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CHAPITRE III

Les tuyaux de drainage à peu près exclusivement employés aujourd’hui sont en terre cuite (fig. ^ 9 ); ils sont cylindriques. Leur longueur

varie de o“,3o à o m ,4o et leur diamètre de Fio. 49 . o m ,o3 à o m , 20 , suivant

Tuyau de drainage. le volume d’eau dont ils (Échelle de 0,10.) doivent assurer l’écou-

lement; leur épaisseur est de o“,o i environ, pour les plus petits. Toutes les formes de tuyaux proposées sont moins bonnes que la forme cylindrique.

Les extrémités des tuyaux sont engagées en général dans des colliers, également en terre cuite, de o m ,07 à o m ,io de longueur, dont le diamètre est tel que le tuyau entre facilement dans le collier (fi g. 5o et 5i). On a quelquefois proposé

Fig. 50 .

Tuyaux avec collier.

(Echelle de 0,10.)

Forme des turent.

Colliers .

Raccor-

dements.

O d’employer des colliers criblés de trous, pour rendre plus facile l’introduction de l’eau dans le 51 * tube de terre. Cette disposition,

C °ëtdecoHim UX q ui augmentait le prix des eolde divers diamètres, fiers tout en diminuant leur solidité, a été reconnue inutile et même nuisible; l’eau trouve bien assez d’issues entre les joints imparfaits des tuyaux. Des ouvertures plus larges, surtout à la partie supérieure d’un tuyau, ne peuvent que faciliter l’introduction des corps solides et concourir ainsi à la dégradation de l’ouvrage.

L’emploi de colliers n’est malheureusement pas aussi répandu en France que l’on pourrait le désirer. Il offre cependant de nombreux avantages, et assure aux travaux un degré de perfection difficile à atteindre par les autres moyens employés pour les remplacer.

Le raccordement de deux lignes de drains s’effectue au moyen d’une ouverture circulaire pratiquée dans le plus gros tuyau , et dans laquelle pénètre le plus petit (fig. 5 a).

Ces tuyaux percés d’une ouverture se fabriquent très-simplement, et ne coûtent qu’un tiers environ en sus du prix des tuyaux ordinaires de même dimension.

On ne doit Qualité

, , des tuyaux.

employer que des tuyaux de très- • bonne qualité :

on ne saurait à cet égard semon-

Raccordement de deux lignes de drains. ^ rer { r0 p g^yère.

Les bons tuyaux présentent les caractères suivants :

Ils doivent, par le choc, rendre un son sec, trèsclair, un bruit vif, comme disent les ouvriers; leur forme doit être régulière.

Plongés dans l’eau pendant une dizaine d’heures, après avoir été bien desséchés, ils ne doivent pas absorber plus de i5/ioo de leur poids de ce liquide, soit i46 grammes pour un tuyau pesant

Au delà des dix ou douze premières heures, le poids de l’eau absorbée ne doit pas augmenter avec la durée de l’immersion.

Les tuyaux de bonne qualité, mis à bouillir pendant une dizaine de minutes dans une dissolution contenant deux parties de sulfate de soude pour une partie d’eau, puis retirés de ce bain et exposés à l’air et à l’humidité, résistent à cette épreuve pendant plusieurs jours sans se briser.

Exposés aux premières gelées de l’hiver sur un

Transport

rar

place

des tnjatu.

pré, ils doivent également résister à cette influence destructive.

Il ne doit exister que très-peu de chaux dans la pâte des tuyaux bien fabriqués. Celte substance ne doit jamais y entrer pour plus de 1 o à ta p. o/o. Il est bien entendu, d’ailleurs, que la chaux doit être à l’état de combinaison dans la masse et ne jamais s’y trouver en grumeaux isolés. La cuisson des tuyaux à pâte calcaire doit être encore plus soignée que celle des tuyaux à pâtes dépourvues de cet élément.

II faut rebuter tout tuyau présentant, dans le sens de sa longueur, plus de o“,oo5 à o“,oo 6 de

flèche (fi g. 53), et plus de o m ,oo5 d’ovale dans le sens J de sa section transversale.

Fig. 53. Le mille de tuyaux de

o m ,ô3o à o m ,o35 de diamètre intérieur pèse habituellement de 750 à q5o kilogrammes.

Quand le piquetage d’un terrain à drainer est terminé , il faut s’occuper du transport sur place des tuyaux.

Les voitures les déposent par tas dans les parties du champ où ils ne peuvent pas gêner le travail. Aussitôt que l’ouverture des tranchées sera commencée, et que la première levée de terre est jetée en réserve sur l’un des côtés, on distribue

TRANSPORT ET POSE DES TUYAUX. 139 les tuyaux le long des drains, en les déposant sur le déblai en nombre suffisant, et de façon que le poseur puisse les prendre facilement auprès du point où chacun d’eux doit être placé.

Si l’on emploie des manchons, chaque tuyau est introduit à l’avance dans son manchon.

Le transport des tuyaux, des tas de dépôt aux tranchées, se fait à l’aide d’une civière légère à quatre pieds, portée par deux hommes. Cette civière est garnie à chaque extrémité d’une planche verticale, pour empêcher les tuyaux de rouler. La distribution des tuyaux le long des tranchées peut être confiée à des enfants.

Lorsque toutes les dispositions précédentes ont été prises, on peut s’occuper de la pose des tuyaux aussitôt après l’achèvement de la tranchée et la vérification de son profil transversal ou de sa pente longitudinale.

La pose des tuyaux exige beaucoup de soin; elle doit être confiée à un ouvrier exercé , et constamment surveillée par le directeur du travail.

Quand on emploie des colliers, les tuyaux s’y engagent et sont ainsi maintenus à la suite les uns des autres. On cale les tuyaux et leurs colliers , au fond de la tranchée, au moyen de quelques petites pierres ou de terre émiettée , soigneusement appliquée et un peu pilonnée, sur laquelle on jette

ensuite la terre extraite de la tranchée et déposée sur un de ses côtés.

Lorsqu’on n’emploie pas de colliers, on met les tuyaux bout à bout aussi exactement que possible, on les assujettit à leurs points de raccordement au moyen de quelques tessons provenant de tuyaux cassés ou de tuiles, par-dessus lesquels on tasse fortement une motte de terre argileuse aussi grosse que possible , et l’on termine le remplissage comme dans le premier cas. Ce mode de pose est plus délicat que le premier; il demande plus de temps et d’adresse, et il ne peut jamais offrir autant de garanties. Ces désavantages font plus que compenser la très-faible économie qu’il peut présenter sur l’emploi des colliers , dont nous ne pouvons trop souvent recommander l’usage, surtout aux personnes qui sont obligées de confier leurs travaux à une surveillance étrangère, et qui ne peuvent pas poser elles-mêmes , et un à un , pour ainsi dire , leurs tuyaux de drainage.

Pour déposer au fond des tranchées étroites et profondes les tuyaux de terre et leurs colliers , on emploie un instrument appelé broche , représenté par la figure 54. L’ouvrier le tient par le manche en bois, et introduit dans le tuyau la tige placée a l’extrémité; il enlève ainsi ce tuyau et le dépose à la place qu’il doit occuper. La tige a entre dans le tuyau, qui vient s’appuyer contre l’épaulement b.

Fig. 54.

Broche à poser les tuyaux avec colliers.

(Echelle de 0,10.)

La longueur bd de cet épaulement est égale à la moitié de celle du collier, son diamètre est supérieur au diamètre intérieur du tuyau et inférieur à celui du collier; de sorte qu’on maintient ainsi le tuyau et le collier dans la position relative qu’ils doivent occuper. Il est donc facile d’introduire l’extrémité libre du tuyau dans le collier qui la , déjà de la même manière au fond de la tranchée.

Quand on pose les tuyaux sans collier, on peut employer une broche sans épaulement, comme celle représentée fig. 55.

Quelle que soit

la broche employée, l’ouvrier poseur se place sur le bord de la tranchée , ou bien , si elle est assez étroite, avec un pied sur chaque bord. En imprimant à la broche garnie de son tuyau une série de petites secousses, on donne à ce tuyau un certain mouvement de rotation qui permet de trouver la position dans laquelle son assiette et son contact avec le tuyau précédent sont le mieux j établis. L’ouvrier po- ^seur retire alors sa i broche ; il frappe léj gèrement avec l’ins- ! trument sur le tuyau pour le bien asseoir; puis, il prendun nouveau tuyau qu’il pose comme le précédent.

. — Oj

Fio. 55.

Broche à poser les tuyaux sans collier.

, (Échelle de o,»o.)

OUVERTURE DES TRANCHÉES. 133 , pendiculairement à la tranchée, un grand niveau de maçon (fig. 68), et à s’assurer que le dessous

de sa règle rencontre le pied de la miretle contre lequel on l’appuie, le fil étant au repère, précisément contre une marque faite à l’avance à une

îa

TRANSPORT ET POSE DES TUYAUX. 145 mités et qu’ils forment une ligne droite parfaitement continue. Pour atteindre ce but, il convient de vérifier encore la pente avec les nivelettes, ou bien à l’aide du grand niveau de maçon dont il a déjà été parlé (p. i33). Cet instrument porte une division que parcourt la pointe du plomb; cette division exprime des pentes : dans toutes les positions de l’instrument sur une meme ligne de tuyaux, la pointe du plomb doit évidemment s’arrêter toujours au même point. Ce moyen, et tous ceux du même genre imaginés pour vérifier la pente des tuyaux avec des niveaux de pente, peut évidemment donner de bons résultats, mais il est certain que l’usage des nivelettes est plus sûr et plus prompt, quand on a suivi la marche systématique que nous avons indiquée, en employant un plan nivelé et des piquets de repère assez nombreux et assez soigneusement posés.

Les manchons ne sont autre chose, comme on le verra plus loin, que des tuyaux d’un diamètre convenable, partagés en trois ou quatre parties par une section circulaire pénétrant à moitié de leur épaisseur. Quand cette section a été bien faite, il suffit d’un coup sec, frappé à faux, pour séparer les manchons les uns des autres. Si la rupture se fait mal et entraîne un déchet par la casse des manchons, on peut les séparer à l’aide

Manchons

ou

colliers.

Raccor-

dement*.

d’un ciseau à froid, dont on place le tranchant dans le joint et que l’on frappe légèrement. On arrive plus facilement encore au même résultat à l’aide du petit marteau à tranchant et à pointe représenté de face et de côté par la figure 56.

Il arrive quelquefois que les tuyaux préparés pour manchons viennent à manquer. Dans ce cas, on peut faire des manchons avec des tuyaux ordinaires; il suffît pour cela de les scier par tronçons, s’ils ne sont pas trop durs, ou de pratiquer avec le tranchant de la hachette précédente une entaille circulaire qui permet de rompre régulièrement le tuyau.

La pointe de ce petit marteau sert à faire dans les tuyaux les ouvertures cylindriques nécessaires aux raccordements (fig. 5a ci-dessus), quand, accidentellement, on vient à manquer de tuyaux préparés à cet effet avant leur cuisson.

Fig. 56 .

Marteau à fendre et à percer tes tuyaux.

(Echelle «le 0,10. )

On Rappellera ici la règle donnée pour le raccordement des lignes de drains : il faut que les arêtes supérieures des deux tuyaux soient dahs un même plan. Les raccordements établis par des

TRANSPORT ET POSE DES TUYAUX. 147 tubes courbes, arrivant à la partie supérieure du plus gros tuyau, et "par diverses autres méthodes, fournissent de moins bons résultats et exigent plus de soin et des matériaux plus coûteux.

Il arrive quelquefois que l’on est conduit à raccorder entre elles deux lignes de drains de même diamètre. On y parvient au moyen d’un tuyau de raccordement d’un diamètre supérieur, disposé au point de rencontré comme le montre la figure 57.

' Fio. 57.

Raccordement de lignes du même diamètre.

On a vu qu il fallait ouvrir les tranchées en sms allant de l’aval vers l’amont, et en commençant par de u ^ les maîtres-drains. Cette manière de procéder n’est pas toujours applicable à la pose des tuvaux. Si le temps est beau et le terrain sec, on peut, il est vrai, sans inconvénient, commencer la pose et le remplissage par le bas des tranchées. Cependant, s’il survient de la pluie avant l’entier achèvement du travail, il faut soigneusement bouclier

l’entrée des lignes de tuyaux , pour qu’ils ne se remplissent pas d’eaux troubles. Il est donc toujours préférable de commencer la pose par le haut des tranchées : il est même indispensable d’agir ainsi dans les terrains mouillés ou détrempés.

Si le fond de la tranchée est délayé et rempli de boue , il est nécessaire de la balayer vers l’aval . avant de poser chaque tuyau, afin qu’il soit toujours sur un sol sain et solide, et qu’il ne puisse se remplir de matières boueuses.

Dans les terrains très-mouillés , il faut laisser quelques jours d’intervalle entre l’avant-dernière et la dernière levée de terre , pour donner au sol le temps de s’égoutter un peu, et ne faire la dernière levée qu’au moment même de la pose,. pour ne pas laisser l’eau délayer le fond de la fouille.

Dans tous les cas, le dernier tuyau d’amont de chaque tranchée doit être bouché avec une pierre recouverte d’argile grasse, pour empêcher l’introduction dans ce tuyau des terres délayées par l’eau.

La pose des tuyaux ne doit être confiée qu’à des ouvriers de confiance payés à la journée et largement rétribués.

REMPLISSAGE DES DRAINS. 149

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