TRENTE-QUATRIÈME INSTRUCTION
Sur la gravité et l'énormilé du péché de scandale.
Nous avons vu dans la dernière instruction beaucoup de choses qui devraient nous faire concevoir une extrême horreur du péché de scandale: mais comme il est d'une grande importance que tous en aient une juste idée afin <fe l'éviter, nous verrons dans celle-ci combien il est abominable aux yeux de Dieu, grave et énorme en lui-même, parce que son effet naturel est d'établir le règne du démon sur les ruines de celui de Dieu.
1. Dieu, plein de miséricorde et infiniment bon, ne désire rien autre sinon que les hommes acquérant la connaissance des vérités éternelles, si? sauvent : Qui ovines vultsalvos ftcri, et ad cognilionem veriiatis perçenite (Timolh. 2). L'homme étant tombé par les artifices du malin esprit, du faite de l'honneur et delà gloire dans l'ignominie et l'abaissement, et s' étant rendu digne de la damnation éternelle pour avoir consenti au péché; Dieu mû par son infinie charité résolut de le racheter en envoyant sur la terre son Fils bien-aimé. Le Rédempteur promis s'incarna et naquit pour apporter aux hommes la grâce qu'ils avaient perdue, pour anéantir le règne du démon, c'est -à-dire le péché , et pour sauver les âmes que le séducteur infernal avait fait misérablement périr par le péché. Tel est le but, telles sont les intentions généreuses que Dieu s'est proposées. Mais le but et les intentions du démon sont en opposition directe avec les siennes, il ne cherche que la ruine et la perdition des hommes , qu'à arracher aux âmes le trésor inestimable de la grâce , et à les entraîner dans l'état du péché, pour pouvoir ainsi s'en rendre maître et les associer un jour à son malheur. Et de mémo que Jésus-Christ pour
établir son règne, c'est-à-dire pour chaser des âmes le péché, les faire rentrer en grâce, et leur procurer le salut éternel, a choisi et envoyé des apôtres et des prédicateurs pour annoncer sa céleste doctrine, de même aussi le démon pour fonder son royaume dans le monde , ou autrement, pour multiplier les iniquités sur la terre. , élit ses ministres tt les envoie prêcher ses maximes impies , afin d'enseigner la malice et de faire prévariqner les âmes des hommes qui pratiquent la vertu et tenJen ta l'acquisition du bonheur éternel.
2. Mais quels sont les min;slres dont se sert le démon pour faire prévariquer lésâmes justes en leur apprenant le mal qu'elles ignorent, pour établir le règne du péché, et dominer tyranniquement dans le monde? Les scandaleux, voilà les ministres et les agents du démon, voilà ses procureurs, voilà 1 s instruments qu'il emploie pour ruiner les âmes. Voilà votre fonction, û scandaleux , xoilà votre ministère. Voulez-vous que je vous démontre d'une manière plus claire encore cette vérité? Jésus- Christ parlant du Satan , dit (lob. 8) qu'il était un homicide dès la naissance du monde : Ille homicidaeval ab initio. Tel est le litre et le caractère du démon. Mais pourquoi ce divin Sauveur assure l il que le caractère propre de cet esprit infernal est d'être honil Me depuis la création du monde? Parce que, répondent les saints Pères et les interprètes, le démon depuis l'instant où l'univers e>t sorti des mains de Dieu , a ruiné et séduit les âmes en leur faisant perdre la grâce et en les précipitant dans le péché. L'histoire de la chute lamentable de nos premiers parents est trop claire et même trop intéressante pour ne pas vous la raconter. Dieu les avait créés dans un état de bonheur, il les avait comblés de dons naturels et surnaturels la seule justice originelle consistant dans la réunion de toutes les qualités infuses, dans la haine du mal, et l'amour du b;en, suffisait pour leur prouver qu'ils étaient l'œuvre la plus belle sortie d'entre les mains du Créateur, qui lui était la plus agréable.
3. Or, que lit le démon jaloux de les voir dans une aussi grande félicité et dans une aussi grande gloire ? Il s'adresse premièrement à Eve, présumant qu'il triompherait plus facilement d'elle, et qu'elle recevrait plus volontiers ses malignes impressions. Pourquoi, lui dit-il, Dieu vous a-t il fait un commandement si difficile * à observer tel qu'est celui de ne pas vous nourrir de tous les fruits ! qui sont dans le paradis? Nous mangeons de tous, répondit- \ elle, excepté de celui de l'arbre qui est dans le milieu de cepa. radis: c'est celui-là seul qu'il nous a défendu de manger, et me*-.
me de loucher, sous peine de mourir, si nous contrevenions à ses ordres. Ah! non, vous ne mourrez pas, répliqua l'imposteur; bien plus je vous dirai qu'il vous a défendu d'en manger, parce qu'il sait bien que si vous le faisiez, vos yeux s'ouvriraient , et que vous deviendriez tout autant de dieux, connaissant le bien et le mal (Gen. 3). Le croiriez-vous ? Malgré celte défense expresse du Créateur, trompée parles suggestions mensongères du tentaleur,elle mangea du finit défendu, et ensuite elle engagea Adam à en manger; il perdit ainsi pour lui et pour ses descendants la grâce, et fut cause par son crime que tous péchèrent en lui. C'est ce que fit le démon au commencement du monde , et c'est pour cela qu'il fut appelé homicide , et à toute heure il ne cesse défaire mourir les hommes à la grâce en les induisant au péché. Or, telle est la conduiie que lient un scamlaleux quand , par ses exemples ou par ses paroles, il provoque les autres à la désobéissance à la loi de Dieu , qu'il tend des piégés et des embûches aux âmes des simples et des innocents, et qu'il les fait tomber dans la tentation et dans le mal. Il exerce l'o.Tice du démon , qui es! de tromper et de perdre les âmes ; et l'œuvre que fil le démon au commencement du monde et qu'il ne se lasse point de faire, le scandaleux la continue et la poursuit ; il prèle à l'infernal tentateur son concours , il favorise ses méchantes entreprises, il seconde tousses desseins impies, et par ses artifices et ses tromperies il lui sert de mandataire et de ministre pour assassiner les âmes qu'il voudrait entraîner dans l'enfer.
4. El quels sont les artifices et les pièges dont se servent les scandaleux pour pervertir les âmes? Ceux qu'employa le serpent infernal envers Eve. Pourquoi, diVnt-ils à cette jeune fille, pourquoi ne faites- vous pas comme tant d'autres? Pourquoi ne répondez-vous pas aux invitations de ce jeune homme? Pourquoi, en s'adressant à cette femme, n'admeilez-vous pas cet autre auprès de vous? Pourquoi vous refusez-vous à voir et à vous laisser voir? Pourquoi n'allez-vous pas au bal, dans les cercles, aux théâtres? Pourquoi, disent-ils à des jeunes gens simples et innocents qu'ils veulent rendre les victimes de leurs passions, ouïes compagnons de leurs débauches, pourquoi ne prenezvous pas telle ou telle liberté , tel ou tel divertissement, tel ou tel plaisir que tous ne font point difficulté de prendre ? Un grand nombre épouvantés à ces seules propositions, répondent: Mais ne sont-ce pas des péchés que ces choses que vous me conseillez de faire ? ou au moins ne sont-elles pas pleines de dangers infinis, et comme des foyers de péché? n'avez-ious pas entende
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ce qu'a dit le pasteur ou le prédicateur en parlant de ce que vous m'avez proposé1? Los confiseurs ne nous recommandent-ils pas toujours que nous nous abstenions tle tout cela? Ali! réplquentiis, croyez-vou> que tout ce que les prêtres vous disent pour vous épouvanter soit vrai? Croyez-vous qu'ils fassent eux-mêmes tout ce qu'ils vous prêchent ? Eh! il n'y a pas autant de mal, ou autant de péché àfaireceque nous vous disons, qu'ils se plaisent à vous le faire croire. Oh ! si les choses en étaient ainsi, il faudrait avouer qu'un très petit nombre d'hommes se sauveraient, parcequ'il en est peu qui ne se procurent ces jouissances, ou qui ne se permettent ces libertés. Faites, tandis que vous êtes jeunes, ce que font ceux de votre âge ; lorsque vous serez vieux , vous pourrez pratiquer à votre loisir la dévotion. Et parle moyen de ces séiuctinns, de ces fourberies, de ces calomnies, et quelquefois même de ces hérésies (ce qui arrive lorsque ces irapies ont la témérité de donner à entendre que les impuretés les les plus infâmes ne sont pas des péchés ), ils parviennent à enseigner la malice et à faire perdre à uu grand nombre d'àmes l'innocence et la grâce.
5. Il n'esi que trop vrai que tels sont les artifices et les tromperies dont font usage les scandaleux séducteurs qui portent partout et -dans chaque condition le ravage et la ruine. Trouvent ils des âmes faibles? ils se prévalent de leur faiblesse pour les faire tomber. Enrenconlrent-ilsquisoientsimpîes? ils abusent de leur simplicité pour les porter au mal. Se trouvent-ils en «apport avec des personnes qui ont une certaine estime d'ellesmêmes? ils mettent à profil leur orgueil pour les entraîner dans le précipice. Celui là a-t-il delà piété et de la religion ? ils s'efforcent deles anéantir dans son cœur par leurs railleries et leurs dérisions? Le péché inspire-t-il de lacrainleet de la frayeur à un autre? Le scandaleux cherche tous les moyens pour les lui ôter. Setrouve-t-il quelqu'un qui, touché de la grâce, voudrait reconnaître son erreur et sortir de l'état de péché dans lequel il est tombé ? Il fait jouer tons les ressorts pour détruire ces bons sentiments, l'éloigner de la voie du Seigneur, multiplier autour de lui des obstacles à sa conversion , le tenir sous la servitude du péché dans lequel il est tombé. Si à ces encouragements au vice, ou aux pièges qu'il tend à la vertu, le scandaleux joint encore le mauvais exemple, et qu'il mette en pratique ce qu'il enseigne, que d'imprudents ne séduira-t-il pas, qui ne sauront résister à l'énergique impression que produit sa conduite? Ah! avouons qu'il n'y a pas de si forte et de si solide vertu qui ne
SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 41 î
vienne échouer contre cel écueil, et qui ne soit ébranlé"», terrassée et corrompue par d'aussi terribles attaques! Déjà iociàts au mal naturellement , le spectacle contagieux dont nous gemmes témoins chaque jour, ne sert qu'à augmenter noire penchant mauvais, et à aplanir une roule dans laquelle nous sommes assez disposés à entrer, sans réfléchir aux précipices, dans lesquels elle mène, et où vont se jeter tant d'infortunés.
6. Que l'exemple renferme en lui-même une force étonnante pour entraîner après lui la plupart des hommes , il n'est personne assez téméraire pour le nier. Le chemin de la vertu, d'après le sage, est très long et souvent on n'arrive pas an terme, quand on ne l'apprend que par la voie des préceptes ; mais il est court et efficace quand on en voitqui y marchent et qui nous précèdent: Lonaum iler per prœcepta; brève et efficax per exemple C'est là, la raison pour laquelle le divin Rédempteur , quoiqu'il nous eût enseigné que pour éviter la vaine gloire nous devions faire nos bonnes œuvres en secret , voyant cependant combien le bon exemple a de force pour conduire à la vertu, veut de plus que nous en fassions en public pour exciter les autres à nous imiter dans le bien. Ut viiLnnt opéra vcslra bona, et (jlorificent pal rem ve&irum ( Matin. 5 ). C'est ansM ce que nous enseigne à son tour saint Paul lorsqu'il nous exhorte à fore le bien non-seulement devant Dieu, mais encore devant les hommes: Providentes bona non tanlum coram Deo, sed eliam «oram omnibus homimbus (Rom. 12). 11 faut cependant avouer que l'exemple mauvais a une force particulière que n'a pas le bon; et comme il fait une impression plus profonde. , de même aussi le vice s'apprend plus facilement. Pourquoi cela? Parce qu'à raison du péché originel, la vertu ne nous est plus naturelle, mais qu'il faut nous faire violence pour la pratiquer. Il n'en est pas ainsi du vice, auquel nous sommes portés par notre inclination; il suffit que nous nous abandonnions à nos penchants pour nous rendre coupables. El en effet, à quels travaux ne se consacrent pas les ministres de Dieu, que d'instructions de tout genre ne multiplient-ils pas pour entretenir la foi et la religion dans l'esprit des chrétiens, pour tirer de la boue du vice les âmes qui s'y sont plongées, on pour empêcher qu'elles n'y tombent? Mais il n'en est pas ainsi des scandaleux, dont les enseignements ou les exemples pernicieux sont revêtus d'une force surprenante et capable d'anéantir la piété, la vertu , et d'introduire le vice et le péché.
7. A présent revenons à notre sujet. Que font ces impies en inondant la terre de crimes et de vices, et en causant ainsi la rui-
ne des âmes? Ils accomplissent l's désirs du démon , dont ils sont les apôtres et les ministres, et, comme dit Jésus-Christ , le-; enfants: vos ex paire diabolo eslis, et desideria palris veslri vultis implere (Math. 8). Que sont-ils les désirs du démon ? De régner dans ce monde par le moyen du péché, de ravir aux âmes la gloire à laquelle elles sont appelées , et s'il le pouvait, de les précipiter toutes dans l'enfer. C'est là son but, c'est à quoi il tend par toutes les suggestions funestes qu'il inspire aux hommes. En cela , comme le dit saint Grégoire de Nazianze , il imite la divinité , car de même que le verbe éternel sétant incarné et fait homme, parcourant la Palestine, établit le royaume de Dieu par la prédication de sa doctrine et par ses exemples admirables ; de même le démon, poursuit ce saint , voudrait lui-même aussi s'inorner, se rendre visible dans toutle monde, pour pouvoir établir -à son tour son royaume par ses funestes maximes et ses pernicieux exemples. Mais dans l'impossibilité de réaliser ce souhait, parce que Dieu l'en empêche, que fait-il? Pour accomplir ses désirs homicides, il se fait représenter par les scandaleux, dans la personne desquels il se rend visible, dans lesquels, pour ainsi dire, il. s'incarne, et par le moyen desquels ùYonue ces mauvais exemples que lui-même ne peut donner, et séduit ces âmes qu'il lui est impossible de séduire en personne. Oui, les scandaleux sont ces démons incarnés, ces démons visibles, ou pour mieux dire, ses aides etses ministres, qui lui prêtent leur corps , leurs membres pour qu'il puisse arriver à 13 réalisation de ses mauvais désirs qui sont de détruire la grâce de Dieu dans les cœurs. Vous, jeune homme corrompu, vous, femme vaniteuse, vous prêtez au démon vos yeux, quand par vos regards impudiques, vous portez le venin de l'impureté dans ces âmes innocentes: vous, libertin, vous prêtez au démon votre langue , quand par vos discours infâmes «t empoisonnés vous corrompez le cœur et les mœurs de cette jeune fille simple et innocente. Vous la lui prêtez, votre langue sacrilège, vous qui par vos jurements et vos blasphèmes horribles, profanant le nom saint et redoutable de Dieu, provoquez les autres à employer ces termes diaboliques. Vous prêtez au démon, vos mains,homme impie et inique, quand par vos mauvais exemples vous portez tant de malheureux à faire ce qu'ils ne savaient pas et qu'ils n'auraient jamais fait. Et vous enfin, ô séducteur, vous prêtez vos pieds au démon , quand vous êtes cause, par vos funestes conseils , que tant d'imprudents qui vous écoutent , fréquentent les lieux de débauche, les jeux. 1rs théâtres ; qu'ils vont de maison eu maison conleuler leur infâme passion , ou
chercher à la satisfaire, qu'ils assistent aux bals lascifs, et qu'ilssi» rendent, en un mot, dans les lieux d'où la vertu et Thon uiKeta sont bannies et où le vice le plus honteux est honoré.
8. Et ne savons-nous pas par une expérience déplorable quels .sont les coups mortels que porte le scandale à l'innocence, et le* ravages affreux qu'il produit ?Tous les jours ne voyons-nous pas combien est grand le nombre desûmes auxquelles les scandaleux, ces ministres du dëmon , apprennent le mal qu'elles ignoraient? Et pourquoi croyez-vous quêtant d'hommes conservent la pureté et la grâce jusqu'à la raort?C'ést parce qu'ils n'ont aucune connaissance du vice et du péché. Car telle est la conduite delà Providence avec certaines âmes piïvil 'giées , qu'elle fait en sorte qu'elles ignorent le mal qu'elles commettraient peut-être si elles le connaissaient. Ce fut celle que ceitc admirable Providence tînt envers Marie-Magdeleine de Pazzi, dont l'Eglise, dans ses offices, dit qu'elle fut si pitre et si chaste, qu'elle ne connaissait en aucune manière ce qui pouvait offenser celle angélique et rare vertu : Adeo casta fuit, ut quidquid purilatem lœdere posset, penilus îgnoraverit. 0 sainle et belle ignorance ! et cependant il n'est que trop vrai qu'on apprend la malice, dès l'instant qu'on en a de* exemples sous les yeux; et cette science funeste ne s'acquiert pas seulement en écoulant, mais en voyant. 0 Dieu ! peut on penser sans verser un torrent de larmes que tant d'âmes se sont conservées dans une grande simplicité et dans une totale ignorance dupéchéjusquaceque le scandaleux, ce ministre du démon, le leur ait enseigné ! Combien de jeunes gens ont vécu dans l'innocence, sans savoir le moins du monde comment on pouvait la souiller, jusqu'à ce qu'un compagnon pervers lui ait appris par des discours et des exemples ce que la pudeur nous défend de rapporter! Que de filles se sont maintenues chastes et modestes comme des anges , jusqu'à ce que ce libertin les ait séduites par ses, entretiens licencieux et par ses artifices ! Combien de personnes, enfin de tout sexe, de toute condition et de tout état, dontla vertu et l'honnêteté seraient encore sans tache, si elles n'avaient pas fréquenté la compagnie de ce scandaleux qui par ses infâmes discours et ses manières trop enjouées et trop libres, leur a fait apprendre l'art diabolique dépêcher qu'elles ignoraient.
9. Voilà donc ce que font les .scandaleux , quand par leurs paroles et leurs mauvais exemples ils enseignent le mal et induisent les autres à pécher : ils deviennent les agents fes pins dévonésan démon, les exécuteurs les plus empressés de ses criminels projets, qui sont la ruine des âmes; ils mettent à sa disposition les
membres de leurs corps comme des armes pour lescembatlre plus facilement elles vaincre; ils entrent dans ses desseins, ils secondent ses vues, ils joignent leurs forces aux siennes, et leurs excitationsau mal, ainsi que leurs promesses fallacieuses à ses perfides suggestions, pour causer des plaies mortelles à leur innocence, oui , je le repète, les plaies les plus mortelles. Il n'est que trop vrai que les suggestions et les artifices du démon échoueraient hien souvent, ou du moins n'auraient que peu d'effet, s'ils n'étaient soutenus par les conseils et les mauvais exemples de quelques scandaleux En effet , combien de fois le démon n'a t-il pas essayé de souiller la pureté de certains jeunes gens en faisan? naître dans leur esprit les pins honteuses imaginations; et cependant ses efforts ont été inutiles. Combien de fois il a réveillé dans le cœur de jeunes personnes du sexe les pensées H pins sales pour faire perdre l'innocence ! et cependant il a été forcé de s'avouer vaincu. Combien de fois il a inspiré à de sages et fidèles épouses de s'accorder des libertés qui ne conviennent point à leur état ! mais elles les ont repoussées généreusement. Celui-ci était tenté de voler, mais il ne l'a pas fait ; celui-là ,de se venger , mais i! n'a pas écouté ses désirs de vengeance: il en est ainsi de tant d'autres tentations par lesquelles cet ennemi infernal cherche à nous faire tomber dans le péché. Mais ce que n'obtient pas le démon , un scandaleux l'obtient facilement. Maissi ces jeunes gens, si ces jeunes filles , ces épouses, et tant d'autres, qui ont généreusement résisté aux sollicitations diaboliques, ont ensuite succombé misérablement , ils n'ont été pervertis et corrompus que par les mauvais exemples , les insinuations pci Odes, et les conseils funestes d'un scandaleux.
10. Vous donc, ô scandaleux, si habites dans l'art de faire tomber les âmes dans le péché, vous êtes pires que le démon même. Vous lui servez de ministres pour assassiner ces âmes qu'il ne peut assassiner par ses suggestions. Ah ! s'il était possible de faire disparaître tousles scandaleux et les scandales, les trois quarts des péchés qui se commettent dans le monde ne s'y commettraient plus'? Et, s'il en était parmi vous, mes frères, qui eussent le malheur d'èlre une pierre d'achoppement pour vos semblables, comment ne seriez-vous pas encore convaincus de l'énorme péché dont vous vous souillez, quand vous les induisez à pécher par vos mauvais exemples , et autres moyens que vous employez dans ce but? Comment ne seriez-vous pas épouvantés, effrayés, émus, en réfléchissant que par vos scandales vous êtes cause de la ruine spirituelle u"uu si grand nombre d'âmes ? qu'en
posant aînsjj, vous exercez l'office elle ministère du démon? One voiis êtes les exécuteurs de ses coupables desseins, qui sont de foire régner dans le monde le péché, et que pour cela, vos mauvais exemples, et vos paroles sont beaucoup pliis efficaces que toutes les tentations du démon, puisque vous faites prévariquer tant de chréiiens, ce que lui-môme ne peut faire, malgré toutes ses suggestions.
11. Celle seule pensée devrait certainement suffire pourrons persuader de l'énormilé etde la grîèveté du scandale et vous en faire concevoir une souveraine horreur. Ce qui cependant serait capable de l'accroître fincore davantage et de vous montrer les^andedeux le! qu'il e<t. c'est qu'il ne lui suffit point d'établir le régna dn démon en introduisant le péché dans le monde, mais comme je l'ai déjà dit, il s'efforce d'anéantir le règne de Dieu en perdant ces âmes que notre divin Maître voudrait sauver. Vous savez qu'il a une volonté sincère.au'ant qu'il est en lui, de délivrer de la perla éternelle tous les homnps.et que c'est pour celle fin, comme le dit Jésus-Cbi'i>l dans saint Jean (c. 3), que son amour peureux l'a déterminé à envoyer ici-bas son (ils unique, afin que quiconque croirait en lui, ne périt pas, mais qu'il eût la \ie éternelle. Le Sauveur est donedescendu du Ciel pour nous,et pour nous procurer le salut éternel: Pr opter noshomine.% et propter noslram saliilem descendit de cœlis, comme on le voit dans le symbole de I\icée. II s'incarna dans le sein très pur de Marie, il se fit homme, il souffrit sur la croix des douleurs inexprimables, et il y expira en versant jusqu'à la dernière goutte de son sang. Or le démon, l'ennemi capital de Dieu et qui s'oppose à toutes ses œuvres et à tous ses dcsseins.en cherchant autant qu'il peut à y mettre obstacle et à les renverser, s'attache surtout à empêcher le salut des âmes, et à rendre inutile poureîles la passion et la mort de Jésus-Christ. Séduire les hommes, les entraîner dans les abîmes éternels, voilà l'office dudémon. voilà ce qui lin appartient en propre. C'est ce que nous dît saint Jean dans l'Apocalypse (<*. l'2) : Serpens anliqmis, qui vocalur diaboUis, el salunas qui seducit universum orbe m. Mais comme pour introduire et multiplier le péché dans le inonde , et établir sou règne, le démon se sert riNs scandaleux. comme d'auiant d'aides ^tde ministres ;. ainsi i! s'en serl pour détruire 1ère* i-nedeDieu en empêchant le salut des âmes: Ils sont donc aussiea cela les agents du démon.
12. Mais que dis-jc : les agents du démon ? Les scandaleux sont en personne des démons. C'est ainsi que Jésus-Christ appela saint Pierre dans une certaine occasion où instruisant ses disciples, 3
leur dit qu'il devait aller à Jérusalem ponry souffrir les tourments les plus cruels, lès outrages les plus sanglants, et enfin subir la mort lapins ignominieuse. Alors ce chef des Apôtres l'ayant mené à part, commença à le dissuader de ce voyage, désapprouvant cotte résolution comme indigne de lui. Retire-loi, saian, lui dit le Sauveur (M al th. 16) , parce que tu m'es un scandale: vade post me , satana, scandalum es mihi, Mais pourquoi Jésus-Christ l'appellet-il de ce nom si étrange et si odieux par lui même ? parce que , dilil, il lui devenait un scandale.Saint Pierre voulait-il donc s'engagera faire une ciiose mauvaise ? A'on, répondent les saints pères et les interprètes; mais seulement mu d'une compassion naturelle, rempli d'affection pour lui , il voulait par ses paroles le détourner de s'exposera la mort, comme d'une chose qu'il jugeait inconvenante pour sa personne divine. Et comme de la mort de Jésus- Christ dépendait le salut des hommes qui est ce que le démon s'efforce d'empêcher de tout son pouvoir, saint Pierre, voulant le dissuader de mourir, s'opposait en quelque manière au salut de ces hommes pour lesquels le Fiisde Dieu était venu sur la terre; c'est pour cela qu'il l'appela démon et qu'il le traita de scandaleux: In quantum, dit Liianus (ibiti.), per istam increpalioncm volebal salutem hnmani generis quodammodo impedire, et per conscquens Chrïsto adversabalur , qui erat hujus salulis nuntius.
1 3. Si donc Jésus-Christ appelle saint Pierre du nom de de'mon, s'il lui dit qu'il est un scandaleux , quoique, suivant la doctrine de saint Thomas, il ne le lut pas réellement, avec combien plus de raison doit-on appeler , soit du nom de démon , soit de celui de scandaleux ceux qui, non plus par défaut de réflexion et par ignorance, mais en induisant les simples et les innocents à pécher, leur ferment la route qui conduit au salut étemel , et les empêchent de participer à cette gloire que le Père divin eut en vue eu envoyant sur la terre son divin Fils, et que cet adorable Rédempteur leur a obtenue au prix de ses souffrances, de sa vie et de son sang ?
14. Dieu a fait descendre ici-bas son Fils éternel, afin que quiconque croira en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle; et les scand.Ieux ont pour but de faire périr les âmes et de les précipiter en enfer. Ce divin Rédempteur est venu dans le monde pour cherchera sauver ceux qui étaient perdus : et les scandaleux qui ne son (autres que des démons incarnés, dans un dessein entièrement opposé au sien, font lotis les efforts possibles pour perdre et damner ceux que Jésus Christ a sauvés. C'est donc en vain, et cela par l'effet de votre méchanceté, que Dieu le Psre a
envoyé son Fils sur la terre, afin de conduire dans la gloire lant d'âmes qu'il a rachetées. C'est donc en vain que ce divin Fils est né pour ces âmes dans une crèche sur un peu de paille, dans une si grande pauvreté et dans un si cruel abandon ; c'est donc en vain qu'il a mené pendant trente ans une vie si laborieuse et si pénible. C'est donc en vain qu'il a souffert les plus cruels tourments qu'ait inventés la barbarie des tyrans. C'est donc en vain qu'il est moi t pour les âmes , et qu'ila répandu pour elles jusqu'à la dernière goutte de son sang. La foi nous enseigne que Jésus- Christ est mort pour tous les hommes , et que pour les racheter il averse toutson sang. Autant qu'il est en lui, il voudrait qu'au* enn ne péril; mais il voudrait que tous se sauvassent. Mais vous, scandaleux, vous vous opposez à ses desseins où éclate l'amour le plus immense. Et quand vous enseignez aux âmes le mal, et que vous les faites entrer dans la voie de la damnation par vos paroles et vos mauvais exemples, vous faites alliance avec le démon , vous conjurez ensemble contre Jésus-Christ , vous contrariez ses intentions, vous êtes cause que sa mort devient inutile pour le grand nombre des hommes, et que son sang a été inutilement versé pour eux. Vous n'êtes pas effrayés, épouvantés, abattus en vous voyant exercer un office et un ministère si impie et si diabolique, et en même temps si barbare et si cruel, tel qu'est celui de séduire, de perdre et de damner les âmes de vos frères qui sont le prix dusangde Jésus-Christ, et pour lesquelles il est mort? propier quas Chrislw mordais est (1 .Cor. 8). Mais quel mal vous ont fait ces malheureux, pour que vous vouliez être si cruels à leur égard , jusqu'à les rendre les objets de la vengeance éternelle <le Dieu? Quand il permit an démon d'exercer sa rage sur Job (c. 2), Fais, luidil-il, ce que tu voudras de ses biens et de sa personne, mais ne lui enlève pas la vie: Verumlamen animant ttUus serva. 11 est vrai qu'il ne lui défend ici que de lui ravir une vie naturelle; mais ne sera-ce pas encore avec plus de raison qu'il lui interdira de faire tort à son âme. Ainsi , ô scandaleux, je vous adresserai donc ces paroles : Si vous avez conçu quctqne haine injuste contre des simples et des innocents, déchargez toute votre colère et votre fureur sur leurs biens et sur leur personne, mais ne la déchargez pas sur leur âme: pennn /amen, etc.; dépouillez-les de leurs richesses, enlevez-leur l'honneur et l'estime dont ils jouissent, déchirez leur réputation par les plus noires calomnies, troublez leur repos, suscitez-leur des ennemis, soulevez «ontre eux des procès injustes , persécutez-les autant que vous îe pourrez; vous serez , il est vrai , des barbares et des injustes»
A ! S XXXIV. I.NS i HUCTIOX
liais jamais autant que vous l'êtes, quand vous leur apprenez le mal, que vous les portez au péché, que vous leur ravissez l'innocence et la grâce , et que vous perdez leur âme : respectez-la cette .me, épargnez-la, faites main basse sur tout, mais conservezla : vcrumtamen, etc.
15. Vous direz que je m'étends trop sur celte matière , et que Je m'élève conlre vous comme si je vous reconnaissais coupables .i'un semblable excès. ïNon , chrétiens mes frères , ce n'est pas là l'opinion que j'ai devons , l'empressement avec lequel vous venez m'entendre me défend de l'avoir , parce que je. sais certainement «:ne le démon éloigne les scandaleux des prédications et autres instructions ; et si je voulais leur faire entendre ma voix, il faudrait que je me transportasse sur les places , dans les lieux de déi auche, dans les boutiques, dans les sociétés profanes . dans certaines assemblées , dans les bals et dans les théâtres. Cependant ne croyez pas que je tombe dans l'exagérai ion en m'élevant contre un vice si grave et si énorme, conlre lequel on ne parlera jamais assez, ni avec trop de zèle. Permettez-moi donc de continuera vous en entretenir, et supposant qu'il se trouve ici des scandaleux que vous ne connaissez ni vous ni moi, laisssez-moi m'adres-er à «:ux , et leur dire ; Si l'amour , le zèle et la charité que vous devez avoir pour voire prochain ne sont point capables de vous faire interrompre le cours de vos scandales, qu'au moins l'amour que vous devez avoir pour Jésus-Christ vous y détermine. Si l'injure que vous faites à votre prochain ne vous touche pas, que celle que vous faites à Jésus-Christ vous louche au moins. Si tous ces simples et ces innocents pour qui vous êtes une occasion de chute et de damnation , vous semblent des personnes méprisables et de néant, que .Jésus-Christ qui les regarde comme précieuses, puisqu'il a versé son sang pour elles , vous les fasse estimer : propter quas Cliristus mordais est. Avant donc de dire ces paroles , ou de faire ces actions , desquelles vous pouvez prévoir ou vous prévoyez que ces âmes faibles et malades pour ainsi dire, apprendront le mal, et qu'en ie faisant elles courent risque de s'attirer la damnation éternelle, comme cela est déjà arrivé à tant ..'autres , fixez vos regard, sur ce divin Rédempteur attaché à la croix, tout couvert de plaies et de sang, et entendez les plaintes qu'il profère contre vous.
16. Ah! barbares et cruels! à quel excès d'impiété éles-vous arrivés que défaire périr éternel 1 nient lésâmes de vos (Vères, pour le saint desquelles je me suis laissé attacher à ce bus ignominieux? J'ai sacrifié ma vie uour elles, et vous, par vos seau-
SUR LE CKNQUIÈ.'.JE CO.UilAMDEMENT DE DIEU. 419
daJes , vous leur avez donné la mort ! Pour cacheter ces âmes qui étaient les esclaves du démon et du péché, mon amour m'a porté à répandre lout mon sang précieux , et quoiqu'une seule goutte», eût .suffit poiir atteindre ee but, ,j ai voulu néanmoins le verser tout entier; et votre cruauté est telle qu'il n'est rien que vous n'employiez pour empêcher ces âmes d'en recueillir le mérite et le fruit? Les peines et les tourments que j'ai éprouvés, quelque affreux qu'ils aient été, les affronts et les outrages dont j'ai été chargé, quelque ignominieux' et indignes qu'ils aient pu être, ne m'ont pas même paru suffisants pour les préserver des malheurs qui leur étaient destinés, j'en ai désiré encore d'autres; et vous, inhumains, vous n'avez jamais cru eu avoir assez fait pour les faire tomber dans le péché et les damner ? J'ai donc plus à me plaindre de vous que des Juifs qui demandèrent ma mort; j'ai plus à me plaindre de vous que des bourreaux: qui m'attachèrent à la croix", parce que votre cruauté excède de beaucoup la leur. Ceuxlà en m'arrachaut la \ie, en épuisant mes veines desang, coopérèrent en quelque manière, quoique ne le voulant pas, dans le temps qu'Us s'acharnaient contre moi , au salut et à la rédemption des hommes ; mais vous, par votre scandale, vous en avez empêché le salut, et avez rendu vaine et inutile la rédemption même. Vous m'avez donc ravi des milliers d'àmes qui m'ont coûté tant de peines, tant d'ignominies, la perte de ma vie et de mon sang ; rendez-moi compte de toutes ces âmes damnées par votre faute.
17. 0 Dieu! chrétiens mes frères, si nous ne nous réveillons pas à ces reproches sanglants, comme on se réveille au bruit du tonnerre, il faut dire que nous sommes dans une léthargie mortelle; si ces justes plaintes qu'adresse Jésus-Christ à celui qui perd les âmes ne nous font pas rentrer en nous-mêmes, il faut avouer que nous n'avons plus de sentiment ; et si d'après ce que nous avons dit jusqu'à présent du scandale, étant restés bien loin de ce que nous pouvions encore en dire, nous ne cherchons pas à en comprendre la gravité et l'énormité , et qu'en étant souillés, nous ne pensions pas à nous en corriger, nous serons obligés de confesser que lout désir de salut s'est évanoui en nous. Vous avez appris qu'un scandaleux est un agent, un suppléant, un instrument et un minisire dont cet esprit infernal se sert pour assassiner les âmes qu'il ne peut assassiner par ses suggestions empoisonnées. Vous avez appris qu'un scandaleux tente de détruire le règne de Dieu , c'est-à-dire de perdre et de damner ces au: s pour le salut desquelles le Père divin envoya son Fils ici-
h'20 XXXV. INSTRUCTION
bas, et pour lesquelles, après s'être fait homme comme nous, ce Fils divin souffrit des tourments si cruels , et versa son sans jusqu'à la dernière goutte. Il s'oppose donc aux charitables intentions du Père , à l'amour du Fils; il s'efforce d'anéantir le mérite de sa passion, de sa mort et de son sang,lerenilant iirffac- Uieux et inutile pour toutes ces âmes qui lui sont chères. Mais vous avez appris en outre que Jésus-Christ eu se plaignant de de ces injures et de ces torts qui lui sont fails par les scandaleux , proteste cl exige qu'ils lui rendent compte des âmes qu'ils ont entraînées dans la perversion et la damnation. Et c'est là une des plus terribles menaces que Dieu fasse dans les saintes Ecritures, que celle d'être obligé de lui rendre compte des âmes qu'on a perdues: Sanguinem autan ejus de manu tua rcqniratn(Ezcch.3). Et remarquez bien qu'ici, par l'organe du prophète Ezéchiel, il parle de celui qui laisse périr un impie pour ne l'avoir pas averti et corrigé; or, qu'entera- t-il de celui qui l'a induit au péché? L'infortuné que le scandaleux a porté au péché périra par suite du scandale, dit Dieu : In iniquilate suâmoriciur ; mais,ajoute-t-iI, je te demanderai compte un jour de celte âme que tu as perdue : sannuinem ejus de manu tua requiram ; et comme le veut une autre version, ammam ejus de manu luà requiram. Prenez donc la ferme résolution de ne plus rien dire ou de ne plus rien faire qui puisse porter le prochain à offenser Dieu , qui puisse occasionner la perte des âmes pour le salut desquelles Jésus- Christ a donné sa vie et répandu son sang. Ayez compassion des aines de tant d'innocents, n'oubliez pas ce sang que Jésus-Christ a versé! Si ces réflexions ne suffisent pas encore pour vous détourner du scandale, ayez pitié de vous-mêmes, afin que vous n'encouriez pas la damnation éternelle! Délestez donc les mauvais exemples que vous avez donnésjusqu'à présent, et demandez dès aujourd'hui à Dieu avec un cœur contrit et humilié , miséricorde et pardon , afin que tous ensemble nous puissions entrer dans cette gloire que Jésus-Christ nous a méritée et gagnée par sa passion et sa mort.