, sans termes pompeux; mais combien il rachète ces prétendus défauts qui ne le sont qu'aux yeux d'un siècle qui se laisse plutôt émerveiller par les mots, qu'impressionner parles vérités, lorsqu'on porte son attention sur l'esprit, la facilité , l'éloquence, et plus encore sur la dignité et la gravité avec laquelle il développe ses preuves , et la clarté avec laquelle il présente ses démonstrations. Ce sont ces qualités réunies qui ont jeté un si grand éclat dans toutes les contrées de l'Italie sur Bressanvide et sur ses OEuvres.
Xij PRÉFACE.
J'ajouterai enfin, que c'est dans les écrits de cet illustre prédicateur et catéchiste que feu M. Guillet, premier supérieur du grand-séminaire de Chambéry, a puisé en grande partie les matériaux qui ont servi à la composition de son ouvrage ayant pour titre: Projets pour un Coiws complet d 'Instructions familières à Pusage des Ecclésiastiques , ouvrage qui a joui jusqu'à présent d'une réputation bien méritée dans le royaume de France et dans tous les états environnants.
J'ose espérer que le public accueillera avec indulgence cette traduction, à laquelle j'ai travaillé avec le désir d'être utile. Si j'ai atteint ce but, je serai amplement dédommagé des peines qu'elle m'a coûtées.
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