‹ Instructions practiques sur la pisciculture: suivies de mémoires et de rapports sur le méme sujetChapitre 6 sur 22 · APPAREIL A ÉCLOSION · texte numérisé non relu

APPAREIL A ÉCLOSION

Un couvercle d osier (pi. 1, fig. ^") ou un grillage quelconque sera ensuite adapté à cette corlxîille ou à cette manne, afin de protéger la récolte contre la voracité des animaux destructeurs qui fréquentent l'étang ou le ruisseau, et le développement s'accomplira sans qu'il soit nécessaire d'exercer aucune surveillance.

Si l'on n'a, dans la localité où l'on se trouve, ni corbeilles d'osier, ni joncs avec lesquels on puisse en organiser soi-même de pareilles, il suffira d'avoir recours à de simples baquets de bois qu'on percera d'un certain nombre d'ouvertures grillées, afin de mettre leur contenu en communication facile avec l'eau dans laquelle on opérera. Les œufs seront mis en réserve dans ces baquets, qu'on maintiendra à la surface.

Une des difficultés qui s'opposent à l'éclosion des œufs dans l'état de nature, c'est l'absence complète, autour de certaines pièces d'eau, de rives où il n'y ait que peu de profondeur et où la végétation aquatique offre un abri que les i)oissons recherchent pour y déi)08er leur frai. Aussi dans beaucoup d'étangs dont les bords sont partout taillés à pic, et dont la profondeur est partout égale, voit-on certaines espèces, même les plus communes, ne s'y reproduire que très difficilement. L'emploi des mannes, des baquets, supplée à cette absence, à cause de la possibilité que ces moyens donnent de placer les œufs près de la $urfac43 , soumis à l'action des rayons du soleil et dans des conditions factices qui imitent

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celles que l'instinct des animaux leur fait choisir.

Dans d'autres circonstances , c'est l'absence d'eau courante qui empêche certaines espèces de se reproduire, quoique cependant les animaux y vivent, prospèrent, et même y déposent leur frai. Les Truites qui habitent les étangs y pondent et les mâles y fécondent leurs œufs, mais ces œufs, tombés au fond, y laissent bientôt. La femelle travaille en vain à les nettoyer ; elle réussit à peine , malgré tous les soins qu'elle en prend, à les tenir propres pendant quelques joui's. Ils se recouvrent de byssus, et le germe étouffé ne peut venir à terme , à moins que sous le gravier ne sorte une source d'eau vive.

Les appareils à éclosion suppriment complètement les difficultés. 11 suffit de prendre les mâles et les femelles qui vivent dans ces étangs et d'opérer la fécondation artificielle : leur semence, qui, en l'absence de ces appareils, ne serait point éclose, produit des jeunes qui servent au repeuplement.

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