‹ Instructions paroissiales sur le sacrement de mariageChapitre 10 sur 21 · LA CAUSE DES MAUVAIS MÉNAGES, CE SONT LES PASSIONS. SAINTE MONIQUE · texte numérisé non relu

LA CAUSE DES MAUVAIS MÉNAGES, CE SONT LES PASSIONS. SAINTE MONIQUE

Ce n'est pas la loi de l'indissolubilité du mariage qui fait le malheur des personnes mariées, mais ce sont leurs passions et leur mauvais caractère. En effet, si elles pratiquent lidèlement leurs devoirs religieux, elles se corrigeront chaque jour de leurs défauts, et le temps, loin de diminuer leur affection réciproque, ne fera que la rendre plus vive €t plus

tendre. Si l'un des deux époux est clirétien, et que l'autre ne le soit pas, le premier se sanctiliera eu travaillant au salut du second. Sils sont tous deux sans foi et sans principes religieux, ce sera un enfer anticipé, k moins qu'ils ne se convertissent.

Sainte Monique, qui naquit en 332, fut élevée par une sage gouvernante qui en prit le plus grand soin. Elle lui inspirait les maximes de la vraie piété, réprimait les saillies de ses passions naissantes, et la portait, autant par ses exemples (lue par ses discours, à l'amour du devoir et de la religion. Cepemlant, malgré les précautions de la sage gouvernante, Monique avait pris sensiblement du goût pour le vin ; mais Dieu se servit, pour la corriger, d'une querelle qu'elle eut avec une domestique de la maison. Celle-ci, qui suivait ordinairement sa jeune maîtresse à la cave, s'était aperçue qu'elle y buvait du vin avant de remonter ; elle lui en fit de sanglants reproches et alla jusqu'à la traiter d'ivrognesse. Monique, vivement piquée, rentra en elle-même, sentit toute la honte d'un pareil vice, et s'en corrigea.

Lorsqu'elle fut en âge d'être mariée, ses parents lui firent épouser Patrice, bourgeois de Tagaste, homme d'honneur, mais païen de religion. Elle eut toujours pour lui une soumission parfaite ; elle l'honorait comme son seigneur et son maître, et travaillait de toutes ses forces à le gagner à Jésus- Christ. Le principal moyen qu'elle employait pour le retirer de ses vices était une conduite irréprochable, ce qui lui fit mériter l'estime, l'amour et le respect de son mari. Elle supportait ses infidélités avec patience, sans jamais les lui reprocher avec amertume, espérant toujours que Dieu aurait pitié de lui En général, Patrice était d'un excellent caractère , mais en même temps il était violent et emporté. Lorsque Monique le voyait en colère, elle observait de ne le contredire ni par ses actions, ni par ses discours. La fougue étant passée, elle lui parlait avec douceur et lui faisait entendre les raisons qu'elle avait eues d'agir de telle manière. Quand des femmes maltraitées par des maris violents ou débauchés venaient lui conter leurs peines, elle avait coutume de leur ré-

pondre : c( Vous ne devez vous en prendre qu'à vous-mêmes et à vos langues. » Son exemple en était la preuve. En effet, malgré tous les emportements de son mari, elle n^'en ressentit jamais les suites, et le jour ne se passait point que la paix ne fût rétablie. C'est que Monique connaissait refQcacité de la douceur et du silence à l'égard des caractères impétueux ; qu'elle savait se taire et souffrira propos; qu'elle portait la soumission H la complaisance jusqu'où elles pouvaient aller; qu'elle attendait un moment favorable pour s'expliquer avec son mari. Toutes les femmes qui l'imitaient s'en trouvaient bien et la remerciaient de ses bons avis; les autres continuaient à être maltraitées par leurs maris.

Monique eut la consolation de voir les heureux fruits de sa patience, de sa douceur et de sa soumission. Son mari embrassa le christianisme un an avant de mourir. Ce ne fut donc que par la pratique constante des plus héroïques vertus que Monique obtint la conversion de son mari. Cet exemple prouve qu'une femme vertueuse ne doit jamais se désespérer. Monique gagna aussi sa belle-mère à Jésus-Christ, après l'avoir fait revenir des préventions qu'elle avait conçues contre elle. Plus d'une fois on eut lieu d'admirer le talent qu'elle avait de réunir les cœurs divisés. Elle s'exprimait sur la concorde avec tant d'énergie, qu'on ne pouvait résister à la force de ses discours.

Elle mettait au nombre de ses principaux devoirs le soin de soulager les pauvres. Son plus grand plaisir était de les servir et de pourvoir à leurs différents besoins. Pour s'animer à la pratique de la vertu, elle avait continuellement l'éternité devant les yeux. Elle assistait tous les jours au saint sacrifice de la Messe. Elle allait à l'ép;iise le malin et le soir, aûn de se trouver à la prière publique et d'entendre la parole de Dieu, Son esprit était occupé sans cesse du bonheur des saints qui régnent dans le ciel ; elle s'appliquait à imiter leurs exemples pour mériter de participer à leur gloire. Elle implorait leur intei cession, et allait souvent visiter les tombeaux des martyrs. Persuadée que les plus petites actions sont ennoblies par la pureté du motif qui les produit, elle agissait

cil tout dans la vue de plaire i\ Dieu, fît prenait tous les moyens nécessaires pour s'oiilrotenir dans la piété et la ferveur. Mais êoïi exactitude à remplir les devoirs de la religion était réglée sur les vrais principes ; elle ne l'empêchait point de veiller aux soins de sa maison^ et surtout .^ Téducalion de ses enfants.

Vlir INSTRUCTION.

Pouvoifi* «le FËglige de portei* des enipêclteBiieiit^. — Hes eiBipêclienteiits provenant dn défaut d'àg^e et de raison, de l'incapaeitë, de Terreur, fie la erainte et de la violence, «lu rapt.

Gaudenf gaudebo în Domino, et exultabit animameain Deomeo ; quiainduit me vestimentis salutis, et indumento justitiœ circumdedit me, quasi sponsum decoratum corona, et quasi sponsam ornatam monili bus suis .

Je me réjouirai avec effusion de joie dans le Seigneur, et mon âme sera ravie d'allégresse dans mon Dieu, parce qu'il m'a revêtue des vêtements du salut et qu'il m'a parée des ornements de la justice, comme un époux qui a la couronne sur la tête, et comme une épouse qui est parée de ses joyaux.

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