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CHAPITRE III

PROFONDEUR DES DRAINS.

La profondeur et l’écartement des drains sont Difficulté*

i . % • de

deux quantités corrélatives l’une de l’autre, qui la question, dépendent de la nature du sol et d’une foule de circonstances dont l’appréciation est fort délicate, et encore, il faut bien le dire, assez incertaine.

On se bornera donc à indiquer ici les règles consacrées par l’expérience pour les cas ordinaires de la pratique.

La profondeur la plus convenable à donner aux Profondeor drains pour qu’ils enlèvent toute l’eau surabondante, et abaissent en même temps* assez le plan de l’eau stagnante pour quelle ne puisse pas remonter jusqu’aux racines, ou même à la surface du sol, par l’action de la capillarité, est comprise entre o ra ,90 et i m ,3ô; elle suffit, dans les cas ordinaires, pour atteindre ce double but.

En principe, on adopte pour les petits drains une profondeur de i m ,ao; mais il doit être bien entendu que cette règle, comme les précédentes, n’est pas absolue. 11 ne faut point, évidemment, vouloir l’appliquer au centimètre près, et tenir

compte des petites inégalités du terrain , en faisant suivre exactement au fond de la tranchée une ligne parallèle à toutes les ondulations de la surface. On verra, au contraire (chap. IV), que la pente du drain doit être uniforme , ce qui implique nécessairement, en général, des profondeurs un peu variables. La profondeur de i ro ,90 est donc une moyenne dans la longueur de chaque drain, dont il convient de s’écarter le moins possible, et dont, en effet, on ne s’écarte pas sensiblement dans les terrains réguliers et égalisés par une longue culture.

Profondeur Les maîtres-drains sont de quelques centimètres

collecteurs. plus profonds que les petits drains; cette différence de profondeur est égale à la différence de diamètre des tuyaux employés, de manière que les* arêtes supérieures de tous les tuyaux soient, à leur point de réunion, dans un même plan.

Profondeurs

exception-

nelles.

La disposition des lieux oblige quelquefois à augmenter beaucoup la profondeur de certains drains , pour franchir une partie haute et atteindre les points d’écoulement. Une étude très-attentive permet presque toujours d’éluder ces difficultés exceptionnelles, mais cependant elles ne doivent pas arrêter quand elles se présentent. On peut, dans ces circonstances , avoir à placer des drains

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collecteurs à une profondeur qui atteint a m ,5o et même 3 mètres. A moins de travaux très-importants par l’étendue de la surface à laquelle ils s’étendent, on ne doit pas dépasser cette profondeur. Quand on est obligé de le faire, il convient de recourir à l’expérience d’un constructeur de profession; les précautions à prendre pour la fouille et l’établissement du conduit ne sont plus alors de la compétence des ouvriers draineurs ordinaires.

Il arrive plus souvent encore que l’on est obligé de réduire la profondeur des drains , par suite du défaut d’abaissement des eaux dans le canal de décharge. Dans ce cas, il faut, par tous les moyens, chercher à abaisser le plan d’eau et s’efforcer d’appliquer à la plus faible surface possible de la pièce les profondeurs réduites.

Dans les terrains à peu près horizontaux, on ne peut donner aux drains la pente nécessaire qu’en faisant décroître leur profondeur de l’aval vers l’amont. On se trouve encore conduit, dans ce cas, à faire descendre la profondeur à l’origine des drains au-dessous du chiffre de i m , 2 o; par contre, on l’augmente un peu à la partie inférieure , si l’écoulement est facile.

Certaines circonstances particulières , qu’il convient maintenant d’examiner, peuvent encore con-

Terrain#

ip&iaux.

duire à l’adoption d’une profondeur différente de celle qui vient d’étre indiquée comme la profondeur normale d’un drainage bien fait.

Quand on opère dans un sol poreux, avec soussol saturé d’eau parce qu’il repose sur une couche imperméable , il faut , autant que possible , pousser la tranchée à une profondeur suffisante pour poser le tuyau sur la couche imperméable elle-même. Dans les sols très-poreux, en effet, il est démontré que l’action d’un drain s’étend d’autant plus loin que sa profondeur est plus considérable; le plus grand écartement des lignes de drains compense alors l’accroissement de dépense résultant de leur plus grande profondeur.

Il arrive fréquemment, dans les sols argileux, qu’il existe , à une certaine dislance de la surface , une couche aquifère composée de matériaux trèsporeux. Si cette couche n’est pas à plus de i m ,5o ou i“,8o de la surface, elle pourra devenir un excellent auxiliaire du drainage. En poussant, en effet, jusqu’à cette couche un moindre nombre de drains que cela ne serait nécessaire en général, cette couche formera un vaste déchargeoir des eaux de toute la surface.

Dans le drainage des tourbières peu profondes, il faut toujours pousser les canaux jusqu’au terrain solide, car la tourbe forme une très-mauvaise fondation pour les tuyaux de drainage.

PROFONDEUR DES DRAINS. 5t

Dans les tourbières, il faut, de plus, avoir toujours le soin de poser les drains plus profondément qu’on ne veut les établir d’une manière définitive, parce que les terrains de cette espèce éprouvent, par la dessiccation, un tassement considérable, qui va souvent jusqu’à i/5 ou t/6 de leur épaisseur primitive.

Du reste, avant d’entreprendre une opération de drainage, on doit toujours ouvrir, dans chaque champ, une ou deux tranchées d’essai, poussées à des profondeurs successivement croissantes jusqu’à 2 mètres au moins.

On étudie attentivement ces tranchées pendant quelque temps, afin de se rendre compte de la stratification du sol, de la manière dont l’eau se réunit dans chaque partie , etc. Pour rendre les observations faciles, il convient de les faire de très-grand matin, avant que la chaleur du jour ait fait évaporer l’eau des surfaces. Il convient aussi, pendant la durée de cette expérience, de couvrir avec des paillassons une partie de l’ouverture de la tranchée, pour empêcher une dessiccation trop rapide. L’étude attentive des tranchées permet facilement de reconnaître, quand elles existent, les veines poreuses dans lesquelles l’eau se rassemble plus abondamment.

Quand on peut laisser la tranchée ouverte pen-

Tranché 1 *

d’essai.

dant un hiver, on constate facilement, au printemps ou au commencement de l’été, l’existence des bancs absolument imperméables. Dans ces points, la terre n’a point changé d’aspect; on n’y aperçoit, même à la loupe, aucune fissure produite par le retrait de la matière. Ces terrains sont extrêmement rares; je n’en ai observé que dans trois ou quatre circonstances. Mais, quand on les rencontre, il est bien évident qu’il ne faut pas placer au-dessous de ces couches les tuyaux de drainage, qui perdraient ainsi la ply.s grande partie de leur efficacité.

Sondage* Lorsque l’on veut étudier en détail la constitution d’un sol à drainer, sans cependant multiplier outre mesure les tranchées et les trous d’essai , on se sert d’une petite sonde à main , dite sonde de Palissy, fig. 11.

Cette sonde pèse environ h kilogrammes; on la manœuvre à peu près comme une tarière. On l’enfonce de o m ,ùo environ; on la retire pour examiner la nature du sol; puis, on l’enfonce encore de o m ,ho environ, et l’on continue ainsi jusqu’à la profondeur de i ra , 8 o, qu’elle atteint facilement. Avant de commencer chaque sondage, on tasse fortement le sol à la place où l’on doit opérer, pour que la terre se maintienne à l’entrée du trou. Si l’on rencontre une pierre ou un

obstacle, on recommence le trou quelques centimètres plus loin. Chaque sondage emploie dix à quinze minutes.

Pour bien juger de la nature des échantillons que la sonde rapporte, et qui sont toujours un peu altérés, on doit faire une première opération tout auprès d’une tranchée, afin d’obtenir des termes précis de comparaison. L’emploi de cette petite - sonde exige une certaine habitude, et nous n’en recommandons l’usage que sous toutes réserves.

De ces différentes espèces d’observations, on conclut facilement, avec un peu d’habitude, la profondeur qu’il convient d’adopter d’une manière définitive, pour que les tranchées à ouvrir produisent le plus grand effet utile possible avec la moindre dépense relative.

Du reste, on répétera encore ici que toutes les fois qu’il se présentera quelque circonstance faisant supposer qu’il convient de s’écarter des dispositions normales , il faudra recourir aux ouvrages spéciaux sur la matière , celui-ci n’indiquant que les cas les plus ordinaires.

La détermination de la meilleure profondeur à donner aux drains est de beaucoup le point le plus difficile d’un projet de drainage, celui qui exige le plus d’expérience et de coup d’œil; celui, par conséquent, qu’il est le moins facile de pré-

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ciser par écrit. On réussit toujours, quand ie travail est bien fait d’ailleurs, avec la profondeur normale de i m ,ao ; mais il est bien certain que l’on pourrait souvent réaliser des économies et atteindre le même but, surtout dans les terrains peu homogènes, par une étude détaillée de la stratification du sol. On ne saurait donc assez recommander aux personnes qui veulent s’occuper de drainage l’examen attentif, répété et minutieux, des tranchées d’essai et de tous les terrains dans lesquels elles auront occasion de faire des fouilles.

Pentes

limites.

Chutes.

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