m. i>?;r,rc.T!ON
nient le nom de Dieu ï *"o;:? acre/ sans donle vu , dit un saint prédicateur (Segneri), que pour eioigmu- et effrayer les oiseaux, on a soin de placer dans les champs des lambeaux de drap m des figures difformes. Maisqiie diriei-vous si quelqu'un y attachait à quelque pieu des ornemenis sacerdotaux ? Oh ! quel scandale! n'y a-t-ilpas, vous écrieriez-vous, d'autre moyen d'écarter tes. oiseaux que celui de se servir des vêtements sacrés? Et vous, pour intimider ceux qui sont sous votre dépendance, vous n'avez d'autres paroles à la bouche que le saint nom de Dieu , son corps sacré, son sang précieux, sa sainte présence? Les démons a» seul nom de Jésus-Christ tremblent et prennent la fuite , et vous , vous le blasphémez pour imprimer la terreur à vos eniants, à vos domestiques. Mais vous êtes habitués, dites-vous, à blasphémer! Pour en perdre l'habitude savez-vous ce qu'il faut faire? déchirez avec les dents votre langue, et trainez-là dcins la poussière, employez les moyens les plus efficaces que vous pourrez afin d'extirper cette coutume impie, autrement il n'y a point de saint à espérer pour vous, parce que, je vous le répète, l'habitude ne diminue pas le péché, mais elle l'aggrave. Quelle excuse que celle d'un voleur, d'un assassin , qui dirait au juge : ne me condamnez pas à la mort, parce que je suis accoutumé à dérober on à assassiner ! C'est justement pour cette raison, répondrait le juge , que vous mériteriez de subir, non pas une, mais plusieurs Morts, pour vous être rendu coupable de tant de crimes. El vous, chréiiens , vous croiriez ne devoir pas être condamnés à l'enfer, parce que vous blasphémez par habitude"?
17. Mais, disent quelques-uns, c'est la colère qui nous transporte, c'est notre bile qui s'enflamme et met dans notre bouche ces blasphèmes. C'est là la folie la plus grand.' qu'on puisse jamais imaginer, que de prétendre que la colère soit un motif suffisant pour les excuser. Si un homme de basse condition (c'est là une supposition de l'auteur déjà cité ) , s'avisait de cracher à la figure d'un prince, et qu'il s'excusât sur un besoin de cracher plus ou moins fortement éprouvé, trouveriez- vous que son excuse fût admissible? et pensez-vous quelle le garantirait du dernier supplice? Et vous, misérables vers de terre, parce que vous perdez au jeu, parce qu'un de vos enfants vous répond audacieusement, parce que votre serviteur ou tout autre néglige d'exécuter vos ordres, parce que vos bœufs, vos chevaux ne marchent pas suivant vos désirs, parce que celui-là vous a fait un tort, une offense, pour décharger votre colère vous vous échapperez en blasphèmes, cl vous croirez justifier ce langage infernal par une
SUR LE SEC0XD COJHMâHDEMEKI DE DIEU. 203
excuse frivole qui consiste à dire que vous blasphémez parce que vous vous êtes laissés aller à l'emportement! Mais ce n'est pas ainsi que vous parlerez quand vous comparaîtrez an dernier jugement, et d'abord au jugement particulier, devant le juge suprême et redoutable, et que parmi les autres péchés dont votre vie fourmillera, vous vous entendrez reprocher ces horribles blasphèmes. Comment, hommes impies et audacieux, vous dira t-il, n'aviez-vous pas d'autre moyen de vous abandonnera vos transports de colère et de rage qu'en prononçant avec votre bouche infâme mon très saint nom , en profanant par vos paroles outra, géantes mon corps divin et mon sang préeieuv. ce corps qui fut attaché à la croix pour vous, ce sang qui fut répandu jusqu'à la dernière goutte pour votre salut? et c'est ce corps et ce sang précieux que vous avez choisis pour m'outrager et décharger votre colère, comme s'ils étaient ce qu'il va de plus vil et de plus méprisable dans le monde? allez, maudits, au feu éternel, allez partager avec les démons leurs supplices sans fin, puisque vous avez voulu imiter leur langage.
18. Ah! très aimable Rédempteur, que jamais nous n'entendions prononcer contre nous cette sentence formidable, puisque nous avons en horreur le blasphème ! Préservez-nous de tous ks péchés , mais spécialement de ce péché infernal qui l'emporte sur tous les antres, afin que nous n'ouvrions jamais la bouche que pour vous bénir et vous louer ! Que si quelque langue sacrilège voulait encore blasphémer votre nom, qu'elle soit déchirée en mille pièces, livrée en pâture aux animaux immondes, qu'elle soit réduite en cendres. Ah ! pourquoi vous blasphémer, aimable Père, divin Piédempteur, vous qui an prix de votrevie et de votre sang, nous avez procuré notre salut et rendu la vie? Qu'à jamais nous exaltions et publiions votre infinie bonté, votre infinie charité, et que votre saint nom soit loué et béni de tous les hommes. Pour réparer les mépris et les outrages dont vous avez été l'objet de la part des blasphémateurs, pénétrés d'amour pour vous, nous vous disons, dans cette vie, avec les anges et les bienheureux, saint, saint, saint, avec l'espérence de le répeter pendant toute l'éternité dans l'autre.