VINGT-DEUXIÈME INSTRUCTION
Sur le quatrième commandement.
Tes père et mère honoreras, afin que lu vives longuement.
■h Le Seigneur qui veut que nous l'aimions de tout notre cceuf et par-dessus toute chose, exige pareillement que nous aimions
notre prochain comme nous-mêmes; et comme c'est sa volonté' que nous l'ayons toujours présenta notre esprit , ainsi (femawdfiêl-il que nous accomplissions les uns envers tes autres dés devoirs de charité. Pour nous acquitter de celte obligation, chrétiens, il faudrait que. nous eussions autant de zèle et d'affection pour noire divin Créateur, qu'il en a pour nous créatures misérables et indignas de ses regards. 11 ne nous a prescrit que ce qni pouvait nous être utile et avantageux : notre vie, notre honneur, nos biens, tout en un mot sera en sûreté, si la sainte loi de Dieir est observée. Les supérieurs seront respectés par leurs inférieurs, et cen\r-ci n'auront point à redouter l'abus de l'autorité de ceux-làf chacun restera dans son rang, ei les droits datons seront hors d'atteinte. Vous voyez combien cette loi divine est aimable, et cont bien il est juste que nous l'observions. En réglant les devoirs véci|irDqnf^dfis hommes lés uns envers les antres, cette loi-cornmerrce d'abord par indiquer ceux auxquels sont astreints les en1fants à l'égard île leur pêne et île leur mère, et qui se réduisent à quatre: le respect, ro;>éissa:;ce, l'amour !'t l'assistance, devoirs uni sont tous renfermés dans ce coniHfamïèmeflB : Honora pa>trem tûum et'matrvm tnam. C'est par l'explication de ces devoirs que nous commencerons les instructions sur les commandements de Or u qui s'appellent commandements de la seconde table.
2. Avant d'entrer dans l'explication du commandement par lequel il nous est ordonné d'honorer notre père et notre mère. Je dois vous avertir qu'il renferme plusieurs 'autres devoirs. Car si les enfants sont obligés d'honorer leurs parents, ceux-ci sont dé leur côté obligés de les élever chrétiennement: nous nous proposons de parfera d l>ng d'S devoirs des pères et des mères envers leurs enfants. Sous le nom de père et de mère on doit entendre* r.mi-seuiement ceux qui nous ont engendrés, mais encore ceux qui oiit sur nous quelque autorité et le droit de nous commander, comme sont, quant au spirituel, les supérieurs ecclésiastiques. et quart au temporel les princes de Sa terre. Et ce qu'on dit dis premiers peut s'appliquer aux seconds. Sous le nom de père et sous celui de mère on entend encore les maîtres et les maîtresses; et comme il y a des devoirs essentiels à rempli* par rapport aux uns et aux autres, devoirs auxquels on manque ordinairement, il deviendra donc nécessaire que je vous en dise quelque chose. Celle rfl iriér .-, comme vous le voyez , étant extrêmement vaste, je-seia, u;.iigédeIa<iivis'Ten plusieurs instructions. Dans la première nous verrons de quelle manière les enfants sont obligés d'honorer leur père et leur mère, puis nous exposerons les divers
motifs qui doivent l^s déterminer à les honorer. Ces motifs sont les inspirations et les lumières de la nature, et ensuite le commandem nt de Dieu qui promet de ma^nili pie% récompenses aux enfouis qui accomplit uni envers leui s parents les devoirs auxquels Ms sont tenus.
3. Honorer un père cl une mèreesl un devoir te'Iement conforme aux sentiments de la n dure et aux Lumières de la raison, que 'es s>g-'S du paganisme ne p mvaienl comprendre qu'il pût se trouver "les enfants assez brutaux et assez pervers pour ne pas le remplir. Les animaux mêmes nousappmineut quelles sont nos cbiigaii. nseiners nos parents; • t les saints Pères, pour couvrir de confus on les e: fmts qui coiilrevi.'iineiil à leurs devoirs sur ce point , apportent eu cxeinpl.* les oiseaux et les betes les plus féroces qui soigu«nt et nourrissent r.eux qui luront donné le jour quand ils sont arrivés à \m'. extrême vieillesses. Frappés de cette conduite des animaux, ils étaient si convaincus que les en. fanis devaient honorer leur père cl leur mère, qu ils dé- lardent qu" ce n'était point par 1 • raisonnement qu'il fal ail 1 s écl irer sur leurs obligations envers eux, mais qu'où devait punir et chalier ceux (pii avaient la témérité de révoquer en dou'e la nécessité où ils étaient de s'en acquis ter. Or, comme \ n'est rien de plus gloii'iix pour des enfanis, que de respecter et d'bonorer ceux de qni i's tienncnl la vie, «le même aussi il n'est rien de plus ignominieux pour eux rt rien de plus odieuxqu**d enfreindre celte loi qui leur esl imposée paria nature. L-s bienf its qu'ils oui reçus de leurs parents sont lellemeut grands ei nombreux, que, quelques efforts qu'ils fassent pour en témoigner leur gr4ilude, i's ne le pourront jamais a<scz ; et supposé qu'ils leur aient prodigué mille marques effectues de leur reconnaissance, ils seront toujours obligés d'a^oner qu'elle n'égale pas leurs biei fols.
4. C'est pour cette raison que le phi'osnphe Sénèqne ('ib. 3. c. 1) parlant d s bienf .ils qu'ont reçu les enfants deleurpère et de I- ur mè:c, tle l'honneur qu'ils doivenl leur rendre, et du respe l qui s doivenl avoir pour eux , liée a»e qu'il n'y a pas de termes assez énergi pies pour exprimer combien c'est nue chose digne de louanges et glorieuse pour un enfant, île pouvoir avouer
sans inir : Qu'il n'a jamais manqué à ses devoirs envers ses
pare -ts, qu'il a toujours é'é soumis à leurs volonté-, et qu'il n'aura jamais à se reprocher d'avoir méprisé leurs c<mimaudeinen'set de les avoir violés, et qu* s'il est un point sur lequ 1 il n'ait point cédé, c'est en ne se laissant pas \aiucre en bienfaits: Ad hoc
SUR LEQUATMÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 26f
ttrniw, conlumax fui, ne benefieiis vincercr. Ali! poursuivail-il, combattez, ô enfants, sur ce beau champ de bataille, ot quoique vous y soyez défaits et vaincus, puisque vous ne pourrez jamaispat venir à égaler par vos bienfaits ceux que vous avez reçus de vos parents, ne vous lassez pas de recommencer cette lutte honorable. Quoi de plus beau et de plus admirable que de voir des enfants pouvant avec raison se dire à eux-mêmes qu'ils ont triomphé par leur générosité de leurs parents ? Quel bonheur règne dans une famille où les enfants se disputent pour ainsi dire à qui sera plus prévenant, puis officieux et plus respectueux envers les auteurs de leurs jours! et où trouvera t-on un père accablé de vieillesse plus heureux que celui qui pourra publier partout qu'il a élé surpassé et vaincu par la reconnaissance et les bienfaits de s<>n fils? Vo là ce qu'a pensé et ce qu'a dit un païen d'après les seul s lumières de la raison.
5. En vérité, il suffît d'écouter la voix de la nature pour être convaincu du devoii imposé aux enfants d'honorer leurs parents. L'hébreu Philou, que saint Jérôme appelle leplus savant de sa nation, dans le traité qu'il lit sur le Déealogue, nomme les pères el les mères nos secondes divinités Celle manière de parler, bien que le semble d'abord n'être pas assez mesurée, l'est cependant, à bien la considérer; car un père dans sa famille représente Dieu, et ce Dieu qui veut que nous lui obéissions et que nous l'honorions, ordonne qu'on obéisse aux pères et aux mues et qu'on le* honore. En eflet quel rapport n'y a-t il pas entre lui et eux? Ne leur a-t-il pas accordé plusieurs de ses attributs? Dieu , dit saint Paul (Eph. 3.), est celui de qui dérouie toute paternité dans le ciel et sur la terre : Ex quo omnis paierai tas in cœlis et in terra nominalur.U a donc fait part aux pèiesel aux mères de sa paternité et fécondité divine, A\n qu'ils puissent mettre au monde des enfants: de sa puissance, afin qu'ils puissent ex reer sur eux l'autorité : de sa bonté et de son amour, afin qu'ils leur fissent tout ie bien qu'il est possible de leur faire. llc>tdonc permis de dire avec raison qu'un père dans sa famille est comme une espèce de divinité. Si la nature nous enseigne que nous devons offrira Dieu nos adorations et nos hommages, cette même n iture nous fait un devoir d'honorer notre père et noire mère. IV
? pins saint Augustin ajoute (lib. 2. de Civ. c. 4.) que celte obligation de les honorer est tellement gravée d<ns notre cœur, que toute la méchanceté de l'homme n'e>l pas capable de l'effacer : Quoi! nec ifisa nequilia jwssil au ferre.
6. Cependant cetle voix de la nature qui nous invite à honorer
*2(j2 xxii. ixsrnicno.x
notre père et noire mère, deviendra plus sensible et plus puissante lorsque vous voudrez réfléchir, ô enfants, sur ce que vos parents ont fait pour vous, sur ce qu'ils ont souffert avant que \ous eussiez l'usage de la raison. Je désirerais avoir l'éloquence d'un saint Ambroise pour vous raconter et vous faire connaître parfaitement les travaux qu'ils se sont imposés, les sueurs, les fatigues, les peines, les inquiétudes qu'ils ont éprouvées à votre occasion. Si nous parlons d'abord de votre mère, que d'incommodités, que de dégoût, que de langueurs n'a-t-elle pas éprouvés en vous portant dansson sein, que de douleurs n'a-t-elle pas senties, que de dangers n'a-t-elle pas courus de perdre la vieenvous mettant au monde?U .us peut-éire qu'après vous avoir donné ie jour, tout estfinipourelleetqii'elîen'aiira plusque des jouissanccsà goûter: ah! i! n'en sera pas ainsi, une nouvelle carrière de peines, de sollicitude s'ouvrira devant cette pauvre mère. Et qui pourrait expliquer suffisamment l\s attendons, la vigilance auxquelles elle se condamne pour vous nourrir et vous élever ? Que de nuits mauvaises! que de jours pénibles! que de veilles! combien de fois elle a interrompu son sommeil ! que de fois elle a discontinué ses repas ou pour vous allaiter, ou pour vous consoler ! Que d'alarmes auxquelles elle a été sujette au moindre indice d'une maladie qui vous menaçait? Et si vous avez été gravement malade, que de pleurs n'a-l elle pas versés, que d'aumônes n'a-t-elle pas fait s, que de prières n'a-t-e!le pas adressées à Dieu, que de vœux encore pour Obtenir votre guérison? Voilà seulement un léger aperçu , o enfants! de ce que votre mère a fait, souffert, et éprouvé pour vous.
7. Mais que dirai-je ensuite, poursuit saint Ambroise, des sollicitudes, des peines, des travaux auxquels se livrent les pères pour leurs enfants, afin d'avoir de quoi les nourrir et les vêtir convenablement, les faire élever selon leur condition , et leur procurer un état assorti à leur naissance? On peut dire que c'est à ce but que tendent tontes leurs peines, toutes leurs démarches. S'ils travaillent au milieu des champs sous le poids du jour et delà chaleur, s'ils se livrent à leurs occupations ordinaires dans leurs ateliers, dans leurs boutiques, c'est pour subvenir aux besoins de leurs enfants. S'ils plantent, s'ils sèment, c'est pour recueillir pour leurs enfants. S'ils achètent, s'ils vendent, s'ils négocient, s'ils trafiquent , c'est encore pour pouvoir établir leurs «nfanls. Mais, ô vous qui m'écoutez , si vos mères ont tant fait pour vous, si tout ce que font encore vos pères ne se rapport!» qu'à votre bien et à votre avantage, serai il possible, vous dit
saint Auibroise, que vous ne soyez pas reconnaissants envers eux, et .|ue vous ne vous sentiez pas portés à leur rendre les honneurs et les respects qui leur sont dus : Nonne pro Itis obsequia sallem oporlet repemli (lib. 2. in Luc. )? Ah! s'il en étail quelqu'un parmi vous qui les leur refusât, cet honneur et ce respect, on pourrait l'appeler avec raison un monstre de la nature, dont il refuse d'écouter les inspirations et la voix, et l'opprobre du genre humain, puisqu'il ferme les yeux à la lumière de la-raison. Cependant combien en est-il d'enfants de ce caractère, et que les lumières de la raison éclairent, qui repoussent les inspirations de lanature, et sont sourds à la voix qui leur cried'honoivr leur père et leur mère? Combien eu est il qui ne se souvenant plus de ce qu'ils ont fait et souffert pour eux, ont l'habitude de les contrarier en tout, de se soulever contre enx, de les affliger par leurs paroles et leurs manières dures! Combien qui par une ingratitude monstrueuse et étrange manquent à ce devoir si essentiel, en ne voulant pas le lire dans leur cœur où la nature elle-même l'a écrit !
8. La raison pour laquelle Dieu , comme le fait observer saint Augustin , fit graver sa loi sur des tailles de pierres, c'est parce que les Hébreux ne voulaient pas la lire dans leur cœur, quoiqu'elle y eut été imprimée par la nature. C'est de cette considération que je pars pour vous démontrer comment ces etïfaiits qui ne veulent pas écouter la voix de la nature qui les presse d'honorer leur pèreer leur mère, ni lire cette obligation gravée dans leur cœur doivent ia lire dans sa loi divine, et comment ils doivent l'accomplir d'après la voix de Dieu cpii le leur commande par le précepte qu'il leur en a fait. Enfants , qui malgré toutes les inspirations de la nature, contrevenez à un devoir aussi essentiel, réveillez vous de votre assoupissement * et ouvrez les oreilles à cet ordre de votre Dieu; c'est lui qui vous parle de sa propre bouche : Honora patrem tnum et ma-trem tuam : honorez votre père et votre mère. Efforcez-vous de bien le comprendre, et soyez dans la disposition de bien l'observer. C'est un commandement que Dieu a placé en télé de ceux de la seconde table qui se rapportent à la charité envers le prochain pour nous faire connaître de quelle importance et de quelle nécessité il est de ne pas y manquer. Ainsi après nous avoir commandé de l'adorer, et de l'adorer ■seul, de ne pas prendre en vain son saint nom et de le respecter, de sanctifier les feips, c'est-à-dire de lui rendre le culte et l'honneur qui lui sont dus, il nous ordonne immédiatement d'honorer noire père et noire mère, pour nous
indiquer, qu'ils ont d.'oit après lui aux hommages et à l'honneur qu'ils méritent, à si juste litre.
9. Tertullien (île Fini. 5.) appelle avec raison ce commandement une seconde religion; Secondant à Deo rcligionem; c'est comme s'il disait que rendre à Dieu le cuite suprême qui lui est dû est la première de lotîtes les r. lisions, et qu'honorer les parents est la seconde. De pins, cet ancien docteur ajoute que le commandement d'honorer s m père et sa mère, par le rang qu'il occupe, est placé cuire celui qui défend l idol ilrie et celui qui défend l'homicide, pour sisnili'M'qu'il se rapproche de Ions les deux. Et en effet, c'est une espèce d'idolâtrie de ne p.is honorer son père. Car 1 s parents, comme nous l'avons dit, tenant dans la fami le la place de Dieu, manquer à ce devoir, c'eU manquera ce qu'on doit à sa maje-té infinie. \J\\ exemple tiré de la sainte Ecriture fera comprendre plus clairement ce que j'avance. Dieu avant ordonné à Moïse de lancer du haut du mont Iï<;hal des malédictions contre ceux qui oseraient contrevenir à ses saints préceptes, veut qu'après avoir maudit ceux qui se f 'raient des idoles, il maudisse immédiatement ceux qui n'honorent pas leur père et leur mère: Mulcdictus qui non honorai pulreiu smtm et matrem (l)eut. 27 ). 11 en agit ain^i , pour montrer que manquer de respect à ceux qui nous ont donné le jour, est un acte presque aussi criminel que l'idolâtrie et qu'après ce dernier crime, il n'y en a pas de plus énorme que ci-ltTi d'oublier les égards dus à un père et à une mère. S'il est si près de l'idolâtrie, il n'est pas non plus bien loin de l'homicide. Saint Jean (ep. prim. cap. 2) a dit que celui qui liait son frère est un homicide: Qui odit fralrem suum hmnicida est. .Mais on peut dire, avec plus de raison, que ce nom odieux convient encore davantage à ceux qui n'ont pas pour leurs parents le respect qui leur est dû, puNquc les amertumes et les chagrins qu'ils leur procurent sont quelquefois si grands, qu'ils leur causent la mort. Elle est donc juste et raisonnable la réflexion de Tertullien qui déclare que le précepte d'honorer son père et sa mère est placé entre ceux qui défendent l'idolâtrie et l'homicide, pour faire voir qu'il est voisin de l'un et de l'autre.
10. Ainsi, 6 mes enfants, soyez bien convaincus de l'obligation où vous é!e< d'honorer votre père et votre mère, et gar- , dez-vousben de transgresser ce précepte. Au nombre des pre- \ miers devoirs imposé* à l'homme et qui sont gravés par la nature * elle-même dans nos cœurs, sont les deux suivants : Deus est colendits, parentes sunt hunurandi. On doit adorer Dieu et houo-
rer ses parents. Ensuite, afin que la malice humaine ne pût obscurcir une vérité semblable, Dieu a voulu la rendre évidente par les commandements positifs qu'il a faits de l'adorer, et ensuite de respecter ceux qui nous ont donné la vie. Ecoulez donc la voix de la nature qui vous dit d'honorer vos parents; écoutez la voix de Dieu qui vous l'ordonne. Et puisque la nature vous l'enseigne, et que Dieu vous le commande, cela ne doit-il pas suffire pour vous déterminera accomplir ce devoir. Mais ce n'est pas encore assez pour Dieu d'avoir imprimé dans votre cœur et dans votre esprit celte obligation , el de vous en avoir fait un commandement positif, il veut bien encore promettre de magnifiques récompenses à ceux qui y seront docile? (Ex. 20). Honora patrem tuum, et matrem tumn, ut sis lonrjcevus super terrain. Ce sont-là des motifs paissants et efficaces auprès des hommes pour les exciter à s'acquitter de cette obligation. Telle est la troisième raison que je vous ai proposée.
41. Que Dieu ait promis la gloire du paradis, appelée ordinairement vie éternelle, aux enfants qui observent exactement ce commandement d'honorer leur père et leur mère, c'est ce que nous avons déjà énoncé en parlant des avanlages qui résultent de l'observance de la loi divine, à l'occasion de la parole que Jésus-Christ adresse à ce jeune homme qui lui avait demandé ce qu'il fallait faire pour acquérir la vie éternelle : Si vis ad vitam ingredi, serva mandata. Mais cette promesse qu'il fait à celui qui observe ce commandement, s'étend encore jusqu'à celle d'une vie longue sur la terre, ce que confirme le Saint- Esprit, dans l'Ecclésiastique (c. 3. ) Celui qui honore son père, parviendra à une extrême vieillesse: Qui honorai patrem suum vitâ vivet longiorc. Et l'apôtre Saint Paul (Gai. 6.), après avoir recommandé aux enfants de se soumettre à leurs parents, parce que cela est conforme à la justice, ajoute que c'est le premier commandement auquel Dieu ait attaché une récompense, mandatum primum m promissions Et qif est-elle cette récompense promise aux enfants qui honorent leur père et leur mère? Une longue vie et les bénédictions temporelles. Mais pourquoi, objecterez- vous, Dieu promet-il en récompense aux enfants qui honorent leurs parents une longue vie plutôt que toute autre chose?