‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 43 sur 45 · Voilà , mes Frères, ce que nous devons savoir et ce · texte numérisé non relu

Voilà , mes Frères, ce que nous devons savoir et ce

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(juc nous devons croire sur la résurrection de la chair. Maintenant quels effets doivent produire en nous ces grandes % «'rités etees connaissances sublimes, et quels fruits devons-nous en retirer ? C'est la troisième chose qu'il me reste à vous développer. Premièrement il faut que nous soyons pénétrés des sentiments de la plus vive reconnaissanceenvers Dieu, et que nous lui rendions de continuelles actions de grâces de ce qu'il a daigné nous révéler ce qu'il a tenu caché à tant d'hommes savants et sages selon le monde. Car combien d'hommes célèbres par ieurs connaissances ont ignoré celte vérité si certaine de la résurrection des morts, et sont tombés dans une infinité d'erreurs et dans les plus extravagants délires ! Les uns enseignèrent que les unies passaient d'un corps dans unautre corps ; d'autres, persuadés que les corps ne devaient jamais ressusciter, se riaient de ceux qui enseignaient la résurrection des morts (Act. 17); d'autres enfin cherchant à se figurer que l'âme périt avec le corps (Sap. 2.) ne s'étudiaient qu'à satisfaire leurs appétits charnels , comme les animaux privés de raison ; et comme ils croyaient ne vivre que pour la terre, ils ne se mettaient nullement en peine de se procurer d'autres biens que ceux que la terre pouvait leur fournir. Quelles actions de grâces ne devons-nous pas rendre sans cesse à Dieu de ce que par le moyen delà lumière céleste de l'Evangile, il nous a préservés de ces erreurs si pernicieuses , et nous a fait clairement connaître la vérité !

14. Mais pour n'être pas du nombre de ceux qui, comme dit l'Apôtre (ad TH. c. 1). nient par leurs actions ce qu'ils eonfessent de bouche, nous ne devons pas nous borner à témoigner à Dieu notre reconnaissance de ce que dans sa miséricorde il a bien voulu nous révéler cette vérité de la résurrection future de tous les hommes ; il faut encore faire en sorte que notre conduite corresponde à notre croyance, et que dos œuvres soient un témoignage certain de notre foi. (7esl lesecond fruit, et le fruit principal que nous devons retirer de la doctrine que les saints Apôtres nous ont enseignée dans cet article. C'estce que faisait saint Paul, et ce qu'il enseignait aux autres. L'espérance que j'ai, disait-il (Act. 5*4' . que les justes et les pécheurs doivent un jour ressusciter .fait que je ne néglige rien pour tenir maconsciencc toujours pure et devant Dieu et devant les hommes. Nous rencontrons partout i\c^ tribulations, ajoutait-il (2. Cor. 4); mais nous ne nous laissons pas abattre par les adversités. Nous sommes persécutés: mais tes persécutions ne nous font pas perdre courage. Nous imi-

Ions dans nos corps la vie morliOée de Jésus-Christ, sachant que Dieu qui a ressuscité son divin Fils, doit aussi nous ressusciter un jour. Notre conversation est dans les deux (l'hil. 3), d'où nous espérons que viendra notre Seigneur Jésus-Christ pour réformer notre corps et le rendre semblable à son corps glorieux. Cherchez doue, dit-il aux Colossiens (e. 3), les choses du ciel où Jésus-Christ est assis à la droite de son l'ère. Goûtez les choses du ciel, et non celles de celle misérable terre: et quand Jésus-Christ, qui est votre vie, vous aura ressuscites, vous paraîtrez avec lui dans sa gloire. Tels sont les fruits que doit produire en nous la certitude de notre résurrection future. File doit nous animer à supporter avec patience et même avec joie toutes les disgrâces de cette vie, el à ne point rechercher les consolations de ce monde ; elle doit détruire dans noire cœur toute affection désordonnée envers notre corps, et nous porter à l'exercer aux œuvres de pénitence, bien loin de le flatter, afin qu'il puisse un jour ressusciter glorieux.

45. Réfléchissons sérieusement à la différence qui existera, au jour de la résurrection universelle, enlreles justes el les pécheurs, et nous sentirons s'allumer dans notre cœur le plus ardent désir d'être du nombre de ceux qui ressusciteront pour fe vie éternelle, et d'être séparés de ceux qui ressusciteront pour l'enfer. Ce désir nous rendra plus vigilants pour éviter jusqu'aux moindres fautes, et plus courageux dans la pratique des vertus. Pensons souvent que notre corps ne pourra ressusciter glorieux, s'il nesert à notre âme d'instrument pour les œuvres de pénitence, et que les qualités d'impassibilité, de clarté, d'agilité et de subtilité doivent être la récompense des peines souffertes avec patience, des humiliations, de l'observance exacte de la loi de Dieu, du zèle, de la ferveur, de la charité; et alors il ne nous paraîtra point trop difficile ni trop pénible de mener une vie vraiment chrétienne et pénitente, et de mortifier notre corps par les jeunes, les travaux et les fatigues d'une vie sainte et laborieuse. C'est cette pensée de la résurrection qui fortifiait le saint homme Job dans toutes ses afflictions (c. 19). Après avoir perdu ses enfants, ses amis, ses maisons et Ions ses biens, réduit à la dernière misère,couvert d'ulcères, privé de tout secours et de toute consolation, je sais, disait-il, que mon Rédempteur est vivant, que je ressusciterai au dernier jour, el que, revêtu «le celle même chair, j'aurai le bonheur de voir mon Dieu. Celte foi el celle espérance lui faisaient supporter avec la plus parfaite résignation

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tous les maux et toutes les disgrâces dont il était accablé. Cette même foi et cette même espérance soutinrent parcillemenllcs martyrs dans les chaînes, dans les prisons et sous les coups des bourreaux. Les uns, disait déjà saint Paul de son temps, en parlant de ces généreux confesseurs de la foi, les uns ont été cruellement tourmentés, les autres ont souffert les moqueries, les fouets et les cachots, lis ont été lapidés , ils ont été sciés, ils ont été mis aux plus rudes épreuves, ils sont morts parle tranchant dcl'épée ; ils ont mené une vie errante, étant abandonnés, affligés, persécutés, eux dont le monde n'était pas digne, n'ayant d'autre séjour que les déserts et les montagnes, et se retirant dans les antres et les cavernes de la terre, ne voulant point racheter leur vie présente, afin d'en trouver une meilleure dans la résurrection (Heb., II). Ayons donc soin, mes Frères, de ne jamais perdre de vue cette importante vérité de la résurrection de la chair, laquelle étant bien méditée, sera suffisante pour nous tenir éloignés du péché , pour nous faire observer fidèlement la loi du Seigneur', pour nous détacher des plaisirs et des avantages que nous présente le monde, pour nous faire aimer la mortification et les souffrances, en un mot, pour nous faire vivre ici-bas de la vie de Jésus- Christ, et nous rendre dignes de participer à sa gloire dans le ciel.

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