CHAPITRE III
DÉVELOPPEMENT, ÉCLOSION DES OEUFS, ET SOINS Ql'lLS RÉCLAMENT DURANT L'INCUBATION.
Quelques histants suffisent pour (|ue les œufs dont on a provoqué la ponte et opéré artificiellement la fécondation aient subi un changement appréciable. On les voit, comme si leur contenu se troublait, devenir un peu plus opaques qu'au moment de leur
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Mais, >i aneun caractère appreeiable k la vue îiirriple n'f-st cajiable île faire distinguer dans les piviiik-fT» moriicnts. et même dans les premiers jours pTiur certaines espèces, les œufs féc«jiiiis de ceux qui Miiit >trriles; si, pf>ur aniver à une pareille dis inotion. il V a ntTessité d'avoir recours alors à des instriirneiits jn*. sslssants. toute incertitude cesse bienlôt.
Ix'S œuf> inféconds, ou bien se détériorent rapideniciit, deviennent de plus en plus opaques, blanchis- M;ïd, ou bien ils gardent leur transparence, mais san^ iiianifesl(T le moindre changement intérieur. J'ai vu b(*n nombre d'œufs de Saumon, de Truite, d'Ombre, de Brochet, se conserver air si jusqu'à l'époque où d'aulres œufs de la même ponte, et qui avaient été au contact de la même laitance, venaient à éclore.
ÉCLOSiON DES OEUFS. /4I
Dans les œufs, au contraire, qui ont été avivés par les molécules fécondantes, on voit, après un temps qui varie selon les espèces, et selon que la température du milieu dans lequel ils sont placés est plus ou moins élevée; on voit, dis-je, sur le globe intérieur de l'œuf, se dessiner une ligne qui représente environ un quart de cercle. Cette ligne, qui paraît blanchâtre lorsqu'on examine les œufs sur un fond sombre, ou opaque lorsqu'on les mire par transparence, comme nos fermières mirent les œufs de poule, est l'origine du fœtus et représente la colonne vertébrale. Pendant que cette ligne grandit par le progrès du développement, une de ses extrémités s'allonge pour réaliser la queue, tandis ([ue l'autre se dilate en forme de spatule. Celle-ci correspond à la tète de l'embryon, et il n'est bientôt plus permis d'en douter, car les yeux, consistant en deux points d'un brun noirâtre, faciles à distinguer, et formant à eux seuls à peu près les deux tiers de la masse céphalique, ne tardent pas à y apparaître. A mesure que les formes se dessinent chaque jour davantage, on voit, à travers les membranes de l'œuf, le jeune, poisson exécuter des mouvements assez étendus, se retourner sur lui-même, et agiter principalement la queue. Bientôt le moment de l'éclosion arrive, et ces mouvements, qui contribuent probablement à faciliter la déchirure des membranes qui tiennent l'embryon captif, deviennent alors très vifs. Chez les Saumons et les Truites, à l'agitation des jeunes s'ajoute un autre signe qui annonce l'imminence de l'éclosion.
^2 ÉCL08I0N DES OEUFS.
L'enveloppe extérieure de l'œuf devient un peu opaque et comme furfuracée. Chez d'autres espèces que j'ai observées, ce signe ne m'a pas paru aussi sensible. Enfin une petite ouverture finit par se faire aux membranes de l'œuf, et aussitôt la partie de l'embryon qui se trouve en rapport avec cette ouverture vient à l'extérieur. Le plus ordinairement la queue ou la tête sortent les premières, mais quelquefois aussi la vésicule ombilicale s'engage avant elles et fait saillie au dehors.
Quelle que soit la partie qui se dégage , le jeune l)oisson, dont plus de la moitié du corps reste emprisonnée, n'est pas encore libre de tous ses mouvements. Par des efforts réitérés il parvient à agrandir l'ouverture des membranes de l'œuf, et après plusieurs heures sa délivrance est complète. Alors ces membranes qui ont protégé son développement, mais qui n'ont servi à former aucun de ses organes , lui étant désormais étrangères, se décomposent surplace ou sont entraînées par les courants.
Certaines espèces, telles que le Brochet, le Ferrât, se mettent presque aussitôt à vaguer dans le milieu où ils viennent d'éclore; d'autres, au contraire, comme les Saumons et les Truites, alourdis par une énorme vésicule ombilicale (pi. I, fig. 9), ne peuvent se mouvoir qu'avec difficulté, restent couchés sur l'un des flancs ou sur la vésicule ombilicale même. Quelques individus cependant essaient de se déplacer, y parviennent après de grands efforts , et retombent bientôt entraînés par leur propre poids.
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Le temps nécessaire pour l'éclosion n'est pas le méraie pour toutes les espèces. Les unes, comme le Brochet, arrivent au terme de leur évolution au bout de huit, dix, ou quinze jours; d'autres, comme les Saumons , mettent un mois et demi ou deux pour atteindre ce terme.
En outre, le développement estplus ou moins hâtif, selon que les œufs sont incubés dans un milieu dont la température est plus ou moins élevée. Des œufs de Brochet placés dans un vase dont l'eau, exposée aux rayons solaires, n'a jamais été renouvelée, n'ont pas mis plus de neuf jours à éclore, tandis que d'autres, de la même ponte , laissés à l'ombre , et dans une eau qui se renouvelait sans cesse , en ont mis dix -huit et vingt. Il a fallu vingt jours aussi à des œufs d'Ombre qui, placés dans de meilleurs conditions, seraient éclos en douze ou quinze jours. Des variations plus considérables encore s'observent pour les œufs d'autres espèces de la famille des Salmones. On peut obtenir deséclosions de Truite et de Saumon, dans des eaux de source chaude , vers le trentième jour, pendant que les mêmes œufs, placés dans des cours d'eau froide, ne seraient éclos qu'à la fin de la septième ou huitième semaine. La durée de l'incubation peut même se prolonger jusqu'au cent dixième jour, comme le prouve l'expérienc-e que M. Shaw a faite en Ecosse, et dont j'ai parlé dans l'introduction.
Durant leur évolution, les œufs ne doivent pas être abandonnés à eux-mêmes : ils exigent au contraire