‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 5 sur 45 · INSTRUCTION PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PRÉLIMINAIRE

Sur l'obligation où se trouve tout chrétien de savoir ce qu'il doit croire, espérer et faire pour être sauvé.

Dieu, dans son infinie miséricorde, nous ayant fait entrer dans le sein de son Eglise par le moyen du baptême, grâce qu'il a refusée à tant d'autres , nous devons être persuadés qu'il n'est rien pour nous de plus nécessaire que de sauver notre âme, et que c'est vers ce but, par conséquent, que nous devons diriger sans cesse toutes nos pensées et toutes nos actions. Que sert à l'homme, dit Jésus-Christ (Malth.16. 26), de gagner l'univers, s'il vient à perdre sou âme? 11 est donc indispensablement nécessaire de mettre eu œuvre les moyens qui sont propres à nous l'aire parvenir à cette fin. Mais que sont-ils ces moyens? La connaissance de Dieu , de ses divins mystères, de sa loi sainte et des sacrements. La connaissance des divins mystères, pour les croire: de la loi de Dieu, pour l'observer, et des sacrements, pour les recevoir avec les dispositions requises. Mais il n'est (pie trop vrai que l'on peut avec raison faire à une infinité de chrétiens le même reproche que saint Paul faisait aux Athéniens, lesquels adoraient un Dieu qu'ils ne connaissaient pas (\ct. 17. 23). lisse vantent d'être chrétiens, ils font profession de croire en lésus-Christ et à son saint Evangile, ils mettent extérieurement en pratique les actes de la religion chrétienne, ils se confessent, ils communient au moins une fois chaque année, ils vont à l'église , ils entendent la sainte messe ; mais , hélas ! Jésus-Christ est pour eux un Dieu inconnu. Ils ignorent ce qu'ils doivent croire relativement à sa personne adorable , ce qu'ils doivent espérer de lui, ce qu'ils doivent faire pour l'honorer , et pour obtenir celle gloire qu'il leur a acquise: et tandis quMissavent parfaite*

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ment ce qui fuit l'homme du monde, ils n'ont aucune connaissance de ce qui fait le vrai chrétien. Qui ne voit pas combien est coupable une telle ignorance dans celui qui porte le nom glorieux de chrétien, et dont toute la science, comme dit l'Apôtre (l. Cor. 2. 2), doit être Jésus-Christ crucifié , ses divins mystères, la religion, le saint Evangile ella loi de Dieu? Ah ! cette ignorance est la source d'une infinité de maux , la cause de la perle de la plupart des chrétiens, qui vivent dans les ténèbres au sein de la lumière, et qui de ces ténèbres de l'ignorance passent et tombent dans celles du péché et de l'enfer. Pour remédier à ce mal , la sainte Eglise-, celte mère pleine de tendresse , qui désire le salut et la vie de tous ses enfants, a soin d'envoyer des prédicateurs dans le temps du carême et de Pavent, afin qu'ils dissipent ces ténèbres en répandant la lumière éclatante de l'Evangile. Mais comme il en est un grand nombre qui ne vont point entendre les instructions qui se font alors, apportant pour prétexte qu'elles sont trop éludiées et trop relevées , elle a voulu que ses ministres lissent des catéchismes, c'est-à-dire des instructions familières, adaptées à la capacité même des plus ignorants. C'est donc pour obéir à ses ordres, que je vais m'acquiller de celle fonction de mon ministère apostolique, en vous instruisant dans la science de la religion, c'est-à-dire en vous apprenant ce que vous devez croire , espérer et faire pour assurer votre salut éternel, .rétablirai donc dans celte première instruction, qii sera comme la base de toutes les autres, que chacun est rigoureusement obligé de s'instruire des vérités de la religion, elque c'est là le devoir le plus essentiel et le plus important qu'un chrétien puisse avoir à remplir.

1. Pour être persuadé que tout chrétien est obligé de s'instruire des vérités delà religion, et que c'est là pour lui w\ des devoirs les plus essentiels , il suffi! de réfléchir à ce qu ■ veulent dire ces paroles: science de la religion, ('cite science n'est autre chose que la connaissance de Dieu el de ses perfections adorables , de ce qu'il a fait pour nous et de ce que nous devons faire pour lui , de ses divins mystères, de savolonté , de sa loi sainte , de la fin po'ir laquelle nous sommes créés, de la récompense infinie qu'il nous destine, des moyens de l'acquérir, deceqae nous devons faire pour bien prier el pour bien recevoir les sacrements.

-. La science delà religion nous donne la connaissance ne Dieu, île ses perfections, des divins mystères, et, en un moi , de tout ce «pie la foi nous enseigne par rapport à Dieu. Vous

devez savoir que la foi est tellement nécessaire, que sans elle, comme dit saint Pau! (Ileb. 11.6), il est impossible de plaire à Dieu. Or on ne peut avoir cette foi qu'autant que l'on entend annoncer les vérités du salut. Car, ajoute l'Apôtre (Rom. 10. 43), comment peut-on croire en celui dont on n'a jamais entendu parler? Et comment peut-on en entendre parler, si personne n'en parle? 11 s'ensuit donc qu'on ne peut avoir la foi, si l'on ne travaille à s'instruire des vérités de la religion. Vous direz peut-être que la foi est un don de Dieu, et qu'elle nous est accordée dans le baptême. Cela est vrai, répond saint Thomas en commentant ce passage de la sainte Ecriture, elle est un don de Dieu, et saint l'aul le dit lui-même en écrivant aux Ephésiens (2. 8) et aux Philippins (1. 29): // vous a ili donné par les mérites de Jésîis-Chnst de' pouvoir eroire en lui Mais il faut que vous sachiez que, pour avoir la foi, deux choses sont nécessaires: l'inclination du cœur, par laquelle l'homme se sent porté à croire, et celte disposition ne peut être qu'un effet de la grâce: et l'explication des vérités qu'il faut croire, et que nous ne pouvons connaître qu'autant qu'on nous les annonce et qu'on nous les développe. Le centurion Corneille, homme d'une grande piété, et craignant Dieu , sentait en luimême, dit le saint Dcclcur, une vive inclination à embrasser la foi chrétienne, et néanmoins il fallut nécessairement qu'il eût recours a saint Pierre, pour être instruit des dogmes de la foi de Jésus-Christ (D. Thcm. in Epist. ad Rom.).

La science de la religion nous fait connaître la volonté de Dieu manifestée dans les préceptes du Décalogue. Et combien cette connaissance n'cst-elle pas nécessaire? Il est dit, dans le saint Evangile, qu'un jeune homme se présentant devant Jésus- Christ, lui demanda ce qu'il devait faire pour obtenir la vie éternelle. El voici qu'elle fut la réponse du divin Sauveur : « Si » vous voulez entrer dans la vie éternelle, observez les comman- » déments (Math. 19.17).» Il n'y a donc pas d'autre moyen pour être sauvé, que l'observance des commandements de Dieu. Comme donc il est impossible qu'un serviteur serve bien son maître, s'il ne connaît pas qu'elle est sa volonté et ce qu'il exige de lui, ainsi un chrétien ne pourra pas, sans les connaître, observer exactement les préceptes du Décalogue, qui sont l'expression de la volonté» de Dieu. De la la nécessité indispensable, pour quiconque veut se sauver, d'apprendre la loi de Dieu , et de savoir ce qu'il lui commande et ce qu'il lui défendr

4. Nous avons dit, en troisième lieu, que la science delà re-

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