VINGT-HUITIÈME INSTRUCTION
Sur les devoirs des maîtres envers leurs domestiques.
Ce n'est pas une loi de la nature qu'il y ait parmi les hommes d'autres hommes qui leur soient soumis, qui aient autorité sur eux: la nature nous lit tous égaux, et les serviteurs comme lesmaîtres sont nés libres; car sortant tons des mains du Créateur, nous sommes tous d'une condition semblable, parce que nous avons une àme elun corps qui constituent l'humanité, ou autrement, qui font de nous des hommes ; et la noblesse , les richesses, l'autorité, n'ajoutent rien à cette qualité d'homme, et ne supposent aucune prééminence en ceux qui jouissent de ces avantages sur ceux qui en sont dépourvus. Qu'est-ce donc qui occasionna cette différence de condition parmi toutes ces créatures, qui est-ce qui fut cause de cette condamnation d'un si grand nombre d'entre elles à la servitude et aux travaux ? Ce fut le péché , et si toutes avaient persévéré dans l'état d'innocence, toutes aussi auraient eu une part égale et de noblesse et de richesses. Cependant Jésus- •Christ venant au monde, ne voulut point abolir cette inégalité de condition que le péché y avait introduite. Il ne dépouilla point les riches de leur fortune, les nobles de leurs titres de noblesse, ceux qui avaient l'autorité sur les autres, de leur droit de commandement; les pauvres continuèrent à languir dans la misère, ceux qui étaient sujets ousoumisà leurs semblables ne virent point un terme à leur dépendance, tant est que tout sur la terre devait exister comme auparavant, et se maintenir de la même manière jusqu'à la fin des siècles. Dieu a voulu seulement fonder une aiUre égalité qui consistait à fournir à tous les moyens les plus efficaces pour acquérir le salut éternel. Mais quels sont les moyens que doivent employer les maîtres ei tous ceux qui ont des domestiques et des serviteurs sous leurs ordres? Ceux-là même qu'employa Jésus- Christ envers ses disciples , en les instruisant dans les choses dï» vines, et pourvoyant à leurs besoins. Les deux belles vertus que Bottent pratiquer les maîtres véritablement chrétiens envers
leurs serviteurs, c'est la piété et la charité. Eu les pratiquant ils accomplissent parfaitement les devoirs auxquels ils sont tenus; tandis qu'au contraire, s'ils ne les pratiquent pas, ils se rendront coupablesde beaucoup de fautes. Vous êtes donc obligés, maîtres, qui que vous soyez, de pratiquer cette piété en gouvernantsaintement votre famille et en vous appliquant à sanctifier vos serviteurs; de plus, vous devez avoir un grand amour pour eux, afin de les traiter avec bonté et douceur, et accomplir envers eux tout ce que la justice et la convenance exigent.
1. La première chose donc que doivent pratiquer ks maîtres «•mers leurs domestiques est la piélé. Elle est, dit saint Paul , utile à tout : pieias autcm ad omnia niilis est (1. ad. Tim. 4.) On peut dire cependant que quant aux pères de famille , elle est nécessaire, afin qu'ils puissent s'acquitter des devoirs auxquels leur élat les oblige. Et ces devoirsqu'imposela piété à un mailre, peuvent se réduire à trois. Le premier est d'instruire bars serviteurs dans la foi et la loi de Jésus-Christ ; le second de les corriger de leurs défauts et de retrancher en eux les désordres auxquels ils les verraient s'abandonner ; et le troisième est de ne jamais rien leur commander qui soit contraire à la loi divine. Le premier devoir est donc de leur apprendre ce qu'ils doivent à Dieu. Vos serviteurs sont chrétiens avant tout , et par conséquent ils sont les serviteurs de Dieu avant d'être les vôtres. Vous ne devez par-là même rien négliger afin qu'ils rendent à ce souverain maître ce qui lui est du et qu'ils le servent avec fidélité, ce qu'ils ne pourront faire, s'ils ne sont suffisamment instruits dans la sainte loi, dans ses divins mystères et sur les dispositions qu'ils doivent apporter à la réception des Sacrements. Au nombre de vos obligations se trouve donc celle de leur apprendre ce qu'ils doivent savoir , et de leur laisser les jours de fêtes assez; de liberté pour qu'ils puissent assister aux catéchismes et aux instructions. Voilà le premier devoir imposé aux maîtres.
2. Mais quels sont ces maîtres qui l'accomplissent et qui dans lesiècle où nous vivons veuillent se donner ia peine d'instruire ou de faire instruire leurs domestiques? Où sont-ils ces maîtres qui s'occupent sérieusement de prendre les moyens pour que leurs serviteurs vivent dans la crainte de Dieu, qu'ils observent sa loi divine, et qu'ils apprennent à s'approcher des Sacrements avec les dispositions nécessaires pour en retirer du profil? Je M'adresse icià tous les maîtres et à toutes les maîtresses, et je leur demande si jamais ils ont pensé à s'acquilt-T de cettp obligation? Au contraire, combien n'en est-il pas qui, sans
ancun scrupule, les empêchent par les travaux auxquels ils les appliquent, de profiter des jours de fêles que ces domestiques désireraient consacrera rendre hommage à Dieu , employer à s'instruire des choses nécessaires au salut, et leur en refusent la permission lorsqu'ils la demandent! Combien qui défendent absolument la fréquentation des Sacrements dont ils souhaiteraient s'approcher tous tes mois , leur alléguant que l'Eglise n'ordonne de les recevoir qu'une fois dans l'année / Combien encore qui, sans jamais avoir étudié la théologie , ni môme en connaître le nom, veulent faire les théologiens et se permettent de soutenir que pour sanctifier les fêtes il suffit d'entendre une messe. Voilà, à n'en pas douter, ladoclineque l'on met en pratique. Ainsi »m domestique, après avoir assisté en toutehàte à une me^se que l'on veut bien lui permettre d'entendre, se voit obligée de passer le reste du dimanche auprès de sa maitresse qui veut faire toilette , pour recevoir ou rendre une visite, pour aller dans quelque société ou à la promenade. Les domestiques en ces jours qui appartiennent à Dieu, sont contraints de servir leurs maitresà table, de faire en quelque sorte sentinelle auprès de leur lit lorsqu'ils dorment, ou se voient forcés d'aller se reposer et se dédommager par un peu de sommeil de leurs veilles, ayant été obligés d'attendre leur mai Ire qui devait revenir ou du jeu ou du théâti e : cens qui servent dans les magasins ou dans les auberges sont plus occupés dans ces jours que dans les autres, parce qu'alors ces maisons ne désemplissent pas de personnes qui viennent ou pour acheter ou pour se livrer à la débauche, lit quoique les ordres qui d>f ndent l'ouverture des cabarets et d'autres lieux semblables , ainsi que des boutiques et magasins, soient extrêmement rigoureux, les supérieurs n'en agissant ainsi que pour faciliter aux chrétiens les moyens d'assister aux offices divins, le démon de l'avarice est assez astucieux pour éluder d-s ordonnances si justes, les empêcher d'y assister, et de pouvoirpar là-même apprendre les lérilés de la religion.
3. C'est ainsi qu'on manque à l'accomplissement de ce devoir rigoureux, et le plus grand nombre d;s maîtres pensent à tout, excepté à instruire leurs domestiques on à faire en sorte qu'ils soient instruits par d'autres dans les choses qui regardent les vérités de la religion, et ils se mettent fort peu en peine qu'ils servent fidèlement Dieu et qu'ils soient pieux et dévols. Mais peutêtre y a-l-il d'exagération dans ce que je dis. Non , sans doute, et j'en appelle à l'expérience; dites-moi, s'il vous plaît, quand vous avez choisi un domestique ou qu'il s'en est présenté un , quelles
enquêtes n'avez-vous pas faites ? Que d'informations sur son caractère, sur sa capacité , sur son savoir-faire? N'avez vous pas voulu connaître si l'on a été content de lui dans les maisons d'où il est sorti , quels sont les lieux où il est demeuré, quelle est la conduite qu'il a tenue ? N'étant pas suffisamment satisfaits des certificats qu'il vous a exhibés, vous avez encore pris des renseignements dans le voisinage. Mais je vous le demande, au milieu de toutes ces informations si multipliées et si adroites que vous avez prises sur le domestique qui s'offrait à vous servir, vous estil jamais venu dans l'esprit de vous enquérir de la religion qu'il a professée ou qu'il professe? Si vous voulez répondre avec vérité, vous direz que non. Pourvu que le sujet en question soit apte à vous servir, il vous importe fort peu qu'il soit Juif , Turc, Hérétique ou peut-être encore Athée. Je suppose qu'il soit chrétien; mais avez-vous cherché à savoir comment il est instruit dans sa religion et dans la loi «le Dieu, comment il l'observe, s'il a fréquenté et fréquente les Sacrements, et comment il vil?
4. Oh ! répliquez-vous, vous voulez donc nous imposer une obligation nouvelle? Est-ce que nous devons nous inquiéter si nos domestiquesontdelafoi, s'ils observent la loi de Dieu, etsommesnous obligés de la leur l'aire apprendre ? Avons-nous à nous informer s'ils fréquentent les Sacrements ets'ils vivent chrétiennement) Sachez donc que nous ne les admettons dans nos maisons que pour nous servir, et que nous ne leur donnons un salaire que dans ce but. Du reste, s'ils font de bonnes œuvres et s'ils se sauvent , tant miens pour eux ; s'ils en font de mauvaises et s'ils se damnent, ils en porteront eux seuls la peine. C'est une chose vraiment singulière que d'exiger "'que nous veillions à ce qu'ils soient des hommes religieux ! Noos les laissons les jours de fêtes assister à la messe , et nous prétendons qu'ilsfassent le reste du jour leur service. S'il y avait obligation pour nous de travailler à leur procurer le bonheur éternel , il faudrait dire que bien peu de maîtres* se sauveraient , et peut-être aucun, parce qu'il ne s'en trouve pas qui s'occupent de leurs intérêts pour l'autre vie. Quelle manière de raisonner, vous répliquerai-je à mon tour! Pourquoi vous ai je rappelé le devoir rigoureux auquel vous êtes tenus , et qui est d'instruire ou de faire instruire vos domestiques, de les porter à vivre chrétiennement , de leur faire observer la loi divine , de les faire assister à tous les offices de la paroisse les fêtes et les dimanches , de leur laisser entendre les instructions qui se font alors , de les forcer d'aller au catéchisme ? Savez- vous pour quoi je vous ai rappelé vos devoirs à cet égard ? C'est parce que
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vous ne savez pas , et n'avez jamais voulu connaître que'les sont les obligations de votre étal, dont la principale, suivant la doctrine des sainls Pères, est d'avoir suindu salut éternel de tous ceux qui composent votre famille, et, comme dit saint Augustin, de faire avec eux , pi oportion gardée , ce que font les Evêques et les pasteurs avec leur peuple, afin que vous puissiez rendre un compte avantageux d'eux tous : liegile domos vcstras, regile filiog vestros , reyite familius vesiras. Quomodo ad nos pertinct in Ecclcsiâ loqui vobis, sic advos perlinet in domibus vestris agere, id bonam ralionem reddalis de his qui vobis sunt subdili (in Ps. 50).
5. Mais, s'il en est ainsi, peu se sauveront. Hélas! je l'avoue. N'estce pas un oracle deJésus-Christ que beaucoup sont appelés, mais que peu sont élus? Qu'il y en ait peu qui soient sauvés, c'est une vérité renfermée dans l'Evangile. Mais pour en reveniraux maîtres, croyez-vous, leur dirai-je, que quelqu'un puisse se sauver sans la foi ? Vous me répondez que non ; vous avez raison : l'apôtre saint Paul ne déclare-t il pas (ïlebr. M) que sans elle il est impossible de plaire à Dieu? Ecoutez encore ce qu'il dit écrivant à ïimothée (Epis. l.c.5):St quis suorum et maxime domesticorumcuramnon habet, fidemnegavit el est infîdeli delerior. Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et surtout de ses domestiques, celui-là a apostasie, il est même pire qu'un infidèle. Mais quels sont ceux qui vous appartiennent et sont vos domestiques ? Après vos propres enfants, dit saint Chrysostôme , ce sont vos serviteurs, vos servantes , et enfin ceux qui sont attachés à votre service, quelle que soit la nature de leurs fonctions. Voilà ceux dont vous devez prendre en main les intérêts spirituels en les instruisant sur les mystères de la foi, la loi divine , les Sacrements , les engageant à servir. fidèlement Dieu, à vivre en lions clirétiens,et leur accordant le temps convenable et nécessaire pour apprendre toutes ces choses. Si vous ne le faiiespas, vous avez renoncé à la foi, et vous êtes pires que des infidèles.
6. C'est pour se conformer à l'avis du grand docteur des nations,que saint Charles Borromée, cet évêqne animé d'un sigrand zèle, ne cessait d'inculquer à tous le; maîtres, qu'ils eussent un soin tout particulier de ceux qui composent leur famille, qu'ils les instruisissent par leurs paroleset par leurs exemples, et qu'ils fussent leurs guides dans le chemin delà verlu;qu'il n'y eut dans leur maison personne qui ignorât les éléments de notre sainte religion; que s'il s'en trouvait quelqu'un, ils le fissent aller aux catéchismes et aux instructions ; qu'ils les exhortassent à s'ap-
procher fréquemment des Sacrements «le Pénitence etd'Eucha ristie, à assister les dimanches et les fêtes à la sainte messe; aux prédications, aux offices divins, et à s'abstenir de toutes les œuvres serviles, à jeûner le carême et les autres jours cumulandes par l'Église. Telles sont les recommandations qivi! adresse à tous les niait' es dans -on troisième concile pranmciaL Ensuite d msses instructions il ordonne aux conièss'iirs de refuser l'absolution aux pères et aux mères de famille qui n'ont pas soin de faire apprendreà leurs domestiques les chosesqu'il esl nécessaire à tout chrétien desavoir, ou qui leur refusent la permission d'aller aux catéchismes, d'assister an* prédications, ou ont les accablant de travaux les jours de dimanche et dételés, meffi :U »bSUcleàœ qu'ils observent les commandements de i):ei et d * PE^Hise, et sa* tisfassenl aux devoirs auxquels tout chrétien est oblige. Oh !à combien d'aubergistes, «le marchands, de débitants , rt d'autres personnes les confesseurs devraient refuser l'absolu1 ion , si dans ces cas particuliers on avait soin de les interroger un peu plus exactement.
7. Ce n'es! pas cependant là l'unique devoir que la piété impose aux maîtres envers leurs serviteurs. La nature humaine, dit l'Esprit Saint (Gen. 8) , est portée au mal par son penchant; il ne suffit donc pas qu'ils leur apprennent ou lui* fassent apprendre quelles sont les vertus qu'ils ont à pratiquer; ils doivent encore leur apprendre à fuir le vice et le mal. Si donc par malheur ils s'y engageaient, vous devez les en retirer, les en détourner , et arrêter le cours de leurs tantes et de leurs désordres.Le zèle de la gloire et de l'honneur de Dieu doit mas y déterminer, afin qu'il ne soit pas offensé; comme aussi La charité envers votre prochain, afin que les âmes de vos serviteurs et de tous ceux qui dépendent de vous ne périssent pas éternellement. Si donc vous vous apercerez qu'ils outrag"nt Dieu par leurs impiétés, leurs jurements, leurs blasphèmes : si vous avez, connaissance qu'ils se livrent à l'intempérance, à Ivrognerie, ou à des actes impudiques, vous êtes Obligés de vous servir de votre autorité et de votre influence, pour apporter nu remède convenable à cet état de choses, afin qu'ils ne se rendent plus coupables de ces fautes, mais qu'ils s'en corrigent au pluslot. Si au contraire vous négligez de remplir ce devoir, s'il vous suffit seulement que ces serviteurs soient exacts dans leur service journalier, et si vous tolérez dans le sein de votre maison des désordres pareils, il n'y a plus de sentiments de piété en vous, plus de foi ; tous l'avez reniée et vous êtes pires que les infidèles : Si q'tis < iomcsticorum curant nonhabet, etc.elc.
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8. Dieu, dansleLévïtique, ordonne (c. 14.) aux Hébreux que s'il y a quelque apparence de lèpre dans une liabilalion, le père de famille se transporte de suite auprès du piètre et lui dise: J'ai découvert dans ma maison un signe de lèpre. Maitres el maîtresses, voici ce que Dieu vous apprend à faire par ce trait; voici comment il faut vous comporter emers vos domestiques. Il ne vous est pas toujours permis d'atiendre, pour remédiera leurs désordres, que la lèpre se soit déclarée, qu'elle soit manifeste, c'esl-àdre que la faute soit certaine, vous devez prendre garde aux apparences mêmes. Certaines paro'es équivoques, certaines conversations peu chrétiennes, certaines chansons peu modestes, certains manquements à faire sa prière le matin et le soir, des excursions hors de la maison à «les heures indues, certains rapports trop fréquents entre un serviteur et une servante, certaines familiarités, et certains discours suspects, sont des apparences de lèpre et des indices que Dieu est outragé. Pères de famille, réveillez voire zèle, hàtez-vous d'appliquer le remède.
9. Mais c'est trop vouloir exiger de nous , diront quelques-uns parmi vous, que de nous obliger à prendre garde aux simple» apparences de fautes de la part de nos serviteurs ; s'agit-il ici d'une peste, puisqu'il faut employer tant de précautions, et jeter le cri d'alarme aux moindres signes? Non, répondraije, il ne s'agit point ici de peste, mais de quelque chose de pire encore, puisqu'il est question du péché, qui non-seulement infecte et tue les corps comme la peste, mais encore les âmes de vos serviteurs, qui sont formées à l'image de Dieu. 11 s'agit du péché qui est une offense infinie de la majesté divine et conséquemment le mal le plus grand qui puisse exister dans le monde. A présent m'objecterez-vous que je vous demande trop, si je vous prie d'avoir l'œil ouvert sur les apparences, de tenir compte des moindres indices? Mais, n'esl-il pas vrai que vous all^z encore plus loin en fait de précaution, de vigilance, lorsqu'il s'agit de votre intérêt? Si vous avez un léger soupçon qu'un de vos domestiques, ou un homme d'affaires vous manque de fidélité .qu'il dilapide ce qui vous appartient, qu'il vous vole, combien de ressorts ne faites-vous pas jouer pour acquérir la connaissance de la vérité ? promesses, menaces , caresses , mauvais traitements , tout est employé. Vous le forcez à rendre un compte exact de son administration et de sa conduite; vous en observez le plus minutieusement possible les actions, vous prêtez une attention particulière à toutes ses paroles , et vous défiant de la pénétration de vos yeux et de la délicatesse de votre ouïe, vous établissez d'aulres
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surveillants, chargés d'épier ses discours, et tout cela, pour apprendre s'il vous est fidèle. Quand donc il ne s'agit simplement que d'un soupçon sur ce qui peut compromettre vos intérêts ou vos biens, il n'est ni recherches, ni informations qui vous paraissent superdues et même suffisantes; et qi\A\n\ il va des signes certains qui démontrent que vos serviteurs sont liber, tins, intempérants, incontinents, votre vigilance s'endort; votre zèle se refroidit, vous n'avez nulle inquiétude; et quand il est question de renommé d'un péché mortel et d'une offense de Dieu, vous déposez tous Ips scrupules, vous étouffez tous les remords, afin de ne pas éloigner de votre maison par les reproches que vous lui adresseriez , un domestique du service duquel vous êtes contents? Allez, vous n'avez ni piété, ni foi; bien loin de là, vous valez moins que des infidèles : Si quis suorum, etc. etc.
10. Le pire est que pour l'ordinaire il ne s'agit pas seulement de soupçon, mais de réalité; car combien de fois les serviteurs n'affichent-ils pas publiquement le libertinage ? Sait-on qu'ils sont blasphémateurs, joueurs, parjures, ivrognes impudiques, qu'ils ne s'approchent presque jamais «les sacrements, qu'ils ne donnent aucune mai que de religion, et qu'ils mènent la vie d'un athée, plutôt que celle d'un chrétien? que faut-il fjire dans ce cas? Ce que commande Dieu au maître de la maison dans laquelle on soupçonne que la lèpre va se manifester. Si elle se montre, si elle fait des progrès, qu'on arrache toutes les pierres qui en sont souillées: Jubebil end lapides, iuquibuslepraest{Lt\ilA4), Si après avoir employé tous les moyens, les prières, les menaces, les caresses et les châtiments, ils ne veulent point se corriger, chassez ces malades de votre logis; autrement vous retiendrez auprès de vous ce qui peut vous attirer la damnation éterne'le. La \ic chrétienne, réglée, édifiante que vous menez et qui est s» conforme aux maximes de l'Evangile et de la loi divine, ne sera pas capable de vous préserver de l'enfer, parce que tous les désordres et les péchés qui sont commis par vos domestiques et ceux qui sont sous rolra dépendance, pouvant être empêchés par vous et ne l'étant pas, vous seront imputés, et vous aurez à en rendre un compte très rigoureux.
1 î. Si les maîtres sont tenus de conduire à Dieu ceux qui sont à leur service, par de saints avis, de se servir de l'autorité qu'ils ont sur eux pour les corriger, pour arrêter et empêcher leurs désordres ; combien à plus forte raison ne sont-ils pas obligés île ne jamais rien leur ordonner qui soit contraire directement nu indirectement à la loi divine et qui les éloigne de Dieu ol do-Hta I. lu
service. Et cependant, qui le croirait ? de quels manquements ne se rend-on pas coupable sur cet article ! Je parle ici de cet énorme péché dont ne craignent pas de se souiller certains maîtres, qui non-seulement obligent leurs malheureux domestiques à être les témoins, mais encore les ministres et si souvent les complices de leurs plus infâmes désordresJe parle ici de cesmaitres qui chasseraient de leur maison, maltraiteraient, comme ils les en menacent, ces domestiques, s'ils ne se rendaient pas les confidents intimes de leurs plus honteux secrets, ou s'ils ne se prêtaient pas à leur procurer des victimes de leur incontinence, en un mot s'ils n'étaient pas disposés à favoriser aveuglément leurs passions les plus désordonnées. Vous imaginez-vous donc que Dieu ait prétendu par les richesses qu'il vous a prodiguées, établir entre vous et vos semblables une différence réelle, qu'il ait placé sous votre dépendance ces domestiques et qu'il vous ait accordé l'autorité sar eux pour les sacrifier à vos passions brutales et en faire des instruments de péché? Pour l'offenser donc, vous servirez-vous des grâces et des bienfaits dont il vous a comblés, et armerez-vous contre lui ceux que vous deviez engager à l'aimer, à l'honorer et à le servir fidèlement ? Ah! sortez d'un assoupissementsi profond. Accomplissez les devoirs auxquels la piété vous oblige envers vos domestiques, qui sont de les instruire dans les choses divines, de les corriger dans leurs désordres, et de ne jamais leur commander des choses contraires à la loi de Dieu. Quelle est la seconde obligation des maîtres? c'est celle de pratiquer la charité envers leurs serviteurs.
1*2. Puisque l'homme est composé d'un corps et d'une âme, îl est donc juste que les maitres exercent envers leurs serviteurs la vertu de charité à laquelle ils ont droit. Après avoir vu comment la piété doit porter les maitres à s'acq uitier des devoirs qui regardent l'âme, nous avons à examiner à présent quels sont ceux qu'ils ont à remplir envers le corps. Nous pouvons les réduire à trois; traiter avec douceur leurs domestiques ; leur payer exactement et autant que possible sans retard, leurs gages ou leurs salaires, et ne point les abandonner dans leurs maladies. Les maîtres doivent donc en premier lieu traiter avec douceur leurs domestiques. La douceur est le véritable caractère de la charité. L'apôtre exige qu'ils la pratiquent envers eux sans qu'ils se permettent jamais de les accabler de menaces ou de mauvais traitements, leur rappelant qu'ils ont dans le Ciel un maitre commun qui est Dieu, lequel ne fait acception de personne, et n'a nul égard à la condition de quj que ce soit (ad Gai. 6. ). Loin
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donc des maîtres, ces transports de colère, ces airs de fierté, ces marques de mépris, si communes dans le monde; mais qflîfls considèrent leurs serviteurs comme des frères. Jésus-Christ Fils de Dieu, infiniment supérieur à tous les hommes, ne dédaigne point et ne rougit point, dit l'Apotre (Heb. 2), de nous appeler ses frères. A lavue de cet exemple, auriez-vous honte, 6 maîtres, d'envisager vos serviteurs comme tds?Le plus noble titre dont vous puissiez vous honorer, c'est celui d chrétien r et ils le partagent avec vous. Le plus riche héritage auquel vous puissiez prétendre, est celui de la gloire éternelle, qui vous fera régner avec le Christ ; vos serviteurs y seront invités comme vou<> et s'ils sont plus fidèles à la grâce que vous, s'ils observent avec plus d'exactitude que vous la loi divine, s'ils pratiquent plus parfaitement que vous les vertus chrétiennes, ils y ont plus de droit que vous. Pourquoi donc maltraiter par des paroles dures, couvrir de mépris ceux qui, régneront dans le Paradis, d'où vous aurez été exclus, ou v seront plus élevés en gloire que vous.
13. Et cependant quels sont ceux qui aujourd'hui éprouvent envers leurs domestiques ces sentiments de douceur et d'humis Jité? Combien de maîtres gonflés dtorgueàl , enivrés de leur no-* blesse et de leur grandeur, croyant être ûe> hommes d'une autre espèce, traitent leurs domestiques comme s'ils étaient des vers de terre et la chose la plus vile et la plus abjecte, ou, pourm'exprimer d'une manière plus énergique, comme une chair qu'ont leur a cédée à prix d'argent? Us pensent s'avilir s'ils ne leur parlent pas avec un air impérieux et altier, etsi, à chaque instant^ ils ne les chargent pas d'affronts et d'injures. Mais abuserez?» vous donc ainsi d'une faveur que Dieu vous a accordée sansaur cun mérite de votre part, de vous avoir fait naître nobles et riches, pour traiter de la manière la plus indigne des personnes qui valent peut-être mieux que vous à ses yeux , qui lui sont plus agréables, et qui un jour régneront dans le Ciel, tandisquevous, si vous ne changez de vie, serez tourmentés par les démons dans le plus profond de l'enfer? Oh! vous m'objecterez, pour excuser vos manières brutales à leur égard, qu'ils se rendent coupables chaque jour de mille négligence? tfans la maison ou dans leur service, et pour cela vous ne sauriez rien leur pardonner? Au moins devriez-vous vous en tenir à une correction faits avec charité et douceur, au lieu de les réprimander, chaque fois qu'ils en commettent, avec une rigueur intolérable, avec des termes outrageants. Ah! craignez q,uej)ieu, qui est leur maître
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el le vôlre,ne vous traite avec la même sévérité avec laque!''* von* les traitez! Mais <iu'ai-je dit, craignez? ah! cVst ce qui vous arrivera infailliblement , et pour «uns convaincre, je vais vous -raconter un fait renfermé dans l'Evangile.
14. Un souverain fit venir ses serviteurs et leur demanda corn 'p!e de leur administration. Parmi ceux-ci, il s'en trouvait un «■■qui lui était débiteur de dix mille talents, somme exorbitante qu'il lui était impossible de payer. Par conséquent le roi ordonna qu'on le vendit lui et ce qu'il pouvait posséder pour l'acquittement de ceite deite. Réduit à une telle extrémité, que fait ce .malheureux? Il va se jeler aux pieds de son maître, et le prie de p rem Ire patience et d'avoir pitié de lui, en loi disant que "moyennant un temps fixé , il fera tous ses efforts pour le payer. Touché de ses prières et de son état d'abaissement , te roi lui passe quittance de tout ce qu'il lui devait. Mais lecroiriez- -vous ? à peine ce serviteur a-t il reçu une faveur si signalée, que descendant du palais royal , il rencontre un autre serviteur qui lui devait cent deniers ; l'ayant saisi au cou , et l'étouffant: paie-moi, lui dit-il, ce que ta me dois. Je vous paierai tout, lui répondit l'autre abattu à ses pieds et sanglotant; -donnez-moi seulement un peu de temps. Mais ce barbare, oubliant la conduite qu'avait tenue son maître envers lui. ne fut -point touché de compassion, !<• fil mettre en prison et l'y retint .jusqu'à ce qu'il eût acquitté cette dett»* par lui réctilttèe. Cette action qu'il venait de faire parvint d'abord aux oreilles du roi, «qui ayant fait appeler ce serviteur : « Cruel et indigne que tu » es, lui dit-il, m'étant laissé attendrir par tes supplications, je * t'ai remis ta délie; ne devais-tu pas en faire tout autant à ton j» compagnon, puisqu'il ne s'agissait que «Funesomme si modique? » Va à ton tour langnir dans celle prison où tu l'as fait jeter, et j» d'outil ne sortiras point jusqu'à «ce que que tu m'aies payé ce » que tu me dois. » C'est ainsi, conclut Jésus-Christ, que mou Père jcéleste vous traitera si vous éte< inhumains envers votre prochain, *t si vous ne voulez rien lui pardonner (Math. 18). Maîtres , réfléchissez sur c*tte parabole, qui vous regarde spécialement. Votre conscience vous met sous les yeux d<\s dettes bien nombreuses et bien énormes que vous avez contactées envers Dieu; néanmoins, il a usé de miséricorde à votre éçard, et vous l^sa remises , et vous . à votre tour, vous ne remettez aucune fauteà wosserviteurs, qui le sont de Dieu comme vous Tètes vous-mêmes ? Vous voudriez agir en toule rigueur avec eux? Attendez-vous ^lonc àêlre traités de la, même manière que vous les traitez. Et
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même, dit saint Jean Chrysostôme, Dicq exercera sur vous uni? justice d'autant plus sévère, que vous aurez élé durs et sans pitié pour ceux qui se sont attachés à votre service ( H. 34. ad pop Ant. ) : Qui severus est in conservum cxactor; mullù magisDeutn* hoc (acientem hubcbit. Quand même vos serviteurs commettraient quel nies fautes dans votre maison, traitez-les avec douceur, si vous voulez que Dieu use de miséricorde à votre égard.
15. Le second devoir est la charité, qui oblige les maitresà récompenser les services de leurs domestiques et à leur paver fidèlement leur salaire: il n'est rien déplus juste, et rien de moins douteux. La loi naturelle, les lois divines et humaines vous y obligent. Ces serviteurs ont sacrifié pour vous leur repos, leur temps, leur liberté; que de sueurs ils ont versées , que de travaux ils ont supportés dans votre intérêt! Ce serait donc une injustice criante que de leur refuser leur salaire ou de le diminuer, ou même encore d'en différer le paiement, parce qu'ils se sont rendus coupables de quelque négligence ou de quelque manquement, ou pour avoir été cause de quelque perte ou de quelque dommage, ou pour avoir brisé quelque chose. S'ils vous servent mal, ou qu'ils ne veuillent pas faire ce que vous leur commandez, congédiez-les, mais ne leur refusez pas ou ne leur retenez: pas ce qu'ils ont gagné; autrement, sachez que Dieu prendra eu main leur cause; il prêtera l'oreille à leur voix , à leurs gémissements, et tous châtiera d'une manière sévère: Patentes, ditl'E<prit- Saint (Sap. G) patenter tormcnta patientur ; car ce péché est un de ceux qui crient vengeance au tribunal de Dieu.
16. Trois voix, suivant la sainte Ecriture (Gen. 4), crient vers Dieu et demandent vengeance: la voix du sang d'Abel;la voix des enfants d'Israël opprimés par les Egyptiens (Exod. l);et enfin celle des ouvriers qui sont frustrés de leurs salaires partes riches (.lac. 6). Ces trois voix sont celles de vos serviteurs quand vous n'avez pas acquitté les dettes que vous avez contractées envers eux; ce sont les voix de vos frères égorgés pas votre avarice jf ce sont les voix du peuple de Dieu accablé par le poids des plus rudes travaux sous lesquels vous les faite-; gémir. Et enfin ce sont les voix de ces pauvres ouvriers qui, après vous avoir rendu tous leurs bons services, après avoir essuyé mille fatigues, versé des torrents de sueurs, se voient privés du salaire convenu , ou n'eu reçoivent qu'une parue. Pour ne pas devenir l'objet des vengeances divines, payez donc entièrement à vos domestiques, eta vos ouvriers la somme dont vous et s convenus. De plus , j'ajoute que
vous ayant servis pendant long- temps avec tidélilé,il convient que
o';2 XXVIII. INSTRUCTION
vous soyez généreux à leur égard , en ajoutanl quelque chose ii leurs gages enferme de récompense.
17. Mais la charité des maîtres envers leurs serviteurs ne doit pas s'arrêter là ; elle doit encore les leur faire aimer tendrement, les rendre sensibles à leurs misères , les portera les assister dans leurs maladies , et même à ne point les délaisser dans leur vieillesse qui les a rendus incapables de touie espèce de travail. Je ne saurais vous citer un exemple d'une cliarité plus généreuse que celui du centurion de l'Evangile (Math. 8) ; saint Chrysoslôme ne peut se lasser de l'admirer. Cet officier a un serviteur malade. Peut-être, dit le Saint, l'a-t-il renvoyé , et l'a- 1- il délaissé sans prendre soin de lui , comme ont coutume de faire tant d'autres? Non, il le garde chez lui ; il essaie tous les remèdes possibles afin de lui rendre la santé, et quand il voit leur inutilité, ii recourt au divin maitre Jésus-Christ pour le guérir. Mais remarquez bien quel est ce maitre. C'est un homme de guerre , un officier naturellement impatient , et qui veut être servi promptement par ceux qui lui appartiennent. El cependant avec quelle patience inaltérable il soigne ce malade chez lui ! Quelle est la maladie de ce pauvre serviteur? Serait-il malade de la lièvre, dont il peu* espérer la guérison d'ici à quelques jours? Non ; mais il est paralytique, cloué pour ainsi dire sur son lit, et attaqué d'un mal incurable, ou dont on ne peut prévoir le terme. Oh! combien la charité incomparable de ce centurion condamnera au dernier jour la cruauté et l'inhumanité de tant de maîtres de nos jours , qui chassent de leur maison, à la première atteinte dune maladie même légère , un domestique qui aura passé toute sa vie à leur service! et combien en est-il aujourd'hui qui croient faire une grande grâce à un serviteur malade, s'ils le font transporter à leurs frais dans un hôpital, tandis qu'ils garderont dans leurs écuries , et feront soigner par les personnes de l'art un cheval et même un chien ? Mais cet animal domestique, allègue-t-on, est les délices de la mailresse?Et moi je répondrai que ce domestique a une âme qui est les délices du cœur de Dieu. Mais les chevaux nous coûtent d'argent ! Mais ce serviteur a une âme qui a coûté à Jésus-Christ tout son sang. Celte comparaison est odieuse , ditesvous, et nous oiïènse. .le ne la fais pas à dessein de vous offenser, liiai s pour vous exciter à rentrer en vous mêmes , afin qu'un jour Jésus- Ghrïst qui est dans la personne de vos serviteurs malades , n'ait pas à vous reprocher que non seulement vous ne l'avez pas visité, mais que vous l'avez inhumainement chassé de vos maisons , et qu'il ne vous condamne pas pour cette raison à f en ter.
SUr. LE QUATRIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 343
18. Rentrez donc en vous-mêmes, maîtres qui que vous soyez, et puisque Dieu a mis sous voire puissance des serviteurs, pratiquez envers eux les deux helleset saintes vertus de la piéiéelde la charité dont nous avons parlé. La première vous oblige à les instruire , ou à les faire instruire dans les vérités de h religion , à comprimer fenrs désordres, à ne jamais leur commander des choses qui soient contraires à la loi divine. La seconde vous oblige à les traiter- avec douceur comme des frères en Jésus-Christ , à leur payer entièrement et promptement leurs salaires, comme l'exige toute lui, et comme vous l'enseigne l'Apôtre : Domini , qttmffastitm est et œ<]uum, servis prœstale (Corinth. 8). Et enfin a ne point les abandonner dans leurs maladies : reconnaissez quels sont vos manquements à cet égard , prenez la résolution de les éviter, en voyant de combien de péchés vous vous êtes rendus coupables en cette matière , et auxquels vous n'avez jamais pensé. Vous avez péché en ne les instruisant pas, en ne les corrigeant pas, ou en exigeant d'eux des choses mauvaises. Vous avez péché, en les traitant avec dureté , en ne leur payant pas le salure qu'ils ont mérité par tant de fatigues, et en les délaissant sans pitié dans leurs maladies , tandis qu'ils avaient besoin alors plus spécialement de vos secours. Corrigez-vous donc , afin qu'au lieu d'entendre Jésus-Christ prononcer contre vous la sentence de votre damnation éternelle pour n'avoir pas secouru les pauvre et les malades dans la personne de vos serviteurs, vous puissiez au contraire entendre ces paroles: Venez, les bénis de mon Père, dans ma gloire éternelle , parce que vous m'avez consolé et secouru par la charité que vous avez eue pour moi.