‹ Instructions paroissiales sur le sacrement de mariageChapitre 13 sur 21 · SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE ET SA FAMILLE. OBSERVATIONS SLR LA PARENTÉ · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE ET SA FAMILLE. OBSERVATIONS SLR LA PARENTÉ

Saint Grégoire deNazianze, appelé le Théologien à cause de la profondeur, de l'étendue, de l'orthodoxie de ses connaissances dans la théologie et dans la science des livres saints ; saint Grégoire de Nazianze, l'oracle des cvêqucs, l'àme des conciles, l'ami de saint Basile, le maître de saint Jérôme, le

plus grand et le plus célèbre des Pères grecs après saint Athanase, et Tun des plus lumineux flambeaux de l'Eglise universelle, est la création d'une femme ; car c'est sainte Nonne qui, rayant obtenu de Dieu par de ferventes prières et Tayant dès le premier instant consacré au service des autels, le forma à l'esprit des vertus sacerdotales et le fit si grand dans l'Eglise. Vers la moitié du iv^ siècle, il y avait à Nazianze un homme de mœurs très-pures, quoique païen. Il s'appelait Grégoire, et avait épousé Nonne, chrétienne très-distinguée par sa naissance, son esprit et ses vertus. Ce fut son plus grand bonheur, car c'est par les exhortations de cette femme , et bien plus encore par ses prières et par le spectacle de sa douceur et de sa piété, qu'il fut conquis au christianisme. Ayant appris que l'évèque Léonce passerait par Nazianze en allant au concile de Nicée, sainte Nonne le pria de s'arrêter chez elle, et lui confia son époux afin de le confirmer dans la sainte résolution qu'il avait prise de se faire chrétien et pour achever son instruction. Le zèle de sa sainte épouse et les soins qu'elle avait mis à l'instruire de la religion chrétienne ayant laissé fort peu de chose à faire sur ce sujet aux ministres de l'Eglise, Grégoire reçut bientôt le baptême ; et, chose merveilleuse, en sortant du bain sacré il parut environné d'une lumière si extraordinaire, que l'évèque de Nazianze, qui le baptisait, s'écria ; « Cet homme va refléter une grande lumière dans l'Eglise, et il sera mon successeur. » Le fait vint accomplir la prédiction. Nonne, non contente d'avoir fait de son époux un fervent chrétien, voulut encore en faire un grand évêque. Elle avait eu déjà trois enfants de son cliaste mariage ; par ses conseils tous deux prirent la résolution de vivre comme frère et sœur dans une parfaite continence, et de se consacrer au Seigneur par le vœu de chasteté. Entré dans les Ordres peu de temps après, Grégoire fut élevé à la dignité épiscopale dans la même ville; et quoiqu'il ait commencé fort tard ses études ecclésiastiques, sainte Nonne lui avait inspiré un si grand zèle pour les doctrines catholiques, qu'il sut préserver son troupeau de l'hérésie d'Arius, qui infestait alors tout l'Orient.

Ce que celte admirable femme avait fait avec tant de succès à rëf^ard de son (5poux, elle le lit encore avec un succès plus éclatant à l'égard de son fils aîné, qui s'appelait Grégoire connue son père. A peine l'eut-elle mis au jour qu'elle TolTrit au Seigneur et mit dans ses petites mains TEcriture sainte. Elle ne voulait par cet acte que le sanctifier par le contact du livre divin ; et cependant elle indiqua, sans s'en douter, que cet enfant devait être plus tard le grand interprète des saintes Lettres. Des le premier âge, elle lui inspira la plus vive horreur pour le péché et le plus grand amour pour la virginité ; elle en fit un petit ange do pureté. Un jour, fort jeune encore, il crut voir auprès de lui deux jeunes filles du même âge, d'une rare beauté, vêtues de blanc, sans ornements et avec la plus grande modestie. Elles le caressaient comme leur enfant. Transporté de joie, il leur demanda leur nom. I/une dit : a Je m'appelle Chasteté ; » l'autre : « Je me nomme Tem-pérance. w «Nous sommes toujours, ajoutèrentelles, devant le trône de Jésus-Christ, en la compagnie des troupes célestes ; viens avec nous, cher enfant, et nous t'élèverons à la lumière de la Trinité immortelle. » Ayant ainsi parlé, elles s'envolèrent au ciel, et, comme il les suivait de la vue, il s'éveilla; dès lors il se consacra au Seigneur par le vœu de virginité.

Après avoir réussi si heureusement à former le cœur de cet enfant de bénédiction à la piété et à la vertu, la sainte femme s'empressa de former son esprit parles études de la littérature et des sciences, afin qu'il pût servir l'Eglise autant par son savoir que par ses exemples. Elle l'envoya donc d'abord à Césarée pour y étudier la rhétorique, et ensuite à Athènes pour y apprendre la philosophie. La jeunesse qui étudiait dans ces deux villes était très-corrompue ; cependant le jeune Grégoire, n'oubliant pas les avis de sa mère et les pratiques religieuses qu'elle lui avait suggérées, s'y conserva intact; il n'eut là d'autre ami intime que Basile, qui, dans son jeune âge, montrait aussi la pureté d'un ange, la gravité et la sagesse d'un vieillard. C'est que les grandes âmes, aussi bien que les grands esprits, se devinent, se comprennent presque

sansseparler. Le jeune Basile fut saint Basile le Grand, aussi grand que saint Grégoire de Nazianze dans le monde et dans l'Eglise, et l'ami le plus tendre de toute sa vie.

Sainte Nonne ne fut pas moins heureuse avec ses deux autres enfants. Ce sont saint Césaire, qui, attaché à la cour de l'empereur Julien, y renonça et s'exposa à la haine de ce tyran aussitôt qu'il devint apostat, et sainte Gorgonia, le modèle des épouses chrétiennes. Saint Grégoire leur frère en a fait le panégyrique, et l'Eglise les honore d'un culte public. Voilà donc toute une famille, père, mère et enfants, sanctifiée par la sainteté et le zèle d'une femme. (P. Ventura, la Femme catholique. )

On distingue trois choses dans la parenté naturelle : la tige ou souche commune, la ligne et le degré. On appelle tige les père et mère, ou le père ou la mère seulement, dont les parents tirent leur origine commune. La ligne est la suite des personnes qui descendent d'une même tige directement ou indirectement; d'oi^i la ligne directe et la ligne collatérale. La ligne directe est celle des personnes qui descendent d'une même tige l'une par l'autre; ainsi, le bisaïeul, l'aïeul, le père, le fils, le petit-fils, l'arrière-petit-fils sont parents en ligne directe. La ligne collatérale est formée par ceux qui ont une souche commune, mais qui ne sont pas nés les uns (les autres ; les frères, les sœurs, les oncles, les tantes, neveux, nièces, cousins, cousines, sont parents en ligne collatérale. Le degré est l'intervalle ou la distance qui se trouve entre la tige ou souche commune et les parents qui en descendent. Deux personnes peuvent être parentes à égal degré, par exemple quand elles sont à une même distance de la souche commune, ou à un degré inégal quand l'une est plus proche que l'autre de la souche commune.

La manière de compter les degrés de parenté n'est pas la même pour la ligne directe que pour la ligne collatérale. En lignedirecte, il y a autant de degrés que de générations depuis la souche, ou, ce qui revient au même, autant de degrés qu'il y a de personnes, sans compter celle qui fait souche ; ainsi, le fils est au premier degré, le petit-fils au deuxième.

— no —

rarrièrc-pctil-fils au troisième, etc. Dans la ligne collatérale, les degrés sont égaux ou inégaux. Dans le premier cas, il y a autant de degrés de parenté entre deux personnes qu'il y a de générations entre chacune d'elles et la souche commune, ou, ce qui est la même chose, ces deux personnes sont éloignées entre elles d'autant de degrés qu'elles le sont de la souche commune; ainsi, les frères et les sœurs sont au premier, les cousins germains et les cousines germaines au deuxième, les issus de cousins germains au troisième, etc. Dans le second cas, lorsque deux personnes ne sont pas à la même distance de la tige commune, elles ne sont censées parentes que dans le degré le plus éloigné oii se trouve Tune des deux personnes; ainsi, l'oncle et la nièce, qui sont parents du premier au deuxième, ne sont réputés parents qu'au deuxième : le degré le plus éloigné emporte le plus proche.

Nous exhortons vivement les personnes qui nous liront à méditer sérieusement les motifs que nous avons exposés pour dissuader les chrétiens de s'allier entre proches parents. Les inconvénients qui résultent des mariages entre proches parents sont beaucoup plus fréquents qu'on ne Timagine. Nous connaissons une multitude d'exemples de ce genre bien propres à faire réfléchir les parents.

Dans bien des localités, il y a deux familles dominantes, et qui se font une guerre incessante ; dans d'autres, il n'y a qu'une seule famille qui domine, et qui opprime et tyrannise les autres. Si on mettait en pratique les défenses de l'Eglise, ces querelles, ces jalousies, ces divisions si graves n'existeraient pas.

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